vendredi 2 avril 2021

Guitare à caisse en bateau : Découverte du luthier parisien du XVIII éme Jacques Philippe MICHELOT (1734-1814).

 

Les ventes d'instruments de musique de Vichy sont toujours un moment magique de découvertes de nouveaux trésors. Lorsque comme moi l'on est collectionneur mais surtout amateur de beaux instruments de musique, les ventes organisées deux fois dans l'année par Etienne et Guy LAURENT à Vichy sont des moments privilégiés de découvertes, d'apprentissages, de partages, de plaisirs...Qu'importe que ces "trésors" appartiennent ou pas, à notre domaine de collections, de compétences, cette salle des ventes est un rendez-vous exceptionnel d'experts, de collectionneurs, de musiciens, d'amis...où l'on peut approcher, toucher, découvrir, explorer des chefs d'œuvres de la facture instrumentale qui s'évaderons à la fin de la vente vers d'autres pays, des musées, des collections prestigieuses, et qui pourront reprendre vie dans les mains d'artistes qui les joueront de nouveau après une "remise en forme" adaptée. Et tout cela dans une ambiance conviviale où nous sommes " chouchoutés" par une équipe d'une grande compétence. Alors ne nous privons pas de ces bons moments de mai et juin, surtout dans cette période si pénible.








Deux instruments très intéressants seront présentés au cours de la prochaine vente du premier mai 2021 : A priori deux instruments éloignés l’un de l’autre, mais qui partagent une particularité organologique : leur caisse est taillée en bateau. Non pas à l’image de la mandoline ou du luth au dos bombé, mais à celle d’une guitare ou d’un violon dont le fond serait plus petit que la table. Des curiosités qui nous donnent l’occasion de revenir sur ce moment charnière de l’histoire de la lutherie, lors duquel s’opère le basculement progressif de l’instrument baroque à l’instrument moderne…" Nous dit le solide dossier réalisé par les experts de l'étude.

Dossier sur les instruments à cordes à caisses en bateau élaboré par l'étude E. Laurent.

De notre coté, à la demande d'amis s'intéressant à ce type d'instruments nous avons voulu en savoir plus sur ce luthier.

Jacques Philippe MICHELOT (1734-1814)

Signature de notre luthier.

Il est né à Paris le 26 juin 1734 et fut baptisé à l'église Saint –Eustache. Son père Jacques MICHELOT, officier de maison, avait épousé Marie Cécile La MANCHE.

A 16 ans, le 12 mai 1751 il entra en apprentissage, pour six ans chez le Maître luthier François GAVINIES, originaire de Bordeaux, fixé à Paris vers 1741, reçu Maître luthier " par expérience "  le 27 juin 1748 et juré de sa corporation le 23 novembre 1761. Furent témoins lors de cette signature, Jean Baptiste LEMPEREUR dit Keiser (Maître luthier en 1736 et juré pour l'année 1749) et Jacques BOURDET (Maître luthier en 1736 et juré pour l'année 1750).

Après 3 ans d'apprentissage, le 5 Juillet 1754 François GAVINIES transmis le contrat d'apprentissage à Joseph BERTET (BERTHET) marchand maître luthier " installé à l'enseigne au Roy David rue Neuve Saint Roch" et qui après 1764 s'installera à Nantes sur le quai Brancas. C'est avec lui que J. P. Michelot terminera son apprentissage et sera reçu Maître, par " chef d'œuvre",  le 30 décembre 1757. 

Signature de Jacques Bertet en 1754.

Il s'installa rue Saint Honoré à l'enseigne : " A la Mélodie ", près de l'église Saint Roch.

Etiquette manuscrite relevée sur une guitare à caisse bateau

de 1767. (Musée de la musique de Paris : E 2015 4 1.


Il est connu pour avoir publié en 1791 (année de la suppression des corporations. Loi Le Chapelier du 14 juin 1791) une annonce publicitaire : " renommé pour les guitares en bateau dont les avantages sont de réfléchir, le son au dehors d'une manière plus sensible, et pour faire d'excellente quintes et violons ". 

Mais il fabriquait depuis longtemps ce type d'instrument comme le montre cette guitare à caisse bateau de 1767 du musée de la musique de Paris (E2015 4 1

Eugène de Bricqueville dans son ouvrage : "Les anciens instruments de musique : un coin de curiosité", signale un luth de J.P. Michelot transformé en guitare. 
Violon de Michelot portant une étiquette
de 1782. (Vente 2012 à Troyes chez Ivoire)

Guitare à caisse en bateau proposée à la vente de Vichy du 1 mai prochain.



Jacques Philippe Michelot resta célibataire ; il exerçait encore à 78 ans,  rue Neuve Saint Roch comme le montre le Bottin de cette année. Il décéda le 21 mars 1814 à 79 ans.

Un inventaire après décès fût réalisé le 11 juin 1814 (MC/ET/XII/835 chez Maître Jean Baptiste Poisson)

Son appartement de deux pièces, situé au second étage de l'ancien hôtel du Saint Esprit au N°252 rue Saint Honoré, était plutôt sommaire.



Rien de particulier dans son appartement très modeste, qui correspondait également à son atelier parce qu'en plus de son lit et des meubles classiques on y trouvait  trois établis.

C'est le luthier Jean Gabriel KOLIKER, installé au N°24 rue Croix des petits champs qui fit l'inventaire des " outils, ustensiles, instruments et marchandises".

30 violons de basse de viole prisés ensemble

360 frs

19 autres violons dont une quinte, d'auteurs différents

152 frs

4 quintes finie, une quinte et deux violons sans être finis

75 frs

30 vieux instruments tant violons que pardessus de violes

20 frs

3 basses estimées ensemble à raison de 20 frs la pièce

60 frs

7 guitares dont six à six cordes et une à cinq

84 frs

Dans un étui à deux violons, un violon neuf du défunt Sieur Michelot et une basse de viole, l'étui et les deux violons estimés ensemble

60frs

3 Lyres dont une dans son étui estimées ensemble avec l'étui et deux serinettes

36 frs

2 violons dans un vieil étui à 2 violons

30 frs

Un lot de Gouges, ciseaux, de vieilles limes

6 frs

Un rouet pour filer les cordes en mauvais état

6 frs

Une petite boëte contenant des petits rabots pour fabriquer des violons

8 frs

15 rappes de fer

15 frs

2 rabots de fer

8 frs

Un lot de fer à souder, un vilebrequin

3 frs

Trois vieux étuis à calotter

3 frs

Un lot de planches de sapin et d'érable

6 frs

Une boëte remplie de pièces de violons et de basses

6 frs

Un lot de vieux manches de violons avec de vieux corps de luths

12 frs

Un lot d'archets

10 frs

Un lot de vieux bois

3 frs

Un étau et deux valets

8 frs

Une boëte contenant des cordes à violon

1 frs

Un vieux corps de harpe avec un corps de basse de viole

2 frs


Monsieur Michelot se " permettait " une petite fantaisie : il louait une chambre à la campagne en périphérie de Paris….dont l'inventaire fût réalisé en quelques minutes : une couchette, table et quelques chaises.

Elisabeth Justine Poupard née en 1755 à Paris, cousine germaine et actrice au théâtre de Rouen,  fût  la seule héritière de J. P. Michelot et n'a pas dû s'enrichir avec l'héritage de son " oncle de Bretagne".

En revanche son histoire est intéressante. Artiste elle-même, elle avait épousée un acteur célèbre, André Prosper Lanchantin dit Valmore père. Ensemble ils ont eu un fils François Prosper Lanchantin dit Valmore, acteur lui aussi qui épousa la célèbre actrice, chanteuse et poète native de Douai : Marceline Desbordes Valmore  (1786-1859) pionnière du romantisme, une des plus grandes poétesses qui inspira Verlaine, Rimbaud, Aragon…..

Dans le tableau de Martin Drolling, on la voit à côté  d'une guitare….peut-être une des sept répertoriées dans l'inventaire de son arrière cousin germain Jacques Philippe Michelot…? Ce dont on est sûr, c'est que la guitare représentée sur ce tableau n'est pas une guitare à " caisse bateau ".





lundi 1 février 2021

Facteur d'instruments de musique à Strasbourg : Georges Gaspard LINDEMANN (1783-1846).


  Marque LINDEMANN d'une flûte.
Georges Gaspard LINDEMANN est né le 29 juillet 1783  à Empfershausen (comme Gabriel Sébastien BÜHNER) dans le duché de Francfort. Il est le  fils du charpentier Johann Kaspar LINDEMANN décédé à Empfershausen le 21 mars 1806 et de Barbara BÜHNER (Sœur de G.S. BÜHNER). Il épouse le 5 novembre 1814 à Strasbourg Elisabeth LEYER (1792-1856) fille de Chrétien LEYER, saucissier à Strasbourg et de Marie Barbe KNOLL.

Signature de Georges Gaspard LINDEMANN.

Au cours de ce mariage ils reconnaissent trois enfants : Joséphine LINDEMANN née le 17 mars 1810 à Strasbourg, Elisabeth LINDEMANN née le 23 décembre 1812 à Strasbourg, et George Gaspard LINDEMANN (1814-1815) mort à 13 mois. Suivront : Salomé Caroline LINDEMANN née le 18 septembre 1818 à Strasbourg, qui épousera un capitaine polonais réfugié, Louis Koreva ; Julie LINDEMANN née le 29 décembre 1823 à Strasbourg, Sophie LINDEMANN née le 28 novembre 1823 à Strasbourg, Amélie LINDEMANN née le 20 avril 1827, décédée à 3 mois et George Victor LINDEMANN née le 29 septembre 1833 à Strasbourg.

Flûte à 4 clés de LINDEMANN. (Collection René PIERRE)

George Gaspard LINDEMANN est décédé le 1 mai 1846 à 62 ans d’une ascite au N° 2 du quartier Bleu à la Robertsau. Son épouse Elisabeth LEYER est décédée le 18 mai 1856 à 63 ans au N° 25 de la rue des Veaux à Strasbourg.

Basson à 8 clés. (Collection M. Sigal).

 

Chronologie :
1818 : Lindemann, facteur d’instruments N° 10 rue du Jeu des Enfants à Strasbourg.
1822 : Lindemann, faiseur d’instruments N° 59 rue du Jeu des Enfants à Strasbourg.
Rue du jeu des enfants à Strasbourg vers 1900.

1824 : Gaspard Lindemann (instruments à vent) rue des Aveugles à Strasbourg. 
1830 à 1836 : Lindemann, facteur d’instruments de musique. 
1836 : Lindemann, faiseur d’instruments, 16 rue de la Robertsau à Strasbourg.
1846 : Lindemann, facteur d’instruments N°2 du quartier Bleu à la Robertsau.

Basson 8 clés (collection William Petit)


Il existe que très peu d'instruments de ce facteur : voilà ceux que nous avons répertoriés :

Flûte  en ébène et bagues ivoire à 7 clés rondes en argent signé Lindemann à Strasbourg. (vente Sotheby’s du 23 11 1989 n°32)

Basson. (dossier Alsace n°117, Strasbourg)

Basson 8 clés (Musée Richard Wagner à Tribschen).




Flûte à une clé (Coll. René PIERRE).
La clé carrée porte deux poinçons d'argent qui racontent son histoire. Cette flûte faite à Strasbourg est passée par la Belgique, puisqu'on trouve ce poinçon d'importation belge, avant d'arriver en hollande, où nous l'avons acquise.
Poinçon d'imposition hollandais.





jeudi 14 janvier 2021

Selmer sax " Balanced action " (1936-1947) et " Super Action ou Super Balanced " (1948-1953) : comparaison.

 Michel Pfefferlé.

Réparateur d'instruments de musique à vent et collectionneur


Depuis peu, j'ai remis le nez dans mes saxophones Selmer accumulés dans les années 1980-1990. A cette époque, beaucoup de fanfares de mon canton, suivant l'influence des Anglais, ont opté pour une formation brass band. Du coup les saxophones ont rempli les armoires des sociétés dans lesquelles j'ai largement puisé à ce moment-là. Je suis en train d'en remettre quelques-uns en état. Parmi eux figurent 4 altos Balanced Action et 1 alto SBA. Comme j'y trouve pas mal de différences, j'ai essayé d'établir un comparatif entre ces modèles. 
Il y a probablement des points laissés de côté et des manques dans mes explications et ce serait sympa que vous réagissiez en me donnant votre avis. D'autre part je n'ai rien trouvé, concernant la petite clef à l'arrière du bas du corps qui se ferme en même temps que le mi et ne me souvient pas exactement de quoi il s'agit. Il ne semble pas qu'il y ait de brevet déposé pour ça, en tout cas je n'arrive pas à trouver dans la liste établie par Gunter Dullat. Donc si vous avez des informations, elles sont les bienvenues.

Merci à tous pour votre aide.

En me référant à la datation émise par la maison Selmer, il s’agit des instruments suivants : 

                      - no 20897 de 1935                        - no 21934 de 1936 
                      - no 26495 de 1938                        - no 32736 de 1946 
                      - no 46754 de 1951 

La description se limite généralement aux parties présentant des différences et débute par le pavillon pour finir au bocal. On constate d’abord que tous ces saxophones ont les clefs de Si et Sib graves sur le côté droit du pavillon (même le 20897). 

Numéros de Série des saxophones Selmer

Les pavillons n’ont jamais le diamètre parfaitement régulier. 

Certains ont subit quelques dommages et ont été redressés. Ces dimensions sont : 

pour le 1935 : de 123,1 à 123,9 mm       pour le 1936 : de 123,1 à 123,6 mm 

pour le 1938 : de 123,1 à 123,4 mm     pour le 1946 : de 120 à 120,7 mm 

pour le 1951 : de 119,9 à 120,2 mm 

A noter que les 2 derniers modèles ont un diamètre plus petit que les précédents…

Les gardes de si-sib des modèles de 1935 et 1936 sont semblables. Elles se composent de 2 parties non séparables parce que rivetées par les branches du milieu sur un patin non fixé au pavillon. Les autres branches sont vissées dans un patin soudé. Les modèles de 1938, 1946 et 1951 n’ont qu’une garde.

1936

1938

Les modèles de 1935 et 1936 ont une garde de do # d’aspect différent. Les modèles suivants n’en n’ont pas.

1935                                           1936
La garde du do des instruments de 1935 et 1936 est à 3 branches. Celle des 1938, 1946 et 1951 en a deux. Les vis sont soudées dans les patins. Ces soudures semblent d’origine sur le 1951 mais sont plus récentes ou retouchées sur les 2 autres. Je me souviens, lors de réparations de ce type d’instruments pour des clients, avoir constaté que cette garde bougeait trop facilement malgré un bon serrage, d’où ces soudures. Pourquoi Selmer a-t-il attendu si longtemps avant de replacer une garde à 3 branches alors qu’elle existait déjà au moins à partir de 1935 ? 
1936                                          1938
La garde de fa # des modèles de 1935 et 1936 a le même aspect. A partir du 1938, elle change d’esthétique et reste pareille dans les modèles suivants.
1836                                           1838
La liaison avec le si, lorsqu’on abaisse le levier du sib, se trouve aux pattes de clefs sous le plateau du petit doigt de la main gauche. La forme est différente sur le 1951 que sur les autres. 
1936                                                      1951        
Sur le modèle de 1946 uniquement, la liaison se fait sur les plaques de clefs.
1946
Sur le modèle de 1935, il n’y a pas de liaison sur les plaques de clefs de si à do # pour empêcher l’ouverture du do # en cas de manipulation pas idéale du plateau du petit doigt de la main gauche. Sur les saxophones de 1936, 1938 et 1946, elle est présente (forme différente sur le 1946 ). Sur celui de 1951, elle se fait par une tige, comme actuellement.
1935                                     1936
1946                                       1951
Le support de la clef du do # est fixée sur le corps dans les versions 1935, 36 38 et 46 tandis qu’il est fixé sur le pavillon pour le 1951. Sur ce dernier modèle uniquement, la bague d’assemblage corps-culasse est dévissable.
1938                                               1951
L’entre-toise d’assemblage corps-pavillon est la même sur les modèles de 1935 et 1936. Sur les 1938 et 1946, du côté corps, la jonction se fait sur le long patin de fa-mi-ré. Le modèle de 1951 devient dévissable et la jonction côté corps se retrouve de nouveau sur une plaque comme sur les 1935 et 1936, mais elle est cette fois perpendiculaire.
1936                                                 1946  
1951
Le plateau de si b du petit doigt de la main gauche est plat sur les 1935, 1936 et 1938. Sa forme est bombée pour les 1946 et 1951.
       1936                                                     1951
L’organisation du plateau de la main droite est chaque fois différente sur les 3 plus anciens. Pour le modèle de 1935, le mi est doublé (clef de résonance ?). La liaison avec le fa# du mi et du fa se fait par un pont à l’arrière et du ré par un bouton à l’avant entraînant le mi. Bouton servant aussi de butée contre une barre au dessus. Même type de butée pour le fa.










Il manque la protection de la petite clef de mi. 1935







Le modèle de 1936 comprend le même aménagement, sauf la deuxième clef de mi. En plus, la hauteur des butées, fixées à des tourillons, est réglable ( système à vis ).











1936







Sur le modèle de 1938, le relais se fait entièrement par un pont arrière muni de vis pour le réglage des correspondances de clefs. Cette disposition ne nécessite pas de garde de protection, tout comme pour le modèle précédent. 
1938







A partir du modèle de 1946, le système se présente comme sur les instruments modernes, avec une garde de protection.
1946








Seul le saxophone de 1951 a les cheminées de la main droite décalée par rapport à la gauche. 
 
L’arrière de la patte du mi b grave n’est pas dans l’axe pour le 1935 et 1936.  
1936








Pour les modèles suivants, elle l’est.  

1946








La forme de la patte du fa# est de pareille facture sur les modèles de 1935 et 1936. Elle diffère à partir de 1938. La touche du 1946 et nettement plus petite que celle des autres qui est toujours identique. A noter également que le support de pouce est un peu plus long à partir du sax de 1946. 
1936                                                               1946 










La liaison de blocage de la clef du sol# et obtention du si b en fourche est soudée sur la plaque du fa# sur les modèles 1935, 1936 et 1938. Celle de 1946 aussi, mais d’une forme différente. Celle de 1951 présente comme sur les saxophones actuels, avec des vis réglables. 
1936










1946










1951










Le ressort du levier du sol # est fixé en arrière sur les 1935, 1936 et1938. Sur les suivants, il est fixé en avant. 
1936                                                           1951







La clef à bascule du fa du plateau de la main gauche est déjà présente sur le modèle de 1935, dans le même axe que la bascule du mi b (description plus loin). 

















Le saxophone de 1936 n’en possède pas. Le 1938 en a une (comme en 1935 mais simple). Celle de 1946 a changé d’esthétique et est pareille à celle de 1951. Esthétique différente de tous les autres pour la touche du si b.  
1946













Le mécanisme des clefs d’octave est le même sur les saxophones de 1935 et de 1936, avec la particularité d’une sorte de guidage de la partie coulissante, qui sert probablement avant tout de renforcement, car l’ensemble n’est, sinon, maintenu que par les 2 tourillons d’extrémité.  
1936





La seule différence du suivant de 1938 se situe au niveau de l’esthétique du centre de la partie mobile qui passe de ronde à carrée. La partie liée à la clef de bocal a été refaite (mal). 
1938





La forme du modèle de 1946 change et demeure, dans sa partie haute, d’actualité. Le levier est identique dans mes 5 instruments et changera par la suite. A noter que sur les quatre premiers, la partie qui relie le mécanisme à la clef du bocal est dotée d’une vis plutôt que d’un tube plein. On le voit bien sur la photo du 1946. 
1946





Sur les saxophones de 1935 et 1936, le serrage du bocal se fait à gauche et le porte-lyre se trouve à droite. Sur tous les suivants, c’est l’inverse. 
1936                                                 1946










La clef d’octave du bocal est placée dans l’axe sur le modèle de 1935 tandis que sur tous les autres elle penche à gauche. Quand les instruments sont montés, ils ont tous à peu près le même angle bocal-corps.
1935                                                1936


















Complément concernant l’alto de 1935. 
Il est le seul à ne pas porter d’inscription à l’arrière du bas du corps, mais ces inscriptions habituelles sur les modèles suivants figurent sous l’estampille du pavillon. Il porte un numéro sous la clef du ré : le 14259 Il possède une deuxième clef de sol # de refermeture, c'est-à-dire qu’elle ne s’utilise que pour refermer la clef lorsqu’elle est ouverte par le petit doigt de la main gauche. Elle s’utilise avec l’index de la main droite. Une longue clef à bascule - tringle, à utiliser avec l’index de la main droite, est placée comme alternative pour l’obtention du mi b aigu. L’instrument a souffert d’humidité surtout et sa finition argentée est attaquée, mais il pourrait très bien être restauré.


A noter qu'avec son numéro 20 897 de 1935 (20101 à 21750), ce saxophone appartient à la catégorie des " Radio Improved " même si il posséde de nombreuses caractéristiques du futur " Balanced Action " dont le premier numéro était 21751 de 1936. 
1935






















Complément concernant l’alto de 1936. 
Comme le 1935, il porte un numéro sous la clef du ré. L’instrument est en excellent état. L’argenture est quasiment parfaite. Il est entièrement restauré et est équipé de tampons Martin-Chanu bruns à rivet, privilégiant l’authenticité .










1936






















Complément concernant l’alto de 1938 
L’instrument est en bon état, même s’il a des manques d’argenture. Il n’est pas restauré.








1938























Complément concernant l’alto de 1946 
Suite à la difficulté d’approvisionnement en nacre, la plupart des touches sont en bakélite. Il est décoré d’une gravure. L’instrument est en excellent état avec une argenture quasi parfaite. Il est entièrement restauré et est muni de tampons Martin-Chanu bruns à rivets.









1946























Complément concernant l’alto de 1951
Il est décoré d’une gravure. Ce saxophone est presque neuf. Il a été acheté en 1952, joué moins d’une année et remisé nettoyé ! Il n’a plus joué depuis à part quelques essais ces dix dernières années. Tout est d’origine. Lorsqu’on ouvre le coffre, on sent encore le velours de garniture comme s’il n’avait jamais été ouvert. 










1951
























" N'hésitez pas à faire des commentaires ".

Aidez nous à améliorer nos connaissances sur ce type de saxophone, par exemple en répondant à cette question : A quel moment exact les fabricants sont passés du tampon plat au tampon percé avec rivet, tout comme le passage du tampon blanc à rouge et ensuite brun...pour ce qui est du tampon à résonateur, chez Selmer, probablement à partir du mark6 seulement. L' alto de 1951, quasi neuf, est monté avec des rivets.