mercredi 13 novembre 2013

Psychologie des collectionneurs d'instruments de musique à vent. Dernier épisode.

 Cet article est publié en 4 épisodes.
 
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Troisième partie 

Quatrième partie
 
Par José-Daniel TOUROUDE, docteur en sciences sociales

Collection (partie) petite clarinette de José Daniel Touroude.
 
Question n°9  Quel est le rapport du collectionneur avec le temps car il en parle souvent ? 

Le collectionneur est un restaurateur défenseur du patrimoine d’objets anciens qui transcende le temps .
En choisissant un objet ancien symbole qui a du sens pour soi, le collectionneur souhaite se rattacher à une valeur sûre, stable, viable qui traverse le temps. Par la collection, on se plonge dans le passé (généalogie, analyse des techniques passées…) mais aussi dans le présent (réseau de collectionneurs, achat-vente, rédaction de son catalogue…).
Collectionner, c’est être un passeur de témoin, par l’intermédiaire d’objets entre des personnes disparues et d’autres à venir. On défie la mort car l’objet continuera à fasciner d’autres personnes.
Dans nos catalogues on indique la traçabilité de l’objet et la continuité  (ex-collection de Monsieur X).
Collectionner est un « passe-temps » qui génère des habitudes qui servent à gérer et à maitriser le temps, en créant aussi une source de plaisirs. Le collectionneur attribue aussi un pouvoir et une valeur aux objets parce que leur présence et leur possession les protègent de l’anxiété et du temps qui passe. Collectionner des objets anciens renvoie à la notion de temps, au contrôle du temps, au patrimoine à transmettre mais aussi à l’esthétique de l’objet d’art, témoin de la position sociale, du goût et de la qualité du collectionneur.
Transcender le temps est un des non-dits essentiels du collectionneur et on peut adapter un postulat de la philosophie chinoise. «Si je collectionne, ce n’est pas pour passer le temps mais pour que le temps ne me tue pas ! »
Une interrogation pour tous les collectionneurs est la transmission du patrimoine, la continuité de la collection, ce qui confirme leur utilité personnelle et leur valorisation narcissique. Collectionner certains objets anciens est une valeur essentielle qui contribue à protéger le patrimoine culturel dans un monde où tout se jette après consommation. Le collectionneur a comme fonction de protéger aussi le patrimoine et est proche des bénévoles qui leur vie durant restaurent un vieille bâtisse digne d’intérêt mais malmenée par le temps et les hommes.
Vendre une partie d’une collection qui a demandé des décennies d’efforts est souvent difficile et mal vécu par le collectionneur qui ressent souvent qu’on lui enlève une partie de son identité, de sa personnalité ou de son œuvre (certaines collections sont agencées et perçues comme de véritables œuvres d’art) tant il a investi de lui-même dans sa collection.
On n’aime pas voir une collection maltraitée, des instruments sales et rouillés, en vrac dans une malle. Leurs propriétaires ne sont pas des collectionneurs et pourtant certains et beaucoup de musées laissent leurs instruments «dans leur jus» pourrir et rouiller. C’est un mépris pour le facteur qui a réalisé cet instrument et pour le musicien qui l’a souvent choyé.
Une question demeure : que faire de votre collection à votre mort ?
Là les avis sont partagés et difficiles à exprimer. Beaucoup parlent de la continuité de leur collection après leur mort : musée, trouver un successeur, vente … et la plupart refuse en première analyse la dispersion de leur collection à leur mort. Pourtant après l’énoncé du principe de non dispersion, certains pensent quand même la remettre sur le marché pour des motifs économiques pour que la famille profite des bienfaits de la passion, ce qui transforme et justifie alors post mortem que la lubie passée et critiquée était en fait un placement avisé !
Mais le souhait de la plupart est une vente groupée de sa collection avec un catalogue qui montre. l’homogénéité des achats, la communication des notes pour les éventuels acheteurs afin qu’ils continuent les recherches. Mais à qui ? Le mieux est évidemment l’achat de la collection entière homogène par un autre collectionneur, qui est exposée et reste dans le circuit, et qui continue sa vie comme objets de collection, regardés par un collectionneur passionné qui va continuer à les « chouchouter » mais c’est rarissime car chacun ne cherche que quelques objets bien spécifiques. L’idéal pour tous serait un musée qui expose et fait vivre le travail réalisé, en gardant l’aspect homogène avec une salle à son nom et les connaissances, le savoir, le travail (pour ceux qui écrivent) servirait de matériau à une étude, voire une thèse. Le pire pour tous est  aussi le musée ! que leur collection finisse dans une malle dans la cave d’un musée ! car nous savons tous que les musées d’instruments sont malheureusement souvent que des cimetières qui stockent et sont souvent peu intéressés par vos trésors. 

Maître LAURENT à Vichy.

Les peurs du collectionneur : Outre la dispersion et l’enterrement de la collection, l’autre peur est sans nul doute la sécurité de ses objets, la perte et la disparition (vol, incendie…) de sa collection et tous sont angoissés à cette idée. Les objets disposent d’un poids affectif car il représente des décennies d’efforts, de découvertes, de recherches, d’études…. et leur disparition serait pris comme une catastrophe difficile à surmonter.  Les mesures de protection pour protéger sa collection sont omniprésentes et souvent avec des pratiques ingénieuses à défaut d’être inviolables. Quand on parle de disparition, tous les objets n’ont pas la même valeur et les peurs sont différentes. La peur est de disperser, abîmer, empêcher de continuer l’élaboration lente et minutieuse de la collection, perte du temps consacré à la collection, perte de l’argent investit, perte de certaines pièces rares ou préférées, destruction d’objets rares voire uniques. Déjà la décision de vendre un objet de sa collection est difficile et prends parfois des années pour s’en séparer et toujours après une réflexion approfondie mais la perte brutale est difficilement envisageable. En effet, collectionner est une entreprise personnelle et souvent solitaire car la possession est le lien le plus intime qu’un individu puisse avoir avec des objets sans en faire toutefois des objets fétiches ou sacrés comme le font les religieux ou les superstitieux.  
Le collectionneur prête difficilement sa collection et la séparation doit être courte. Il ne l’échange pas non plus contre une autre temporairement afin de contempler une autre collection. Si la motivation était seulement esthétique, les collectionneurs échangeraient ponctuellement leurs objets mais en fait le désir de possession et le lien personnel, intime est souvent le plus fort. Certains vont même plus loin et ils cachent la collection pour ne la montrer qu’à quelques privilégiés dignes de la contempler et cela renforce le sentiment d’être un initié, d’être digne et d’avoir été choisi pour admirer leurs trésors. D’ailleurs entre collectionneurs, le fait de dire que l’on ait vu des collections confidentielles ou à l’autre bout du monde que les autres n’ont pas vues, rehausse le prestige de la personne. Si prêter sa collection est délicat, l’exposer au contraire est souvent un réel plaisir et même la faire photographier par autrui pour constituer une base de données est souvent bien perçu.

Exposition 2011 à Lille
 
Question N° 10:  Avec les collectionneurs, ce qui me surprend toujours c’est l’organisation voire la mise en scène de leur collection.
Le collectionneur est un organisateur du rangement, qui classe et expose ses trésors. Le collectionneur aime que sa collection constitue une composante de son environnement et qu’elle soit visible. Mais il veut un univers pensé, ordonné, classé, contrôlé, harmonieux et mis en valeur dans une vitrine comme un trésor ou un objet précieux dans un musée.
Le collectionneur aime la précision. Le classement l’aide à élucider les énigmes posées par tel objet, telle estampille. Il n’aime pas casser ou jeter, car un objet a une valeur en soi, pour soi ou pour un autre qui peut les collectionner. Ces personnes sont toujours heureuses de découvrir un nouvel objet. Parallèlement, il a ses notes, ses écrits, son catalogue où il intellectualise sa collection d’objets comme si ce champ de recherche était crucial à connaître. Il aime se réfugier dans cet univers d’objets qui a du sens pour lui.
Le collectionneur éprouve pour les objets un attachement passionnel surtout quand il met quelque chose de lui dans ces objets : sacrifices financiers pour les acquisitions, recherches pour mieux les connaître, classement ordonné, expositions dans des vitrines, restauration pour leur redonner leur beauté originelle…  ainsi sa collection le rend souvent heureux : c’est son chef œuvre. Certains critiques y voient le fait que dans un monde incontrôlable, le collectionneur enfant puis adulte se crée un monde à lui qu’il maitrise et s’entoure d’objets qui soient contrôlables. Cet argument laisse les personnes interrogées assez dubitatives….Le fait de collectionner est une entreprise très personnelle et souvent solitaire exprimant la valeur de soi. La possession est le lien le plus intime qu’un individu puisse avoir avec les objets. Il arrive à vivre une partie de sa vie à travers ses objets et sa collection le valorise. La collection est bien un reflet de la personnalité, dans un paysage social donné, à un moment donné.
 Le collectionneur introverti enferme ses objets à l’intérieur d’un cercle magique, un sanctuaire, une pièce qi est un lieu de recueillement où la mise en valeur est réalisée pour la seule contemplation du propriétaire. Certains, très minoritaires vont encore plus loin et sont de véritables accumulateurs d’objets, solitaires, ayant un minimum de contact avec les autres, cachant leurs collections.
Mais pour le collectionneur extraverti, la collection est généralement exposée et mise en valeur dans des vitrines, protégées et disposées selon un ordre établi et montrée avec un véritable rituel.  Il est fier de sa collection, alors naturellement elle se trouve mise en valeur dans le salon, la salle à manger et les vitrines ont des places stratégiques.  La consommation de sa collection est apparemment une expérience visuelle mais en fait, le collectionneur admire son trésor et l’agencement rationnel de ses objets, leur bon état de conservation, la possibilité de les voir et de les prendre. Il y a un plaisir visuel évident mais aussi tactile de les prendre et un plaisir intellectuel de connaître sans cesse tant de choses sur ces objets.

Bruno KAMPMANN président de l'ACIMV. 
Bien sûr elle est rangée, classée, briquée et les instruments sont placés dans des vitrines par thème. Un répertoire ou catalogue existe bien sûr. Hélas, certains en activité n’ont pas assez de temps pour  nettoyer leurs objets ce qui gâche un peu leur plaisir visuel mais ils ont l’objectif d’y parvenir quand ils seront plus disponibles (à la retraite) pour leur collection.

Question N°11 : certaines personnes pensent que les collectionneurs sont un peu bizarres voire malades ?

Ne confondons pas collection et collectionnisme !

Il est difficile d’expliquer la pulsion de la collection. Les psychologues et psychiatres cherchent une explication causale valable pour tous les collectionneurs en analysant une frange de collectionneurs obsessionnels névrosés (collectionnisme). Ils arrivent ainsi à étiqueter puis stigmatiser des personnes et peuvent généraliser les aspects névrotiques découverts à l’ensemble des collectionneurs moins atteints. C’est alors compris comme une différence de degré et non de nature. C’est un raccourci schématique montrant la méconnaissance du sujet.

Les petits soldats de Strasbourg.
D’ailleurs cela rend assez dubitatifs notre association de collectionneurs (y compris certains psychiatres collectionneurs interrogés !) On se moque facilement entre nous de nos petits travers liés à notre passion mais on ne se reconnaît pas dans l’exposé de la névrose du collectionnisme, pas plus que celui qui boit de temps à autre et qui apprécie une bonne bouteille de vin se sent alcoolique devant être soigné pour son addiction. Face à ces analyses psychologisantes, face aux jugements des médias rapides, déformés et simplifiés, les collectionneurs minimisent, se cachent ou trouvent des explications vraisemblables mais pas toujours véridiques. J’ai été surpris que certains d’entre nous n’ont pas voulus se dévoiler dans l’enquête, même avec un pseudo, de peur d’être démasqué et jugé «pour leurs travers», avec un sentiment honteux pour leur passion déviante et peu avouable ! subissant la pression sociale et ses clichés. Il ne faut pas confondre le collectionneur qui assouvit une passion qui demande d’ailleurs de nombreuses compétences et qui structure un individu et le collectionnisme qui est une maladie psychique qui dépasse les limites car le sujet est totalement fasciné par sa collection car plus rien n'existe à part sa collection.
Lorsque certains collectionneurs dérapent vers le collectionnisme, c’est qu’ils aiment plus leurs collections d’objets que les personnes de leur entourage. Lorsque la collection est la chose la plus importante de sa vie, plus importante que la relation avec les autres, que le travail, que la vie… le sujet devient malheureux, déséquilibré dévoré pas sa passion qui le pousse à des actes absurdes.

Tonton Sigmund.
Il est vrai que certains cas aberrants de malades collectionneurs ou de collectionneurs malades sont étudiés par les psychologues et psychiatres et leurs excès font sourire ou effraie. Evidemment quand la collection devient obsessionnelle et le désir d’accumuler toujours plus devient incontrôlable, l'environnement peut en souffrir. Cette passion comme toute passion est capable de dégénérer et d’emmener certains vers la dévastation de leur vie entière : profession, famille, obligations et responsabilités sociales …Tout est question d’équilibre. Notre petite réflexion vécus par l’intérieur des personnes concernées a pour but de laisser réfléchir les collectionneurs en personnes responsables et intelligentes et non d’être caricaturés par des personnes qui ne collectionnent pas et qui vous assimilent à des exemples réels de collectionneurs névrosés malades.
Mais en fait peu de collectionneurs passent les limites du raisonnable ..... ( OUF ), et le collectionneur est souvent un passionné bien sage à côté d’autres passions plus dévorantes.
La passion est contrebalancée par la raison même si ponctuellement sur des coups de cœur, la passion l’emporte sur la raison. Il suffit de voir les enchères où tous les collectionneurs ont fait leur choix avant, avec des prix inscrits et limités qu’ils ne dépasseront pas… C’est une déraison bien sage à côté de certaines addictions courantes.


Le collectionneur se sent souvent libre et heureux et pas comme on le croit souvent enfermé dans sa collection car il maitrise souvent sa passion et les comportements qui en découlent. On peut être passionné sans perdre pied ! Bien sûr, nous avons tous connu des coups de foudre passagers irrépressibles pour certains objets qu’il fallait absolument acquérir, pièce manquante du puzzle et qui font partie intégrante de la vie passionnée du collectionneur. Et parfois on se félicite pendant des années de son audace pour l’achat d’une merveille. La joie de  posséder cet objet si important est supérieure à la dépense occasionnée.
Parfois c’est le contraire, et on enrage de s’être laissé emporter pour un objet pas si essentiel que cela pour sa collection ou trop cher. Enfin tous sont contrariés, quand par maladresse, par exemple sur des enchères mal maitrisées, on loupe l’objet, qui évidemment revêt alors un intérêt encore plus grand !


Collectionneurs assumant leurs passions.
F. COURQUIN, José Daniel TOUROUDE, Bruno KAMPMANN, Denis WATEL.
 
 
La relation à votre collection si elle est omniprésente ne prédomine pas les autres relations de la vie. Certains collectionneurs se définissent comme originaux et s’en amusent. C’est juste un centre d’intérêt avant tout intellectuel et qui remplace avantageusement d’autres activités.

 

jeudi 24 octobre 2013

Le mystére BOUCHMANN à Annonay : une clarinette à 8 clès vers 1815.

Nous possédons une jolie clarinette à 8 clés dont les six parties, dont le bec à fil d’origine, portent la marque « BOUCHMANN / ANNONAY entouré par 4 étoiles à six branches ». Le barillet porte en plus le chiffre « 7 ».

Clé de si B grave du corps main droite
caractéristique de la facture lyonnaise.
Pourriez vous nous aider à lever tous les mystères de cet instrument ? 

Description de l'instrument :

 
Clarinette en buis, baguée ivoire en six parties,  percée de 17 trous dont huit  sont couverts par des clés rondes « arrondies » qui épousent la courbure de l’instrument. Si les trois grandes clés ont leurs ressorts rivetés, les 5 autres sont à ressorts fixés dans le bois comme on le faisait au 18° siècle.
 
Ressort fixé dans le bois.
Les clés sont montées sur blocs et sur le bulbe du corps main droite. A noter le bloc et la clé de Sib grave du corps main droite, caractéristique de la facture lyonnaise. Autres originalités qui rappellent les instruments de SIMIOT à Lyon : les doubles trous C#/G# du corps main gauche et le tube métallique pour accorder l’instrument reliant le corps main gauche et le barillet, procédé que l’on retrouve très fréquemment utilisé pour les flûtes, et très rarement pour les clarinettes
 
Doubles trous du corps main gauche.

Tube métallique d'accord.
Un instrument lyonnais ?
Denis WATEL situe cet instrument vers 1815 et construit sur le modèle de 1808 de Jacques François SIMIOT. (Voir la collection de Sir N. SHACKLETON page 107).
Clarinette en Ut de SIMIOT. (Musée d'Edimbourg)

 Il existe une clarinette à 7 clés pratiquement identique (sans la grande clé de trilles sur le corps main gauche) au National Music Museum de Vermillion dans le Dakota du sud aux USA : Clarinette Bouchmann du musée de Vermillion.

Quelques éléments historiques.

BOUCHMANN n’est pas connu, nous avons juste trouvé quelques éléments : 

Archives de la Côte Saint-André (Isère), patrie d'Hector BERLIOZ :
"....Il ressort qu'un mouvement musical inaccoutumé se produisit dans la petite ville, exactement pendant la période où BERLIOZ enfant grandissait et s'ouvrait aux premières impressions musicales...En 1805 les Côtois, pour la première fois éprouvent le besoin d'avoir une musique militaire. Le maire traite avec un marchand de musique de Lyon, nommé BERNARD, pour l'acquisition d'instruments : clarinettes, bassons, cors, un bonnet chinois, une bonne paire de cymbales de Constantinople ou de Smyrne, mais vraiment turques qui valent quinze louis, enfin un serpent".

BERNARD à Lyon.
Alexis Michel BERNARD (c.1766-1828) marchand luthier à Lyon en 1788-1810. (Source le Livre d'or de la clarinette française. Denis WATEL-W.ROUSSELET).

" Deux ans plus tard, le fournisseur des instruments procure aux Côtois le professeur de musique nécessaire à la direction de la troupe instrumentale. Voici comme il le présente au maire, par une lettre du 21 avril 1807: " je vous adresse avec la présente M. BOUCHMANN professeur de musique ayant été chef de musique de différents corps, jouissant d'une honnête probité, connaissant  parfaitement son état, jouant de la clarinette, donnant du cor, jouant de la flûte, basson et violon. C'est un sujet qui vous convient pour faire marcher votre musique et y mettre du zèle. Je lui ai fait part de la somme que vous lui donnez qui est de 100 francs par mois et je l'ai décidé à partir de suite".
Le 6 mai suivant le dit BOUCHMANN en une lettre d'une écriture moulée écrit à son tour : " M. le Mère, je suis charmé da lai abithé Permis vos amateur...."

Hector BERLIOZ enfant.
"Berlioz allait sur ses quatre ans, c'est un âge où les enfants sont sensibles aux sons éclatants et aux évolutions de la musique militaire. Maître BOUCHMANN fut l'homme qui lui donna la première idée de ce que constitue l'art du chef d'orchestre. Les annales de la Côte Saint André ne disent pas s'il lui a donné des leçons d'orthographe. Il semble que non".

Musée Hector Berlioz à la Côte.
Le musée possède une clarinette BERNARD/SIMIOT ?

Nous n'avons pas encore terminé notre article que Jean Jacques BONA à déjà trouvé une autre piste  :
Adrien Chomel, Le Collège d’Annonay, 1800-1880 mémoires et souvenirs recueillis, Annonay, Hervé, 1902
"Nous ne pouvons guère que  nommer les prédécesseurs de M. Monchovet comme professeurs de musique. Le plus ancien dons nous ayons trouvé le nom, était un alsacien, M. Bouchmann. Voici ce que nous en dit M. Tracol en novembre 1836.
Annonay

"M. Bouchmann n'a plus une santé sur laquelle on puisse faire fonds, mais pour reconnaître les services qu'il nous a rendus depuis vingt cinq ou vingt six ans, il parait qu'on lui fera une pension alimentaire. Il convient  essentiellement à un établissement comme le nôtre, de faire des bonnes œuvres, et surtout de ne point oublier des hommes qui se sont montrés si empressés à nous obliger dans toutes les occasions, surtout quand leur conduite a été constamment religieuse et exemplaire.
M. Bouchmann fut, cette année même, logé et nourri au collège comme les professeurs, mais malgré les soins qui lui furent prodigués, il mourut à la fin du mois de janvier 1837."

Agenda musical: source Gallica. 1837: Annonay- Buckmann prof. de musique.
Archives de l'Ardèche. Le 27 janvier 1838- Décès de Bernard Bouchemann âgé de 70 ans, musicien demeurant à Annonay.

Merci et bravo à Jean Jacques pour sa rapidité. Hé oui encore un alsacien.
Acte de décès de Bernard BOUCHMAN.
Alors que pensez de tout cela : Bouchmann facteur ou revendeur ? Instrument de Bernard ou de Simiot ...? ou d'un autre ?

Vos avis, vos commentaires, vos suggestions....pour résoudre le mystère BOUCHMANN.......
 


 






 

lundi 14 octobre 2013

Saxophones COUESNON Monopole dans un catalogue de 1934.

Vous êtes nombreux à nous demander des informations sur des saxophones "vintages". Même si je suis saxophoniste (amateur), j'ai toujours joué sur un ténor SELMER Mark VI que j'ai eu la chance d'acheter neuf...donc fanatique de cet instrument et donc sans expérience des autres marques. Mais comme j'ai rencontré quelques musiciens, luthiers, marchands....certains m'ont dit du bien des saxes COUESNON Monopole haut de gamme. Alors pour les passionnés des instruments vintages et des sonorités anciennes voilà quelques pages intéressantes d'un catalogue sur les Saxes des années 1930. Vous y trouverez de nombreux renseignements intéressants.

Pour voir les pages en grand...cliquez sur la page.

 
 
 
 
 
 
 
Si vous êtes comme moi, un peu presbyte vous pouvez grossir l'image, en utilisant à droite de votre écran la roue dentée...et le ZOOM
Bonne lecture.

vendredi 11 octobre 2013

Psychologie des collectionneurs d'instruments de musique à vent. Troisième épisode.

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 Troisième partie.  
Par José-Daniel TOUROUDE, docteur en sciences sociales. 


Question N°7 :  On voit toujours les collectionneurs acheter pour assouvir leur envie d’accumulation d’objets mais savent-ils ce qu’ils achètent ?
Le collectionneur achète mais pas n’importe quoi, il suit un fil rouge qui structure sa collection !
Le collectionneur n’est pas un obsédé de l’achat compulsif au contraire, il sait ce qu’il recherche et ne cherche pas à accumuler pour accumuler, sauf cas rares. Même s’il achète beaucoup, même si sa passion est onéreuse, le collectionneur n’a pas pour but d’acheter toujours plus (sauf cas rares de thésaurisateurs obsessionnels proches psychologiquement des avares qui stockent et cachent leurs objets).
L’objectif du collectionneur est de réunir des d'objets identifiés, choisis par lui et ayant un intérêt esthétique, historique ou affectif correspondant au lien, au fil rouge de sa collection qu’il a déterminé. Chez le collectionneur, l'achat n'est qu'un moyen de constitution d'un groupe d'objets et il est toujours en quête d’une trouvaille nouvelle et d’un achat à faire.
L’euphorie provoquée par un achat heureux se dissipe obligatoirement plus ou moins rapidement, une fois l’objet incorporé à la collection. Il y a des périodes où le collectionneur achète moins car il ne trouve pas les objets convoités ou parce qu’il ne possède pas les finances adéquates. La fièvre acheteuse est activée seulement lorsqu’il voit dans des enchères un objet qui l’intéresse, un coup de cœur...
En commentant chaque objet de la collection, il raconte souvent une histoire autour de chaque objet et le collectionneur devient vite conteur. La recherche, l’information, le récit d’acquisition, la victoire de l’avoir emporté face aux autres collectionneurs, la découverte et la restauration de l’objet, sa place dans l’exposition de la collection, tout cela fait l’objet d’un récit, parfois d’une véritable saga qui interpelle l’histoire à la fois de la traçabilité de l’objet mais aussi de l’histoire de son acquisition voire de la personne. En racontant, il revit les moments passés forts où il est l’acteur principal. Le premier achat, les objets ratés, les bonnes affaires et les mauvaises, tout est prétexte pour raconter ses aventures de chercheur de trésor et montrer que la collection a une histoire, un passé mais aussi un présent avec la collection et peut être un futur programmé (don à un musée) ou aléatoire (remise sur le marché). En fait  le collectionneur prouve que sa collection d’objets est vivante et que lui, par la même occasion l’est aussi !
La collection est un miroir. Une collection est un choix personnel, la réunion et la conservation d’objets ont une valeur subjective. Voir la collection d’un collectionneur permet d’apprendre beaucoup sur lui et l’écouter commenter sa collection encore plus. Le collectionneur choisit une catégorie d’objets qui a du sens pour lui : rappel de souvenirs, qualités esthétiques, intérêt intellectuel… Le collectionneur s’identifie à sa collection car il définit un champ d’objets à accumuler qui l’intéresse et qui a du sens pour lui. Il y a quelque chose de narcissique dans toute collection, miroir dans lequel le collectionneur tente de s’identifier, de se regarder. Sa collection est proche d'une création personnelle, témoignant de ses goûts et de ses passions. La recherche le pousse alors vers les autres et vers d’autres objets, en vue d'acquérir ce qui lui manque et de compléter et d’améliorer sa collection – miroir pour parfaire le portrait. 


La collection des autres paraît toujours bizarre (pourquoi collectionner des bouchons, des machines à écrire ou des bouts de papier ?). Le collectionneur attribue un pouvoir et une valeur aux objets parce que leur présence et leur possession ont une fonction positive parfois même réparatrice, palliative, protectrice face à l’anxiété et l’incertitude environnantes. Le collectionneur n’a guère envie de s’arrêter car il y prend du plaisir et l’accumulation d’objets pour une collection est donc sans fin car souvent elle se réoriente dans le temps, et se déplace vers d’autres objets. Le sujet de la collection et les objets qui la composent ont un sens très profond. « Ma collection de clarinettes est en fait un substitut à la scène, je me valorise d’une autre façon avec le même objet et je continue d’approfondir le sujet principal de ma vie en ouvrant des portes insoupçonnées auparavant»
«Je suis d’une famille de musicien, je suis un chineur d’objets et je ne collectionne pas les instruments de musique à vent par hasard » dira un autre. « Collectionner c’est approfondir un sujet qui est important pour soi même. Je suis satisfait de conserver une petite partie du patrimoine instrumental français et en tant que pédagogue j’aime permettre à des non initiés de découvrir la clarinette car ils ne seraient jamais rentré dans un musée spécialisé » dira un troisième.

Question N°8 :  Quel est le rapport du collectionneur avec l’argent ? cela a l’air compliqué .

L’argent n’est pas une fin mais un moyen pour le collectionneur pour acheter, mais pas n’importe quoi, car il a un fil rouge rationnel et explicite pour effectuer ses achats. L’argent n’est que le moyen de réaliser sa passion pour acheter, échanger, vendre pour étendre et améliorer sa collection.
La valeur monétaire de la collection n’est pas le but premier recherché, elle est souvent secondaire mais cette notion est pourtant omniprésente. La plupart des collectionneurs savent combien ils ont acheté les différents objets de leur collection, s’ils se sont fait avoir ou s’ils ont fait une bonne affaire. Souvent ils ont notés les prix dans leurs catalogues. Peu pensent que ce sont des placements, alors même que pour se justifier et se défendre contre les achats jugés abusifs, nombre d’entre eux avancent cet argument notamment à leur entourage. Le sens de la collection est souvent autre et plus intellectuel (défense du patrimoine culturel, illustration par des objets de l’histoire de l’art ou de l’histoire tout court, par exemples).  Mais pour acheter il faut de l’argent ! Sur ce sujet, le collectionneur peut être assez ambivalent. En effet il est souvent très intéressé par l’aspect économique car il connaît les prix de objets en vente, connaît les fluctuations du marché, évalue le prix de sa collection....   A part les antiquaires et facteurs collectionneurs dont c’est le métier, l’argent n’est pas une fin (d’ailleurs certains après une vie de sacrifices donnent leur collection à leur mort !) et pourtant le collectionneur va économiser souvent pour réaliser l’achat d’un objet convoité, rogner sur ses vacances pour gagner une enchère, ce qui est incompréhensible pour les autres. D’autre part la revente d’instruments permet le financement d’autres instruments. L’accumulation monétaire puis la dépense d’argent sont cruciales pour lui. L’entourage a souvent du mal à saisir ces dépenses pour des objets peu utiles ou à la beauté subjective voire très discutable (sauf pour le collectionneur). Parfois la négociation est délicate, l’entourage ne comprend pas pourquoi acheter encore un nouvel instrument alors qu’il en a déjà beaucoup (trop !) et qu’il y a d’autres priorités pour le foyer. Mais en fait, les collectionneurs arrivent à gérer leur entourage pour financer leur collection car ils sont relativement sages (ou relativement passionnés) en se fixant et en respectant des règles. Les proches que j’ai interviewé répondent à cette interrogation «que collectionner des objets vaut mieux que dépenser l’argent sur des activités plus inavouables ! et que pendant qu’il collectionne, il se détend et les proches sont plus tranquilles !  et puis on sait quels cadeaux offrir pour faire plaisir à un collectionneur !»  


Question N°9 :  le collectionneur a soi-disant un plaisir solitaire mais est sans cesse confronté aux autres. Quel est son rapport aux autres ?   
Le collectionneur est ambivalent car d’une part il a une passion solitaire et vit une relation spéciale avec ses objets et d’autre part il a besoin de nombreux contacts et relations avec d’autres personnes.
L’entourage d’abord : Il faut gérer les proches et ce n’est pas toujours facile pour le collectionneur de partager et de faire comprendre une passion qui n’intéresse pas les autres. Seul un collectionneur peut comprendre un autre collectionneur même si les objets sont différents et bien sûr les personnes tolérantes et aimantes. Le collectionneur quand il est pris par la passion se sent parfois en danger et essaie souvent d’être soutenu dans la responsabilité de sa prise de décision d’acheter. L’acceptation de l’entourage est donc essentiel pour ne pas se sentir coupable de ses passions voire de ses «coups de folies» mais aussi pour servir de digue pour ne pas dépasser les limites du raisonnable.
Les néophytes : Le collectionneur est attentif aux personnes non initiées, qui est son public à qui il expose ses trésors, explique sa collection et son travail et devient vite bavard. Mais face à une personne qui vend un objet convoité et qui ne connaît rien, il est intéressant pour le collectionneur de taire son savoir pour faire une bonne affaire. C’est la plus value de la compétence.
Les amis : sont curieux de voir la collection avec de multiples questions, leur sourire d’incompréhension devant une telle passion, et souvent la jalousie, car s’impliquer dans quelque chose qui à la fois passionne, donne un sens à la vie et qui possède un rôle de faire-valoir est assez rare.
Les revendeurs : la relation entre le collectionneur et le revendeur ou marchand d’objets collectionnés est différente du rapport habituel entre client et vendeur car celui-ci comprend et partage sa passion et sa recherche. Le collectionneur a le sentiment d’avoir été choisi par un revendeur antiquaire spécialisé, d’être un client préféré et de recevoir des informations privilégiées, d’être au courant avant tout le monde d’un objet « sorti du grenier», d’être intégré à une communauté d’initiés. Les grandes ventes aux enchères jouent aussi là-dessus.
Les autres collectionneurs : collègues spécialistes, à la fois amis et concurrents mais qui ont la même passion, qui vous comprennent, mais qui au moment d’une enchère deviennent des adversaires. Ces collectionneurs partagent les mêmes valeurs, échangent des informations et d’ailleurs une discussion entre collectionneurs est aussi incompréhensible pour l’entourage qu’une discussion technique entre informaticiens ! Le jargon de spécialiste devient alors un mode de reconnaissance. Le collectionneur possède souvent une vie sociale et est en fait un faux solitaire, il appartient à un réseau qui échange des informations et même des potins !
La visite des collections d’amis et des musées spécialisés sont essentiels et tous regrettent de ne pas avoir des contacts encore plus étroits avec les spécialistes souvent érudits, passionnés et sympathiques (sauf parfois lors des enchères ou c’est chacun pour soi)  Le collectionneur est un chercheur, un chineur qui aime découvrir un trésor que les autres n’ont pas vu ou qui a emporté, de haute lutte, les enchères après une compétition acharnée. Le collectionneur même le plus introverti et solitaire doit avoir des relations avec les autres;
Nous ne pouvons envisager la relation que le collectionneur entretient avec l'objet sans prendre en compte le tiers, l'autre comme moteur du désir. En fait le collectionneur est un accumulateur solitaire voulant être reconnu par les autres.
Le collectionneur est un échangeur d’informations et d’objets avec ses collègues, son réseau de partenaires.
Le collectionneur est souvent un paradoxe vivant car d’une part il est un thésaurisateur solitaire qui garde pour lui des objets qu’il considère comme des joyaux mais d’autre part il aime aussi organiser sa collection, rechercher des informations sur ses objets, partager, échanger et montrer sa collection aux autres contrairement au thésaurisateur ! La majorité des collectionneurs aiment s’entourer de personnes partageant leur passion et aiment étaler leurs possessions et leurs connaissances. Ils utilisent ces objets agencés en collection pour recevoir les félicitations du monde extérieur. Le collectionneur cherche à attirer l’attention pour prouver sa valeur ou simplement qu’il existe. Il a besoin d’être approuvé dans sa quête, d’être reconnu afin de rehausser l’image qu’il a de lui-même. Montrer sa collection est en principe une façon de s’exprimer souvent, de briller parfois mais aussi d’avoir des commentaires et des compléments d’informations sur ces objets. La collection est ainsi une représentation de lui-même. Comme tous les collectionneurs, il craint de découvrir chez d’autres collectionneurs rivaux, des objets plus intéressants ou nombreux et de voir son sentiment d’infériorité resurgir. Chacun se démarque des autres collectionneurs par des pièces rares que l’autre n’a pas et cela rend heureux et fier mais en même temps il est insatisfait de voir les pièces que l’autre possède et qu’il n’aura sans doute jamais. La collection est une composante de la vie, ouvrant des portes variées par l’intermédiaire d’une accumulation d’objets, donnant du sens à un travail comme redonner vie ou lier des objets entre eux pour reconstituer le patrimoine… tout cela crée une valorisation d’un travail ou d’une passion utile,  d’une reconnaissance par les autres, de vivre des bons moments gratifiants lors d’exposés ou d’expositions de ses trésors mais aussi de contacts enrichissants, d’approfondissement des connaissances.
Faire une collection, c’est une succession de victoires sur soi même et sur les autres.
Dans la mode, c'est ce que nous propose la publicité, il s'agit de désirer ce que l'autre possède, par un mécanisme d'identification, Chez certains collectionneurs, on assiste à un autre phénomène qui s'apparente à la psychologie du joueur : gagner l’objet donne une double satisfaction, d’une part acquérir l’objet convoité et d’autre part savoir que l’autre ne l’aura pas ! (ou alors qu’il l’achète mais au prix maximum en faisant monter les enchères et lui faire payer son audace de vous prendre l’objet convoité ! ) La compétition avec les autres pour gagner la pièce que l’on convoite entre partenaires mais néanmoins adversaires ou au moins concurrents, joue un grand rôle dans cette quête effrénée de triomphe personnel. On le voit dans les ventes aux enchères, des brouilles, des jalousies se font sur un objet convoité raté : la victoire de l’un entraine forcément la déception de l’autre. Nous pouvons assister lors des enchères publiques, lorsqu'un autre collectionneur convoite un objet, celui-ci acquiert une certaine valeur car le désir de l'autre lui confère alors une valeur nouvelle.
Et puis le doute permanent le taraude : « Pourquoi X, qui est un grand spécialiste s’intéresse à cet instrument, il y a quelque chose qui m’a échappé….» est une phrase souvent entendue, et l’intox fait rage pour cacher les vrais désirs….Le plaisir de gagner sur les autres concurrents est essentiel et reprend les bases de la compétition. C’est peut-être pourquoi on retrouve une grande majorité d’hommes chez les collectionneurs.
(Les femmes collectionnent vêtements, bijoux, chaussures et autres sacs à main disent leurs maris collectionneurs !) L'échange quant à lui, s'il implique une relation entre passionnés (relation qui est parfois le moteur de la collection), repose toujours sur le double mouvement perte / gain (parce qu'aucun objet ne peut valoir exactement un autre). On propose à l'autre un objet qui possède à nos yeux une valeur faible contre un autre plus précieux. En somme dans l'échange, il s'agit souvent de gagner sur l'autre, à son dépend grâce à son expertise supérieure. Pour beaucoup, l’esprit nationaliste intervient aussi quand on voit des pièces du patrimoine national et des collections patiemment agencées se disloquer à l’étranger et quand le musée du conservatoire de Paris bloque la vente d’un objet national en imposant la préemption, empêchant ainsi un américain ou un asiatique de l’emmener il est applaudi ! Là encore le collectif des collectionneurs nationaux via l’Etat français a gagné sur les puissances financières internationales ! (c’est à dire des fondations qui soutiennent et sponsorisent des musées ou des riches collectionneurs à fonds illimités )