Ce Blog est destiné à favoriser la réalisation d'articles sur les facteurs, marchands de musique, luthiers, en mettant à disposition une collection de documents sur ces sujets.
This Blog is intended to facilitate the realization of articles on music instruments makers, music goods sellers, stringed-instrument makers, by giving a collection of documents on these subjects.
L'une des raisons de la création de ce blog en 2009 était que très peu de choses étaient écrites sur les facteurs d'instruments de musique et qu'il était très difficile de trouver de bonnes informations sur ce sujet. Aujourd'hui les choses ont bien évolué et les bons sites internet foisonnent. Nous vous proposons dans cet article d'essayer de rassembler les sites majeurs pour mieux les faire connaître et donc encourager les articles dans ce domaine.
Nous allons sans doute en oublier donc n'hésitez pas à nous alerter sur les sites manquants.
Pour allez sur les sites cités : Cliquez sur le lien en début de rubrique en bleu.
Les sites en français : 1) Les Historiques.
Les luthiers de Mirecourt : Tout d'abord celui de Roland TERRIER, luthier à Mirecourt, qui en plus de son travail alimente un site spécialisé, où vous trouvez tout, non seulement sur la lutherie, toutes les marques, l'histoire, la généalogie, les images de très beaux instruments....mais qui a scanné un nombre innombrable de catalogues concernant le quatuor mais aussi ceux de grands industriels comme Thibouville, Couesnon avec des pianos, cuivres, instruments à vent, accessoires etc...et quelques annuaires musicaux.
Pour tout savoir sur les facteurs et fabricants de pianos : Piano Forte de LieveVERBECK,qui travaille sur les marques de pianos, notamment la facture française, et en plus de très nombreuses illustrations, indique des liens vers des ouvrages de référence : Pontécoulant, Fétis....comptes rendus sur les Expositions, sur les brevets d'inventions etc...scannés sur internet.
Sébastien ERARD (né à Strasbourg 1752- mort à Paris 1831)
Si les facteurs de l'est de la France vous intéressent notre premier site peu vous aider :Facteurs et marchands de musique de l'est de la France.Ce site est peu actif actuellement car nous souhaitons rassembler tous ses articles sur un seul site et le fondre avec celui-ci. Projet Ambitieux mais pour l'est de la France nous pensons en avoir fait le tour à l'exception de quelques inconnus à découvrir mais trop peu nombreux pour alimenter un site spécifique.
2) les nouveaux depuis 2009.
Un site particulièrement important, très documenté et principalement consacré au saxophone : Celui de Jean Jacques Bona :Luthier Vents.
3) Les Musées en Français. Une Référence et Thierry Maniguet (conservateur) que l'on remercie pour son accueil.
Un site très utile celui de : MIMO : Musical Instruments Muséums OnLine. C'est à dire la mutualisation de nombreux musées européens......Malheureusement à l'exception de celui de Paris et de Bruxelles, les images d'instruments sont très médiocres et le projet semble à l'arrêt. (A suivre)
4) Les sites des antiquaires en instruments de Musique.
Orphée Musique.Le site de notre ami Richard Charbit , qui même si il pense à la retraite est toujours aussi dynamique.
Le site de Dirk Arzig en allemand, mais avec une très grosse documentation sur des fabricants allemands, mais aussi Français comme Gautrot, Couesnon, Thibouville et même Roth de Strasbourg.
"Lully, d'un
tempérament explosif, s'emporta et se frappa violemment un orteil avec son «
bâton de direction », longue et lourde canne ......"
Tous
les métiers ont leurs pénibilités surtout quand les postures, gestes, exercices… sont répétitifs. Le musicien n' échappe pas à cette difficulté, bien au contraire. Le
musicien est une personne qui avec un instrument fait de la musique et pour
être bon, voire excellent, doit faire des milliers d’heures d’entrainement et
être en super forme le jour de sa prestation. Ainsi
le moindre problème anodin touchant son instrument de musique ou sa santé peut être lourd de conséquences . Le musicien a donc besoin de deux personnes dans son
entourage personnel : le luthier, médecin de son instrument et son médecin pour soulager ses diverses douleurs (physiques
et/ou psychologiques) et l’aider à demeurer au top.
Pour
des articles de médecins soignant les musiciens voir cet excellent site.
Souvent
entre musiciens, on évoque des souvenirs où il a fallu jouer avec des maux douloureux et handicapants, chacun y allant de ses anecdotes (du style
« tamalou » mais j’y arrive quand même car je suis un
pro !)… En interrogeant les uns et les autres, j’ai été submergé de
souvenirs à croire que la vie de musicien est pleine de pièges et
d’obstacles qu’il faut surmonter avant de se faire applaudir et que tous ont
des médicaments, voire une véritable boite à pharmacie avec même des
substances limites ou des recettes et pratiques miracles.
Je ne
parle pas ici des problèmes liés à l’instrument qui nous lâche au mauvais
moment ! De nombreux réparateurs et luthiers doivent rassurer le musicien
stressé avec une ultime révision avant le concert ! Cela fait partie de la
relation parfois anxiogène que nous avons avec nos instruments, ou des
problèmes survenus comme unvêtement qui
craque lors du concert, de trébucher sur scène, de faire tomber sa partition ou
son pupitre, sans compter le ressort d’une clé qui casse ou un tampon qui
colle… certaines situations sont cocasses (quand cela arrivent aux
autres !).
Ainsi
il y a longtemps à l’Opéra, Méphistophélès (dans Faust de Gounod) devait surgir
brutalement d’une trappe, avec tremplin sous la scène, mais le jour de la
Générale la trappe s’est mal ouverte et le pauvre diable a été coincé à moitié
par les côtes et a produit un couinement affreux et non son grand air ! (2
cotes cassées) entraînant évidemment les rires du public !
En effet
être musicien, et plus généralement être sur scène au vu du public et des
caméras (sportifs, politiciens, acteurs de théâtres…), demande de n’avoir
aucune gêne de santé. Or la vie en procure beaucoup ! Tous les musiciens
ont des souvenirs de problèmes qui ont perturbés des concerts ou des
concours. Nous avons bien sûr des pathologies graves qui empêchent de jouer
parfois définitivement, mais nous allons nous concentrer sur des prestations
limites où les musiciens ont frôlé la catastrophe à cause de douleurs ou
d’incapacités temporaires. Pour les
musiciens, la pratique intensive des instruments entraîne des pathologies
(comme le sport). Jouer un instrument à vent avec une côte fêlée douloureuse à
chaque respiration ou jouer assis avec une sciatique ou la fièvre devient vite
l’enfer.
La
douleur est le symptôme le plus communément rencontré chez le musicien.
Aiguë ou chronique, cette douleur est fréquente chez les musiciens qui passent des
milliers d’heures répétitives dans la même position. Des enquêtes montrent un
pourcentage élevé chez les
professionnels comme les étudiants, à cause des postures peu naturelles
et la pratique intensive. Les zones douloureuses ne sont pas les mêmes selon
les instruments, mais les douleurs au dos et aux doigts sont très fréquentes et
entraînent parfois une incapacité ponctuelle de jouer. La
professionnalisation à outrance dès le plus jeune âge (comme dans le sport) débouche sur une situation alarmante surtout si les mauvaises positions ne sont pas
corrigées de suite. Combien d’instrumentistes à vent se sont éclatés les
lèvres !
Dizzy Gillespie
Jouer
des instruments à cordes par exemple le violon entraîne rapidement, vu la
position peu naturelle, des problèmes de nuque, d’épaule, de coude, de dos, de
bras droit, de poignet… pour la flûte traversière nous rencontrons les mêmes
problèmes ; Pour les autres instrumentistes à vent, le poids des cuivres donne souvent des douleurs. Les tendinites sont fréquentes car sur le plan
ergonomique certains instruments demandent des positions bizarres! De nombreux
musiciens se sont tellement abîmés avec des exercices voire des appareils de
torture qu’ils ont arrêté leur carrière. Rappelons nous l’exemple fameux de
Schumann.
L’embouchure,
qui est fondamentale dans les instruments à vent, sollicite énormément les
muscles, tendons, ligaments et l’articulation de la mâchoire et souvent après
des heures de pratique journalière elle peut être douloureuse avec des bruits
de craquements (mâcher du chewing-gum, grincer des dents ou recevoir des chocs
sont déconseillés et deviennent vite, en plus de la prise de bec journalière
avec l’instrument, un facteur déclenchant la douleur).
Il y
a une corrélation entre le temps passé à jouer et les troubles et douleurs de
la mâchoire pour les instrumentistes à vent et les chanteurs qui sont
particulièrement exposés : serrer les lèvres autour du bec, ouvrir la cavité
buccale, lâcher les lèvres, répéter, détacher avec vitesse et précision,
staccato puissant, etc…La posture
et le maintien d’un instrument à cordes tels le violon et l’alto provoquent
aussi des troubles de la mâchoire en calant l’instrument. Il faut souvent
faire des pauses. Et
puis le « bobo » qui semble initialement anodin mais qui devient vite
alarmant pour le musicien (piqûre d’insectes, coupures légère d’un doigt qui
vous fait souffrir à chaque pression, épine de rosier sous un ongle,
malheureuse ampoule, brûlure etc…). Chaque musicien a sa liste de petits
accidents perturbants (c’est pour cela que jardinage et bricolage sont peu
recommandés pour un musicien). Pour
les musiciens à vent, puisque ce blog leur est destiné en priorité, le moindre
problème sur les lèvres ou la langue (bouton, coupure…) et surtout les dents
(combien de concerts ont été annulés pour le plaisir de la roulette !)
sont redoutables. Les
rhumes, angines, trachéite, etc… même sans complications deviennent
épouvantables et nuisent aux cordes vocales des chanteurs ou à la gorge des
instrumentistes à vent. En effet un rhume banal change complètement les
respirations prévues d’une partition travaillée des centaines de fois, le
volume de la colonne d’air, voire la sonorité.
Beethoven et surdité
“Au cours des trois dernières années, mon audition est devenue plus faible…je peux vous donner une idée de cette surdité particulière en vous disant que je dois me tenir très proche de l’orchestre pour comprendre les musiciens, et qu’a cette distance je n’entends pas les notes hautes des instruments ni des chants… Parfois également, je n’entends pas les personnes qui parlent doucement. J’entends bien un son, mais pas les mots. Et si quelqu’un crie, je ne le tolère pas”. (Lettre à son médecin)
Les
oreilles douloureuses rendent difficilement supportables certains sons surtout
si les cuivres derrière vous y vont gaiement ! ou quand on doit jouer avec
des acouphènes ! Les
yeux fatiguent vite avec ces notes écrites, (les fameuses « chiures de
mouche»et je ne parle pas des
partitions manuscrites contemporaines ! ) sous des éclairages divers et
parfois éblouissants, sans parler des affections oculaires (Certains musiciens
me racontent la poussière malencontreuse qui sur scène pénètre dans votre œil
juste avant un passage difficile évidemment !) La
colonne d’air et les problèmes pulmonaires, la toux bénigne voire même l’envie
de tousser lors d’une prestation est une horreur, car nous sommes alors
focalisés sur la maîtrise de l’évitement de la toux plus que sur la musique. La
coupe de champagne et ses bulles traîtresses sont à proscrire avant de jouer.
Après le concert c’est une autre histoire … Les
problèmes intestinaux et les douleurs au ventre ne sont pas rares, avec bruits
inconvenants (du gargouillis aux flatulences). Certains mangent pour éviter la
fringale et le coup de fatigue au milieu du concert, d’autres ne peuvent rien
avaler des heures avant ; j’ai connu un excellent musicien qui avec le
stress avait l’envie permanente et pressante d’uriner. C’était nerveux …il a arrêté et est devenu prof.
Pour
se donner du tonus, certains prennent de l’alcool, des médicaments voire de la
drogue (et il n’y a pas que les jazzmen ou les rockers !), d’autres
pratiquent la médecine douce (alimentation stricte, discipline de son corps et
de son esprit,…). Les
musiciens ont des psychologies très différentes : certains ne peuvent pas
passer des concours malgré leur niveau élevé et ne peuvent jouer qu’en studio
ou en grand orchestre. (Glen Gould a fait peu de concert mais combien de
disques admirables. En studio on a le droit à l’erreur et l’ingénieur du son
gomme beaucoup d’imperfections. C’est la même chose avec le cinéma comparé au
théâtre). Le
chambriste est sur scène en vedette, mais au sein d’une équipe et cela dépeint
une autre mentalité. Quand à la psychologie du soliste « star », elle
n’a rien à voir avec celle des deux précédents : il n’a pas droit à la
baisse de forme et toute erreur est impardonnable. La
psychologie de l’artiste et la maîtrise de son corps sont aussi importantes
pour faire carrière que la maîtrise technique de l’instrument et de la
musicalité. Nous avons le même phénomène avec les politiciens et acteurs…Mais
les troubles liés au stress sont les plus redoutables : mains moites,
gorge sèche, anxiété, insomnie, difficulté de concentration en pleine lecture
de la partition, coup de fatigue….Pour y
remédier, certains prennent des bêtabloquants, « le dopage des musiciens».
D’autres pratiquent la relaxation et il n’est pas rare dans les coulisses de
voir des musiciens faire du Yoga ou du Qi Gong, de la méditation ;
d’autres enfin s’entrainent à faire des arpèges brisés à toute vitesse ou faire
de la gym tonique ou boxer le vide avant d’entrer dans l’arène, le ring !
Et puis
nombreux sont les musiciens qui ne peuvent à cause de migraines, de céphalées,
jouer certains instruments bruyants et qui se sont mis à la
guitare classique ! (mais un guitariste me dit lui qu’il ne peut plus
jouer à cause de ses doigts !). Thomas
Friedli le grand clarinettiste me disait : « le musicien doit avant
tout gérer son stress, car bien jouer seul chez soi, des milliers peuvent le
faire. ». La
poursuite de l’excellence, le perfectionnement technique permanent aussi bien
en classique qu’en jazz, la compétition mondiale de plus en plus rude et le peu
d’élus choisis sélectionnent sans pitié. De plus
tout est désormais filmé, enregistré, envoyé sur internet en temps réel et la
moindre défaillance d’un artiste (ou d’un homme politique, ou «stars» diverses)
sont commentés des milliers de fois… la pression est intenable. Le
musicien ne peut être au top tous les jours et cette exigence de perfection entraîne le recours de plus en plus à la médicalisation pour pallier les
diverses faiblesses. L’hormone du stress, le cortisol, doit être sous
contrôle !
Auparavant
quand les grands solistes faisaient des fausses notes, le public acceptait et n’enregistrait pas tout en disséquant. Maintenant c’est impossible. Il faut
dépasser ses limites et celles des autres en permanence. Le musicien prend des médicaments
pour apaiser ses douleurs, mais souvent il se dope (euphorisants, excitants,
…). Les beta bloquants sont couramment absorbés pour gérer le stress, le trac
car il coupe les manifestations physiques de l’angoisse. Beaucoup n’en prennent
qu’épisodiquement ou plus régulièrement sans d’effets indésirables notables.
Dans l’idéologie actuelle de l’ «homme augmenté», il devient banal et
admis d’utiliser ces produits qui ne sont plus considérés comme une drogue, une
tromperie illicite. D’ailleurs nombre de médecins préconisent ces «bêtas» et
dans certains concours ou concerts les solistes sont bien «chargés» (ce sont
les mêmes pays qui dopent leurs sportifs !) Mais attention tout est
question de dosage et de durée d’utilisation, car si vous en prenez trop votre
performance s’effondre et/ou devenez
addict !). Les «bêtas» ralentissent le rythme
cardiaque, évitent les tremblements et les mains moites (qui transforment des pièces
techniques en patinage pas toujours artistique sur clés chromées !) Ils vous apportent
sérénité, confiance en votre valeur, vous aident à vous concentrer sur la
musique et non sur la gestion des troubles physiques ressentis, qui vous
obsèdent rapidement même en plein concert.
La maîtrise du son pour un chanteur
ou un instrumentiste à vent passe avant tout par la maîtrise de son corps et
certains privilégient d’autres techniques que la prise de médicaments, comme la
sophrologie, la PNL, l’hypnose, la psycho phonie, les techniques de méditation
et de respiration, la digitopression sur les points d’acupuncture et plus
généralement toute discipline améliorant la connaissance de soi. Un médecin soignant des
musiciens me disait : «quand je les vois en concert ils sont
formidables mais moi qui les vois en coulisses avant et après, ce n’est pas la
même chose» (un conseiller technique peut dire la même chose de son Ministre!). L’important est de bien jouer,
d’être reconnu comme un artiste et d’être applaudi ! Le travail et le
talent ne suffisent pas, la fin justifie les autres moyens.
L’insomnie
liée au stress est fréquente chez les musiciens : le concert on le rêve
plusieurs fois avant (parfois en cauchemar, parfois c’est magnifique) et
souvent nous avons la musique en boucle dans la tête ; cela devient même
insupportable.Après
le concert, on le refait, comme les sportifs refont le match, évaluant chaque
moment, parfois sans concession ! enfin si on écoute l’enregistrement ou
les commentaires des autres musiciens ou professeurs, cela peut devenir
traumatisant. (souvenirs de master-class). Les musiques sont fort différentes et créer une atmosphère planante, triste, énergique, joyeuse....sous entend de réguler ses propres émotions et de les transmettre à un public sans être soi même émotif !
Et puis
il y a le trou de mémoire toujours terrible ! L’anecdote d’Alfred Cortot
qui, après un trou de mémoire s’arrête en plein concert, et indique au public
« excusez moi, je pensais à ma mère ! » puis après
applaudissements reprend son concert n’est plus possible aujourd’hui. Un des problèmes du musicien est donc le manque de concentration ; il décroche de sa partition, l'attention vagabonde dans des pensées des rêves et l'esprit quitte la musique dans ce que l'on appelle l'errance mentale. Heureusement le travail intensif imprimé à votre cerveau et vos doigts permet de jouer la musique sans y penser ! Ce phénomène naturel est fréquent dans les passages mélancoliques; techniquement faciles et répétés. En effet la musique triste au tempo lent favorise l'introspection, le surgissement de pensées, d'émotions et des souvenirs passés d'images pas forcément mélancoliques, des pensées de sa vie....et l'évasion. La musique rapide, joyeuse, quand à elle, mobilise l'énergie et l'attention technique réduisant l'errance mentale et obligeant à une concentration sur la rapidité d’exécution pour le musicien et l'écoute pour l'auditeur. Quand un musicien joue du jazz ou de la musique latino, la stimulation du cervelet de l'auditeur l'incite à battre la mesure avec la tête, les pieds, et provoque une envie de danser irrépressible. La
musique est interaction entre le musicien qui joue, interprète et transmet des
émotions et l’auditeur qui selon son état d’esprit et de santé va recevoir la
musique de façon très variée et parfois très inattendue. Pour
l’auditeur aussi, le moindre problème (physique, psychologique, contrariétés
etc…) peut nuire à sa qualité d’écoute.
La musique a des effets reconnus sur la santé des auditeurs et on l'utilise depuis l'antiquité pour apaiser certaines maladies mentales et divers symptômes ou situations traumatisantes (relaxation, musicothérapie). Ma dentiste met toujours de l'Opéra, peut être pour couvrir les cris de ses patients?La musique peut réduire la violence, «adoucir les
mœurs», procurer des émotions diverses, et calmer même les insomnies et
dépressions ;
Désormais nous avons tous nos oreillettes et grâce au MP3, nous
nous branchons sur nos musiques préférées génératrices d’émotions. Ainsi par le
choix des musiques adéquates, on arrive à se mettre dans une certaine ambiance
émotionnelle choisie pour réaliser toutes les activités quotidiennes en
travaillant, en se déplaçant, en mangeant (il paraît que le vin n‘a pas le même
goût selon la musique écoutée…). Les musiques régulières sans modification de tempo, JS Bach et
Mozart ou les valses gracieuses de Strauss, ont
des effets bénéfiques sur le système cardio-vasculaires, provoquent une
baisse du cortisol, génère le calme chez les femmes enceintes… De nombreuses études ont
démontré que la musique agit sur les neurotransmetteurs cérébraux.
La musique romantique, avec ses changements sonores et de tempi
comme chez Beethoven, ont l’effet inverse. «Quand je dois avoir la pêche,
j’écoute les ouvertures d’Egmont ou de Coriolan» «moi c’est du jazz, Benny Goodman ou Count
Basie» «moi qui joue du baroque ce sont
des variétés hard et contemporaines » etc… La musique peut ainsi donner de
l’énergie si elle est rythmée (la plupart des sportifs s’entrainent avec de la
musique, même en courant le Marathon)
Certaines
personnes souffrent d’amusie c’est à dire sont incapables d’apprécier voire de
reconnaître le moindre plaisir musical quelque soit la musique. Malheureusement
la médecine ne peut pas leur venir en aide. C’est un handicap important, la
musique étant un axe cardinal de nos vies de musiciens et de mélomanes.
Comme
on peut le voir, le musicien doit être vigilant en ce qui concerne sa santé et
développer une hygiène de vie car même de petits incidents bénins peuvent avoir
des conséquences néfastes. «il faut toujours être au top et c’est épuisant
!» dira l’un, «la vie de musicien est une vie de chien mais je ne changerai ma
place pour rien au monde» dira un autre, «quand votre public s’est déplacé,
payé une entrée et applaudit à tout rompre, là tous les efforts et douleurs
sont évanouis», et tous indiquent «la médecine dure ou douce et les médicaments
sont vraiment les alliés du musicien»….
Pour
finir je ne peux résister à la blague classique : « le musicien
court toujours après un cachet » …. ajouterais-je pour gagner sa
vie et pour l’aider à gagner sa vie.
La découverte d'un beau flageolet
en ébène et ivoire, sans clé d'un certain COLLINET nous a
incité à faire des recherches sur ce facteur ou marchand ?
C'est un très grand flageolet
puisqu'il mesure : longueur totale 506 mm et longueur du sifflet à l'extrémité
inférieure 312 mm La note obtenue tout ouvert est Si (440) et Si (octave
inférieur) tous les trous bouchés. En fait, le père Edme COLLINET
et le fils Hubert COLLINET étaient très connus dans la première moitié
du XIXe siècle comme virtuoses du flageolet. Edme COLLINET est né à Semur en
Auxois en Côte d'or le 10 novembre 1765. Son père Edme COLLINET
(1741-1798) était perruquier à Semur. On ne sait pas si le jeune Edme jouait de
la flûte à Semur, mais lors de son mariage le 22 avril 1793 avec Reyne JUBIN
(1767-?) il se déclare perruquier.
Signatures de Edmé Collinet et de son épouse à leur mariage
Son fils Hubert
COLLINET est né lui aussi à Semur en 1797. En 1798 après la mort du père d'Edmé
COLLINET toute la famille est "montée à la capitale" puisque l'on
trouve dans les archives de Paris la naissance de Charles COLLINET le 26
novembre 1808, baptisé à l'église Saint Eustache.
François Joseph
FETIS nous
explique dans sa biographie universelle des musiciens et bibliographie générale
de la musique : "....Edmé COLLINET fut d'abord admis comme flûtiste au
théâtre des Variétés, puis se livra à l'étude du flageolet, perfectionna cet
instrument en y ajoutant des clefs et parvint à en jouer avec une habileté
inconnue avant lui. Julien CLARCHIES, directeur pour orchestres de
contredanses, engagea COLLINET à appliquer son instrument à ce genre de
musique. Le succès et bientôt la vogue dont il jouit fut elle qu'on ne voulait
plus danser à Paris qu'au son du flageolet de COLLINET".
Reine JUBIN première épouse
d'Edmé COLLINET décède vers 1810 ; ce dernier se remarie le 17 juillet 1817 à
Paris avec Marie Madeleine DUBOIS. Cette même année il figure dans
l'annuaire Bottin : "Collinet : Marchand de musique 90 rue Saint
Honoré".
Flageolet à deux clés du musée de la Couture Boussey.
De 1820 à 1825 il figure régulièrement
dans le Bottin de Paris. " Collinet, flageolets d'orchestre, 90 rue
Saint Honoré" et "Collinet, marchand de musique, directeur des
orchestres des bals du Duc de Berry, professeur de flageolet et musique, tient
des contre-danses connues sous le nom de soirée de famille, pour piano, violon,
guitare, flûte, flageolet etc..., 90 rue Saint Honoré".
L'art de danser édité par Collinet
Le XIXe siècle est très festif. En 1790 il y
avait environ quatre cents bals à Paris. L'aristocratie et la bourgeoisie
organisaient de nombreux bals dans leurs hôtels particuliers. On y pratiquait
la contre danse c'est à dire la "country danse" d'origine anglaise
introduite en France au XVIIIe siècle, dans laquelle les danseurs se
positionnaient en cercle ou sur deux lignes en vis-à-vis et exécutaient des
figures définies très élaborées. Il fallait selon certains auteurs deux ans de
pratique avant de pouvoir s'y intégrer. Au début du XIXe né le quadrille, forme
simplifiée de cette contredanse qui fera fureur pendant ce siècle. On peut
citer le quadrille français composé du Pantalon, l’Été, la Poule, la
Pastourelle, le Galop, le fameux quadrille des lanciers, le quadrille des
variétés parisiennes.
Une des forme du quadrille : l'été.
En 1830 Edmé
COLLINET, père continue son activité : "Collinet, flageolet 4 place de
l'oratoire du Louvre au coin de la rue du Coq" et "Collinet direction
des orchestres des bals de la cour et de laville, et instruments,
contredanses nouvelles, musiques de flageolet", apparaît le fils comme
marchand de musique : "Collinet fils N°37 rue Saint Augustin",
mais aussi comme artiste jouant du flageolet dans les orchestres célèbres de
l'époque. Voilà ce qu'en dit Fétis : " Hubert Collinet a surpassé son
père dans l'art de jouer du flageolet. Il y a dans son jeu plus de goût, plus
d'élégance, sinon plus d'habileté dans l'exécution des traits difficiles. Il
joue les solos de flageolet dans le bel orchestre de danse organisé par Mr
Musard, et dans les bals de la cour. Il est aussi marchand de musique et
d'instruments".
Hubert Collinet vers 1844 par Thomas Wingate.
(Source Sydney Living Museums)
Portrait de Philippe Musard.
Philippe
MUSARD (1792-1859) est un des plus illustres représentants de la musique
festive de danses de Paris au XIXe. La première partie de sa carrière a pour
cadre Londres où il dirige des concerts promenades et dirige les orchestres des
bals de la reine Victoria. Il poursuit sa carrière en France où il est surnommé
"le roi du quadrille", "le Napoléon du quadrille". Il
remporte un grand succès durant le carnaval de Paris, aux bals de l'opéra. Ses
orchestres comptent jusqu'à cent musiciens et des solistes réputés comme DUFRESNE
au cornet, COLLINET au flageolet
Musique composée par Musard.
A cette
époque des concerts MUSARD, Hubert COLLINET est une "vedette" et Jean
Pierre DANTAN (1800-1860), sculpteur surtout connu pour ses portraits-charges
de personnages connus de l'époque (Paganini, Tulou, Musard etc...), en avait
fait un portrait peu flatteur.
Cette
caricature était atténuée par quelques "billets" plus réalistes.
Article de presse.
Pendant ce
temps, son père Edmé COLLINET se consacrait à son travail d'édition de musique
pour flageolets et contredanses. " Collinet, flageolets, quadrilles par
abonnement au journal de la contredanse pour piano, duo, septuor, et orchestre,
musiques nouvelles pour flageolet et piston, méthode genre moderne pour violon,
flûte, flageolet, clarinette, piston, guitare etc...rue du Coq Saint Honoré 4
au premier".
Méthode de clarinette. (Source Gallica)
Il existe peu d'instruments portant la marque Collinet ; outre les deux
flageolets déjà décrits nous connaissons une clarinette du musée de La Couture
et une flûte de la collection Dayton Miller.
Flûte à 1 clé portant la marque de Collinet. (D.C.M.)
Clarinette à six clés du musée de La Couture.
Mais Edmé
COLLINET était simplement revendeur car dans l'inventaire après décès que nous
avons trouvé aux Archives Nationales de Paris (Maître BOUCLIER MC/RE/LXVI/28),
il devait 150 frs 50 à BUFFET CRAMPON, 113 frs 60 à VUILLAUME, 437 frs 65 à
MARTIN frères, 30 frs à GUICHARD. D'ailleurs dans l'inventaire de son
appartement 11 rue Vavin et de son magasin 4 rue du Coq, il n'est signalé qu'un
flageolet dans son appartement. Sa boutique n'était consacrée qu'à l'édition
musicale. Au niveau de l'anecdote, le commissaire priseur chargé de cet
inventaire était assisté de Jean Jules JANET, marchand de musique N°47
rue Vivienne (Janet frères éditeurs de musique), et Jean Etienne MASSET
marchand de musique N°40 rue Vivienne.
Edmé COLLINET est décédé le 18 décembre 1841 dans son appartement du 11 rue
Vavin;
Son fils Hubert pour toute la succession se fera représenter par son épouse Thomassine
Antoinette BYRNE avant de renoncé finalement à son héritage au profit de sa
belle-mère. A cette époque il habitait à Londres N°32 Exenton Street, Hay Marked, car
depuis 1841, il avait rejoint l'orchestre de Louis Antoine JULLIEN
(1812-1860), compositeur et chef d'orchestre, rival de MUSARD, et qui avait dû quitter Paris à la suite de problèmes financiers.
(11/09/2018) : Notre ami Marc Wouters nous signale qu'il est en possession d'un flageolet tout à fait intéressant à 5 clés dont une manquante portant la marque " Visage rayonnant/Collinet Fils./Guerre/ A Paris/ Etoile 5 branches".
Effectivement " Collinet flageolets, 4 r. du Coq Saint-Honoré" figure dans le Bottin de 1842 à 1844, c'est à dire après le décès du père en 1841 et le départ du fils pour Londres. Sans doute l'activité du magasin a dû continuer tenu par l'épouse d'Hubert Collinet. A noter que ce flageolet réalisé par le facteur Georges Guerre porte une marque "tarabiscotée" dans laquelle l'espace manque pour le mot fils. Donc on peut dater cette instrument : autour de 1842.
En 1853
l'orchestre de JULLIEN part pour une tournée aux États Unis, et triomphe à New
York. COLLINET fait partie de l'orchestre qu'il ne quitte qu'à la fin en 1859
lorsque JULLIEN rentrant à Paris se fera arrêter pour faillite et sera mis en
prison.
Hubert
COLLINET est décédé à 70 ans à l'hôpital Fernand Widal, le 22 juin 1867. Il
habitait à cette époque au N°20 rue Lacépéde, son épouse quant à elle vivait au
66 rue Truffaut.
Pour conclure en musique cet article écoutez l'orchestre les pantalons de notre ami Géry Dumoulin au piston.
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