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mercredi 2 octobre 2019

Essai de datation des flûtes de Clair II GODFROY (1774-1841), première et deuxième périodes (1814-1829)

Modifié le 30/11/2019
Bonjour,
Actuellement je travaille sur Clair II GODFROY Aîné et j'essaie de classer ses instruments que j'ai répertoriés. Il n'est pas facile d'y voir claire et c'est assez compliqué....donc comme à mon habitude je vais vous mettre à contribution.
Currently I work on Clair II GODFROY Aîné and I try to classify his instruments that I have listed. It is not easy to see clearly and it is quite complicated .... so as usual I will put you to work.
Par chance sur ce sujet nous avons le livre de Tula Giannini très complet, qui nous permet d'en savoir beaucoup sur ce facteur, ......mais au niveau des instruments, personnellement, j'ai du mal à tout comprendre. Donc j'ai répertorié depuis plusieurs années une centaine de flûtes (photos uniquement) que j'essaie désespérément de classer chronologiquement.....Et je commence à "entrevoir" une explication. Donc je vais essayer de vous exposer mes hypothèses......Pour que vous me fassiez des commentaires...des contradictions, des questions enfin bref, que nous ouvrions un dialogue sur ce sujet. Vous pouvez également me transmettre des éléments (photos, documents...) si vous êtes l'heureux propriétaire d'instruments de ce facteur.
Nous pouvons communiquer : par mail, par Facebook, par téléphone.....
Pour nos amis non francophones....le système de traduction de ce blog fonctionne correctement et pour ma part je peux communiquer en anglais sans trop de problème.
For our non-francophone friends.... The translation system of this blog is working properly and for my part I can communicate in English without much problem.

Cet article sera mise à jour quotidiennement pendant notre période de travail.

Dans un premier temps nous allons nous concentrer sur la première période de 1814 à 1829. Je vais commencer par faire un résumé de cette période.
Clair II Godfroy Aîné en bref.

Clair II GODFROY Aîné est né le 13 novembre 1774 à La Couture. Son père Clair I GODFROY (1750-1813) était déjà tourneur et fabricant d'instruments à vent à La Couture ; c'est lui qui  formera son fils (Marque 1). 
Marque de Clair I Godfroy.

C II GODFROY arrive à Paris vers 1800, il est ouvrier facteur d'instruments lorsqu'il épouse Marie Madeleine LETELLIER (1781-1807). Leurs deux premiers enfants, Marie Augustine et Louis naîtront respectivement en 1802 et 1803 au 6 rue Saint Denis. Les deux suivants, Frédéric Eléanor et Vincent Hypolite nés en 1805 et 1806 au 2 Passage des Petits Pères seront tous les deux facteurs d'instruments. Marie Madeleine LETELLIER décède le 17 mars 1807 à 26 ans, cinq mois après son dernier accouchement. L'inventaire après décès réalisé en 1808
(B30), permet de voir que Clair II GODFROY exerçait son métier d'ouvrier facteur d'instruments et que son épouse tenait un magasin de fruits et légumes.
Généalogie GODFROY
Cliquez pour l'agrandir.

C'est à cette période qu'il est souvent cité dans des documents comme " GODFROY dit BUFFET ". C'est cette dénomination que l'on retrouve dans la marque d'un flageolet en ébène et ivoire de la collection THICAM sans doute fabriqué vers 1808, actuellement le plus ancien instrument répertorié portant une marque de Clair II GODFROY. (Marque 2)

Flageolet Godfroy dit Buffet de la collection THICAM

Le 20 septembre 1808, il épouse en secondes noces, Marie Jeanne Joseph Geneviève GERARD âgée de 29 ans de Crécy à coté de Meaux. Ils auront deux enfants : Caroline Joséphine née en 1811, qui épousera Louis Esprit LOT et Alexandrine Clarisse née en 1813. D'après l'almanach du commerce de Bottin à partir de 1807 il était marchand de musique au N°4 rue Neuve des Petits Champs, 1810 au N°20 rue Richelieu. C'est à partir de 1812, rue Neuve des Petits Pères qu'il apparaît comme luthier, puis en 1813 au N°36 rue Coquillière avant de s'établir au 67 rue Montmartre où il exercera pendant toute son activité, (Toutes ces adresses sont situées dans le même quartier). Comme on peut le voir sur un tarif de la Maison GODFROY de 1880, cette société aurait été créée en 1814.
Période de 1814 à 1818. Lorsqu'il s'installe à son compte Clair II Godfroy a 40 ans donc une certaine expérience de  la fabrication des flûtes. Ces véritables concurrents sont peu nombreux : les Winnen, Bellissent...C. Laurent depuis 1806, date de son brevet, a perfectionné les systèmes de clétage. La flûte utilisée par le conservatoire de Paris est une flûte à 4 clés....mais la flûte à une clé est encore largement utilisée. Etant le seul représentant de la famille Godfroy installé à Paris, sa marque est " visage rayonnant/GODFROY/ A PARIS. ". dans un premier temps puis ensuite vers 1818......." visage rayonnant/GODFROY/ A PARIS/Etoile 5 branches. "

Les flûtes qui sortent de son atelier dans cette période sont plutôt : en ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 1 ou 4 clés en argent, à plateaux plats, dont une clé à bascule rectangulaire (avec deux cotés arrondis) vissées à des tourillons soudés sur des patins en forme de croissant de lune, vissés dans le bois. Bien sur il y a des exceptions.....si vous en connaissez envoyez moi des photos.
Flûte Godfroy première marque à 4 clés.
Vichy 2019
















Clés à bascule de la période 1814-1818. A noter les différences de fabrication : exemple des patins en croissant de lune, l'un à extrémités pointues et l'autre à extrémités arrondies. Les clétiers étaient différents.

Instruments répertoriés dans cette période de 1814 à 1818 :
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 1 clé en argent à bascule rectangulaire et patin en croissant de lune; clé plateau plat. (Vichy 11 2017) vers 1816.
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 1 clé en argent à bascule rectangulaire et patin en croissant de lune; plateau plat. (Coll. T. Giannini) vers 1816.
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 4 clés en argent, dont une à bascule rectangulaire, et patins en croissant de lune à extrémités arrondies; clés à plateaux plats. (Vichy 5 2019) vers 1816.
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 4 clés en argent, dont une à bascule rectangulaire, et patins en croissant de lune; clés à plateaux plats. (Coll. particulière) vers 1816.
*Flûte buis, baguée en ivoire, avec barillet, à 6 clés, dont une à bascule rectangulaire, et patins en croissant de lune; clés à plateaux plats. (Coll. T. NR) vers 1818.
Période de 1818 à 1829.













C'est vers 1818 qu'il change sa marque "GODFROY A PARIS" pour "GODFROY Aîné" à Paris. C'est vers cette époque aussi, que son frère Pierre GODFROY dit "jeune" (1780-1848) s'installe au 45 rue Montmartre. C'est également à partir de cette période qu'il date certains de ses instruments. En 1821, il devient "fournisseur de l'académie royale de musique. 1823, il participe, pour la première fois, à l'exposition de Paris et obtient : une mention honorable. 
 Le combat est rude pour obtenir le soutien des grands flûtistes de l'époque : Joseph GUILLOU (1787-1853) professeur de flûte au conservatoire de Paris de 1816 à 1828, Jean Louis TULOU (1786-1865) professeur au conservatoire de Paris de 1829 à 1856. La concurrence est rude d'abord avec Jacques Éléonore BELLISSENT (17783-1841) et avec son propre frère : Pierre GODFROY Jeune, voir avec la production de La Couture.











  











A partir de fin 1820 il numérote ses flûtes et la première flûte de cette période que nous avons répertoriée porte le numéro : 54 et correspond à l'année (estimation) 1821. La seconde, numéro 144 est datée 1821. Il est a noter que ces dates ne sont que des estimations et qu'il y a toujours des décalages entre la date de tournage du bois, le moment du perçage  de l'instrument, du montage des clés.....et la vente où il semblerait que le luthier apposait alors, la date, le numéro et l'enregistrait dans son livre. Cela peut donner un écart de quelques mois à 1 ou 2 ans. Ce qui expliquerait quelques anomalies rencontrées sur certains instruments au niveau de marques, de modèle de clétage, de date...ne correspondant pas à la période que nous indiquons; nous avons déjà rencontré ce problème dans nos classements des flûtes Laurent et de Tulou. 














Dans cette période, le modèle de flûte standard, de son atelier, a évolué. Plutôt en bois précieux (ébène et palissandre), à 4, 5, 6 clés, elle comporte un barillet, pompe d'accord, doublée en métal ainsi qu'une partie de la tête. La flûte est baguée " large ", plutôt en ivoire, plus rarement en argent pour les modèles de qualité supérieure. La clé à bascule passe du plateau rectangulaire plat, à l'ovale plat pour évoluer au circulaire  vers 1823-1824.  A partir de 1819-1820) les trous couverts par des clés rondes et  plates, sont fraisés et manchonnés de métal.

Les clés comportent toujours un plateau circulaire plat mais les tiges s'épaississent vers 1824.
Vers le N°1000, c'est à dire au environ de 1826 un essai est fait pour améliorer les clés. Mais cela ne concernent que peu d'instruments
En 1827, il participe à l'exposition de Paris où il obtient une médaille de bronze, alors que Bellissent n'obtient qu'une mention honorable. C'est une reconnaissance pour la qualité de sa production, et une consécration en tant que premier fabricant de flûte de Paris. Il recherche en permanence des améliorations, même s'il continue à produire des flûtes qui répondent à des besoins particuliers, comme pour cette flûte à 8 clés
Flûte à 8 clés argent et trois corps de rechange avec système de clés
particulier de 1828. (Collection Dayton Miller)
Le buis et l'ivoire sont complètement abandonnés au profit des bois précieux et de l'argent. Barillet, bagues larges sont toujours d'actualité. Les clétages deviennent plus massifs, Même si la clé à bascule est toujours présente, son plateau circulaire forme une cupule, portant un léger biseau, permettant d'accueillir des tampons épais recouverts de baudruche. Les autres clés circulaires sont en cupule légèrement biseautée. Les patins sont toujours en forme de croissant. Dans cette période de transition, l'ancien système est encore présent. Les corps de rechange sont parfois utilisés.
Flûte 5 clés de GODFROY Aîné N°1737 de 1828. (Collection Uehli HALDER)











En 1829, confronté à certaines contrefaçons, il modifie sa marque : " Déjà plusieurs facteurs portant le nom de GODFROY ont usé de ce titre pour faire passer des instruments de leur façon pour être de ma fabrique. En conséquence pour éviter toute contrefaçon, j'avertis le public que mon poinçon portera dorénavant : "Clair Godfroy aîné". Tous les instruments qui sortent de chez moi sont numérotés sur un registre de commerce. Cette précaution offre aux personnes qui leur donneront la préférence et qui achèteraient d'occasion ou ailleurs que chez moi, le moyen d'en vérifier l'origine". Tarif 1827. Source T. Giannini.












(le 11 janvier 2020) Découverte importante.

Clair II Godfroy Aîné a déposé deux plaintes en 1830 pour contre-façon. Car on pouvait lire dans un journal parisien le 24 septembre 1830 " une ordonnance de la chambre du conseil du tribunal d'Evreux avait renvoyé au tribunal correctionnel MM Jean François Godefroy, Louis Hérouard, Denis Godefroy, Denis Buffet, Martin Thibouville, Denis Noblet, Pierre Noë, Gilles Noë, Nicolas Thibouville, comme prévenus d'avoir apposé sur des instruments à vent fabriqués par eux le nom de Monsieur Godefroy Aîné fabricant à Paris et MM Bonnel, Pléannat, Rémy Génin, Buffet, Lété, Boileau et Nadau comme complices du même délit de contrefaçon pour avoir exposé en vente et mis en circulation des instruments portant la même indication contrefaite".
Dans les instruments que nous avons répertoriés l
e numéro le plus élevé que nous avons répertorié avec l'ancienne marque (AM) est 2457. Le premier numéro que nous avons relevé avec la nouvelle marque (NM) est 2776.
Cela suggère que C. GODFROY a continué sa numérotation avec sa nouvelle marque. (A vérifier)



Ci dessus vous trouverez un tableau (Modifié le 30/11/2019 en tenant compte des remarques de J. Da Silva, A. Nolan, M. Lynn. Merci à eux pour leurs remarques) résumant la production de flûte de Clair II GODFROY. Il est difficile à lire, pour l'agrandir il suffit de cliquer sur l'image.
Pour l'imprimer ce n'est pas compliqué : il suffit de l'enregistrer sur votre ordinateur en tant qu'image et de l'imprimer. 
Comment le lire : à partir des instruments répertoriés comportant des éléments permettant de les dater précisément (dates, marques, numéros....) nous avons essayé d'établir la numérotation par année avec une précision de plus ou moins une année. C'est un peu approximatif et c'est pour cela que nous vous demandons votre aide.
Donc si vous avez, connaissez des instruments de "Godfroy à Paris", "Godfroy Aîné".....Toutes les informations sont les bien venues

Une numérotation différente sera faite avec les modèles Boehm. (à confirmer) 
  

jeudi 27 juin 2019

Michael DUVAL (c1747-1815) facteur de flûtes à Maastricht. Inventeur d'un système de clés original. Michael DUVAL (1747-1815) flute Maker, inventor of an original keys system.

Guy Laurent nous avait montré une flûte de WINNEN, originale avec un système de clés que nous n'avions jamais rencontré.
Flûte en ébène, baguée en ivoire à 3 corps de rechange et 4 clés. (Coll Guy LAURENT)

Ce système tout à fait particulier nous intriguait, car aucun autre instrument de ce type n'avait croisé notre route et nous pensions que les WINNEN (Frères ou/et Père et fils.....en passant je suis preneur de toutes informations sur cette famille de facteurs parisiens ) étaient particulièrement inventifs, surtout après avoir vu le formidable basson muni d'un système de clés, lui aussi très original (fait par FELIX. Voir article sur ce sujet : Clés de Félix)
Et puis une visite au MIM de Bruxelles, accueillit formidablement par Gery DUMOULIN (encore merci pour votre accueil), pour rechercher mes poinçons d'argent sur les instruments français....me permit de croiser, une flûte à 4 clés munie du même système de clés et portant la marque de DUVAL?
Flûte à 4 clés argent de Duval à Maastricht. (Coll. MIM de
Bruxelles N°1078)
Tiens ! qui c'est celui là.....Langwill ...... : "Michael DUVAL (b Normandy c1747; d Maastricht 29 November 1815) installé depuis c1780 à Maastricht".
Depuis je n'ai pas trouvé de nouvelle information sur ce facteur d'origine française (peut être de la région de La Couture), qui devait être militaire avant de s' installer en Hollande sous contrôle français à cette époque et dirigée par Louis Bonaparte, le frère de Napoléon.
En revanche, grâce à Gery Dumoulin, nous en savons beaucoup plus sur cette flûte et son système de clés. Outre le fait que la tête de l'instrument porte la marque de Charles SAX à Bruxelles, voici ce qu'écrit V. Mahillon dans son catalogue à propos des clefs de l'instrument 
"Les clefs méritent une mention spéciale ; l’obturation des trous latéraux se fait à l’aide d’une soupape métallique au lieu du tampon ordinaire. Une ouverture rectangulaire est découpée vers le milieu de la clef, dans le sens de sa longueur ; cette ouverture s’emboîte sur une pièce de bois, également rectangulaire, laissée en relief sur la périphérie du tuyau et qui sert ainsi de guide au mouvement de bascule de la clef. Une vis traverse deux des côtés de l’ouverture rectangulaire de la clef, ainsi que la pièce de bois, de sorte que les deux extrémités de la vis servent de pivots à la clef." (Source Gery Dumoulin MIM de Bruxelles)
Photos diverses de détails de la flûte de Duval.
(Source Gery Dumoulin, MIM Bruxelles)
En fait on voit que M. DUVAL avait repris le système anglais des "pewter plugs" en étain breveté par Richard POTTER (1726-1806) dans son brevet de 1785, qui ne rencontra aucun succès en France mais très utilisé en Angleterre et à Vienne au XIX éme siècle.

L'innovation des flûtes de DUVAL concerne le système de fixation des clés par un système de blocs améliorés. C'est aussi une des rares applications du système Potter trouvée sur une flûte "Française"....système utilisé également par J.D. Holtzapffel à Paris, mais avec des tampons en cuir.


Flûte Holtzapffel
Coll. RP
























Il existe également une flûte de GODFROY Aîné de ce modèle, montrant que les "innovateurs" passaient par des facteurs plus prestigieux pour vendre...leurs systèmes , comme DUVAL l'a fait avec WINNEN. De plus cela montre que le système des "pewter plugs" a bien été proposé sur le "marché" français mais sans succès. 
Flute Godfroy Aîné à 8 clés dans la "façon" de
Holtzapffel. (Ebay)
Il existe une flûte à une clé de DUVAL, dans la collection de Dayton MILLER portant la marque : "DUVAL/12/A MAESTRICHT". (DCM 418)




Une flûte en La,  antérieure à cette innovation de DUVAL, mais qui comporte néanmoins une clé à "pewter plug", montée sur un bloc. Elle comporte également une patte originale évasée à l'extrémité. (Musée de la musique de Paris : E.980. 2 . 5) 

 On peut voir à travers cet exemple, comment les innovations circulaient en Europe entre les différents facteurs, fin XVIIIème, début XIXème.

Pour lire  cette article en musique, nous vous proposons d'écouter la flûtiste Anna BESSON.



mardi 9 juin 2015

Clarinettes et bassons de BAUMANN et WINNEN équipés d'un système de clés "Inventé par C.H FELIX Mécanicien à Paris". Clarinets and bassoons with a keys system invented by C.H FELIX mechanic in Paris

Dans le magnifique ouvrage rédigé par Albert R. RICE, qui vient de sortir sur la collection de MARLOWE A. SIGAL on peut voir un superbe jeu de clarinettes réalisé par Jean Jacques BAUMANN (1772-1845) et le mécanicien C.H. FELIX.
 J'ai voulu en savoir un peu plus sur ces instruments.  
Clarinettes à 7 clés de Baumann et C.H. Félix, en La et Si B.
(Collection de Marlowe A. SIGAL)
Ces clarinettes en buis foncé, sont munis de clés en laiton très particulières ; elles épousent les courbes de l'instrument, sont d'un accès plus ergonomique et sans doute étudiées pour avoir une articulation plus réactive. Il est précisé dans les commentaires, que les ressorts se situent à l'intérieur des tubes des clés. Donc une conception très originale pour des instruments datant de c. 1815.
Détails d'une clarinette.
Si on regarde la photo de détails (au dessus), il y a sur chaque clé une petite molette permettant de régler la hauteur de la clé par rapport au trou. Ces clarinettes portent la marque de Baumann (voir photo ci-dessous d'une autre clarinette de Baumann). Les clés ne portent pas de marque ; ces clarinettes devaient faire partie d'un jeu de 3 clarinettes (Ut, Si bémol, La), puisque le pavillon de la clarinette en La, porte la marque C. Donc peut être reverrons nous, un jour sur le marché, une clarinette identique en Ut, avec un pavillon marqué A.
Marque Baumann d'une autre clarinette, mais identique
à celles de la collection Sigal.
Albert RICE signale dans ses commentaires, un basson de BAUMANN muni du même système de clés dans les collections du Metropolitan Museum de New York dont les clés sont marquées : " Inventé par C.H. FÉLIX Mécanicien à Paris en 1813".
Basson de Baumann et clés de C.H. Félix.
(Collection Metropolitan Museum de New York).
Qui était C.H. FELIX ? Nous n'avons pas trouvé grand chose sur ce personnage, donc cet article va devoir être complété.. En revanche nous savons que FELIX était mécanicien en 1806 et exerçait au 14 quai des orfèvres à Paris. Il était très inventif non seulement pour les clés d'instruments, mais pour de nombreuses autres choses. Toujours en 1806, il présentait lors de  l'exposition des produits de l'industrie française sur la place des invalides et sur le portique N°28 "Mr Félix, mécanicien au 14 rue des orfèvres : mécanique servant à moucher une chandelle à des temps marqués toujours proportionnés à la longueur de la mèche charbonnée et cela par l'effet même de la combustion de la chandelle et de son raccourcissement".
Première page du catalogue de l'exposition de la place des Invalides de 1806.
Détails du basson du MET.
De 1808 à 1813 il exerce au 11 rue Vieille Bouclerie à Paris. En 1813 il invente ce système de clés mais nous n'avons pas trouvé le brevet correspondant (S'il existe car inventer n'est pas breveter).

Revenons au basson de Baumann du Met, il s'agit d'un basson à 7 clés avec une branche de rechange pour adapter le diapason, le bocal possède une visse pour régler sa hauteur et une des clés est couverte par une grille monogrammée avec les initiales du propriétaire : P?G?......je lance un jeu, mon estime pour le premier qui le décrypte. On retrouve le système de molette sur chaque clé pour régler la hauteur.


























En 1822 et 1823 il exerce au 40 rue du Marché Neuf et vend "des outils d'horlogerie". A partir de 1825 jusqu'en 1827 il est "facteur de clarinettes" : "Félix, clarinettes 18 rue des Marmousets, Cité".
C'est peut être à cette époque qu'il réalise le jeu de clarinettes de la collection Marlowe Sigal.
Mais il reste a trouver une clarinette marquée "Félix à Paris".

Il existe un autre basson similaire au Musée de la Musique de Paris  mais signé WINNEN. Toujours à sept clés, avec toutes les caractéristiques décrites pour le basson du Met.
Les différences sont au niveau du pavillon plus travaillé et de la grille couvre clé avec un écusson.
Pavillon du Basson de WINNEN du Musée de la musique de La Villette.
En 1829 voilà ce que l'on peux lire dans l'annuaire Bottin : "Mécanicien : Félix, divers ouvrages pour horlogers et opticiens, garnitures de clefs d'instruments à vent, en cuivre et en argent : 18 rue des Marmousets-Cité".


En 1833 : "Félix, divers ouvrages pour horlogers et opticiens, suspension de montre marine, batte calotte et cercle, exécuté d'après plan et dessin tout ouvrage mécanique en petit. 36 rue des Marmousets-Cité".
En 1837 :" Félix fait divers ouvrages pour horlogers et opticiens, suspension de montre marine, Il fait d'accord avec Teillard le mécanisme des tableaux pour fantasmagorie, exécute d'après plan et dessin tout ouvrage en petit, 36 rue Marmousets-Cité".
Il avait abandonné les clés d'instruments, pour les mécanismes des tableaux pour fantasmagorie.
Spectacle de fantasmagories vers 1850.
Il continue jusqu'en 1847, Toujours 36 rue des Marmousets-Cité : voici sa dernière annonce :"Félix tout ouvrage mécanique en petit, mécanisme des tableaux pour fantasmagorie, 36 rue des Marmousets". La rue Marmousets dans l'île de la cité (Paris 4°), est aujourd'hui la rue Chanoinesse.

La rue Marmousets vers 1860.
N'hésitez pas à compléter cet article : rene.pierre23@gmail.com