dimanche 3 juin 2012

Le diapason en musique : «Du diapason mouvant au diapason fixe ».



Par José Daniel Touroude.




Pendant des milliers d'années, les hommes  se sont guidés avec leur  diapason naturel à savoir leur chant. Certains chantaient juste et avaient l'oreille absolue.
Qu'est-ce que l'oreille absolue ?
L'oreille absolue reconnaît et nomme instantanément une note de musique dans une échelle sonore donnée sans aucune comparaison avec une note de référence.
« J'entends un bruit et je sais que c'est un sol# 3 ».
Bien entendu, les oreilles d'un africain, d'un chanteur de ragas indou, d'une chanteuse japonaise traditionnelle, d'un chanteur de blues ou d'opéra ne sont pas superposables du point de vue du "diapason".
Leurs repères ne sont pas identiques car l'oreille est codée par la culture dont elle est issue.
L'oreille absolue ne peut se développer que pour un diapason donné, quelle que soit sa valeur, pourvu qu'il reste toujours le même.
Il y aurait donc autant de diapasons et d'oreilles absolues qu'il y a de cultures musicales.
La musique traditionnelle du globe a donc elle aussi ses diapasons. 
Les Grecs anciens auraient peut-être eu, à l'égal des chinois une échelle de référence tonale donnant les tons de la gamme ou modes.  
La musique occidentale a fait du diapason un outil incontournable extérieur à l'oreille, avec la branche de métal que nous connaissons si bien, comme élément fondateur d'accords.

Diapason à deux branches. La 440.


C'est un outil musical, qui donne une note de référence, un "la", pour que les musiciens et leurs instruments puissent s'accorder ensemble en parfaite intelligence. 

En Chine ancienne aussi, cet immense empire était organisé par un ensemble de règles rituelles et bien sûr, la musique était elle aussi soumise à des codes stricts.
Les chinois inventèrent leur diapason : le "Liu", ensemble de cloches ou de bambous sonores servant d'étalons pour accorder les instruments destinés à accompagner les innombrables rites de cette civilisation.

Pour n'importe quel musicien, de tous temps, une simple oreille relative douée d'une bonne mémoire des intervalles et des airs, permet de jouer toutes les musiques possibles. Une première note est émise par la voix, un instrument, un diapason et le reste suit…

Le chant grégorien.

Tous les musiciens ne pratiquent pas l'écriture des sons, loin s'en faut.

C'est pourtant par l'instauration progressive d'une écriture de la musique que la nécessité impérieuse d'une sorte de diapason primitif va peu à peu se faire sentir.

L'écriture musicale, au Moyen-Âge est restreinte à quelques neumes (petits signes graphiques) notés sur les manuscrits à chanter, qui servaient de guide pour les inflexions de la voix.

Copie d'un chant Grégorien noté en neumes

Le clavier primitif, celui de l'orgue - le seul instrument plus ou moins toléré par l'église d'alors - servait d'appui tonal.
C'est sans doute au départ de cet instrument que furent mise en correspondance les lettres de l'alphabet et les sons.
Chaque touche de l'orgue portait le nom d'une lettre : A, B, C etc.
On adjoignait une syllabe à chaque lettre, selon les intervalles mélodiques, et ainsi pouvait s'établir un solfège - tout à fait provisoire - à l'aide de ces syllabes.
La lettre C du clavier servait de point de départ. Peu importait qu'il correspondît à un do actuel, ou à un mi.  C restait la clé tonale de référence.
(On a gardé trace de cette influence des lettres, le" C " en armure de la mesure à 4 temps)
Considérons " C " comme un premier diapason, mais sans hauteur précise.
Un diapason flottant, en somme...

L’invention de l’écriture musicale en occident.

Gravure représentant Guido d'Arezzo.

Guy d'Arezzo, l'inventeur de notre ut, ré, mi, fa, sol, la, si se basa sur un hymne à Saint Jean-Baptiste  pour nommer les notes :

Ut queant laxis / Resonare fibris /Mira gestorum / Famuli tuorum / Solve polluti / Labii reatum / Sancte Johannes.
Traduction : " Pour que puissent résonner sur les cordes détendues de nos lèvres les merveilles de tes actions, enlève le péché de ton impur serviteur, ô Saint Jean."
Si vous voulez écouter l'hymne dédié à Saint Jean Baptiste.

Ce sont les 7 premières syllabes de chaque verset que D'Arezzo a sélectionné pour nommer les 7 notes de la gamme. 

Plaque sur la maison natale de Guido d'Arezzo.

Au dix-huitième siècle, Les  anglo-saxons s'attribuaient le système des lettres : A, B, C, D... et les latins, les syllabes : ut, ré, mi...
L'Europe musicale avait deux systèmes différents et "inaccordables", en apparence du moins !
Les latins donnèrent aux syllabes "do ré mi fa..." la valeur qu'avaient les lettres afin d'établir enfin une corrélation entre les deux systèmes.
Il leur fallait désigner une fois pour toutes les touches correspondant à l'ancien "heptacorde naturel": C=Ut, D=Ré, E=Mi, F=Fa, G=Sol, A=La, B=Si.

Différentes marques de clarinettes entre 1800 et 1850 dont la tonalité est indiquée soit par des lettres ou des notes.

Notre "diapason fixe" en métal est inventé par l'anglais John Shore en 1711.
(Il existe également le diapason à vent, un ou deux petits tuyaux de métal couplés, très pratiques car audible immédiatement quand on souffle dedans.)
Comme après 1859, la hauteur absolue des touches se vit normalisée par l'invention du "diapason" fixe, il en résulta que les syllabes (ut, ré, mi...) prirent à leur tour, aux yeux de la plupart des musiciens, un sens de hauteur absolue qu'elles n'avaient nullement auparavant, et qu'il ne resta plus aucun moyen distinct de solfier en hauteur relative.

 Dans un tout autre domaine, les facteurs d'instruments à vent utilisent le terme "diapason" pour caractériser le rapport entre le diamètre (la perce) et la longueur des tubes de leurs instruments.
Ainsi, un "diapason" large correspond à une sonorité ample et plutôt ronde.
Certains orgues et harmoniums ont même un registre portant ce nom.


Voyons maintenant le mode d'accordage de l'orchestre d'avant le diapason fixe.

La difficulté résidait dans le fait que les instruments avaient tous des tons différents et devaient par conséquent s'accorder à un instrument de référence au plus près de leurs tonalités respectives. L'instrument témoin était le plus souvent le hautbois.


Caricature d'un hautboïste célébre : Marcel Tabuteau.

Un accord général finissait par fonctionner plus ou moins mais on serait certainement étonnés du degré d'hétérogénéité des timbres dans les orchestres de ces temps-là ... (Bach se plaignait déjà et souvent que ses musiciens jouaient faux !)
Finalement, on convint de prendre A à savoir "La" comme référence.  
Mais comme on ne disposait d'aucun moyen de le codifier objectivement, on se contenta d'une zone flottante dans la périphérie du La.
Dès l'invention de l'objet "diapason", on se trouvera avec des variables de hauteurs parfois impressionnantes d'un pays à l'autre et souvent au sein d'un même pays, d’un orchestre à un autre.
En somme avec le diapason flottant, chacun n'en faisait qu'à son oreille.
Pour les uns, c'était trop bas ! pour d'autres, c’était trop haut !
Les pauvres musiciens itinérants devaient changer d’instruments pour s’adapter aux différents diapasons ou transposer !
A Paris : Pour les baroques le diapason est à 415 Hz !
Le diapason en vigueur continuait de monter et s'établit en 1810 à 423 Hz puis en 1823 à 431,3 Hz puis en 1830 à 435,75 Hz avant de se stabiliser au début du 20ème siècle à 440 Hz.
A Londres : Le diapason en vigueur continue lui aussi de monter et s'établit en 1815 à 423 Hz (Royal Philharmonic Society) puis en 1826 à 433 Hz puis en 1874 à 455 Hz, avant de se stabiliser au début du 20ème siècle à 451 Hz
A New-York 1880 : 475 Hz (chez Steinway) puis les USA vont se stabiliser au début du 20ème siècle à 445 Hz.
En Autriche à 460,85 Hz etc…  
Nous pourrions multiplier les exemples avec les hauteurs fluctuantes de diapasons à Moscou, Vienne, Prague etc... et c'étaient les diapasons officiels !

En fait souvent chaque orchestre s'accordait selon son bon plaisir !

Une interrogation personnelle : Mozart qui avait l'oreille absolue et pour qui chaque tonalité avait une couleur bien spécifique entendait, selon certains, le diapason autour de 420. 
Il a composé son concerto pour clarinette en La majeur en fonction de ce diapason.
Il pourrait difficilement entendre ce même concerto jouer au diapason 440 voire 442 comme actuellement soit plus d'un quart de ton au dessus ! 
La musique baroque essaie de retrouver la sensibilité  et le diapason avec les instruments  d'époque.

Ainsi les clavecins s'accordent actuellement entre 415 et 435 Hz.

Certaines clarinettes anciennes varient entre 420 et 460.



Face à cette anarchie et cette cacophonie, une normalisation internationale s'est effectuée mais il a fallu longtemps pour un consensus.

Ce n'est qu’avec la conférence internationale de Londres de 1953, que sera fixée la hauteur du diapason à 440 Hz, à la température de 20 degrés centigrades.

(La chaleur modifie la hauteur des notes, détail bien connu des instrumentistes à vent et il est important de mentionner ce paramètre)



Ainsi le diapason actuel officiellement est de 440 mais parfois la tendance à monter continue et on entend de plus en plus souvent des concerts accordés à 442 Hz !

Jouer plus vite, plus haut, plus fort n’est-ce pas une tendance difficile à maitriser ?

lundi 7 mai 2012

RODOLPHE fabricants d'orgues de père en fils.

Couverture du catalogue RODOLPHE Fils de 1901.

Nous avons trouvé ce beau catalogue intéressant de la fabrique d'harmoniums et d'orgues  RODOLPHE Fils. Il date de 1901. Si vous souhaitez obtenir des éléments de ce catalogue n'hésitez pas à nous contacter.

Nous avons découvert par la même occasion, le très beau site de l'association de l'harmonium français, ainsi qu'un article consacré à la Maison RODOLPHE écrit par Patrick Alain FAURE, dont nous avons extrait quelques passages.

"Le fondateur de la maison Rodolphe est le facteur Pierre-Louis-Alphonse Rodolphe, qui comme presque tous ses confrères, commença par être apprenti ébéniste en 1827. Après son apprentissage, il suivit le parcours traditionnel, en travaillant notamment dans la facture de piano comme "finisseur" chez Pleyel et Pape. Il devint ensuite contremaître chez Fourneaux, pépinière de jeunes facteurs, et s'établit à son compte en 1850".
Deuxième page du catalogue.
"On le trouve avant 1859, au 64 rue Amelot à Paris et ensuite au 15 rue de Chaligny, rue proche, dans le faubourg Saint-Antoine de celle de Christophe-Etienne. Cette dernière adresse est de loin la plus fréquemment retrouvée".
Marque d'Alphonse Rodolphe.

Portrait d'Alphonse RODOLPHE;

"La maison était organisée en deux centres de fabrication. La fabrique de Nogent sur Seine (Aube), dotée de tous les perfectionnements techniques et d'une machine à vapeur de 20 chevaux, était un ensemble industriel de 4000 mètres carrés de superficie. Elle était dirigée par Emile Rodolphe, fils de Pierre-Louis-Alphonse, et servait au stockage des bois de toutes qualités et produisait les pièces détachées. Transportées par canaux, ces pièces étaient montées à la manufacture de la rue de Chaligny dirigée par l'autre fils de Pierre-Louis-Alphonse à savoir Alphonse Rodolphe".

Emile RODOLPHE.

"La maison Rodolphe participa à l'Exposition Parisienne de 1855, puis à l'Exposition Universelle de Londres, en 1862, puis aux Expositions Universelles de 1867, 1878, 1889 et 1900. Elle obtint plusieurs médailles d'or".
Marque RODOLPHE Fils.

"Le point le plus complexe et le plus mystérieux dans l'histoire de la maison Rodolphe est la reprise de la marque Debain. A ce sujet, beaucoup de choses ont été dites sans qu'une vérification historique ne vienne les confirmer et ainsi il a été commis de nombreuses erreurs. Dans l'état actuel de nos connaisances, les conditions de reprise de la marque Debain restent très floues. En effet, la maison Rodolphe mentionne dans de nombreuses publicités et sur ses plaques : " Rodolphe fils, seuls successeurs de la fabrication des harmoniums Alexandre Debain". Mais nous ne savons ni quand, ni comment, ni pourquoi Rodolphe a repris la marque Debain. Rodolphe n'a pas succédé proprement dit à Debain, car comme nous l'avons vu cette maison existe depuis 1850 et Alexandre Debain n'est mort qu'en 1877. Si certains détails semblent avoir été repris, ce sont surtout des pièces détachées qui ont été probablement réutilisées et encore en petite quantité. Rodophe avait sa propre façon de fabriquer et possédait sa propre manufacture. La reprise de la marque Debain s'est probablement limitée à aposer le nom Debain à côté du nom Rodolphe et ce dans un but commercial, la marque Debain devenant alors un gage de qualité et de sérieux".

Patrick-Alain Faure
novembre 2007



Pour en savoir plus consultez le site de l'association de l'harmonium français.


lundi 12 mars 2012

Connaissez vous le CSAKAN ?

Instrument vendu sur Ebay.

Cet instrument bizarre vendu sur Ebay, a fait l'objet d'enchères soutenues....pour terminer au prix de 1400 Euros." Tiens Kes" ?

Marque de Ziegler à Vienne.
Il porte une marque de I. Ziegler à Vienne. Johann Joseph Ziegler né à Komorn en Hongrie en 1795 qui créa un atelier réputé pour ses flûtes à Vienne et décédé le 16 mars 1858.

Embouchure à sifflet.

L'embouchure est à sifflet, comme les flûtes à bec...mais différente.

L'instrument est muni de 11 clés à tampons en étain (pewter plugs), comme les flûtes autrichiennes, italiennes vers 1850.


En fait il s'agit d'un CSAKAN, instrument originaire de Hongrie qui était apparu au début du XIX ° siècle et qui existait surtout en canne "flûte" qui permettait au musicien de jouer en plein air, lors des longues promenades dans la nature.

Clés à tampons en étain (Pewter plugs).
Le csakan a sans doute été inventé par Anton Héberlé, flûtiste et compositeur, lui aussi d'origine hongroise. Cette flûte à bec romantique a connu un certain succès au cours du XIX°.


"Les principaux constructeurs de csakans étaient à l'époque les maisons Hell, Kämpffe, Stephans Koch, Franz Schöllnast, Johann Ziegler et Julius Heinrich Zimmermann.   Koehler, Koch, Krähmer et Barth étaient, quant à eux, les principaux éditeurs des œuvres et notices d'emploi".



"La redécouverte du Csakan eut lieu en 1969 grâce à une œuvre d'Antoine Heberle, la "Sonate brillante". En 1974, Hermann Moeck y apportait de plus amples informations dans sa publication "Spazierstockinstrumente, Czakan und Flageolette". Un autre ouvrage important a été publié par Marianna Betz en 1992  "Der csakan und seine Musik". A ce jour, on a découvert quelques 400 morceaux pour csakan solo, duo ou orchestres ; il ne s'agit pas toujours d'œuvres de maîtres. L'instrument idéal pour exécuter ces opus reste naturellement le csakan lui-même, mais comme il ne se trouve que très difficilement en bon état, la solution de remplacement est tout simplement une flûte à bec". (Article les Hébérlé dans le monde. 12 mars 2012)



Csakan canne flûte anonyme.

Csakan de Koch à Vienne.


Csakan anonyme sans doute de I. Zieler. (Dayton Miller Collection)


Et maintenant écoutons le Csakan.



mercredi 7 mars 2012

Parution du volume 2 sur la guitare de SINIER de RIDDER.

Françoise De RIDDER et Daniel SINIER.
Nous apprécions régulièrement, aux ventes de Vichy, la grande compétence de nos experts en instruments à cordes pincées....et autres guitares : Daniel SINIER et Françoise DE  RIDDER.

Nous voudrions profiter de cet article pour saluer la parution du deuxième tome de leurs livres consacrés à la guitare. Bravo pour ce magnifique ouvrage et particulièrement bien illustré.


Deuxième Tome consacré à la guitare en province.
 " Après le volume sur les guitares parisiennes, nous avons voulu rendre hommage aux luthiers d'autres régions de France et à leurs talents. Au cours de notre carrière de 40 ans, nous avons examiné les guitares faites à Lille, Lyon, Troyes, Toulouse et Bordeaux, mais surtout un nombre considérable de guitares faites à Mirecourt et sa région. Mirecourt est un petit village dans les Vosges, où en 1732, le duc de Lorraine a créé une "charta de la société" pour réguler les usages professionnels d'une activité en plein développement.


Souvent anonyme, basée plus sur l'imagination que sur le luxe de la construction, des instruments fabriqués à Mirecourt sont appréciés dans le monde entier et ont été capables d'imposer leur style particulier. Nous avons essayé de décrire le fonctionnement social et professionnel d'une région entièrement dédiée à la valorisation d'un produit: la lutherie".

Tome 1 consacré à la Guitare à Paris.

"Nous avons été touchés par ces luthiers, qui, pour répondre à une demande sans cesse croissante, ont fabriqués des milliers d'instruments de musique qui n'ont pas été signés, laissant ce soin aux marchands ou à leurs collègues établis dans les grandes villes. Ils ont largement contribué à la propagation de la lutherie française par la qualité de leurs instruments, même si, pour des raisons commerciales, ils ont préféré rester pudiquement cachée dans l' anonymat. Ce sont leurs guitares que nous aimerions montrer ici. Un troisième livre sera consacré à la guitare italiennes, écrit en collaboration avec le fabricant de guitare et collectionneur Giovanni Accornero ".  

La Guitare 2, Tome Mirecourt, Les Provinces françaises. Textes français, anglais et italien, environ 50 . guitares inédites, plus de 400 photos et dessins . Format 24 x 34 cm ISBN: 978-88-87618-16-7 220 € + expédition.

Pour commander : Sinier de Ridder  sinierderidder@gmail.com ou: Edizioni Il Salabue  http://www.ilsalabue.com/
 salabue@tin.it

Daniel SINIER jouant sur une guitare baroque de 1640 faite à Venise.

Le sire de D. SINIER et F. De RIDDER : http://sinierderidder.free.fr/

jeudi 9 février 2012

Quizz sur les instruments de musique.


Je suis allé voir la collection du clarinettiste et collectionneur José Daniel Touroude et il m’a soumis ce test sur mes connaissances en instruments à vent (bois).  J’ai eu le droit au champagne ! A vous de jouer… (mais vous c’est uniquement pour le plaisir !) René Pierre.

Pour ceux qui voudraient agrandir la photo....cliquez dessus.
Instrument  n°1


Un Indice : je suis une sorte de flûte à sifflet, vieil instrument connu dès le moyen âge et dans toute l’Europe et j’ai eu mon heure de gloire au 17ème siècle et au 19ème siècle où on va me doter de clés mais, depuis un siècle, je suis peu joué.

Dans une partie je possède une éponge pour retenir la salive et l’humidité de l’air. Certains d’entre nous servaient à imiter les chants d’oiseaux et à leur apprendre à chanter. Mon nom est le même qu’un légume ! Qui suis-je ?

Instrument  n°2

Un Indice : je suis un instrument conçu le plus simple possible, qui possède une anche de clarinette, qui veut avoir le son d’une clarinette mais à un prix très faible.
Je porte le nom de mon inventeur. Celui ci était un utopiste créant un instrument, il y a un siècle, pour le peuple afin que l’art soit dans la rue et dans les villages. J’étais vendu dans les bazars et par des colporteurs itinérants à petits prix. Qui suis-je ?

Instrument  n°3

Un Indice : je suis une petite flute traversière à 7 trous qui possède un son aigu et puissant, qui a souvent une seule clé, et qui est utilisée dans la musique militaire depuis François 1er. Le peintre Manet m’a immortalisé dans un tableau célèbre.
Dans la musique populaire où je demeure encore vivace, je suis souvent accompagné d’un tambour. Qui suis-je ?

Instrument n°4

Un Indice : je suis aussi une petite flute traversière à 6 trous qui possède un son très aigu et puissant mais j’ai plusieurs clés et je suis utilisé régulièrement dans la musique militaire et symphonique car j’ai le son plus aigu que tous les instruments. Les enfants savent que je joue souvent avec le saxo.
A ne pas confondre avec l’instrument précédent qui est mon ancêtre. Qui suis-je ?

Instrument n°5

Un Indice : je suis un instrument inventé par Denner en 1700 à Nuremberg, avec une anche battante ligaturée sur un bec. Je joue aussi bien la musique classique et contemporaine que le jazz (salut Benny !)

Mon nom au départ se traduisait par petite trompette. Qui suis-je ?

Instrument n°6



Un Indice : un peu d’exotisme ! Je suis un vieil instrument à anche double au son puissant et aigu venant du Maghreb et lié au monde et à l’histoire arabo-musulman. Je suis encore régulièrement utilisé dans les fêtes et les mariages et j’accompagne aussi les fantasias. Qui suis-je ?

Instrument n°7

Un Indice : je suis un instrument qui ne fait que 2 ou 3 notes, qui fait le son caractéristique d’un oiseau, qui a un nom d’un oiseau et qui a été utilisé notamment dans la symphonie des jouets de Léopold Mozart. Qui suis-je ?
Instrument n°8


Un Indice : je suis une flute sans trou mais qui a une coulisse, ce qui me permet de faire toutes les notes en glissando sur 2 octaves et de faire des effets sonores amusants. Ravel m’a utilisé dans le Boléro. Mon petit fils de 2 ans adore tirer sur la coulisse mais ne joue pas encore le Boléro ! Qui suis-je ?


Instrument n°9
Un Indice : je suis un instrument très ancien qui a connu son heure de gloire au moyen âge avec une anche double, ancêtre du hautbois, et qui a servi à jouer de la musique baroque mais désormais cantonné à de la musique populaire notamment bretonne. Certains ont deux clés et c’est l’ancêtre à la fois du hautbois et de la clarinette.
Qui suis-je ?

Instrument n°10

Un Indice : je suis une flute à 3 trous du sud de la France que l’on joue d’une seule main, l’autre jouant simultanément du tambourin. J’ai connu des heures de gloire à la cour sous l’ancien régime et toujours dans la musique populaire où je reste encore très utilisé. Il existe même une classe de cet instrument au conservatoire d’Aix en Provence formant des virtuoses pour me mettre en valeur. Qui suis-je ?
Instrument n°11 : le bonus ! un point facile !



Un Indice : je suis souvent le premier instrument utilisé dès l’initiation musicale à l’école sans clefs et je suis facile à jouer mais je peux aussi avoir des clefs.

Qui suis-je ?




REPONSES :


Réponse Instrument n°1: le Flageolet
(Ebène, 5 clés en maillechort, bec ivoire de Jérome Thibouville Lamy, Paris)

Réponse Instrument n°2 : Le Dupinophone
(Bambou et zamak de F. Dupin, Paris)

Réponse Instrument n°3 : Le Fifre
(Palissandre et laiton, Anonyme mais so British)

Réponse Instrument n°4: Le Piccolo
(Palissandre, 5 clés en maillechort, Anonyme le plus important des facteurs d’instruments à vent mais français !)

Réponse Instrument n°5 : Clarinette (clarino = petite trompette)
(Clarinette Mib à 6 clés de Noblet frères buis, ivoire et laiton)

Réponse Instrument n°6 : La Ghaïta
(Buis, Anonyme acheté à un « collègue » touareg de Tamanrasset Algérie)

Réponse Instrument N°7 : Le Coucou
(Buis, corne et bec en ivoire Anonyme encore lui !)

Réponse Instrument n°8 : Le Jazzoflute
(Palissandre, maillechort de J Thibouville Lamy !)

Réponse Instrument n°9 : Le Chalumeau
(Bois fruitier, maillechort, Anonyme mais Breton qui accompagne notamment le biniou)

Réponse Instrument n°10 : Le Galoubet
(Ebène et ivoire du facteur d’Orange : JP Magnan)

Réponse Instrument n°11 : le bonus : La Flute à bec ou flute douce
(Buis sans clefs de Moeck)
(Palissandre, 6 clefs en maillechort, bec en ivoirine, spécialité de Lucien Lot neveu du grand facteur de flute Louis Lot)

Commentaires :

10 points voire 11 : impressionnant. Bravo l’expert (e) !
8-9 points : très fort
6-7 points : pas mal
5-6 points : culture musicale en cours de perfectionnement.
Moins de 5 points : courage, entrez dans le monde fascinant des instruments à vent en suivant notamment ce blog…



jeudi 5 janvier 2012

Claude MONTAL (1800-1865) facteur de pianos parisien.

Claude Montal vers 1850
Le 22 mars 2009,  était proposé à la vente à Versailles, ce très beau piano de Claude MONTAL facteur de pianos à Paris.

" Piano toutes faces réalisé vers 1850 entièrement marqueté de bois de rose, de bois de violette, de thuya d'Algérie et de bois exotiques à motifs d'encadrement et de rinceaux stylisés.....Riche ornementation de bronze ciselé et doré tel que astragale au sommet, filets de perles. (H. 136* L. 136 * P. 62 cm).

Cet instrument a été présenté aux expositions universelles de Londres en 1851 au Crystal Palace où il obtient une médaille et Paris en 1855 où il obtient une médaille d'or.

Montal, facteur de pianos, 32 boulevard Bonne Nouvelle à Paris".

Qui était ce Claude MONTAL ? Né à La Palisse (Allier) le 28 juillet 1800, c'est à cinq ans et demi qu'il perdit la vue à la suite d'une fièvre putride. Très tôt il montre un intérêt pour la musique et sa mère l'oriente vers le violon.
Détails de marqueterie et des bronzes.
En 1817 il rentre à l'école des aveugles de Paris et s'oriente vers le métier d'accordeur. En 1820 il pouvait jouer du violon, du hautbois, de la clarinette, du basson et bien sur du piano. En 1832 il fit un cours public sur "l'accord du piano" qui lui apporta beaucoup de notoriété.
Dessin du catalogue Montal vers 1855.
Fort de sa notoriété d'accordeur reconnu, il écrit un document sur " L'art d'accorder soi - même son piano".
Aidé d'un ouvrier il commence vers 1834, la fabrication de petits pianos.

Système transpositeur du piano de 1850 présenté à Versailles.
Il participe à l'exposition de Paris de 1839 et obtient en 1842 un brevet de 5 ans pour " Différents systèmes de mécanique propres à faire répéter la note à toutes les hauteurs de la touche au moyen d'un nouveau levier dit Receveur".
Abrégé sur "L'art d'accorder soi - même son piano".
Ses pianos et ses nouvelles inventions furent régulérement récompensés dans toutes les expositions. A la suite de l'exposition de Paris de 1851 Claude MONTAL reçoit la légion d'honneur. En 1852 il publia une nouvelle brochure sur " Notice raisonnée sur les perfectionnements introduits dans la fabrication des pianos".
Brevet de 1842
Il est décédé le 7 mars 1865. C'est son ouvrier TESSEREAU qui lui succède sous la raison sociale de " MONTAL- TESSEREAU"

Pour en savoir plus consultez le site de référence de Lieve VERBEECK : http://users.telenet.be/lieve.verbeeck/pianos-home.htm

lundi 19 décembre 2011

Vente d'instruments de musique à Vichy du 17 décembre 2011.

Vichy devient deux fois par an (juin et décembre)  la "capitale mondiale" des collectionneurs d'instruments de musique.
Comme chaque année ce samedi 17 décembre 2011, nous avons tous (collectionneurs, marchands, experts, curieux) participé à cette vente de Vichy, toujours très particulière et pleine d'émotions...

Nouveauté, les guitares électriques "anciennes de 1955 à 1994, avec leurs étuis d'origine", ont rejoint les cordes pincées, accordéons et vents en bois et en cuivre.....mais c'est toujours un excellent moment pour croiser "l'instrument de ses rêves", et tout cela dans une bonne ambiance, réglé par le marteau de Maître LAURENT "Ainé et Fils".
Dans cette vente deux moments où les extrêmes se rejoignent, grâce à l'universalité de la musique :
* Ce curieux petit instrument, qui est un flageolet d'oiseau en ivoire du début du XVIII iéme siècle signé de Charles BIZEY (1685 ? - 1752) qui exerça dans les années 1734 rue Mazarine et vers 1749 rue Dauphine à Paris, va rejoindre au Musée de la musique de La Villette, quatre flageolets d'oiseaux dont celui très proche de Louis CORNET.
Flageolet d'oiseau de Charles BIZEY.
Un passe temps aristocratique au XVII° et XVIII° siècle, consistait à enseigner des airs musicaux aux oiseaux. En 1709 Hervieux De CHANTELOUP, "gouverneur des serins de Madame La Princesse" publia un traité des serins de Canarie, dans lequel il citait l'utilisation du flageolet d'oiseaux dont la tessiture convenait à cet usage.
Marque de Charles BIZEY.
Mais l'auteur conseillait particulièrement aux dames "Tant à cause qu'il altère considérablement la poitrine, lorsqu'on en joue longtemps de suite, que parce qu'il n'est pas fort séant, surtout au sexe".l'utilisation d'un flageolet organisé, sorte de petit orgue portatif à deux octaves.
Dans une autre édition il conseillera la "Serinette".
Traité de Hervieux de Chanteloup.

Pour en savoir plus consultez le site du Flageolet français : http://www.leflageoletfrancais.com/article-the-bird-fancyer-s-delight-55511374.html

* Changement de décor avec cette guitare Archtop de marque GIBSON modéle Super 400 CES de 1955

Adieu le chant du serin, on passe à Elvis PRESLEY et son guitariste Scotty MOORE qui accompagna Elvis pendant 14 ans.

Scotty acheta sa Super 400 CES n° 62713 de Gibson en octobre 1963 et l'utilise en concert et pour enregistrer l'album "The Guitar that changed the World".

Scotty MOORE et Elvis PRESLEY
Et oui, "nous avons participé en tant que teenager à l'histoire".....Alors terminons sur ce son Rockabilly.