samedi 3 décembre 2016

Louis Julien JAULIN (1814-1892) inventeur du panorgue-piano et de l'harmonicor.

Lors de la prochaine vente d'instruments de musique du 10 décembre à Vichy, ce drôle d'instrument "Harmonicor d'un certain JAULIN" est proposé. J'ai voulu en savoir plus sur ce facteur du XIXième siècle.
Harmonicor de JAULIN proposé à la vente de Vichy.

Louis Julien JAULIN est né à Paris en 1814. Son nom apparaît pour la première fois dans l'annuaire Bottin en 1846 : "Jaulin (Julien) Harmoniums et jeux d'anches, 59 Fg Saint Martin". Il obtient le 5 février 1847 un brevet de 15 ans pour son Panorgue Piano. En fait 

" Harmonium associé à un piano, l'harmonium est sous le clavier du piano, et son clavier peut-être accouplé au piano par le moyen de pilotes venant trouver la touche du piano. Il imagine, pour maintenir l'accord du piano et de l'harmonium, d'accorder celui-ci, l'anche étant pourvu d'une rasette. Ce facteur se préoccupe de l'harmonisation des anches et de l'égalisation de leur sensibilité par un mode de fabrication spécial, déterminant l'épaisseur de la lame non pas à la main, mais au moyen d'une sorte de machine à raboter". (Source Wikia Harmonium)
Shéma de son brevet de 1847 où l'on distingue l'harmonium couplé
au clavier du piano.

Comme il est précisé dans l'article de Wikia harmonium, pour harmoniser ses anches non pas à la main mais à l'aide d'une machine de son invention, il obtient, le 3 novembre 1854 un brevet de 15 ans pour :
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Cette invention fut bien acceuillie et saluée aux expositions de Londres de Paris de 1849 et de 1851.
Annonce publicitaire de 1854.
Il est à noter que Victor MUSTEL (1815-1890), célèbre facteur d'orgues a travaillé avec Louis Julien JAULIN de 1844 à 1853.
Portrait de Victor MUSTEL.

Louis Julien JAULIN avait épousé à Paris vers 1843 Marie Emilie BECKMANN (1819-1890) et avait eu au moins trois enfants dont Emile Achille Louis JAULIN (1851-1918) qui sera conducteur de travaux aux ponts et chaussées

Nous n'avons trouvé qu'un exemple d'un panorgue piano vendu par Wheastone & Co à Londres. (Source Squeezytunes )






Le 16 décembre il obtient un nouveau brevet de 15 ans pour "un instrument à clavier transpositeur  dit orgue vertical à répercussion". Il réutilise son système de soufflerie verticale qu'il "emploie avec avantage dans son panorgue". 

Shéma du Brevet de 1854.
Bottin 1854.
Les affaires n'étaient sans doute guère florissantes et les dépenses  de recherches et de brevets étant de plus en plus importantes, notre intrépide inventeur est déclaré en état de faillite le 8 octobre 1857. Face à un passif de 12001 frs, il ne peut répondre que par un actif de 2435 frs.
Les créanciers de Jaulin lors de sa faillite.
Cliquez sur le document pour le lire en détails.
Dans ses plus importants créanciers se trouvent : Alexandre Charles DEBAIN inventeur de l'harmonium (pour 2599 frs).
Alexandre François DEBAIN (1809-1877)

Mais aussi ALEXANDRE père et fils (pour 4200 frs).
Établissements ALEXANDRE père et fils vers 1855.
Signature de Louis Julien JAULIN en 1857.
L'inventaire de l'appartement du 11 rue d'Albouy dans le 10 ème arrondissement, près du boulevard Magenta eut lieu le 10 octobre 1857. C'était un appartement de 3 pièces, cuisine situé au premier étage où il habitait avec son épouse et ses deux enfants, Cécile née en 1843 et Émile en 1851. Mais pour les âmes sensibles, on peut lire dans cet inventaire : "Un lit en fer garni de deux matelas, une paire de draps, un traversin, deux oreillers et une couverture le tout servant de couches des enfants du failli ne sont ici décrits que pour mémoire". Ouf....ils pourront dormir dans leurs couches.
Il faut croire que JAULIN sous traitait la fabrication de ses instruments à des ouvriers extérieurs et à ALEXANDRE père et fils, car il n'y avait pas d'atelier dans son appartement et pas de marchandises. Des livres de comptes font état de salaires versés à des ouvriers et il existait un livre sur les comptes et opérations faites entre Jaulin et Alexandre.

Malgré cette faillite il continue son activité tout d'abord au 78 rue du Faubourg Saint Martin, on le retrouve en 1870 " 46 rue Lancry J. Jaulin fabricant d'instruments de musique", puis au N°25 rue du Château d'eau. Il continue de déposer des brevets ou des additions sur ses brevets précédents." Il réalise notamment des études sur les différents métaux et alliages,  les différentes formes et dimensions et développe ainsi une classification des timbres, imitant la flûte, le hautbois, la clarinette ou le cor anglais, ses anches donnent aux harmoniums, puis aux accordéons, leurs premiers registres de jeux variés, faisant selon Fétis dans son rapport sur l'exposition universelle, disparaître de ces instruments leur monotonie"(Source Jean Michel Renard).  C'est en 1861 qu'il invente son harmonicor qui rencontrera un certain succès.

Un très bel exemplaire d'harmonicor présenté dans sa boite
sur le site de Jean Michel RENARD;
Il exploitera, sans doute aidé de son fils Émile, ce brevet jusqu'à sa mort qui intervient le 11 janvier 1892 au 27 rue du Château d'eau.
Annonce parue en 1898 dans la gazette.

Article publicitaire publié en 1896.


Comme nous l'avons fait pour le dupinophone avec le concours de José Daniel TOUROUDE, nous voudrions faire redécouvrir l'harmonicor........










vendredi 25 novembre 2016

La famille DARCHE luthiers de Mirecourt et Bruxelles mais aussi facteur d'instruments à vent à Paris.

Si je connaissais le nom de "DARCHE"  comme celui de luthiers de Bruxelles bien connus grâce  aux travaux de Malou HAINE, en revanche je n'arrivais pas à voir la relation avec de nombreux instruments à vent portant une marque de "Darche à Paris". Bien sur de nombreux articles mentionnaient l'intérêt de Claude François DARCHE, luthier à Bruxelles, pour " la facture de trompettes"........Ah oui ?.....Et puis en rédigeant l'article sur les trompettes du retour des cendres de Napoléon portant la marque de "Darche à Paris fournisseur des théâtres et des concerts".... je me suis décidé à faire mon enquête.
Pour voir l'article cliquez sur ce lien.
Cette famille de luthiers, de facteurs d’instruments et de marchands de musique originaire de Mirecourt est l'un des bons exemples montrant le rayonnement de cette petite ville des Vosges, creuset de cette tradition artisanale qui a permis à tant d'enfants de cultivateurs vosgiens de réussir dans le domaine de la facture instrumentale et de devenir de "grands bourgeois". L'exemple de cette famille montrera qu'il est tout à fait réducteur de cantonner Mirecourt à la seule lutherie.
Mirecourt la rue principale vers 1900.
Généalogie Darche. (Cliquez sur le document pour l'agrandir et le lire)

Tout commence par Jacques DARCHE (1726-1789) vigneron à Mirecourt qui aura  avec son épouse Françoise HUSSARD (1730-1783), au moins deux fils : Dominique DARCHE (1750-1816) et Noël DARCHE (1764-1814) qui seront à l’origine de cette lignée de luthiers et facteurs d’instruments.
Branche de Dominique DARCHE, des luthiers bruxellois.
(Informations provenant du dictionnaire des facteurs de musique de Malou HAINE)  

Vigneron, Dominique DARCHE a épousé en 1779 à Rainville dans les Vosges, Geneviève FONTAINE (1757- 1814) dont il a eu plusieurs enfants dont Nicolas DARCHE (1771-1850) vigneron et luthier à Mattaincourt qui se mariera trois fois et auras de ces trois mariages au moins quatorze enfants. Nicolas DARCHE de son second mariage en 1810 à Mirecourt avec  Françoise VUILLAUME (1776-1820) aura quatre enfants dont Noé DARCHE dit Nicolas  qui sera luthier à Aix la Chapelle en Allemagne. Françoise VUILLAUME était la sœur de Claude Françoise VUILLAUME (1772-1834), père des ceux célèbres luthiers, Nicolas François et Jean Baptiste.
Nicolas François VUILLAUME (1802-1876)
luthier à Bruxelles.
Malou HAINE dans son dictionnaire des facteurs d’instruments de musique en Belgique signale la naissance de Nicolas DARCHE fils en 1815. Effectivement il y a bien un fils Nicolas Claude né le 2 mars 1815 à Mattaincourt né du couple N. DARCHE et F. VUILLAUME mais celui-ci ne vivra que 7 jours.
Marque de N. DARCHE.
En fait Noé dit Nicolas DARCHE est né à Mattaincourt  le 18 novembre 1811 et débutât son apprentissage de luthier à Mirecourt avant de partir vers 1835, à Bruxelles chez son cousin Nicolas François VUILLAUME (1802-1876) (frère du célèbre Jean Baptiste VUILLAUME (1798-1875) pour continuer son apprentissage. En 1840 il s’installa comme luthier à Aix la Chapelle où il restera jusqu’à sa mort en 1872. Il participa en 1842 à l’exposition de Frankfort.
Violon de Nicolas DARCHE à Aix la Chapelle de 1841.
Pour son troisième mariage Nicolas DARCHE, vigneron et luthier à Mirecourt, épousa en 1821 à Mazirot (88) Agathe ETIENNE (1789-1852) avec laquelle il aura 7 enfants dont : Charles Claude François DARCHE (1824-1874). Comme ses frères il se forme d’abord à Mirecourt, puis chez André  Augustin  CHEVRIER  luthier à Bruxelles et ensuite chez son cousin Nicolas François VUILLAUME, chez qui il travaille avant de s’installer et de créer son propre atelier en 1845 à Bruxelles.
Étiquette de Charles Claude François DARCHE (CCFD) 
Il reprend en 1847 l’atelier de Jean Dominique BASTIEN au 4 rue d’Or à Bruxelles et en 1849 il s’établit dans les galeries Saint Hubert, au 4 passage des Princes. En 1854 il s’associe avec son frère Jacques Joseph DARCHE sous la raison sociale : « Darche frères ».  Cette association cessera à la mort de Jacques Joseph en 1867. Il travaille jusqu’à sa mort à Bruxelles en 1874. Sa marque C.C.F.D. sera utilisée par son neveu après sa mort. François Darche était un luthier de qualité qui reçut des prix aux expositions de Londres et de Paris. 
Violon de C.C.F. DARCHE. (Musée de Bruxelles)
Violon expérimental de C.C.F. DARCHE (Musée de Bruxelles)
Son fils Paul DARCHE (1846-1881) succéda à son père. Il avait fait son apprentissage d’abord à Mirecourt puis chez son père. Il est difficile de différencier son travail de celui de son père.  Jacques Joseph DARCHE (1832-1867) est le frère de Charles Claude François Darche et le demi –frère de Nicolas DARCHE. Comme ses frères il fit son apprentissage à Mirecourt, puis chez Nicolas François VUILLAUME. En 1854 il s’associe à son frère Claude François pour créer la Maison "DARCHE Frères".
Violon de DARCHE Frères.
Excellent luthier, sa mort prématurée à 34 ans ne lui permit pas de connaitre la notoriété. Son fils Auguste Hilaire DARCHE né à Bruxelles en 1862, fait son apprentissage à Mirecourt chez Gaillard et  chez Nicolas Aîné. Il travaille sans doute avec son cousin Paul DARCHE avant de s’installer en 1886 à son compte 20 rue de la montagne où en plus de la lutherie il vend des pianos, harmoniums, orgues et accordéons. Il s’associe en 1894 avec son frère Joseph DARCHE pour recréer la Maison "Darche Frères". En 1900 Hilaire Darche pose sa candidature, sous le nom de « C.F. Darche » au titre de luthier du conservatoire royal de Bruxelles.

Les deux frères  fondent le « Prix Darche Frères » qui récompense alternativement les meilleurs élèves des classes de piano et de violon du conservatoire de musique de Bruxelles.
Viola d'amore d'Hilaire DARCHE de 1913
Darche Frères n’existe plus après 1905. Hilaire Darche cesse ses activités en 1915 et son atelier est repris par son gendre Auguste LAGARENNE (1889-1928) luthier né à Mirecourt, formé chez Derazey à Mirecourt,  collaborateur d'Hilaire avant de devenir son gendre. Hilaire Darche décède le 24 avril 1929 à Ixelles. Son frère Joseph DARCHE est né à Bruxelles en 1863. Il sera facteur et marchand de pianos, en particulier de pianos mécaniques. En 1894 il s’associe avec son frère Hilaire pour recréer la Maison Darche Frères. Il s’occupait, en plus de la facture de pianos, de la partie commerciale de la société.
Il est décédé en 1949 à Bruxelles. (Source : Malou Haine ; dictionnaire des facteurs de musique).
Nous venons d'évoquer la branche  issue  de Dominique Darche, comportant des luthiers installés à Bruxelles et à Aix la Chapelle. Nous allons maintenant évoquer la branche parisienne issue de Noël Darche. Il ne semble pas avoir eu, d'activités commerciales entre ces deux branches.


Branche de Noël DARCHE, des marchands et facteurs parisiens.


Noël DARCHE est né le 24 décembre 1764 à Florémont dans les Vosges et sera vigneron. Il épouse en 1791 Elisabeth FLORENTIN (1764-1804), mariage duquel naîtrons au moins deux enfants. Anne Marie Joséphine DARCHE (1791-1844) qui épousera le luthier de Mirecourt Dominique HENRY (1791-1860) ; ce couple aura 11 enfants, dont Eugène Léopold HENRY  (1819-1885), qui reprendra la Maison Darche à Paris. Claude DARCHE (1795-1830) qui sera luthier à Mirecourt et qui épousera  Rose CHEVRIER (1794- ?), sœur de Claude CHEVRIER (1798-1878) luthier à Mirecourt. Noël DARCHE épousera en secondes noces en 1806 Marguerite Boulanger (1770-1851) et ils auront un fils Jean Nicolas DARCHE qui naît à Mirecourt le 12 décembre 1806. 
C’est lui qui créa la Maison DARCHE à Paris.

Si on connait bien, les luthiers bruxellois de la famille Darche grâce au travail de Malou Haine, cette branche parisienne prête à confusions dans les différents ouvrages traitant de l’activité de la Maison Darche à Paris.
Signature de Jean Nicolas DARCHE (1806-1878)

Jean Nicolas Darche arrive à Paris vers 1825 et travaille avec Claude Hippolyte COLLIN (1766-1831) luthier et marchand d’instruments de musique à Paris. La première mention de ce luthier dans les annuaires parisiens est en 1799 : « COLLIN luthier rue des Fossés Montmartre 341 ».

Guitare à 8 cordes, vers 1795  faite et modifiée en 1811
 par Hippolyte Collin. (Collection Sinier de Ridder) 

Étiquette de la guitare précédente.

Dans notre ancien article sur Darche, nous disions que ce facteur "faisait polémique parmi les spécialistes de lutherie. Selon certains il serait né à Mirecourt vers 1785 ? Mais nous ne l'avons pas trouvé dans les archives des Vosges. D'autres donnent sa date de naissance le 13 août 1766 à Suippes dans la Marne". En fait aujourd'hui, grace au travail de Thierry MANIGUET, conservateur au Musée de la Musique de Paris, ce mystére est résolu.
Claude Hippolyte COLLIN est né à Suippes le 13 août 1766 et décédé à Paris le 18 juin 1831. Nous avons également trouvé un inventaire aprés décés et nous ferons prochainement un article spécifique sur ce luthier et son fils Jean Baptiste Hippolyte COLLIN (1797-1879). Un grand merci à Thierry pour son travail.

Autre énigme relevée dans notre précédent article

"Une autre zone d’ombre, c’est le mariage de Jean Nicolas DARCHE avec la fille d’Hippolyte COLLIN (voir l’annonce de l’annuaire Bottin  à partir de 1836 « Darche gendre et successeur de Collin ». Mais Jean Nicolas Darche épouse le 23 janvier 1836 à Paris Alexandrine Elisa KAINDLER (1819-1836) qui décédera le 9 novembre 1836 à Paris  à 17 ans".

En fait la fille d'Hippolyte COLLIN, était plutot la belle fille de Jean Baptiste Hippolyte COLLIN (le fils) : Alexandrine Elisa KAINDLER (1819-1836), fille de Joséphine Marthe LEFORT (1799-1879), épouse du dit J.B.H. COLLIN....(vous suivez ???), fille d'un premier mariage avec le sieur Mayeul KAINDLER. (ouf.....avez vous compris, non alors recommencez). (Source Thierry Maniguet)
Il se marrie pour la troisième fois le 3 juin 1837 à Notre Dame des Victoires à Paris avec Suzanne Augustine FISCHER (1816-1887) ; ils auront ensemble au moins une fille Marie Catherine DARCHE née en 1838. (Source Bernard Tournier) 
Almanach des spectacles 1837-1838
Jean Nicolas DARCHE fait feu de tout bois, ses annonces publicitaires montrent qu'il peut fournir tous types d'instruments "...en cuivre fournit la musique militaire", "En lutherie : fournisseur des Théâtres et des concerts", "..Tam-tams et Cymbales turques", associés à GRANJON il fournit des "orgues d'églises et d'accompagnement". (Il s'agit sans doute d'un membre de la famille Granjon, famille de Luthiers à Mirecourt). En 1839, Darche et Granjon présente à l'exposition de Paris : "....des orgues d'églises et un clavier transpositeur..."
Quinticlave Darche. (Collection Bruno Kampmann)

En 1840 il réalise en collaboration avec le trompettiste Schiltz les trompettes droites naturelles utilisées lors du retour des cendres de Napoléon.
Trompettes retour des cendres. (Vente Fontainebleau 2014)
En 1841 il propose une de ses inventions : des flageolets à clavier.
En 1843 il obtient le 24 décembre, un brevet de cinq ans pour « une nouvelle grosse caisse et caisse claire » pouvant servir de timbales d’harmonies.
Shéma du brevet de 1843.
En 1844 il est présent à l’exposition de Paris et présente des orgues d’églises, des timbales et des grosses caisses.  Il signe en 1845 une lettre adressée au ministère de la guerre pour protester contre l’hégémonie de Sax.
Il obtient un nouveau brevet  le 6 octobre 1846 pour « un clavier transpositeur à pistons applicable à tous les instruments à clavier ». 
Shéma du clavier transpositeur ouvert.
Shéma du clavier transpositeur fermé.

Il vendait également des pianos et des instruments à vent ; étaient-ils fabriqués à Mirecourt ? Les pianos pouvaient être fabriqués par Rémy-Genin à Mirecourt ?
Clarinette basse de Darche.
(Musée de la musique de Stockholm.
De nouveau il obtient un brevet en janvier 1848 pour l’invention « d'un instrument dit trompette signal propre à faire des signaux sur mer et sur les chemins de fer »….c’est à dire il invente la corne de brume !!!
Shéma de la trompette signal de 1848.
A l’exposition de 1849 à Paris il obtient une médaille d’honneur pour des trompettes et des trompettes chromatiques.
Cornet à 3 pistons. (Musée de la musique de Paris)
Marque d’une clarinette 6 clés. (Collection de William Rousselet)


Marque d’une clarinette 12 clés (Collection William Rousselet)


En 1855 au moment où il passe "le relais" à son neveu Eugéne Léopold HENRY (1819-1872), associé à Jules David MARTIN (1826-1874), ils passent un accord avec Adolphe SAX le premier janvier pour fabriquer des saxhorns et des saxotrombas sous licence Sax. Ils seront les premiers à obtenir une licence. 
Clarinette 14 clès. (William Petit)
Clarinette 13 clès. (Ebay)

Jean Nicolas Darche décédera le 10 septembre 1885 à 78 ans à son domicile du 16iéme arrondissement de Paris, rue Raynouard. C’est donc  son neveu Eugène Henry associé à Jules Martin qui vont lui succéder. Ils resteront jusqu’en 1859 au 7 rue des Fossés Montmartre, avant de s’installer au 73 rue de Rivoli.

Cornet à 3 pistons de Henry et Martin.
Jules David MARTIN (1826-1874) n’était pas, comme on l’affirme souvent, le neveu de Jean Nicolas DARCHE. Il était le fils de David Alexandre MARTIN (1801-1874) concierge de l’hôtel de ville de Paris.
Portrait de Jules David Martin. (Source site de Bernard Tournier)
Il avait épousé en 1849 à Brest la fille d’un professeur de musique, Jeanne MERCKEL(1829-1900) avec qui il aura huit enfants. En fait s’ils étaient associés c’est qu’ils avaient inventé ensemble un système à cylindre adaptable à tous types de pianos, pouvant jouer automatiquement. Ils avaient obtenu le 11 décembre 1854 un brevet de 15 ans.
Schéma du brevet de 1854. (Cliquez pour agrandir)
Synthèse exposition de Paris 1855
Clarinette E. Henry & J. Martin. (Collection W. Rousselet)
Ils participent à l’exposition de Londres de 1862 et en 1865 Eugène Henry quitte l’entreprise alors que Jules Martin continue à diriger l’entreprise. (Eugène Henry décédera le 18 août 1872 à Montrouge). « Jules MARTIN, plus artiste qu'entrepreneur, fut l'ami de nombreux musiciens, concourut brillamment lors de plusieurs expositions internationales (Londres, 1862; Paris, 1867 etc.). Toutefois à sa mort, survenue en 1874, l'entreprise fondée en 1780 par COLLIN à Paris, rue des Fossés-Montmartre, était criblée de dettes ». (Source Bernard Tournier)
Cornet à pistons Henry et Martin. (Vichy 12 2014)
« Son gendre, Joseph Alexis TOURNIER (1842-1920), entré en 1866 comme comptable dans l'entreprise, la reprise en octobre 1874, et la redressa en quelques années. Il en fit, d'après le musicologue Constant PIERRE, une maison dont une des spécialités était "la location d'instruments pour théâtres, concerts, soirées, etc. Toutes les variétés d'instruments se [trouvant] dans cette maison"("jusqu'aux bruits d'éperons" a commenté Joseph TOURNIER) ». 
Joseph Alexis Tournier. (Source B. Tournier)
« Joseph TOURNIER mit d'ailleurs au point, en collaboration avec des compositeurs et chefs d'orchestres, un certain nombre d'instruments de bruitage. Par ailleurs, le Musée du Conservatoire de Paris possède une guitare ayant appartenu à Camille SAINT-SAENS et sortant de ses ateliers ».
Guitare J. Tournier du conservatoire de la musique.

« Sous la direction de J. Tournier, administrateur de premier ordre, travailleur inlassable, commerçant consciencieux et humain que de directeurs de théâtres et de chefs d'orchestres il a aidés et encouragés à leurs débuts, cette maison a pris une extension considérable et s'est fait une spécialité de la location d'instruments pour théâtres, concerts, soirées, etc. Toutes les variétés d'instruments, jusqu'aux bruits d'éperons» s'y trouvent en quantité innombrable: il n'y a pas moins de 300 contrebasses en magasin. Cette maison plus que centenaire continuera longtemps sous la même raison sociale car J. Tournier, père de sept enfants, les a tous faits musiciens et les a élevés dans l'idée (de les voir continuer les bonnes traditions qui ont fait sa réputation : Paul est facteur de pianos et accordeur, Henri est violoncelliste et luthier, Marcel est harpiste, 1er prix du Conservatoire (1899), Jean est cor, André hautbois, et ses deux aimables filles sont collaboratrices et caissières dans la maison ; et tout ce monde joue du piano par-dessus le marché. J. Tournier est fournisseur de la Société des Concerts, de l'Opéra, des Concerts Colonne de la fondation à 1 809 ».

Jules Tournier avait épousé en 1870 Marie Julie MARTIN (1852-1939) ; ils ont eu 7 enfants :

Paul Jules TOURNIER (1871-1949) est né à Paris ; « il a travaillé 5 ans chez Jean Mussard  comme ouvrier, dans toutes les parties du piano" d'après son père (1901)Domicilié à Paris, 17 rue Cavé en 1904 et 4 bd St Martin en 1921, il était associé de la Société "J.TOURNIER & fils" puis "Les fils de J.TOURNIER".


Henri Charles TOURNIER (1874-1948) : " Il avait travaillé la lutherie chez son père avec G.Fillion, luthier actuellement établi à Strasbourg" (note manuscrite de Joseph Alexis Tournier, 1901). Associé de la Société "J.TOURNIER & fils" puis "Les fils de J.TOURNIER", entreprise située à Paris 4 Bd St-Martin, puis 49 rue de Rome. Domicilié à Paris, 4 Bd Saint-Martin puis 9 bd Beaumarchais (en 1904), au Raincy, bd Thiers (en 1907), à Paris, 28 rue de Paradis (en 1921), à Barbizon "la Sauvagère". Violoncelliste, élève de Charles Baretti puis de Jules Victor Marnef (°Namur, 16.05.1874)".

Henri Charles Tournier dans son magasin 49 rue de Rome.
(Source B. Tournier)

De son mariage avec Hortense Peléeheid (1877-1954) il eut un fils Claude Joseph TOURNIER (1904-1992) qui « fut un des spécialistes éminents de la contrebasse, et son atelier situé à Paris 22 rue de Paradis, le plus connu de tous les contrebassistes du monde, avant la cessation définitive de ses activités en 1970 ».
Claude Joseph Tournier dans le magasin de son père.
(Source B. Tournier)
Marcel Lucien TOURNIER (1879-1951) : «  il s'oriente vers la harpe et fut l'élève d'Alphonse Hasselmans, il remporte le Premier prix de harpe en 1899. Il a étudié la composition avec Charles Marie Widor, Georges Caussade (contrepoint), Charles Lenepveu (harmonie) ; en 1909 il remporta le Grand Prix de Rome avec sa cantate "La Roussalka" puis l'Institut de France lui décerna le Prix Rossini pour sa musique de scène "Laure et Pétrarque". A la même époque, il est harpiste à la Société des Concerts Lamoureux puis à l'Opéra de Paris. Ces qualifications lui permirent d'être choisi par Gabriel Fauré, de préférence à Henriette Renié, pour succéder en 1912 à Alphonse Hasselmans comme professeur au Conservatoire national de Paris où il enseigna jusqu'en 1948".
Photo de Marcel Tournier. (Source B. Tournier)

ll avait épousé une harpiste Renée LENARS  (1889-1971 qui sera Professeur de Harpe au C.N.S. de Paris.
Jean Adrien TOURNIER (1879-1951) « ancien élève du Conservatoire de Paris, élève de Jean Lazare Penable (°1856), de François Bremond (°1844) ; Corniste, 4 bd Saint-Martin (1909) ; Corniste à l'Opéra-Comique.sassocié de la Société "J.TOURNIER & fils" puis "Les fils de J.TOURNIER", entreprise située à Paris 4 Bd St-Martin, puis 49 rue de Rome. Habite à Paris, 30bis Bd Jourdan, en 1921 A ». (Bernard Tournier)


André Georges TOURNIER (1886-1967) : 1886-1967) : hautboïste, élève de Fernand Gillet (conservatoire de Paris : 1905, 2nd accessit; 1906, 2è prix; 1908, 1er prix). Organiste à Sainte Elisabeth (Paris)? Habite à Paris, 10 rue des Saules, en 1921. 

Toutes les informations sur la famille Tournier proviennent du site internet de Bernard Tournier , qu'il en soit remercié.