lundi 7 janvier 2019

BONNEVILLE Flute ? Vous avez dit flûte Bonneville. En argent ou en plaqué? Et quel numéro ? Qui était Auguste BONNEVILLE? BONNEVILLE? You say Bonneville flute? Silver or silver plate? Which number? Who was Auguste BONNEVILLE?

Pour les flûtistes, les collectionneurs......BONNEVILLE  est un nom famillié et synonyme de flûtes prestigieuses.....Mais le saviez-vous c'est aussi une marque de Motos  chère (dans tous les sens du terme) à James DEAN.
James DEAN sur sa moto Triumph Bonneville.
Mais aussi un modèle de guitare électrique : DUESENBERG BONNEVILLE.

Vous allez dire que je "ratisse" large.......en ce moment pour faire de l'audience? C'est vrai, vous avez raison car un des principal reproche ( en plus des fautes d'orthographes et de grammaire) fait à ce blog est le fait d'être trop spécialisé ....un de nos abonnés m'a demandé de le rayer de la liste, car il n'y avait pas d'article sur le Cor de chasse ....
Mais revenons à BONNEVILLE, comme en ce moment je commence a rédiger mon bouquin sur les poinçons j'avais à écrire, une demi-page sur ce facteur de flûte.....donc quelques recherches dans les ouvrages fondamentaux..résultats : Bof. Heureusement il a le blog de Jean Jacques BONA pour l'histoire (Luthiers Vents) et celui de Gary LEWIS pour les flûtes (Gary Lewis) où l'on trouve de vraies informations, points de départs de recherches plus approfondies. Car dans le milieu des flûtistes et des collectionneurs ont parle de "flûte Bonneville", "Lot", "Rive"....On joue sur Lebret, Barbier, Tulou....Le facteur devient objet ....marque, mais on ne connaît pratiquement rien d'eux, rendez-vous compte il n'existe actuellement aucune photo, aucun portrait.
Pour BONNEVILLE, par exemple cette marque concerne trois générations et au moins quatre personnes. Auguste Adrien BONNEVILLE est né le 13 septembre 1819 à Bessancourt, petite ville du Val d'Oise (95).
N°29 vers 1876 sans AB cursives.
N°3928 vers 1914













Il épouse Sophie Joséphine POIRON (1814-1877)  à Paris le 12 octobre 1844. Leur premier fils, Henri Léon est né le 26 mai 1847 à Paris, suivi le 8 juin 1854 d'Alphonse Edmond et d'Eugène Lucien le 15 octobre 1866. En 1858 il crée le fonds de commerce BONNEVILLE. En 1869 il est cité dans l'inventaire après décès de V.H. GODFROY  comme " Bijoutier : 9 rue Corbeau" travaillant pour ce facteur, tout comme Claude RIVE et Jules BELORGEY Fils. Sans doute fournissait-il les clés d'instruments. 
Marque d'une flûte cylindrique de V.H. GODFROY de la période
de collaboration avec A. BONNEVILLE. On peut constater que
A. BONNEVILLE s'est inspiré de la marque de Godfroy pour
 réaliser la sienne. Il serait intéressant de comparer les instruments
de ces fabricants de flûtes notamment au niveau des clés.
En 1876, toujours 9 rue Corbeau, il commence sa propre fabrication de flûtes en compagnie de ses fils, Alphonse Edmond "mécanicien" à la même adresse et Henri Léon, "fabricant d'instruments de musique" 21 rue Bichat.
Marque des flûtes en bois
notamment des piccolos.
N°2138 piccolo du Musée
de la musique de Paris
vers 1897.
Une gravure légèrement
différente pour cette
flûte 4457 vers 1918.















Entre 1885 et 1888 l'atelier devient "BONNEVILLE et Fils" toujours rue Corbeau et obtient en 1888 un brevet pour "une flûte à anneaux sans tampon. Le passage à la raison sociale BONNEVILLE et Fils vers 1885 correspond sans doute au départ en retraite d'Auguste BONNEVILLE  qui avait 66 ans à cette date. Il était temps de laisser la place à son ou ses fils (Il reste à déterminer lesquels des trois fils travaillaient dans l'atelier). Néanmoins  c'est le fils Cadet : Alphonse Edmond BONNEVILLE (1854-1925) qui prend réellement la succession de son père . Si la raison sociale change, la marque des instrument reste la même et la marque "BONNEVILLE Fils" rencontrée sur certains instruments n'a rien à voir avec cette période.
Le nombre de flûtes et piccolos fabriqués par Auguste BONNEVILLE " le père" (ou sous sa direction) est assez faible comparé aux 6000 instruments (Estimation) au total. Nous estimons  à 1000 (A confirmer) le nombre d'instruments fait sous l’ère d'Auguste Bonneville père (1876- c1885).

Flûte N°29 en métal argenté (Silver plate).
Piccolo N°879
Vers 1883
Il serait très intéressant d'analyser les différences de facture et de qualités musicales des instruments de ces différentes périodes, pour notre part nous n'avons pas les compétences suffisantes pour faire ce travail. Peut-être que certains spécialistes (Suivez mon "regard appuyé et insistant") pourront se lancer ?
Il est a noté qu'aucune flûte en argent de cette période, ne porte de poinçon. Le poinçon "A Lyre B" bien connu de Bonneville a été enregistré le 22 décembre 1899, donc largement après la première période et après le décès d'Auguste BONNEVILLE.
Poinçon Bonneville enregistré  le 22 décembre 1899.
C'est également au (x) Fils que l'on doit le brevet de quinze ans obtenu le 5 mars 1888 pour "L'application d'anneaux mobiles sans tampon aux flûtes à perce cylindrique en métal".
Brevet 189126 de Bonneville  et Fils. (Source Inpi)














Le principe de ce brevet :












Flûte N°1956 (Vers 1894) appliquant ce brevet sur deux plateaux.
(Cheminées très hautes) 












Ce brevet n'a sans doute pas rencontré un grand succès. Au début les 5 plateaux ouverts des flûtes BONNEVILLE comportaient ce système, puis ensuite seulement deux comme dans l'exemple ci-dessus de notre collection, puis après il a été abandonné. Au départ en 1888 Alphonse BONNEVILLE avait prévu une numérotation différente et une marque sur laquelle avait été rajoutée "Breveté", comme cela avait été fait chez Godfroy.
Flûte à 5 plateaux système breveté
N°6 avec une marque sur laquelle
a été rajoutée "Breveté"
Vers 1888. Coll. Gary Lewis.

























Le 4 décembre 1895, Auguste Adrien BONNEVILLE décède à 76 ans, rue Corbeau. Alphonse Edmond  BONNEVILLE, fils cadet prend la suite et déménage vers 1895 au 44 rue Saint Sébastien avant de s'installer définitivement au 140 Bd Richard Lenoir. A l'exposition universelle de Paris, de 1900, Alphonse Edmond Bonneville obtient une médaille d'or

Auguste Lucien BONNEVILLE (1880-1944) fils de Alphonse Edmond, avait son propre atelier sous le nom de BONNEVILLE Fils, de 1908 à 1912 au 84 faubourg du Temple (Paris 10).  Il est déclaré en faillite le  31 janvier 1913. Quelle était la qualité de ses instruments et étaient-ils différents de ceux de son père et de son grand père, nous ne pouvons le dire. Sa marque comportait la mention fils et sa numérotation d'instruments allait de 1000 à 1500 (à confirmer).

Flûte Bonneville Fils
en argent avec plaque 
d'embouchure en or.
Vente Enghein
Marque Bonneville Fils
Flûte Bonneville Fils
en argent avec plaque
d'embouchure en or

























A la suite de sa faillite en 1913 Auguste Lucien est-il revenu travailler avec son père, nous ne pouvons le dire, mais cela est fort probable.  Mais c'est dans cette période que l'atelier a été le plus productif. Alphonse Edmond Bonneville est décédé le  16 novembre 1925. Le fonds de commerce Bonneville a été vendu le 28 octobre 1835 à Mr Dubois, fabricant d'instruments de musique.



A partir d'informations transmises par nos amis et nos lecteurs nous avons essayé de réaliser un 
Essai de datation des instruments Bonneville en fonction de leur numérotation.
Les dates sont données avec une approximation de 2 à 3 ans. Cette numérotation ne concerne pas les instruments portant la marque Bonneville Fils et certain portant la marque classique plus breveté et à numéro de 1 ou 2 chiffres.

Notre échantillon  comporte actuellement : 170 instruments
Nous avons comme dates certaines : N° 2400 (première flûte portant le poinçon "A Lyre B" vers 1900 - N°3996  pour juillet 1915 - N°5059 datée 18 avril 1923. Dernier N° 5611 vers 1935.
1895 : Auguste Bonneville décède à 76 ans. Alphonse Edmond Bonneville lui succède.
1899 : le 22 décembre : insculpation du poinçon "A Lyre B". (Actuellement la première flûte de notre échantillon comportant les poinçons d'argent "A lyre B" porte le numéro 2400) 
1925 : le 16 novembre : décès d'Alphonse Edmond Bonneville à 71 ans.
1935 : le  28 octobre vente du fond Bonneville à Mr Dubois.

De 1876 à 1900 : nous avons une moyenne de 100 instruments par an. De 1900 à 1915 : 102 instruments de moyenne par an. 1916 à 1923 : 136 instruments par an (Sans doute incluant la fabrication d'autres instruments comme la clarinette ?). A partir de 1924 une adaptation décroissance des 468 instruments restant.

Voici le résultat : A vous de nous dire ce que vous en penser et à nous aider à affiner cet essai. 




mardi 1 janvier 2019

Bonne Année 2019 à tous. Happy New Year.

Nous avons terminé cette fin d'année en fanfare .......
.......Nous l'attaquons tambour battant.


Alors à tous une bonne et heureuse Année......et plein de musique.
 Happy New year....2019

dimanche 23 décembre 2018

Survivre dans des conditions extrêmes grâce à la musique. Survive in extreme conditions thanks to music.

José-Daniel Touroude
Le célèbre violoncelliste Maurice Maréchal (1892-1964) dans les tranchés
avec son célèbre violoncelle le "Poilu" fait en bois de caisse. 
Après le précédent article sur les problèmes de santé qui nuisent à la vie de musicien et le recours à la médecine et à la pharmacie pour rester en forme car comme toute personne sur scène (artistes divers, politiques…) il faut être constamment au top, voici un des nombreux exemples qui permet de constater que la musique peut sauver des vies dans des conditions peu supportables.  
Pour lire : La médecine au secours des musiciens.

Les conditions extrêmes sont des moments où l’homme est privé de liberté et est en souffrance à cause des autres (par exemples les dangers de la guerre, l’exil, la peur de la mort, la prison ou par un handicap physique ou psychique, l’hôpital avec des maladies et traumatisme divers.  La musique sert alors à s’échapper d’une vie insupportable, un soutien dans les épreuves, un moyen salvateur contre la dépression, la maladie psychique. Comment organiser sa survie dans un environnement malsain ou absurde ? Les exemples sont nombreux mais je choisirai puisque nous avons fêté le centenaire de l’armistice de 1918 un exemple riche d’enseignements peu connu. Jusqu’au moment de la célébration de l’armistice de 1918 et de l’enfer qu’ont vécu des millions d’hommes, la vie des musiciens a été également bouleversée. 
Militaires américains : Un moment de détente avant le prochain assaut.  
D’abord de nombreux artistes sont morts et d’autres furent mutilés mais certains ont réussi à survivre grâce à la musique. Ainsi quand le violoniste soliste international Lucien Durosoir, célèbre avant la guerre, fut obligé de quitter son Guarnérius pour la baïonnette dans les tranchées. Face à la mort qui l’attendait la musique le sauva car il fut reconnu par son colonel qui l’avait entendu à Pleyel 2 ans avant (comme nous l’indiqua son fils Luc Durosoir) et avec le célèbre Caplet (1er prix de Rome devant Ravel ! et ami de Debussy qui tenait l’alto), le jeune Marechal qui sauva sa vie aussi grâce à ses talents de musicien et qui fut plus tard un des plus grands violoncellistes et professeur au conservatoire de Paris (son violoncelle fabriqué sur le front avec une caisse de munitions ! «dénommé le poilu» trône actuellement au musée de la Villette) et  le pianiste Magne puis ponctuellement d’autres musiciens professionnels, ils montèrent un orchestre… Beaucoup de musiciens devinrent ainsi brancardiers (ce qui était une tradition depuis les armées royales pour les musiciens ) 


«Les musiciens du général« furent protégés par le général Mangin qui lors des moments de répit devaient organiser des concerts pour lui et son état major, parfois pour la troupe (quoique les quatuors de Beethoven ou la musique contemporaine française ne faisaient pas vibrer la troupe selon les lettres de Durosoir et de Marechal !). La musique de chambre «aristocratique et bourgeoise» pour les officiers, les chansons à boire pour le peuple. («en jouant les tziganes«  dira Caplet (il était loin du Boston Symphony ou du Covent Garden de Londres !). Mais la variété des styles de musique selon les classes sociales est un autre sujet. Une question dérangeante: les musiciens moins talentueux ne furent pas épargnés et les instruments à vents d’harmonies et de fanfare (même des prix de conservatoires) n’eurent pas le même traitement que les instruments «nobles» de la bourgeoisie…. A méditer.


Grâce à la musique ces musiciens d’exception en faisant la guerre étaient privilégiés car pas considérés comme de la chair à canon et purent sauver leurs vies . Et la musique transcendait la haine car près des tranchées il jouait de la musique allemande du 18 et 19ème siècle du grand répertoire. (malgré Caplet qui faisait découvrir à ses amis les harmonies révolutionnaires françaises de Debussy, Ravel, Chausson, Satie etc.. ).



En face dans le camp allemand le grand compositeur Hindemith (bien connu des clarinettistes chambristes) regroupera aussi des musiciens professionnels et fera la même chose, c’est à dire des répétitions et des concerts à chaque moment libre pour s’échapper de l’horreur et soutenir le moral des autres.Tous élargissent et diversifient leur répertoire, avec une rigueur de professionnels entre les bombardements,  «la musique nous a désabrutis, c’est notre protection pour ne pas revenir à l’état sauvage des autres combattants, la guerre détruit l’âme et pour échapper à ce danger et à tous les dangers aux découragements, à la promiscuité, à la faim, la soif, la boue, la violence …l’art peut sauver, c’est l’oxygène de survie écriront –ils.


















Les musiciens inversent aussi la hiérarchie militaire le temps d’un concert. Le simple soldat-musicien assez méprisé par la hiérarchie devient le musicien star–soldat que les gradés applaudissent ! La musique a permis de traverser les épreuves mais après la guerre Durosoir ne put rejouer et composa. D’autres musiciens comme des millions d’hommes furent handicapés : cf le concerto de Ravel pour la main gauche, certains facteurs modifièrent  les instruments.  
Orchestre de musiciens invalides.


















Lors de la seconde guerre mondiale, les musiciens ont pu s’échapper mentalement aussi des conditions atroces des camps de prisonniers (rappelons Clara Askil rejouant les concertos de Mozart sur une planche détournée en piano muet l en camps de concentration, ou Olivier Messiaen composant le quatuor pour la fin du temps qui a fait transpirer nombre de clarinettistes !) ou plus dramatiquement les musiciens du camp de Terezin. (il y a eu un concert récemment en Israël avec des instruments restaurés  à cordes tirés des camps de concentration).
Clarinette mi bémol de Zalud à Terezin


La musique permet aux musiciens de tenir, de s’échapper mentalement mais aussi de donner de l’espoir aux autres. Nous pouvons le voir dans les prisons (une expérience vraiment particulière) et en fait dans tous les lieux où l’homme est privé de liberté et souffre, la musico thérapie en hôpital…Le musicien (comme l’intellectuel qui a une pensée libre malgré les contraintes) peut s’échapper des contingences et s’ennuie rarement car il possède la musique en permanence dans sa tête, et s’il est enfermé ou vit dans des conditions extrêmes, il se remémore ou crée des concerts, improvise, compose et dès qu’il peut rejouer son instrument, l’objet aimé et une musique qu’il affectionne, l’environnement ne compte plus. Bien sûr la musique est fondamentale pour sortir momentanément de l’handicap , pensons à Ray Charles aveugle, à Beethoven sourd, mais aussi aux malades psychiques  (Glen Gould autiste) et à la musicothérapie désormais bien implantée dans la psychiatrie moderne.  





jeudi 20 décembre 2018

BUFFET CRAMPON : Jean Louis BUFFET (1813-1865). Créateur de la Marque Buffet Crampon.


(Article paru en 2009 et mis à jour en décembre 2018)
Préambule : Je n'ai pas l'intention de traiter dans cet article l'histoire de la famille BUFFET, mais simplement d'essayer de faire "un peu de clarté" dans la période complexe de 1830 à 1859, avant "l'installation de la Maison Buffet Crampon et Cie". C'est également l'arrivée de la nouvelle flûte Boehm et de toutes les conséquences qui en découlent. A l'origine je souhaitais faire un petit article sur une flûte de ma collection, de Buffet Crampon, avec un système 32 hybride amusant, et j'avais beaucoup de mal à m'y retrouver dans les nombreux articles qu'y existent, entre les "Louis, Jean Louis, Auguste, les jeunes, fils, aîné etc....".
Donc si vous trouvez des erreurs, des oublis et que vous voulez corriger, modifier, illustrer, ajouter, compléter......ou que que vous avez des marques complémentaires...Vous êtes bienvenue.
Donc à l'origine "était le père": Denis BUFFET (Buffet Auger) né le 28 juillet 1783 à La Couture, dans une famille de tourneurs. Son père Claude BUFFET était en 1789, journalier et sa mère Marie Louise DELERABLEE. Plusieurs de ses frères seront également luthiers.
Denis BUFFET épouse le 18 juillet 1808 à La Couture, Marie Anne AUGER fille de facteur d'instruments de musique à La Couture. (Voir l'article de Denis Watel : Larigot N° 44 de septembre 2009). Il se serait installé vers 1825 à Paris au 18 passage du Grand Cerf. D'autres auteurs (New Grove Dictionary) situent son arrivée à Paris vers 1830. Nous penchons plutôt pour la seconde hypothèse, car il ne figure pas en 1830 dans le "Bottin de Paris", mais apparaît en 1832 (1831?) à cette adresse mais sous le nom de Buffet et non Buffet Auger. La marque situé en tête de l'article : Étoile/Buffet A Paris/Étoile. correspond à cette période. Le Langwill signale deux marques qui pourraient être également de cette période:
Lyre/D. Buffet A Paris et Étoile/ Buffet Aîné.
Denis BUFFET (Denis Auger)
(Le Livre d'or de la clarinette Française)














Sans doute la marque de l'association de certains
frères BUFFET à la Couture avant l'installation
à Paris


Son fils Jean Louis BUFFET (Buffet Crampon) est né à La Couture le 18 juillet 1813. Il épouse le 5 janvier 1836 Zoë CRAMPON (1815-1873). En 1838, le "Bottin parisien", signale deux adresses pour ces facteurs : "BUFFET Fils, flûtes, clarinettes, flageolets ; magasin de tous instruments, passage du Grand Cerf 18 et BUFFET AUGER, flûtes, clarinettes, flageolets, raccommodages à des prix modérés, commission en province et à l'étranger, rue Montmartre, 70".
En 1840 (1841?) toujours deux adresses, mais celle de "BUFFET AUGER a changée : flûtes,clarinettes, flageolets, rue Boucher 12".


Que c'est il passé entre le père et le fils ? Extension d'activité ? (mais le père (55 ans) : laissant la place au fils ce n'était pas courant à l'époque). Remariage ?, Rupture.....En tout cas ils voulaient faire une différence au niveau des marques : Buffet Fils A Paris et "Visage en gloriole/ BUFFET AUGER/ A PARIS/ Etoile" 

Première marque BUFFET-CRAMPON  (1841-1852)

Le 24 septembre septembre 
1841 Denis BUFFET (Buffet Auger)  décède à Paris à l'âge de 58 ans. En 1842 le Bottin signale toujours deux adresses mais pour la première fois apparaît : " BUFFET CRAMPON, flûtes, clarinettes, flageolets, hautbois, bassons et magasin de tous les instruments de musique, fait la commission, passage du Grand Cerf N°22".
Donc la première marque : Lyre/Buffet Crampon A Paris dans un ovale/BC entrelacés est apparue fin 1841, début 1842, pour faire la différence avec Buffet Auger ? Car en 1842 figure toujours : " BUFFET AUGER, flûtes, clarinettes, flageolets, rue Montorgueuil 55". Sans doute un problème de succession, parce que Buffet Auger n'apparaît plus dans le Bottin de/et après 1844. Notons que le magasin du passage du Grand Cerf, passe du 18 au 22.
De 1844 à 1852 : l'adresse Buffet Crampon reste la même. A signaler la participation aux expositions de Paris en 1844 : (piccolo de Boehm, flûte, flageolet, clarinette) et 1849 (flageolet, flûte mixte, hautbois), la prise d'un brevet en 1845 pour une "amélioration de la clarinette", très proche de celui obtenu par son oncle Auguste BUFFET (Buffet Jeune).
Pour les brevets Buffet de cette période concernant la clarinette : Voir le Blog de Denis WATEL
Pour la flûte, nous reviendrons sur ce point dans un prochain article, pour présenter notre flûte système 32 (peut être un modèle voisin de la "flûte mixte" présentée en 1849).

Flûte système 32 mixte de Buffet Crampon. (Coll. RP)
En 1850 il s'associe avec son frère Louis BUFFET (né à Anet le 10 mars 1823) et Ferdinand TOURNIER   Ils ouvrent la même année un atelier à Mantes la ville. En 1851, Louis Buffet quitte l'association pour créer sa société Louis BUFFET et Cie. Il est remplacé par Jean Pierre Gabriel GOUMAS né le 2 janvier 1827 et qui était le mari d'une nièce de Buffet Crampon.













P. Goumas devient associé de Buffet Crampon et de Tournier en 1855. A la suite du départ de Tournier en 1859, ils forment une nouvelle société avec un nouveau membre, Marthe Adolphe LEROY : 
BUFFET CRAMPON et Cie.
Jean Louis BUFFET (Buffet Crampon) décède le 17 avril 1865 à Mantes la Ville, à l'âge de 52 ans.























La suite est une autre aventure : L'Histoire de BUFFET CRAMPON

PS : Différentes adresses du frère de Jean Louis Buffet (Buffet Crampon):
Louis BUFFET et Cie : 1852 : Buffet, 1 quai Saint Michel. 1855 à 1861 : Louis Buffet 55 rue de Ponceau. 1861 à 1863, 110 rue Vieille du Temple. 1863 à 1865 : Louis Buffet et Cie, 21 rue Volta.

dimanche 9 décembre 2018

BOSSARD-BONNEL marchands de musique à Rennes. Music Dealer in Rennes.

Qui ne connaît pas cette jolie affiche de Lotti, de la Maison BOSSARD -BONNEL de Rennes et de Rouen.

"J'ai donc voulu en savoir un peu plus sur cette grande Maison Rennaise...." Voilà ce que j'écrivais il y a dix ans sur Bonnel dans ce blog, depuis de l'eau est passé sous le pont et beaucoup d'informations et de documents circulent sur la toile en particulier sur le site de Roland Terrier, luthier à Mirecourt pour qui tout ce qui concerne la généalogie des luthiers de Mirecourt n'a pas de secret. Le site de Roland Terrier.
Et de plus j'ai pu acquérir à la dernière vente de Vichy une dizaine de fers à marquer de cette Maison. 
Fers à marquer les instruments de la Maison Bonnel
Marques de ces fers.
Il était donc grand temps de revoir notre article.

Comme de nombreux marchands de musique en France, la famille BONNEL trouve ses origines dans les Vosges, non loin de Mirecourt, dans le village de Dommartin-sur-Vraine. Et bien sur, dans cette famille il y avait des luthiers. Ce sont donc deux frères, Nicolas BONNEL (1795-?) qui s’installa d'abord, comme luthier et marchand de musique à Rouen en 1827, au 50 rue de la Ganterie, puis vers 1843 Joseph Pierre BONNEL (1799-1870) qui fit de même à Rennes. 
Etiquette de guitare de Bonnel Frères à Rouen VERS 1835
Les deux frères exerçaient ensemble à Rouen comme le prouve l'étiquette de guitare ci dessus : "A la renommée du bon marché, Rouen Rue Ganterie N°50, Magasin de Musique et d'instruments : BONNEL FRERES"

Nicolas fit venir pour l'aider des luthiers de sa famille comme son cousin François BRUGERE dit Malakoff (1825-1875). Il restera à la tête de la Maison Bonnel de Rouen jusque vers 1860. On pouvait lire dans le Bottin à cette date : " BONNEL Jeune, successeur de BONNEL Aîné, musique et abonnement, location de pianos, orgues et autres instruments". La succursale de Rouen restera très longtemps en activité.   
Annuaire commercial de 1847.











Si Nicolas BONNEL resta célibataire, Pierre Joseph BONNEL épousa Catherine Thérèse THÉVENIN (1800-1883) le 18 mars 1829 à Domvallier dans les Vosges. C'est dans le village natal de C.T. Thévenin que naîtrons les quatre premiers enfants du couple :  Anne Thérèse BONNEL (1829- ?), c'est elle qui est à l'origine de la branche BOSSARD, Charles Nicolas Joseph BONNEL (1831-1879), Charles Joseph Emile BONNEL (1835-1891), Armand Joseph Alphonse BONNEL (1839-1885). Ces trois fils luthiers resterons célibataires. La dernière fille Thérèse Clémentine BONNEL (1843-1897) naîtra à l'installation de la famille à Rennes. Car Pierre Joseph Bonnel, marchand d'instruments de musique ne devait pas être souvent présent à Domvallier avec sa famille car au trois naissance de ses fils, il est déclaré " absent depuis plusieurs mois". Cela s'explique par sa présence à Rouen depuis 1831.
Étiquette d'une guitare de HUEL à Rennes.
Guitare Bonnel Frère à Rouen.
Néanmoins à la naissance de leur dernière fille en 1843, toute la famille est réunie au 3 rue Royal et Joseph DEMARNE, 33 ans luthier est témoin. Pierre Joseph succède a Henri HUEL, luthier lui aussi né à Mirecourt en 1742. Élève de René LACOTE et passé par Paris H. HUEL était installé à Rennes.
Annonce publicitaire de 1779.
Le commerce de musique va vite prospérer, animé par le père et ses trois fils. 
Étiquette d'un violon réparé par Bonnel à Rennes.
Facture de 1873


Mais le père, Pierre Joseph BONNEL décède le 22 septembre 1870 à 71 ans. C'est le fils Emile BONNEL, habile luthier qui continuera la tradition et assurera la prospérité de cette grande Maison de Rennes, particulièrement  au niveau de la lutherie. Il fera venir de grands luthiers de Mirecourt avec qui il collaborera comme Charles Basile CLAUDOT (1824-1887), passé déjà par Rouen en 1852 avant son séjour à Paris et son installation à Rennes où il décéda, ou l'archetier Auguste LENOBLE  (1828-1907).    



















Violon d'Emile BONNEL vers 1883.
Les deux autres frères Charles Nicolas et Armand Joseph tous les deux luthiers collaboraient avec leur frère, mais Charles Nicolas décède à 48 ans le 26 décembre 1879,  puis c'est Armand joseph qui disparaît à 45 ans le 7 mars 1885. Il est a noter que lors de ces décès les témoins sont le  beau frère, Ernest PICARD (1842-1897), époux de Thérèse BONNEL, et le neveu Louis Joseph BOSSARD (1850-1856) qui était déjà impliqué dans l'entreprise car en 1879 il est Marchand d'instruments de Musique puis négociant en 1885.
Marque d'un piano
Mais avant tout la Maison Bonnel vendait tous les instruments et en particulier des pianos qu'ils faisaient réalisés et y apposaient leur marque, où représentaient les grandes marques comme Erard, Pleyel. Ils avaient un atelier spécifique pour réparer et entretenir ces pianos et avaient plusieurs accordeurs qui sillonnaient la Bretagne et la Normandie. 


Tambour (sans doute fournit par la Maison Gautrot de Paris)
portant la marque de Bonnel à Rennes
On peut reconnaître dans cette marque, l'empreinte de deux
fers achetés à Vichy. (Voir ci-dessus)
Pour les instruments à  vents la Maison BONNEL travaillait principalement avec la Maison GAUTROT de Paris qui deviendra ensuite COUESNON, aussi bien pour les bois et les cuivres..