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mercredi 27 mai 2020

Un GODFROY Aîné peut en cacher un autre. Les GODFROY à la Couture-Boussey. An Elder GODFROY can hide another. The GODFROY at La Couture-Boussey

Travaillant actuellement sur les flûtes de GODFROY, je dois avouer que j'ai du mal à comprendre  et attribuer les différentes marques et autres informations concernant cette famille illustre de facteurs d'instruments de musique,  originaire de la Couture Boussey. 
Pour vous remettre dans l'ambiance, je vous suggère de relire deux articles précédent écrits sur ces facteurs.
Et
Pourtant il ne manque pas d'informations sur cette famille : Tula Giannini et son excellent ouvrage évoque l'essentiel sur ces facteurs. Au niveau des marques " le livre d'or de la clarinette française " de Denis Watel va encore plus loin en attribuant certaines marques à des membres d'une famille GODFROY, sans relation directe avec nos GODFROY "célèbres". .......Mais il reste des zones d'ombres  que quelques "trouvailles d'archives" permettent d’éclaircir.
Marque  de Jean-Francois Godfroy de La Couture
Clair II GODFROY s'est toujours plaint des contrefacteurs de sa marque.

C'est tout d'abord son frère cadet, Pierre GODFROY jeune, né à la Couture Boussey en 1780 qui s'installe à Paris en 1818 à côté de son frère au 45 rue Montmartre. Sans doute devait-il travailler pour lui avant 1823 comme le montre la marque 1, marque correspondante à celle de Clair II GODFROY avec un P rajouté devant le nom. Ils deviennent alors concurrents puisqu'ils se revendiquent régulièrement comme fournisseurs des grands flûtistes de l'époque comme Mr TULOU.

" Godfroy jeune, facteur en tout genre, connut particulièrement pour la flûte, fournisseur de Tulou et autres artistes distingués. Inventeur des flageolets à deux octaves ; fab. flageolets, clarinettes, fournit toute musique militaire et autres, rue Montmartre, 46 ". (annuaire Bottin)

 

Puis c'est son fils Frédéric Eléanor GODFROY né le 6 janvier 1805 à Paris et qui s'était formé  à la facture d'instruments à vent avec son père avant de s'installer à son compte, vers 1827 au 133 rue Montmartre. Il devait vendre des instruments simples (flûtes, piccolos, fifres…) fabriqués à la Couture et réaliser lui-même  des instruments plus élaborés. 

La première mention trouvée dans le Bottin parisien, le concernant est publiée en 1835 :
"Godfroy fils (Fréd.), élève de son père Godfroy aîné, breveté pour ressorts à spirales marchant sans frottement et sans huile, et donnant de l'élégance à l'instrument ; perfectionnement de la flûte à patte d'Ut, rue Montmartre 133". 



Mais ce sont surtout les GODFROY de la Couture Boussey qui provoquèrent les réactions de Clair II GODFROY Ainé.
Les GODFROY de la Couture-Boussey

Jean François GODFROY à la Couture-Boussey : (1782-1860) Actif de  a.1827– a.1881.

Né en 1782 à Ezy sur Eure, Jean François GODFROY était cultivateur  en 1802, date de son mariage avec Marie Jeanne DURANT de la Couture-Boussey et tourneur en 1812 lors de la naissance de son fils Jean Pierre dans cette même localité. Il n'y a pas de lien direct, connu avec la famille de Clair II GODFROY. Comme le mentionne une publicité CHAPELAIN, c'est sans doute vers 1827 qu'il installa son atelier à la Couture-Boussey où il fabriquait flûtes, flageolets, clarinettes. 

        Marque 1 : vers 1830 à c.1838   
                         Marque 2 : vers 1830 à 1838                     
Marque 3 : vers 1840

Ses flûtes portent des marques "GODFROY AINÉ " qui prêtent  à confusion avec  celles de Clair II GODFROY. D'ailleurs ce dernier changera de marque en 1829 et avertira ses clients sur ces instruments portant des marques sans rapport avec sa fabrication : 

" Déjà plusieurs facteurs portant le nom de GODFROY ont usé de ce titre pour faire passer des instruments de leur façon pour être de ma fabrique. En conséquence pour éviter toute contrefaçon, j'avertis le public que mon poinçon portera dorénavant : "Clair Godfroy aîné". Tous les instruments qui sortent de chez moi sont numérotés sur un registre de commerce. Cette précaution offre aux personnes qui leur donneront la préférence et qui achèteraient d'occasion ou ailleurs que chez moi, le moyen d'en vérifier l'origine". Tarif 1827. Source T. Giannini.

Marque de Clair II GODFROY Ainé
adoptée à partir de 1829.

C'est d'ailleurs à partir de 1830 qu'il appose des poinçons d'argent sur les clés de ses flûtes, toujours pour se différencier de ses contrefacteurs. Sa marque devient également assez difficile à copier avec cette tête de "satyre", "lion" ...." dieu Pan"  et non "Paon",  " Peacock " en anglais, comme on le lit régulièrement.... et cette écriture en italique.
Le Dieu PAN.

Clair II Godfroy Aîné a déposé deux plaintes en 1830 pour contrefaçons. Car on pouvait lire dans un journal parisien le 24 septembre 1830 : 

 " une ordonnance de la chambre du conseil du tribunal d'Evreux avait renvoyé au tribunal correctionnel MM Jean François Godefroy, Louis Hérouard, Denis Godefroy, Denis Buffet, Martin Thibouville, Denis Noblet, Pierre Noë, Gilles Noë, Nicolas Thibouville, comme prévenus d'avoir apposé sur des instruments à vent fabriqués par eux le nom de Monsieur Godefroy Aîné fabricant à Paris et MM Bonnel, Pléannat, Rémy Génin, Buffet, Lété, Boileau et Nadau comme complices du même délit de contrefaçon pour avoir exposé en vente et mis en circulation des instruments portant la même indication contrefaite".

Jean François GODFROY exerça avec son fils Jean Pierre jusque vers 1845 où ce dernier pris la suite. J. F. GODFROY est décédé le 17 mai 1860 à l'âge de 77 ans. Son fils avait épousé en 1841 Marguerite BUFFET (1791-1873) ; ils ont eu un fils (H) Ortal Godfroy (1842-1902) qui exerça avec son père, sans doute à partir des années 1860 (Marque 4) et c'est sans doute lui qui, resté célibataire vendit l'entreprise, à la mort de son père (1881) à Fernand CHAPELAIN (1860- ?).

            Marque 4: vers 1860    
      Marque  5 : vers 1870          
        Marque 6 : vers 1870       

Marque 7 : Vers 1880

Les instruments produits par cet atelier sont généralement de fabrication courante, voir assez modeste. Néanmoins ils posent toujours problèmes aux  amateurs qui les confondent, encore actuellement avec ceux de l'atelier parisien GODFROY Ainé. Il est probable que ces luthiers de la Couture, ont joué de cette ambiguïté, même à la période de Fernand Chapelain qui n'a jamais précisé, dans ses annonces publicitaires de quel Godfroy il était le successeur.

Flûte typique des Godfroy de la Couture
vers 1880
Annonce publicitaire Chapelain vers 1905.

Nicolas GODFROY Jeune à la Couture-Boussey. (1795-1847) Actif de 1825 à 1847.


Comme son frère ainé Jean François, Nicolas GODFROY jeune né en 1795 à Ezy sur Eure, n'a pas de lien de parenté direct avec Clair Godfroy Ainé. A son mariage en 1823  à la Couture avec Marguerite NOBLET (1796-1828), la fille de Clair NOBLET (1764-1830) célèbre facteur couturiot, il se déclare luthier. C'est sans doute vers 1825 qu'il créa son atelier "GODFROY Jeune " qui durera jusqu'en 1850. Sa première épouse étant décédée il se remarie avec Catherine DESCHAMPS (1802-1877) avec laquelle il aura un fils Nicolas Léon GODFROY qui sera pharmacien à Paris. Nicolas GODFROY est décédé en 1847 à la Couture à l'âge de 51 ans.

Un troisième GODFROY appartenait aux contrefacteurs : Pierre Denis GODFROY (1797 - ).....mais lui faisait partie de la famille de Clair II GODFROY Ainé, il était son cousin Germain fils de Denis GODFROY (1733-1800) lui aussi luthier à la Couture-Boussey.  




mercredi 2 octobre 2019

Essai de datation des flûtes de Clair II GODFROY (1774-1841), première et deuxième périodes (1814-1829)

Modifié le 30/11/2019
Bonjour,
Actuellement je travaille sur Clair II GODFROY Aîné et j'essaie de classer ses instruments que j'ai répertoriés. Il n'est pas facile d'y voir claire et c'est assez compliqué....donc comme à mon habitude je vais vous mettre à contribution.
Currently I work on Clair II GODFROY Aîné and I try to classify his instruments that I have listed. It is not easy to see clearly and it is quite complicated .... so as usual I will put you to work.
Par chance sur ce sujet nous avons le livre de Tula Giannini très complet, qui nous permet d'en savoir beaucoup sur ce facteur, ......mais au niveau des instruments, personnellement, j'ai du mal à tout comprendre. Donc j'ai répertorié depuis plusieurs années une centaine de flûtes (photos uniquement) que j'essaie désespérément de classer chronologiquement.....Et je commence à "entrevoir" une explication. Donc je vais essayer de vous exposer mes hypothèses......Pour que vous me fassiez des commentaires...des contradictions, des questions enfin bref, que nous ouvrions un dialogue sur ce sujet. Vous pouvez également me transmettre des éléments (photos, documents...) si vous êtes l'heureux propriétaire d'instruments de ce facteur.
Nous pouvons communiquer : par mail, par Facebook, par téléphone.....
Pour nos amis non francophones....le système de traduction de ce blog fonctionne correctement et pour ma part je peux communiquer en anglais sans trop de problème.
For our non-francophone friends.... The translation system of this blog is working properly and for my part I can communicate in English without much problem.

Cet article sera mise à jour quotidiennement pendant notre période de travail.

Dans un premier temps nous allons nous concentrer sur la première période de 1814 à 1829. Je vais commencer par faire un résumé de cette période.
Clair II Godfroy Aîné en bref.

Clair II GODFROY Aîné est né le 13 novembre 1774 à La Couture. Son père Clair I GODFROY (1750-1813) était déjà tourneur et fabricant d'instruments à vent à La Couture ; c'est lui qui  formera son fils (Marque 1). 
Marque de Clair I Godfroy.

C II GODFROY arrive à Paris vers 1800, il est ouvrier facteur d'instruments lorsqu'il épouse Marie Madeleine LETELLIER (1781-1807). Leurs deux premiers enfants, Marie Augustine et Louis naîtront respectivement en 1802 et 1803 au 6 rue Saint Denis. Les deux suivants, Frédéric Eléanor et Vincent Hypolite nés en 1805 et 1806 au 2 Passage des Petits Pères seront tous les deux facteurs d'instruments. Marie Madeleine LETELLIER décède le 17 mars 1807 à 26 ans, cinq mois après son dernier accouchement. L'inventaire après décès réalisé en 1808
(B30), permet de voir que Clair II GODFROY exerçait son métier d'ouvrier facteur d'instruments et que son épouse tenait un magasin de fruits et légumes.
Généalogie GODFROY
Cliquez pour l'agrandir.

C'est à cette période qu'il est souvent cité dans des documents comme " GODFROY dit BUFFET ". C'est cette dénomination que l'on retrouve dans la marque d'un flageolet en ébène et ivoire de la collection THICAM sans doute fabriqué vers 1808, actuellement le plus ancien instrument répertorié portant une marque de Clair II GODFROY. (Marque 2)

Flageolet Godfroy dit Buffet de la collection THICAM

Le 20 septembre 1808, il épouse en secondes noces, Marie Jeanne Joseph Geneviève GERARD âgée de 29 ans de Crécy à coté de Meaux. Ils auront deux enfants : Caroline Joséphine née en 1811, qui épousera Louis Esprit LOT et Alexandrine Clarisse née en 1813. D'après l'almanach du commerce de Bottin à partir de 1807 il était marchand de musique au N°4 rue Neuve des Petits Champs, 1810 au N°20 rue Richelieu. C'est à partir de 1812, rue Neuve des Petits Pères qu'il apparaît comme luthier, puis en 1813 au N°36 rue Coquillière avant de s'établir au 67 rue Montmartre où il exercera pendant toute son activité, (Toutes ces adresses sont situées dans le même quartier). Comme on peut le voir sur un tarif de la Maison GODFROY de 1880, cette société aurait été créée en 1814.
Période de 1814 à 1818. Lorsqu'il s'installe à son compte Clair II Godfroy a 40 ans donc une certaine expérience de  la fabrication des flûtes. Ces véritables concurrents sont peu nombreux : les Winnen, Bellissent...C. Laurent depuis 1806, date de son brevet, a perfectionné les systèmes de clétage. La flûte utilisée par le conservatoire de Paris est une flûte à 4 clés....mais la flûte à une clé est encore largement utilisée. Etant le seul représentant de la famille Godfroy installé à Paris, sa marque est " visage rayonnant/GODFROY/ A PARIS. ". dans un premier temps puis ensuite vers 1818......." visage rayonnant/GODFROY/ A PARIS/Etoile 5 branches. "

Les flûtes qui sortent de son atelier dans cette période sont plutôt : en ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 1 ou 4 clés en argent, à plateaux plats, dont une clé à bascule rectangulaire (avec deux cotés arrondis) vissées à des tourillons soudés sur des patins en forme de croissant de lune, vissés dans le bois. Bien sur il y a des exceptions.....si vous en connaissez envoyez moi des photos.
Flûte Godfroy première marque à 4 clés.
Vichy 2019
















Clés à bascule de la période 1814-1818. A noter les différences de fabrication : exemple des patins en croissant de lune, l'un à extrémités pointues et l'autre à extrémités arrondies. Les clétiers étaient différents.

Instruments répertoriés dans cette période de 1814 à 1818 :
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 1 clé en argent à bascule rectangulaire et patin en croissant de lune; clé plateau plat. (Vichy 11 2017) vers 1816.
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 1 clé en argent à bascule rectangulaire et patin en croissant de lune; plateau plat. (Coll. T. Giannini) vers 1816.
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 4 clés en argent, dont une à bascule rectangulaire, et patins en croissant de lune à extrémités arrondies; clés à plateaux plats. (Vichy 5 2019) vers 1816.
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 4 clés en argent, dont une à bascule rectangulaire, et patins en croissant de lune; clés à plateaux plats. (Coll. particulière) vers 1816.
*Flûte buis, baguée en ivoire, avec barillet, à 6 clés, dont une à bascule rectangulaire, et patins en croissant de lune; clés à plateaux plats. (Coll. T. NR) vers 1818.
Période de 1818 à 1829.













C'est vers 1818 qu'il change sa marque "GODFROY A PARIS" pour "GODFROY Aîné" à Paris. C'est vers cette époque aussi, que son frère Pierre GODFROY dit "jeune" (1780-1848) s'installe au 45 rue Montmartre. C'est également à partir de cette période qu'il date certains de ses instruments. En 1821, il devient "fournisseur de l'académie royale de musique. 1823, il participe, pour la première fois, à l'exposition de Paris et obtient : une mention honorable. 
 Le combat est rude pour obtenir le soutien des grands flûtistes de l'époque : Joseph GUILLOU (1787-1853) professeur de flûte au conservatoire de Paris de 1816 à 1828, Jean Louis TULOU (1786-1865) professeur au conservatoire de Paris de 1829 à 1856. La concurrence est rude d'abord avec Jacques Éléonore BELLISSENT (17783-1841) et avec son propre frère : Pierre GODFROY Jeune, voir avec la production de La Couture.











  











A partir de fin 1820 il numérote ses flûtes et la première flûte de cette période que nous avons répertoriée porte le numéro : 54 et correspond à l'année (estimation) 1821. La seconde, numéro 144 est datée 1821. Il est a noter que ces dates ne sont que des estimations et qu'il y a toujours des décalages entre la date de tournage du bois, le moment du perçage  de l'instrument, du montage des clés.....et la vente où il semblerait que le luthier apposait alors, la date, le numéro et l'enregistrait dans son livre. Cela peut donner un écart de quelques mois à 1 ou 2 ans. Ce qui expliquerait quelques anomalies rencontrées sur certains instruments au niveau de marques, de modèle de clétage, de date...ne correspondant pas à la période que nous indiquons; nous avons déjà rencontré ce problème dans nos classements des flûtes Laurent et de Tulou. 














Dans cette période, le modèle de flûte standard, de son atelier, a évolué. Plutôt en bois précieux (ébène et palissandre), à 4, 5, 6 clés, elle comporte un barillet, pompe d'accord, doublée en métal ainsi qu'une partie de la tête. La flûte est baguée " large ", plutôt en ivoire, plus rarement en argent pour les modèles de qualité supérieure. La clé à bascule passe du plateau rectangulaire plat, à l'ovale plat pour évoluer au circulaire  vers 1823-1824.  A partir de 1819-1820) les trous couverts par des clés rondes et  plates, sont fraisés et manchonnés de métal.

Les clés comportent toujours un plateau circulaire plat mais les tiges s'épaississent vers 1824.
Vers le N°1000, c'est à dire au environ de 1826 un essai est fait pour améliorer les clés. Mais cela ne concernent que peu d'instruments
En 1827, il participe à l'exposition de Paris où il obtient une médaille de bronze, alors que Bellissent n'obtient qu'une mention honorable. C'est une reconnaissance pour la qualité de sa production, et une consécration en tant que premier fabricant de flûte de Paris. Il recherche en permanence des améliorations, même s'il continue à produire des flûtes qui répondent à des besoins particuliers, comme pour cette flûte à 8 clés
Flûte à 8 clés argent et trois corps de rechange avec système de clés
particulier de 1828. (Collection Dayton Miller)
Le buis et l'ivoire sont complètement abandonnés au profit des bois précieux et de l'argent. Barillet, bagues larges sont toujours d'actualité. Les clétages deviennent plus massifs, Même si la clé à bascule est toujours présente, son plateau circulaire forme une cupule, portant un léger biseau, permettant d'accueillir des tampons épais recouverts de baudruche. Les autres clés circulaires sont en cupule légèrement biseautée. Les patins sont toujours en forme de croissant. Dans cette période de transition, l'ancien système est encore présent. Les corps de rechange sont parfois utilisés.
Flûte 5 clés de GODFROY Aîné N°1737 de 1828. (Collection Uehli HALDER)











En 1829, confronté à certaines contrefaçons, il modifie sa marque : " Déjà plusieurs facteurs portant le nom de GODFROY ont usé de ce titre pour faire passer des instruments de leur façon pour être de ma fabrique. En conséquence pour éviter toute contrefaçon, j'avertis le public que mon poinçon portera dorénavant : "Clair Godfroy aîné". Tous les instruments qui sortent de chez moi sont numérotés sur un registre de commerce. Cette précaution offre aux personnes qui leur donneront la préférence et qui achèteraient d'occasion ou ailleurs que chez moi, le moyen d'en vérifier l'origine". Tarif 1827. Source T. Giannini.












(le 11 janvier 2020) Découverte importante.

Clair II Godfroy Aîné a déposé deux plaintes en 1830 pour contre-façon. Car on pouvait lire dans un journal parisien le 24 septembre 1830 " une ordonnance de la chambre du conseil du tribunal d'Evreux avait renvoyé au tribunal correctionnel MM Jean François Godefroy, Louis Hérouard, Denis Godefroy, Denis Buffet, Martin Thibouville, Denis Noblet, Pierre Noë, Gilles Noë, Nicolas Thibouville, comme prévenus d'avoir apposé sur des instruments à vent fabriqués par eux le nom de Monsieur Godefroy Aîné fabricant à Paris et MM Bonnel, Pléannat, Rémy Génin, Buffet, Lété, Boileau et Nadau comme complices du même délit de contrefaçon pour avoir exposé en vente et mis en circulation des instruments portant la même indication contrefaite".
Dans les instruments que nous avons répertoriés l
e numéro le plus élevé que nous avons répertorié avec l'ancienne marque (AM) est 2457. Le premier numéro que nous avons relevé avec la nouvelle marque (NM) est 2776.
Cela suggère que C. GODFROY a continué sa numérotation avec sa nouvelle marque. (A vérifier)



Ci dessus vous trouverez un tableau (Modifié le 30/11/2019 en tenant compte des remarques de J. Da Silva, A. Nolan, M. Lynn. Merci à eux pour leurs remarques) résumant la production de flûte de Clair II GODFROY. Il est difficile à lire, pour l'agrandir il suffit de cliquer sur l'image.
Pour l'imprimer ce n'est pas compliqué : il suffit de l'enregistrer sur votre ordinateur en tant qu'image et de l'imprimer. 
Comment le lire : à partir des instruments répertoriés comportant des éléments permettant de les dater précisément (dates, marques, numéros....) nous avons essayé d'établir la numérotation par année avec une précision de plus ou moins une année. C'est un peu approximatif et c'est pour cela que nous vous demandons votre aide.
Donc si vous avez, connaissez des instruments de "Godfroy à Paris", "Godfroy Aîné".....Toutes les informations sont les bien venues

Une numérotation différente sera faite avec les modèles Boehm. (à confirmer) 
  

lundi 25 septembre 2017

"Frédéric Eléanor Godfroy, fils de Clair II Godfroy, facteur de flûtes et inventeur d'un nouveau ressort en 1834". "Frederic Eléanor Godfroy, son of Clair II Godfroy, woodwind maker and inventor of a new spring system in 1834".

En visitant la collection de François Camboulive, j'ai découvert une flûte (parmi tant d'autres) qui "m'a interpellé"et comme François m'a autorisé à en faire un article j'en profite. Merci à lui pour sa générosité.
Cette flûte est une "Godfroy"....comme on dit classiquement, avec un système de ressort particulier. Cela tombe bien, cette famille de facteurs a été particulièrement bien étudié par Tula Giannini dans un ouvrage très documenté : "Great Flute Makers of France. The Lot and Godfroy Families, 1650-1900".
Et comme en plus je suis en train d'essayer de répertorier les flûtes des facteurs de cette famille, pour essayer de comprendre "qui a fait quoi?" et "cette flûte, elle a été faites par le père ? Le grand père ? Ah le fils....mais lequel ? en quelle année ? Et oui, il y a des numéros.....Bref malgré Tula Giannini, ce n'est pas simple.
Alors, comme d'habitude si vous avez des flûtes portant la marque Godfroy, merci pour les photos. Je ferai un article sur ce sujet vers la fin d'année.
Description de la flûte.
Au premier coup d'oeil, il s'agit d'une classique cinq clés en palissandre, baguée en ivoire, sans barillet.
Flûte B69 collection Thicam.
La clé de sol # n'a pas une forme classique.
Mais surtout quatre clés sur cinq sont munies d'un système particulier de ressorts.



  C'est une vidéo.

Nous n'avons jamais rencontré ce système de ressorts.
Ressort circulaire et picot.
Lorsque l'on démonte la clé, le système ce compose d'un ressort circulaire (comme dans les matelas), un picot, tout cela installé dans une partie ronde creusée dans le bois de la flûte.
Emplacement du ressort circulaire.
Le ressort est mis en place.
Ressort et picot en place.
A remarquer la forme du picot.
Seules quatre clés sur cinq sont munies de ce système, la clé de Si b comporte un ressort classique sans doute parce que le nouveau système était moins efficace (sur une clé longue) qu'un ressort plat ? D'ailleurs on peut deviner les inconvénients de ce nouveau systéme lorsque l'on constate que la clé de sol # a dû être orienté dans la longueur de la flûte et non comme habituellement avec une clé de sol # s'enroulant autour de la flûte.
Clé de sol # dans l'axe de la flûte.
Sans doute parce que, avec ce système, le basculement de la clé est plus compliqué sur une partie bombée que sur une partie plane. D'ailleurs la clé de fa est très courte et retravaillée au niveau de la spatule pour favoriser un bon basculement.
Clé de fa.
Même si l'idée était astucieuse, on imagine tout de suite les difficultés d'application de ce nouveau système. D'oû un échec prévisible.
L'inventeur : Frédéric Eléanor Godfroy.
Dans la famille Godfroy il y a au moins 8 facteurs connus et en plus la marque que porte cette flûte n'est pas courante.
Marque de la flûte.

Arrêtons ce suspense "torride" : Il s'agit de Frédéric Eléanor Godfroy né le 6 janvier 1805 à Paris, fils aîné de Clair II Godfroy (1774-1841) qu'il avait eu avec sa première femme Madeleine Letellier (1781-1808).
Pour mieux comprendre voici la généalogie de la famille Godfroy (ou Godefroy).

Désolé je n'arrive pas à faire en sorte que cette feuille s'affiche en plus grand. Si vous voulez la lire envoyez moi un mail à mon adresse : René PIERRE et je me vous l'enverrai.

Il a sans doute appris la facture d'instruments à vent avec son père avant de s'installer à son compte, vers 1827 au 133 rue Montmartre. Spécialiste de la flûte, il fabriquait aussi d'autres instruments (clarinettes, flageolets, fifres...) ; sa marque "F.E en écriture cursive/ Godfroy aîné dans un ovale de pointillés (ou sans ovale) /étoile à 5 branches coupées ou non".
Première marque de Frédéric Eléanor Godfroy de 1827 à 1831.
Marque identique mais sans cercle de pointillés et avec
une étoile à 5 branches avec pointes non coupées.
En observant les nombreux instruments de ce facteur, conservés au musée de La Couture-Boussey, il semble que la marque, sans pointillés et avec l'étoile à cinq branches non coupées, beaucoup plus rare soit en fait la première marque vers 1827. La seconde beaucoup plus fréquente correspond sans doute à une période beaucoup plus active et plus longue. 
On peut se poser la question sur l'origine des instruments de ce facteur. Il n'est pas question de remettre en cause sa qualité de fabricant, en revanche les nombreux instruments que possède le musée de la Couture-Boussey provenant de la Couture, notamment  des fifres, des clarinettes, des flûtes simples en buis nous font dire que F.E. Godfroy se fournissait en instruments courant dans les ateliers couturiotes. D'ailleurs nous pouvons confirmer cette hypothèse grace à deux flûtes de la collection Thicam dont les clés en argent portent des poinçons classiques des ateliers de la Couture.
Flûte à 5 clés en argent avec poinçon
papillon V et poinion de J.C. Carpentier.
(Collection Thicam GO1)
Les poinçons d'argent ne constituent pas une preuve absolue (on m'opposera classiquement qu'il pouvait se fournir en clés à La Couture), mais l'ensemble de ces points (caractéristiques, provenances des instruments du musée, poinçons d'argent) renforcent cette hypothèse. D'ailleurs ce phénomène est courant même pour des facteurs plus importants et même d'autres membres de la famille Godfroy dont les clés d'instruments portent alternativement des poinçons parisiens ou des poinçons de La Couture. Mais nous aurons l'occasion de revenir sur ce sujet dans notre "dictionnaire des poinçons d'argent trouvés sur les instruments de musique". (A paraître)

A partir de 1831 il remplace "Ainé" par "Fils" avec l'étoile à 5 pointes coupées.
Troisiéme marque à partir de 1831 à 1834-35.
Il participe en 1834 à l'exposition de Paris, pour la seule et unique fois ; le jury ne fera aucun commentaire sur les instruments présentés. Cette même année il déposera le 30 avril une demande de brevet de cinq ans, qu'il obtiendra le 22 août pour son système de ressort circulaire.
Texte du Brevet de 1834. (Source INPI)
Signature de F. E. Godfroy en 1834.

Une autre flûte munie de ce système est signalée dans l'ouvrage de T. Giannini : instruments à 9 clés en argent (j'aimerais voir les poinçons) en palissandre, bagues larges en argent portant le numéro 199 dans une boîte datée du 1er août 1835. Si vous en êtes l'heureux propriétaire manifestez-vous.
Flûte 9 clès.
Col. Privée
Il est difficile de voir sur ce scan les clés munies de ressorts circulaires. Donc à partir de 1834, il change sa marque pour y ajouter breveté et remplace ses initiales par un caducée.
Patte de la flûte collection
Thicam.
Son activité se ralentira progressivement jusqu'à son mariage le 26 septembre 1844, avec la soeur de son beau-frère, Elisabeth Joséphine Jeanne Mojana née à Amsterdam en 1781.
Tula Giannini dans son livre consacré aux familles Godfroy et Lot, se pose la question : "Pourquoi s'arrêta-t-il à 39 ans, pour devenir rentier en épousant une femme née la même année que sa mère ?"Je vous laisse répondre à cette question.
Votre avis : SVP ?
Le musée de la musique de la Couture-Boussey attribue cette marque à Frédéric Eléanor Godfroy. Qu'en pensez-vous?

Marque d'une clarinette du musée de La Couture-Boussey.