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vendredi 19 juin 2015

Le Graal des collectionneurs : 3 clarinettes Stengel dans leur boite d’origine. The Top for collectors : Three Stengel clarinets in their original box.

Par José-Daniel Touroude

Je voudrais vous faire partager ma nouvelle acquisition et montrer aussi l’esprit de chercheur qu’ont la plupart des collectionneurs.

Les clarinettes, avec leurs corps de rechange et leurs boites avec plusieurs clarinettes de tonalités différentes constituaient l’outil du clarinettiste professionnel au XVIII et au début du XIXème siècles. Un ensemble complet est assez rare et recherché.
Trois clarinettes Stengel dans leur coffret.
Il s’agit de l'étui exceptionnel d’un clarinettiste professionnel allemand vers 1800-1830 comprenant, à première vue, une clarinette Stengel ( en Ut à 10 clés, une clarinette en Sib Stengel à 11 clés avec ses corps de rechange en La également à 11 clés, et ceci dans sa boite moulée d’origine ; l’intérieur en peau et l’extérieur en toile imperméabilisée noire).
Rappelons le contexte historique : Au début du XIXème siècle, la Bavière est occupée par la France napoléonienne et les troupes du général Moreau (le rival républicain de Bonaparte) ont une importante musique militaire. Parades et concerts sont courants. Les clarinettes à 5 voire 6 clés forment l’ossature des musiques militaires à cette époque. Maximilien prince électeur, qui est aussi officier dans l’armée française, protégé de Napoléon 1er et francophile (il a grandi à Strasbourg) devient le 1er roi de Bavière en 1805 sous le nom de Maximilien 1er (traité de Presbourg). Baireuth (ancienne orthographe) est alors une ville moyenne de Bavière dotée d’un magnifique théâtre baroque du XVIIIème siècle qui est au centre de la vie culturelle de cette ville.
Théâtre de "Baireuth".
Baireuth a également une bonne harmonie municipale (où jouent les Stengel d’ailleurs), une petite cour, une garnison militaire et la clarinette se généralise dans la musique populaire bavaroise qui en fait un instrument incontournable. Ainsi ce n’est pas hasard si d’une part Stengel quitte Hof avec sa femme et son bébé pour s’établir en 1805 à Baireuth et si d’autre part l’estampille habituelle de Stengel est dès l’origine la couronne de Bavière. D’ailleurs Albrecht Schmidt, autre facteur talentueux d’instrument à vent s’établit aussi en 1807 dans cette ville qui a des besoins d’instruments à vent militaires et civils. 


La famille de facteurs Stengel :
Il existe plusieurs clarinettes Stengel dans les musées et les collections puisque 3 générations se sont succédés à Bayreuth pendant un siècle !
Le père : Johann Samuel Stengel né en 1771 à Hof est tourneur et hautboïste. A Hof il y avait un facteur réputé Johann Wolgang Hoe (1762-1772) qui faisait notamment des clarinettes (musée en Allemagne) et des flûtes (il y en a une à la librairie du congrès aux USA ).  
Stengel a fait son apprentissage chez un facteur peu connu Wolgang Thomae selon Frank Bâr, (livre 4 du musée de Nuremberg) ? Mais cette information semble inexacte car W. Thomae est décédé en 1771, c'est à dire l'année de naissance de J.S. Stengel. C'est sans doute I. A. Menzel successeur de Thomae ( et qui avait épousé sa veuve) qui forma J.S. Stengel.
Markplatz à Bayreuth
Puis Stengel va sans doute voyager pour se former comme il est normal à l’époque pour devenir compagnon et faire aussi son service militaire dans un contexte de guerre entre les royautés européennes et la jeune république française.   Plus tard, il s’installe quelques années à Hof comme tourneur spécialisé dans l’os (corne, ivoire présents alors sur tous les instruments à vent) et fait sans doute des instruments à vent.
Puis à 34 ans, il quitte Hof et s’établit à Baireuth en 1805 comme facteur d’instruments à vent. (il devait donc avoir sa maitrise pour l’énoncer officiellement).
D’où une interrogation : où a t-il appris son métier de facteur ? Tourner de l’os voire du bois est une chose, faire une clarinette à 5 clés de qualité ou des bassons en est une autre. L’estampille d’une clarinette Stengel qui est dans cet étui va susciter des hypothèses sur cette question. En effet en analysant la clarinette en Ut, je me suis aperçu que :

1° Cette clarinette était originellement une clarinette à 5 clés dont la fabrication date des débuts de l'année 1800. L’évolution rapide de la clarinette entre 1800 et 1830 transforme cet instrument (la clarinette passe de 5 clés à 13 clés). En conséquence, il est assez courant à l’époque que le clarinettiste professionnel rajoute des clés et modernise son instrument, supprimant certains doigtés et notes peu justes afin de pouvoir jouer la musique romantique qui nécessitait plus de virtuosité. Le clarinettiste propriétaire de ce coffret a dû posséder cette clarinette en Ut d’abord quelques années puis jouant à l’orchestre, il a été obligé de moderniser sa clarinette vu la vélocité qu’on demandait à cette époque. Ainsi il a fait adjoindre 5 autres clés vers 1820-1830 sans doute chez Stengel quand il a acheté la boite avec les deux autres Sib et La à 10 clés (d’ailleurs il adjoindra un peu plus tard une 11ème clé).
Clarinette en Ut à 10 clès.
Cet ensemble de luxe et bien entretenu comme celui ci n’est possible que pour un concertiste classique jouant au théâtre, opéra…  Ainsi il pouvait changer de tonalité facilement en changeant d’instrument. Ceci perdura jusqu’à la clarinette Muller à 13 clés après 1830. Le fils Stengel d’ailleurs aura une réputation mondiale dès 1830 pour ses 13 clés qu’il exportera en Europe du nord, Russie, Amériques du nord et du sud….  
Clarinettes Stengel (Collection JDT).
2° Que la Stengel en Ut avait une estampille différente de la couronne royale habituelle.

 
Marque des clarinettes Sib et La.
Marque clarinette en Ut.
Marque Keller d'une clarinette Sib.
(Collection RP)
En effet la clarinette en Ut à 5 clés semble faite autour de 1805 par Stengel (puisque la ville de Baireuth est mentionnée) mais avec une estampille différente. Il s’agit ici d’un angelot musicien jouant de la trompette et tenant dans l’autre main une autre trompette, estampille bien connue notamment de Keller à Strasbourg et de la plupart des facteurs de cette ville après lui. Nous avons analysé donc les différents anges musiciens strasbourgeois de la collection de René Pierre et notre conclusion commune est que c’est un ange plutôt de type Keller à Strasbourg que de Bühner ou Dobner .
Ange Keller clar Bb
Ange Frères Keller.

Ange Keller clar Ut.
Ange Dobner et Felklin.






























Ange Bühner et Keller.
Première marque.








Ange Bühner et Keller
Deuxième marque.













Ange Dobner et Consort.








Ange Roth succ de Dobner.













1ère hypothèse : comment se fait –il que le fer de l’ange musicien de Keller se retrouve chez Stengel ? A t-il appris le métier chez Keller ? Trois arguments :
1- Les Keller sont des facteurs reconnus en France mais aussi dans les états germaniques.
Ils forment des apprentis et embauchent des compagnons français (comme Simiot) mais aussi d’outre Rhin (comme Bûhner qui deviendra  gendre et associé). Comme il est d’usage, d’aller se former chez d’autres facteurs réputés avant de pouvoir être qualifié de facteur officiellement (tour de France, tour d’Europe etc.), il est plausible que Stengel après son apprentissage à Hof ait travaillé chez un maître réputé comme Keller et ramené des instruments estampillés avec l’ange musicien de Strasbourg.
2- Vu la relation étroite du prince (puis roi) entre son état de Bavière et Strasbourg (où il a vécu) et vu qu’à cette époque Napoléon régnait sur les deux régions, Alsace et Bavière étaient liées politiquement et militairement et la circulation entre ces deux régions étaient possibles, le problème de la langue n’étant pas un obstacle.

3- l’estampille des strasbourgeois sur cette clarinette Stengel permet de proposer cette hypothèse, (jusqu’à preuve du contraire), car l’analyse des nombreuses clarinettes de strasbourgeois avec la Stengel montre beaucoup de similitudes mais rien de déterminant. 
2ème hypothèse : Est- ce que cet ange musicien est l' estampille d’autres facteurs vers 1800 ? question récurrente exposée parfois par certains mais sans preuves qui empêche René de dormir (car il se pose beaucoup de question sur le sexe des anges). Elle  n'est pas l'unique estampille des strasbourgeois mais aussi une estampille franc maçonne donc transnationale qui pouvait être un mode de reconnaissance.  Ce qui est presque sûr c’est qu’elle a été utilisée notamment par Stengel avant la monarchie de Bavière en 1805, année de son installation à Baireuth..
Allez les frangins, on recherche si cette hypothèse est plausible…..
3ème hypothèse : René Pierre,  spécialiste des strasbourgeois m’indique que Dobner, était aussi à cette époque un vendeur d’instruments de musique de Strasbourg et sillonnait l’Allemagne. (vendant notamment des Keller et des Bûhner et Keller avant de créer son propre atelier).
Cette hypothèse est aussi possible. Dobner pouvait vendre des instruments fabriqués à Strasbourg avec l’estampille de l’ange musicien puis le revendeur –facteur local mettait son nom comme cela se faisait souvent pour fidéliser et honorer la demande de sa clientèle. C’est plausible en 1805 quand  Stengel démarrait son atelier à Baireuth et avait besoin d’un stock conséquent à vendre, vu la demande civile et militaire. 
D’autre part une autre question m’interpelle dans mon moi profond ! est-ce que cette estampille de l’ange musicien chez Stengel est un cas unique, accidentel ou utilisé plusieurs fois ?
Après bien des recherches, nous avons trouvé la preuve dans le livre de Young « 4900 historical woodwind instruments» , deux Stengel à savoir une flûte et un piccolo qui sont à Nuremberg et à Bamberg….) avec le même ange musicien ! Ceci tend à prouver que c’est bien la 1ère estampille de Stengel père, quand il était à Hof ou juste installé à Baireuth en 1805, avant que la couronne royale de Bavière devienne le symbole de tous et de lui en particulier.

Pour rester sur cette clarinette, 5 autres clés ont été rajoutées (ce sont les premiers patins rectangulaires que l’on trouve dès l’origine sur la 6ème clé de Lefevre/ Baumann) et avec des guides en laiton qui ont été mis bien après (1820-1830) pour s'harmoniser avec la sib et La à 11 clés du coffret.
Corps du haut avec les différentes clès de la clarinette en Ut.
Dans notre collection et celle de René Pierre nous avons souvent des clés rapportées dans des flûtes et des clarinettes. Voir ci-dessous une clarinette de Bühner et Keller à 9 clés (dont 4 ont été rajoutées) vers 1825.
Clarinette en Ut de Bühner et Keller à 5 clés plus 4 rajoutées vers 1825.
(Collection RP)
On trouve aussi exactement ces clés et les guides laiton chez Kayser de Hambourg vers 1850. Kayser a t-il eu des relations avec l’atelier de Stengel ? Ou a t-il copié ces clés pour en faire son style caractéristique ? 
Clarinette de Kayser.
Enfin le clarinettiste originel jouait paraît-il au sud de l’Allemagne (Munich, Baireuth, Ulm) selon l’antiquaire collectionneur habitant Ulm qui m’a vendu ce coffret.
Continuons la saga des Stengel : Johann Samuel Stengel forme aussi son fils Johann Simon Stengel qui est aussi flûtiste et clarinettiste et qui après son apprentissage, aura le titre de compagnon en 1821. Il va à l’armée puis libéré en 1824, il reprend l’atelier aidé par son père. Il remplace son père peu à peu car celui ci (selon le livre de Rita Fischer), jusqu’à sa mort en 1826 s’occupait aussi d’autres affaires (café ou magasins et entreprise de transport). En 1828 Johann Simon est consacré maître tourneur fabricant d’instrument à vent. La Bavière est alors sous le règne de Louis 1er, (fils de Maximilien 1er).  Stengel fils est un grand facteur qui remporte de nombreux prix aux expositions ; il est considéré comme un des meilleurs facteurs de Bavière. En 1832, il exportera ses instruments à vent à travers le monde. Plusieurs apprentis et compagnons de talent se formeront et travailleront chez les Stengel notamment Georges Berthold qui s’établira ensuite à Speyer
Clar. de Berthold
à Speyer.
(Col. JDT)

Plus tard Johann Simon Stengel deviendra encore plus célèbre car outre son talent, Baireuth va connaître un véritable séisme. En effet, sous le règne de Louis II de Bavière (fils de Louis 1er), l’arrivée de Richard Wagner va bouleverser la vie culturelle de la ville paisible de Bayreuth (autre orthographe plus moderne). Il est évident que pour Stengel fils déjà reconnu comme excellent facteur d’instruments à vent, l’arrivée de Wagner va stimuler son atelier, aussi bien pour la réparation que pour la fabrication d’instruments divers. Bayreuth va devenir célèbre dans le monde entier dès 1876 car Wagner révolutionne tout ! Wagner invente une dramaturgie et une musique novatrice et veut avec son protecteur et financeur (le roi Louis II de Bavière) créer un théâtre adapté à ses œuvres. Wagner veut aussi des orchestres importants et des instruments adaptés à sa musique. (cf communication dans un colloque de Rita Fischer sur les Stengel et Wagner). C’est ainsi que Johann Simon Stengel travaillera avec Richard Wagner à Bayreuth, élaborant même des instruments spécifiques pour lui (notamment un hautbois alto en 1875) pour la première représentation des Nibelungen. Wagner veut que le spectateur soit uniquement fixé sur la scène et la musique et non venir se montrer dans les loges, discuter comme dans le théâtre à l’italienne. En conséquence, il supprime les décorations qui peuvent distraire le spectateur (même à l’extérieur le théâtre est dépouillé, austère en briques). Wagner fait le premier éteindre les lumières pendant le concert pour que l’intensité dramatique soit plus grande, fait asseoir les spectateurs sur des gradins dans un amphithéâtre nivelant ainsi les classes sociales (on écoute de la musique à égalité et non pour montrer son rang ou ses toilettes), cache les instrumentistes dans la fosse pour ne pas distraire les spectateurs…Ainsi le spectacle se déroule sur scène et non dans la salle ! En 1876 l’anneau des Nibelungen fut un choc artistique et un échec financier mais le festival de Bayreuth à la mort de Wagner sera continué par sa femme Cosima (la fille de Franz Liszt) et par leur fils Siegried. 
Le petit fils : Johann Christoph Stengel, fils de Johann Simon qui a travaillé avec son père reprendra l’estampille habituelle et mettra une étoile à 5 branches (symbole international du compagnon maîtrisant son métier) et va en 1885 à la mort de ce dernier, poursuivre l’atelier familial et l’aventure de l’opéra de Bayreuth mais célibataire et sans descendance, l’atelier Stengel s’arrêtera après lui en 1902.
Après les deux guerres mondiales et malgré la proximité d’Hitler avec la famille et la musique de Wagner, les petits fils du Maître après la guerre feront revivre et renouvelleront le festival mondialement connu. (8 ans d’attente pour les billets ! ) 
Théâtre de Wagner à Bayreuth.
Estampille : Les Stengel , fidèle au royaume de Bavière et qui vivront à peu près la même durée que celui ci (les 3 Stengel seront contemporains des 3 rois de Bavière entre 1805-1918) utiliseront pratiquement toujours la même estampille (sauf l’exception de l’ange qui doit précéder le royaume comme nous l’avons vu)

 
Estampille clarinette Stengel.
L’estampille est : D’abord la couronne royale de Bavière, puis le nom Stengel (sans les prénoms) valable pour les 3 générations. Puis la ville de Baireuth (non ancien) ou Bayreuth . Les 2 orthographes existent pendant tout le 19ème siècle et les Stengel utilisent l’une ou l’autre. (cf les clarinettes du musée d’Edimbourg)
puis une fleur à 4 pétales ou plus tard une étoile à 5 branches, (symbole du compagnon), enfin la tonalité. 
Qui a fait ces clarinettes ? vu l’analyse précédente la clarinette en Ut avec l’estampille de l’ange est sans aucun doute de Stengel père et je la date en 1805. Pour les deux autres Sib/La, il est plus difficile d’affirmer qui a fait ces clarinettes. En effet si ces clarinettes Sib et La ont été faites entre 1820-1826, ces clarinettes ont pu être fabriquées par le père et/ou le fils car ils travaillaient ensemble. Si la clarinette est faite entre 1826 et 1830, c’est uniquement le fils. Pareillement pour les clés supplémentaires de la clarinette en Ut.  
Toutefois la forme des clés rondes et des guides laiton avec leur vis de facture beaucoup plus fine et l’analyse des clarinettes Stengel (dans les collections et les musées) et qui sont attribuées au fils, nous orientent vers le fils Stengel.

Cet article avec ses interrogations sera lu par le monde des collectionneurs-experts, notamment allemands qui vont confirmer ou infirmer faits énoncés et raisonnement.
J’attends vos réactions ….

Les fous de clarinettes : de g. à dr, Manfred Courquin, René Pierre, Denis Watel,
José Daniel Touroude.
PS : Denis Watel a  trouvé un facteur français (non strasbourgeois) utilisant comme marque l'angelot aux deux trompettes.
Pour voir cet article cliquer sur ce lien : Labadie à Montauban.
Vous avez donc dans cet article tous les angelots trompettistes connus actuellement....Si vous en connaissez d'autres.....à vos mails.
Clarinette Labadie à Montauban. 
Le 21 août 2015 : " Les fous de clarinettes " ont tous répondus présent et ont tous trouvés une marque qui ne soit pas de Strasbourg avec un angelot trompettiste ; c'est au tour de Mandfred d'avoir déniché un Dubois, pas celui dont on fait des flûtes, mais un de Chartres avec un angelot bien "grassouillet"  avec des petites ailes.....Ce Dubois était connu de Denis pour avoir été déjà rencontré sur un hautbois pastoral.
Clarinette 5 clés
DUBOIS à Chartres.
(Collection M. Courquin)






















jeudi 11 septembre 2014

H.F. KAYSER, facteur de clarinettes à Hambourg. Un ensemble de trois clarinettes (Ré, Ut, Si b) à 12 clés dans un coffret. Collection José Daniel Touroude. H.F. Kayser a Hambourg clarinets maker.


Les 3 clarinettes 12 clés Kayser avec leurs boites d’anches, leur boites de becs et leur écouvillon (coll. JDT).
Que pouvons dire sur cet ensemble ?

1°) D’abord pourquoi une boite avec 3 clarinettes ?

Au début du XIXème siècle, les clarinettistes qui se répandaient dans tous les orchestres civils et militaires devaient pouvoir jouer des traits difficiles et cela dans tous les tons. Or ce n’était pas aisé et le clarinettiste alors devait avoir plusieurs clarinettes et parfois en changer en cours de morceaux.  C’est ainsi qu’il pouvait avoir cette boite avec 3 clarinettes dans des tonalités différentes pour passer de Ré à Mib, ou de Ut, Sib à La ou avoir des clarinettes qui avaient des corps de rechange avant que se généralise la clarinette 13 clés omnitonique d’ Iwan Muller.


2°) Un coffret rare de 3 clarinettes Kayser ?

Qui était Heinrich Friedrich KAYSER ? On ne sait pas grand chose.
Alors toutes informations sont les bienvenues.

Il est né à Hambourg le 4 septembre 1809 et décédé dans cette même ville d'Allemagne le 12 novembre 1890. Il exerça à Hambourg le métier de facteur de clarinettes (on ne connaît pas d'instruments autres que des clarinettes de ce fabriquant, peut-être une flûte?) de 1833 à 1883.
Hambourg était la patrie de son contemporain Johannes BRAHMS (1833-1897). Ses instruments ont été utilisés particulièrement en Scandinavie et en Allemagne du nord.


Johannes BRAHMS.

Pourquoi  12 clés ? En Allemagne, la clarinette 12 clés  était plus populaire alors qu’en France on utilisait la clarinette de Müller à 13 clés. Ces clarinettes sont datées entre 1830-1850.
Différentes marques des instruments.
3°) l’originalité de Kayser ?
 Afin de bien saisir l’intérêt des clarinettes de ce facteur, il faut admirer son travail soigné et la finesse de ses clarinettes notamment ses clés et guides en laiton et c’est pourquoi ces clarinettes étaient et restent réputées.
Détails de clés et des guides.

Il faut replacer les évolutions pour les non spécialistes. Les guides sont de plusieurs sortes : au départ le facteur-tourneur faisait des excroissances (anneaux sur le corps du haut, bulbe sur le corps du bas) avec un tour à bois dans la masse du buis. Ceci permettait de percer ensuite ces guides et mettre des tiges en laiton qui servaient d’axes permettant aux clés d’être tenues fermement et de pivoter sur ces axes. Ces blocs en bois étaient disgracieux et alourdissaient la clarinette.  Aussi les  facteurs vont ils au cours du temps essayer de les réduire.
Clarinette à 9 clés allemande
de la même époque mais
moins élaborée.
Kayser lui va inventer (?) des guides en laiton fixant les clés, guides qui seront fixés eux mêmes sur le corps de l’instrument par des patins (plaques de laiton) puis des boules. Ce qui surprend c’est l’extrème précision de l’ajustement des guides pour faire glisser les clés : vraiment un grand clétier.
Détails des longues clés avec rouleaux et guides.
On peut aussi observer des fausses bagues  dit monoxyle c’est à dire tournées dans le buis supprimant le corps central tout en lui donnant l’aspect de la clarinette ancienne.
Fausse bague monoxyle.

On peut aussi voir le renforcement systématique avec des clous en acier sur le buis afin qu’il n’éclate pas et disposés toujours de la même façon et très nombreux.

Renforcement métallique systématique et identique sur les trois clarinettes.
Une caractéristique aussi peu commune et la fente dans les clés de trilles donnant un confort pour glisser d’une clé à l’autre.
Forme spécifique des spatules des clés pour permettre un meilleur
glissement.

Les roulettes créées par le clarinettiste français César Janssen vers 1840  mais qui ont été très utilisées par la facture allemande.

Rouleaux des grandes clés.
Il existe quelques clarinettes H. Kayser dans des musées notamment à Stockholm, à Edimbourg (collection N.Shackelton), en Allemagne et quelques unes dans des collections privées, soit entre 15 et 20 clarinettes dans le monde. 
Clarinette alto de Kayser du musée de Stockholm.

Le facteur grand facteur actuel Seggelke  à Bamberg a reproduit, pour le clarinettiste anglais Keith Puddy, des Kayser afin de jouer la star de Hambourg : Brahms of course !


Différents modèles de clarinettes reproduites
par Seggelke pour jouer Brahms et Schumann.










jeudi 23 janvier 2014

Quelques questions et réflexions sur les petites clarinettes

Interview de Jose-Daniel Touroude
par René Pierre
 
(Tous nos remerciements à Denis Watel pour la relecture de cette réflexion et de nous avoir montré sa superbe collection de petites clarinettes qui mérite un autre article)

Quel est l’historique des petites clarinettes ?
La clarinette a été inventée par Denner vers 1700 à Nuremberg en perfectionnant le chalumeau. Il existait plusieurs sortes de chalumeaux, de longueurs et de tonalités différentes, qui étaient utilisés par la musique populaire mais aussi par les compositeurs comme Vivaldi, Telemann, Graupner, Haendel, RameauCes musiciens et bien d’autres après vont utiliser la clarinette qui apparaît dans les orchestres dès 1710. Les chalumeaux ont continués à coexister avec ce nouvel instrument qu’était la clarinette puis vont disparaître, au fur et à mesure du perfectionnement de la clarinette.
 chalumeaux aux tonalités différentes copies de chalumeaux anciens du facteur et clarinettiste
Gilles Thomé
qui joue dans des orchestres baroques
Comme les mêmes facteurs fabriquaient les chalumeaux et les clarinettes, il a été logique qu’ils créent des clarinettes de longueurs et de tonalités différentes notamment la clarinette en Ut pour jouer avec les autres instruments qui sont souvent de cette tonalité et la petite clarinette en Ré qui fut aussi rapidement réalisée à cause de son timbre aigu et qui remplaçait la trompette en Ré fort utilisée (d’où le nom de clarinette : clarino = petite trompette). Les facteurs de cette époque étaient rares et sont localisés en Allemagne : Denner père et fils, Scherer, Oberlender, Zencker…, Rottenburg en Belgique, Boekhout  aux Pays Bas, Friderich à Prague … puis la facture de clarinette va s’étendre plus tard vers l’Autriche, l’Angleterre et la France.
La clarinette, malgré ses imperfections, va rapidement trouver sa place dans l’orchestre vu son timbre nouveau et particulier, mais aussi comme instrument soliste avec les premiers concertos (Rathgeber en 1728, Paganelli en 1733… ) et les premiers virtuoses qui commencent à sillonner l’Europe. La clarinette va aussi s‘implanter dans la musique de chambre prisée par les aristocrates et les bourgeois (par exemple les trios de Kölbel avant bien sûr Stamitz et l’influence de l’orchestre de Mannheim qui a eu tant d’impact sur le jeune Mozart).
 
L’entrée de la petite clarinette dans le répertoire musical a débuté par des traits en orchestres avant une consécration car entre 1745 et 1755, J.M. Molter écrit 6 concertos pour clarinette en Ré sur le modèle des concertos grosso de Vivaldi et ce sont parmi les premiers concertos pour clarinette, toujours joués actuellement. Mais la clarinette va devenir rapidement aussi un instrument pour les musiques des armées et ceci va entraîner sa diffusion à travers les pays vu les guerres incessantes en Europe.
Avec les démobilisations des clarinettistes survivants, les orchestres villageois vont s’enrichir de ce nouvel instrument.

Quel est le rôle des petites clarinettes dans la musique militaire ?

Son rôle est essentiel. La musique militaire l’utilise abondamment mais il faut revenir à un point d’histoire fondamental.  La guerre de Sept Ans (1756-1763) est une guerre mondiale qui a ravagé l’Europe, l‘Amérique du nord et l’Asie et qui a modifié l’équilibre géopolitique des pays concernés.
La connaître est essentiel pour comprendre l’histoire postérieure du monde mais aussi pour la clarinette ! En effet pour entraîner les armées aux combats incessants et meurtriers, la musique militaire devient incontournable. Il faut savoir que les musiciens des régiments étaient souvent des gagistes, c’est à dire des contractuels qui passaient de régiments en régiments selon la solde et quelque soit le pays ! (il n’était pas rare de trouver des collègues et amis dans les musiques de tel régiment, se trouver plus tard ennemis face à face au combat ! ) De plus le renversement des alliances de cette guerre et la multiplicité des batailles dans de nombreux pays va diffuser la clarinette à travers l’Europe.
 
 
Après la guerre, vu la ruine de tous les pays belligérants, les musiciens et les facteurs d’instruments vont émigrer à la recherche de travail. Or la France, malgré la guerre ruineuse est un grand pays, le centre culturel mondial aux ressources importantes et la France est curieuse de ce nouvel instrument. Ceci va entraîner l’afflux de musiciens, civils et militaires, et de facteurs allemands notamment de clarinettistes. Cet instrument va être copié par les facteurs français puis se généraliser rapidement dans les armées françaises, dans les orchestres villageois, dans les orchestres symphoniques. A la fin du 18ème siècle lors de la révolution française et de l’empire, la France comptera énormément de clarinettistes (Napoléon 1er et les 1000 clarinettistes de son armée !)

 
Collection Jean Luc Matte.


 
Et dans la musique populaire ?
 
Dans certains orchestres populaires (harmonies, bandas … ) la petite clarinette trouve aussi sa place notamment dans la musique bretonne, la musique italienne surtout à Venise.
La facture française va aussi exporter beaucoup en Espagne et en Amérique du sud la petite clarinette Mib qui sera appelée «Requinto» utilisé par les « piteros » dans la musique folklorique et qui privilégie le registre aigu et qui est toujours accompagné d’une caisse claire.
Piteros espagnols.
 
Collection D. Watel.
 
Quelle est la définition des petites clarinettes, les différentes tonalités ?  
 
Dans le Lavignac par exemple, les clarinettes de La à Mib sont des clarinettes "sopranos" et celles de Fa à Lab aigu comme clarinette "piccolos". Au 18ème siècle, les clarinettistes avaient plusieurs clarinettes dans des tonalités différentes et les premières méthodes du milieu du 18ème siècle pour clarinettes font des longs développement sur les utilisations des clarinettes en usage. D’ailleurs au fil du temps certaines tonalités de clarinettes vont disparaître des méthodes et des orchestres (Si, Mi, Sol, Sib aigu et Ut aigu) alors que d’autres vont apparaître (Fa, Si b, Mi b, La b). Le clarinettiste pouvait jouer dans toutes tonalités et les méthodes du 18ème siècle (Blasius, Van der Hagen, Yost, Vanderbrock, Francoeur…etc ) prouvaient qu’en changeant de clarinettes, on pouvait jouer qu’en tonalités faciles soit Ut, Fa et Sol et éviter de transposer, ce rappel historique est surprenant pour l’instrument transpositeur par excellence actuel !

Petites clarinettes (Gauche à droite) : Ré à 12 clés de Kayser à Hambourg, anonyme Mi bémol à 10 clés, Mib à 6 clés de Noblet, Fa à 12 clés anonymes de Markneukirchen.
(Collection J.D. Touroude)
La clarinette en Fa : La petite clarinette en Fa joue à la quarte avec la clarinette en Ut dans les harmonies et musiques militaires (traits aigus et puissants). Au 18ème siècle la clarinette était souvent associée au cor ou basson en duos (le cor étant en Fa, la clarinette était de la même tonalité pour éviter de transposer).
Les clarinettes en Sib aigu et Ut aigu : elles sont très rares.  
La clarinette Lab : elle est plus tardive et on trouve la petite clarinette Lab aigu dans certaines harmonies surtout les bandas en Italie.  Il y a aussi du répertoire dans les musiques militaires anglaises et italiennes. C’est la clarinette la plus aigûe et la plus petite et jouer avec n’est pas aisé vu la grosseur des trous et des clés !  

Pourquoi l’hégémonie de la clarinette en Mib ?

La clarinette Mib : aigüe, brillante, projetant plus le son que sa sœur en Ré est née au début du XIXème siècle et se répandra surtout dans les musiques militaires et les harmonies en Allemagne puis en France.
Clarinette en Ré # (DIS) de Dobner et Felklin à Strasbourg
(Collection R. Pierre)
Quand la clarinette en Sib va remplacer peu à peu la clarinette en Ut, la petite clarinette qui joue à la quarte au dessus va passer logiquement de Fa à Mib pour respecter les concordances entre les clarinettes. Elle sera fabriquée en France ponctuellement mais c’est vers 1830 que les facteurs vont commencer à l’inclure dans leurs productions. A partir de 1850, elle va se généraliser dans les musiques militaires, dans les orchestres symphoniques et les harmonies surtout quand elle aura 13 clés et la possibilité de faire toute la gamme chromatique.  
Registre de la clarinette Mib.
Avec le système Boehm, elle pourra effectuer des traits de virtuosité au même titre que les petites flutes. Dans les orchestres surtout militaires et les harmonies avec les clarinettes Sib et les saxos en sib et Mib, la petite clarinette sera exclusivement en Mib.
 
Quelle est l’utilisation des clarinettes en Ré et Mib dans l’orchestre symphonique et pour quel répertoire. ?
 
Le succès de la clarinette en Ut à 5 clés puis celle en Sib avec une palette sonore plus grande va éclipser la petite clarinette puis la cantonner plus tard dans l’orchestre symphonique à réaliser des traits aigus, voire satirique. La symphonie fantastique de Berlioz en 1830 l’utilisera pour la première fois dans l’orchestre symphonique. Ainsi en 1870, Wagner, avec Tannhäuser puis la chevauchée des Walkyries, réutilisera la clarinette en Ré. D’autres l’utiliseront ponctuellement dans l’orchestre symphonique mais elle tombera en désuétude peu à peu. Ainsi le Sacre du Printemps et Till l'espiègle, les partitions d'origines sont écrites pour clarinette en Ré mais transposées pour clarinette en Mib.
 
Aujourd’hui personne n’écrit plus pour clarinette en Ré. Les grands compositeurs l’utiliseront dans leurs orchestrations. Citons par exemple : Ravel dans le Boléro et Daphnis et Chloé, Mahler dans sa symphonie Titan, Stravinsky dans le sacre du printemps et l’oiseau de feu, Richard Strauss dans Till l’espiègle, Bartok dans le mandarin merveilleux, Britten dans le prince des pagodes, Copland, Janacek, Messiaen, Dallapiccola, Bério et nombre de compositeurs contemporains.
 
On peut écouter des clarinettistes comme Arrignon, Merrer etc… et la Garde Républicaine pour se rendre compte des possibilités et de la beauté de la clarinette Mib. La petite clarinette Mib devient un instrument à part entière avec sa vélocité, son suraigu, sa couleur spécifique pour toute orchestration et remplace peu ou prou les autres petites clarinettes.
 
Quels étaient les grands facteurs de petites clarinettes (allemands, français…) ?
 
Souvent les mêmes facteurs que les clarinettes en Ut et Sib car il n’y a pas de spécificités techniques particulières à réaliser une clarinette en Mib . Elles sont les copies conformes des clarinettes en Ut et Sib mais en plus petites. La composition est la même : bec, barillet, corps du haut, corps central, corps inférieur, pavillon. Les matériaux sont les mêmes : d’abord le buis puis l’ébène pour le bois avant l’ébonite voire le métal. Les clés sont d’abord en laiton puis en maillechort. Les formes des clés sont les mêmes que les autres clarinettes selon les facteurs, les pays et les époques. Les viroles ou bagues sont en corne ou en ivoire puis en laiton et en maillechort comme les autres clarinettes.
 
Comment reconnait-on la tonalité des petites clarinettes : Ré, Ré#, Mib, Fa, Lab ?
 
Un doute existe quand on voit les petites clarinettes et que la tonalité n’est pas marquée.
Sont-elles en Ré, Mib ou Fa ? quels sont les critères d’analyse ?
 
Au milieu de toutes ces clarinettes, une petite clarinette en Mib en métal à double parois.
(Photo de Peter Portner- Historical Museum Basel)

- La longueur est souvent un critère majeur pour catégoriser les clarinettes en Mib, en Ré ou en Fa.
En comparant la vingtaine de petites clarinettes de ma collection, nous pouvons avoir une différence de 5 cm (hors becs) entre 2 petites clarinettes en Mib.
On s‘aperçoit que les longueurs des becs, des barillets, des corps de l’instrument, des pavillons varient. Mais en fait ce critère nécessaire n’est pas suffisant et d’autres composantes doivent être analysées.
- La perce est un deuxième critère fondamental puisque c’est la forme cylindrique de celle ci et son diamètre qui crée le timbre particulier de la clarinette. Le matériau de la clarinette est secondaire. Dans notre collection les perces varient de 10 mm à 13 mm
- La grosseur des trous est un troisième critère. Les gros trous permettent de projeter le son plus fort mais la place des trous et leur grosseur sont essentiels pour la justesse et le diapason. Ils varient de 5,5 mm à 8,5 mm (corps central de clarinette en buis de la même époque). La perce et la grosseur des trous sont plus petits dans les petites clarinettes mais sont en proportion avec la grandeur des différents corps de la clarinette qui sont eux mêmes plus petits que les clarinettes en Ut et Sib.

Ainsi prenons un exemple :

la longueur du barillet qui en moyenne fait 40 mm pour la Mib et 44 mm pour la Ré, fera 50 mm pour la clarinette en Ut et 60 mm voire 63 mm pour la Sib et 65 mm pour la clarinette en La.
 
Clarinette anonyme en Ré et corps de Rê #. (Collection J.D Touroude)
Mais certains facteurs feront des barillets plus allongés d’autres plus courts s’adaptant aux autres corps de l’instrument. Par contre la forme extérieure, plus ou moins bombée du barillet selon les facteurs n’apporte strictement rien, sauf sur le plan esthétique. C’est la combinaison de ces 3 différents éléments (longueur, perce, trous) qui font la justesse et le diapason de la clarinette et nous montre par exemple si elle est en Mib ou en Ré. Le bec et l’anche interviendront surtout pour le son.
Mais faut-il savoir encore pour quel diapason l’instrument a été fabriqué car entre le 415 baroque du 18ème siècle et le diapason à 440 du 20ème siècle, il y a une différence pratiquement d’un demi ton !
Dans notre collection les diapasons varient de 425 à 440.

Pourquoi fabriquer des clarinettes en Ré au milieu du XIXème siècle et pourquoi fabriquer des cl en Ré# (DIS) :

Alors que l’hégémonie de la clarinette Mib s’ implante, certains facteurs continuent à fabriquer des clarinettes en Ré et Ré # . La clarinette en Ré ancienne, très populaire en Allemagne accompagnait souvent le violon au 18èmes siècle et au 19ème et avec l’émigration européenne aux USA cette tendance a continué. Ainsi Les facteurs Martin frères vers 1840 feront des clarinettes en Ré pour l’exportation aux USA souvent utilisés dans les bals villageois. Le diapason s’élevant de plus en plus, la clarinette exclusivement en Allemagne passa de Ré (D) à Ré # (marqué DIS) mais tombèrent rapidement en désuétude car certaines Mib font un son identique (toujours le diapason mouvant)
Le Schrammel quartet de Vienne et sa petite clarinette jouée par Georg Dänzer.
 
Comment passer de la clarinette Sib à la Mib ? Quelles sont les difficultés et les spécificités de jeu.

La clarinette étant plus petite (de 20 cm) la position habituelle des doigts est différente et cause nombre d’accidents et on entend en Mib et non plus en Sib ce qui est gênant. Puis il faut jouer avec le bout des doigts et ne pas avoir les doigts trop gros et changer les doigtés pour l’aigu et le suraigu par rapport aux doigtés appris sur la Sib. En fait il faut vraiment se spécialiser sur la petite clarinette pour bien en jouer.