mercredi 9 janvier 2013

Louis MÜLLER (1801-1868) successeur de François Antoine SAUTERMEISTER (1782-1830) facteur d'instruments de musique à Lyon.

Nous avons traité le cas de François Antoine SAUTERMEISTER (1782-1830) dans un article précédent.
 
 Nous en étions resté à son décès qui est intervenu à Lyon le 17 février 1830. Sa veuve Marie Josèphe PONCET (1797-1866) qu'il avait épousé en seconde noce en 1822, avait repris la maison, comprenant 9 ouvriers journaliers, située au 10 rue Saint Dominique dans le deuxième arrondissement de Lyon. A partir de 1832 son neveu Louis MÜLLER est signalé comme chef de l'atelier situé dans "la cour".
 
Marque de l'atelier entre 1835 et 1840.
 Louis MÜLLER est né le 23 août 1801 à Ehingen- Rotemburg dans le royaume du Wurtemberg. Sa mère Catherine SAUTERMEISTER était la soeur de François Antoine SAUTERMEISTER.
Signature de Louis Müller en 1840.
 A partir de 1833, il semblerait que "la veuve Sautermeister" ait abandonnée l'atelier (3 pièces dans la cour) et ce soit limitée à un magasin d'instruments de musique et ce jusqu'en 1835 où réapparaît Louis MÜLLER qui habitait avec la veuve dans l'appartement de 2 pièces du passage Couderc, rue Saint Dominique jusqu'en 1840. Cette période (1835 à 1840) correspondrait à la marque "Vve Sautermeister et Müller". A partir de 1838 ils louent de nouveau 3 pièces (en plus des 2 pièces d'habitation) pour établir leur atelier rue Couderc.
 
Marque à partir de 1840 (?) du début du Mariage avec Marie PONCET Vve Sautermeister.

Louis Müller épouse Marie Josèphe Poncet Vve Sautermeister le 22 juillet 1840 à Lyon. Contrairement à ce qu'affirme Constant PIERRE et donc le Langwill ce n'est pas à la mort de la veuve Sautermeister que Müller s'établit à son compte, car M. J. Poncet décède le 4 janvier 1866 à Lyon, c'est à dire 2 ans avant le décès de Louis Müller (1868). Ils n'avaient que 4 ans de différence d'âge.
 
Cornet à palettes de Louis Müller "facture allemande" portant la première marque (1840) sans "breveté".
 
Le 10 juillet 1835, il obtient un brevet de 5 ans pour un cornet à 3 pistons : "dont la perce est un peu plus avantageuse que celle des cornets ordinaires et qui diffère du cornet à 2 pistons, d'abord par l'augmentation d'un troisième piston, avec lequel on peut faire les quatre notes manquant jusqu'à ce jour au cornet à deux pistons, à savoir l'ut dièse, le ré, ré dièse et le sol dièse de la première octave". (Brevet Inpi)
  
Brevet de 1835. Source Inpi.

 
"Je soussigné Louis Müller, facteur d'instruments demeurant à Lyon passage Couderc, ai l'honneur de vous exposer que jusqu'à présent il s'est faits des cornets à 2 et 3 pistons mais que ceux à trois n'ont jamais été bons et n'ont pu satisfaire en aucune manière du désir des artistes, en sorte qu'on a été obligé de les abandonner pour ne se servir que de ceux à 2 pistons, maintenant en usage". (Brevet Inpi)
 
Bugle en Si bémol. (NMM de Vermillion)
 
Le 5 octobre 1838 il obtient un brevet de 5 ans pour un "cor à deux pistons percés de trois trous au lieu de quatre et actionnés par des touches ou boutons, à volonté". (C. Pierre)
 
Cor à 2 pistons, brevet de 1838. Source Inpi.
 
"Les pistons du cor Müller ne sont percés que de trois trous placés du même coté et à égale distance des uns des autres (les pistons employés jusqu'à présent en ont quatre, deux d'un coté et deux de l'autre). Les pistons se meuvent par deux touches qui en cédant sous les doigts font rentrer dans leurs tubes, chacun de ces pistons et ensuite renvoyé lorsque les doigts abandonnent les touches par un ressort marchant sur un petit rouleau. M Müller se réserve le droit de supprimer au besoin les deux touches et de ne laisser pour faire mouvoir les pistons qu'une simple tête en ivoire comme il en existe sur les pistons ordinaires, ceci étant encore à la volonté de l'exécutant". (Brevet Inpi)
 
Marque courante après 1840.
 
Clavicor en Si b. (Collection Richard Charbit)
 
 De 1843 à 1847, son atelier, toujours à la même adresse, emploie 8 ouvriers journaliers. Le 12 juin 1846 il obtient un brevet de 15 ans pour " une clarinette basse à deux corps parallèles en forme de basson, descendant à l'ut, qu'il proposa pour remplacer le basson". (C. Pierre)
 
Dessin de la clarinette basse du brevet de 1846.

Saxhorn à trois pistons berlinois. (Vente Vichy 2012)
"La même année il proposa une clarinette à 14 clés et 4 anneaux dont un spécimen est au musée du conservatoire" (Musée de la musique de Paris). C.Pierre.
 
Clarinette 14 clés et 4 anneaux du conservatoire. (Musée de la musique Paris)

 
Le 20 mai 1855 il obtient un brevet de 15 ans pour un brevet de 15 ans pour "un instrument de musique dit Müllerphone ou contrebasse à anche, "à corps parallèles, également en forme de basson, descendant une octave au dessous" de sa clarinette basse, "à perce cylindro conique, pavillon en cuivre et disposition nouvelle des clés". C. Pierre.
 
Shéma du Müllerphone de 1855. (Source Inpi)
 
Basson russe. (Collection Jean Michel Renard)
En 1855 il participe à l'exposition de Paris et obtient une médaille de seconde classe.


Saxhorn en Si B.( Collection J.M Renard).
Marie Josèphe Poncet épouse de Louis Müller et veuve de François Antoine Sautermeister, âgée de 68 ans, décède le 4 Janvier 1866 à Lyon rue Saint Dominique, passage Couderc. Les Témoins sont Balthazard VERRIER, 24 ans et Louis César RICANET tous deux facteurs d'instruments et sans doute ouvriers journaliers chez Müller. Louis Müller lui survivra 2 ans puisqu'il décède à son tour le 21 avril 1868, à l'âge de 66 ans toujours passage Couderc. Les témoins sont de nouveau B. Verrier et Guillaume Curet, 55 ans fabricants d'instruments.

La maison est reprise en septembre 1868 par Jean Léon COUSIN né à Paris le 30 janvier 1843. (C. Pierre) Faux nous fait remarquer Jean Jacques BONA.

"Contrairement au texte ci-dessus, erreur répercutée sur le "Langwill" qui s'en est inspiré concernant la date et le lieu de naissance de M. Cousin père, j'ai consulté les recensements de population du quai Saint Vincent aux périodes intéressées. 

Recensement de 1921: au 19 quai Saint Vincent.
Cousin Henri né en 1876 dans le Rhône luthier patron
Cousin Berthe née en 1874 dans le Rhône professeur épouse.
Cousin Jean né en 1843 B Pyr père industriel patron.
Recensement de 1926: au 19 quai Saint Vincent.
Cousin Henri né en 1876 dans le Rhône employé.
Cousin Berthe née en 1874 dans le Rhône épouse.
Acte de décès de Cousin Jean Léon:
"Le quinze novembre mille neuf cent vingt cinq à neuf heures: Jean Léon Cousin né le vingt janvier 1843 à Pau (Basses Pyrénées), fils des feus Pascal et Antoinette Renault, veuf de Alix Suzanne Renault, ancien industriel, est décédé en son domicile quai Saint Vincent numéro 19...Sur la déclaration de Charles Boquin, cinquante ans, employé domicilié rue Victor Hugo 51."

Remarquez le changement de statut professionnel de son fils Henri, luthier en 1921 et employé en 1926." 



samedi 8 décembre 2012

Claude LAURENT facteur de flûtes en cristal à Paris.



 Si les flûtes en cristal de Laurent sont bien connues, le facteur Claude Laurent (né à Langres-décédé à Paris en 1848) l'est nettement moins.
On sait qu'il était horloger, mais comment en est il arrivé à fabriquer des flûtes et en cristal...ceci est encore un mystère.
C'est en 1806 qu'il apparaît dans le domaine de la facture d'instruments, puisqu'il est le premier "facteur d'instruments à souffle qui se présente à une exposition", en l'occurrence celle de Paris.
C'est à cette exposition qu'il présente sa flûte en cristal et reçoit une médaille d'argent.
La même année il obtient un brevet d'invention de cinq ans, pour cette même flûte
(21 novembre 1806)
 
Flûte à 5 clés de 1809. (David Shorey)

Pourquoi le cristal :" On sait que tous les instruments en bois ou en ivoire se gonflent par l'humidité soit atmosphérique, soit par celle que produit le souffle du musicien et qu'ils se dessèchent et se fendent par temps sec. Le cristal au contraire, impassible aux effets de l'humidité conserve toujours ses mêmes dimensions et joint a son inaltérabilité une compacité élastique qui rend l'instrument plus sonore et plus facile". (Extrait du brevet de 1806. Inpi)
Signature de Claude Laurent dans son brevet de 1806.
Après avoir résolues les difficultés que présentait le travail du cristal, il devait résoudre un autre problèmes : la fixation de clés sur les tubes en cristal " Les clés sont artistiquement et solidement adaptées à l'instrument par de petites vis à écrous. Leurs charnières dont les charnons sont d'acier trempé et poli, traversées par une vis de la même matière font leur service avec aisance et ne peuvent jamais s'user sensiblement. Les ressorts en sont plus prolongés que dans les flûtes ordinaires pour leur donner plus d'élasticité et les empêcher de se rompre".(Brevet 1806)

Montserrat Gascon joue une flûte à 8 clés de Laurent.

La commission qui avait observée la flûte en 1806 était composée de professeurs du conservatoire de Paris : Gossec, Méhul, Chérubini, Ozi, Wunderlich. Ils avaient constatés que la flûte n'était pas sensible à l'humidité et que la justesse ne variait pas. Très facile de jeu, le clétage était très soigné et supérieur aux instruments connus. En revanche elle était lourde et fragile.

Quelques flûtistes, comme Dubois de Paris (Concert à Amsterdam 1808) l'utilisèrent épisodiquement.
Mais les flûtes en cristal sont plus connues pour leur coté précieux que pour leurs qualités musicales.
Laurent envoya en 1813 une flûte au président Madison des Etats Unis d'Amérique et de nombreuses personnalités en possédaient une (Napoléon, Louis Napoléon, Joseph Bonaparte, Franz 1 d'Autriche....). Richement décorées de pierres précieuses, elles pouvaient être faites dans un cristal de couleurs différentes : Cristal transparent, opaque (Zinc), bleu (Cobalt), vert (uranium) montées avec des clés d'argent ou d'or.

Actuellement plus de 40 flûtes sont répertoriées et chaque instrument est signé et daté, ce qui est très intéressant pour étudier l'évolution des clétages. De 1806 vers 1815, elles sont généralement munies de 4,5,6 clés et peuvent avoir une ou deux têtes, et un corps de rechange. (Voir image de la flûte de David Shorey)
Flûte 1815 à 6 et 8 clés. (Germanisch Museum)
Après 1815 les flûtes sont plutôt à 6 et 8 clés, avec deux pattes, exceptionnellement  à 9 clés.
Ci dessous quelques illustrations de pattes toutes différentes, qui permettraient de dater par comparaisons les flûtes d'autres facteurs.

1817 Flûte 6 clés (Dayton Miller Collection)

1818 Flûte 6 Clés (Dayton Miller Collection)

1822 Flûte 8 clés (D. Shorey)

1826 Flûte 8 clés (DCM)

1833 Flûte 9 clés . (Teater museet Stockholm)

 
 
 
Si en 1806 il se déclarait horloger (voir sa signature), lors de l'obtention de son second brevet le 15 mars 1834 il se déclare fabricant de flûtes.
 
" Brevet d'invention de 5 ans pour des perfectionnements apportés à la flûte allemande descendant jusqu'au sol d'en bas comme le violon"
 
" Déjà en Allemagne on avait essayé de fabriquer des flûtes descendant jusqu'au sol d'en bas. On y était parvenu en faisant revenir sur elle même la patte portant la clé d'ut ce qui sans rendre la flûte d'une longueur démesurée donnait assez d'étendue pour adapter les 5 clés supplémentaires indispensables pour produire les 5 demi-tons existant depuis le si jusqu'au sol d'en bas".


Stéphan senior KOCH (1772-1828) flûte à 15 clés descendant jusqu'au sol. (DCM)
"Mais ces 5 clés supplémentaires munies de branches extrêmement longues en métal ne pouvant faire jouer la soupape qu'à une très grande distance du point d'appui rendaient la flûte très lourde et d'une exécution difficile. Ces inconvénients ont été cause que cette flûte ne s'est pas propagée".



S.KOCH à Vienne: flûte à 14 clés descendant au Sol. (DCM)
"Dans la flûte pour laquelle je sollicite le présent brevet, j'ai cru devoir adopter la construction connue : ainsi ma flûte que je démonte au besoin en cinq parties est munie d'une patte qui revient sur elle même rendant l'espace de six pouces et demi. Les deux parties sont fermées par le bout et ajustées l'une contre l'autre au moyen d'une culasse. Dans cette flûte d'une étendue de trois octaves et demi, toutes les clés a partir du ré d'en bas jusqu'au sol d'en bas sont disposées sur bascules en tous sens, de manière que le point d'appui se trouve toujours au centre".

Descriptif du schéma de la Flûte Laurent du Brevet de 1834. (Inpi)
Pour grossir cliquez sur la photo.
"Mais les perfectionnements principaux que j'y ai apportés consistent à mettre aux cinq clés pour les cinq demi tons d'en bas, à partir du si naturel jusqu'au sol naturel, au lieu de branches ou tiges en métal établissant la communication avec les cinq soupapes, cinq petits fils d'argent ou autre métal ou substance convenable de la grosseur d'une épingle ordinaire, qui produisent exactement l'effet des mouvements de renvoi  pour les sonnettes d'appartements et qui font basculer mes cinq soupapes en leur transmettant par le tirage la précision exercée sur les clés".
Shéma du brevet de 1834. (Inpi)
"Ces perfectionnements donnent beaucoup de précision au jeu des clés, beaucoup de légèreté à l'instrument et offre une grande économie dans la matière employée pour faire les clés. Aux cinq dernières clés un petit ressort à boudin est placé dans une charnière d'argent : ce ressort du moment que le tirage des fils de communication a cessé, fait relever les soupapes sans frottement et sans huile".
Détail de la patte.

Détail.
Pendant la majorité de son activité, sa boutique se trouvait au Palais Royal, dans la Gallerie de Pierre. Il était donc voisin avec un autre facteur : Jean Daniel HOLTZAPPFEL.

"Une merveille" faite à la fin de sa vie en 1844, une flûte en cristal vert (uranium), système Boehm de 1832.
En 1844, l'atelier de Laurent employait 5 ouvriers.

Est il décédé en 1848 ? Cette date correspond au texte de Constant Pierre " Ce facteur semble avoir cessé de fabriquer après 1848". Aux archives de Paris nous avons trouvé un Claude LAURENT décédé le 20 juin 1849 dans le 2iéme arrondissement de Paris, mais cette information sans précision d'adresse, de métier....est tout à fait aléatoire.

Son successeur et élève J.D. BRETON commença son activité en 1844 : le Bottin de 1850 mentionne
"Breton Brevet 1844, Flûtes Boehm et petites flûtes ordinaires, clarinettes et hautbois, cor anglais, bassons et flageolets perfectionnés etc....Garniture inter. et ext., instruments en cristal, becs de clarinettes et d'instruments en cuivre, flûtes en cristal de tout genre. 28 rue J.J Rousseau.

Pour grossir les images et photos cliquez dessus.

Bibliographie :
Constant Pierre : "Les facteurs d'instruments de musique".
William Waterhouse : "The New Langwill Index".
Nancy Toff : "The dévelopment of the Modern Flute".

lundi 26 novembre 2012

La famille HOLTZMAN à Paris, facteurs de harpes du XVIII° siècle.


Cette superbe harpe de Holtzman fils sera vendu à l'Hôtel Drouot à Paris par l'étude Aguttes le vendredi 7 décembre 2012. Je reproduis ici le texte du catalogue.

Outre le coté exceptionnel de cette harpe, cette vente nous permet de souligner le rôle essentiel  des commissaires priseurs, qui documentent leurs ventes et font régulièrement des recherches de fond sur les facteurs, vous le verrez c'est le cas dans cet article.

Harpe de Holtzman fils à Paris.

"Rare harpe à mécanisme à crochets, pour trente huit cordes et sept pédales.
La table porte trois étages de roses constituées de cinq percées circulaires, et est ornée d'un paysage lacustre, d'un entablement présentant des attributs de la Musique ou des chutes de guirlandes de fleurs. La crosse en bois sculpté, est laqué noir et doré, dans le goût de la Chine, et est ornée de personnages ou de pagodes. Chute ornée de feuilles d'acanthe et de baguettes rubanées, sur une console à fleurs et guirlandes de feuilles de chêne. Montant à cannelures. Elle est signée à l'encre : HOLTZMAN Fils à Paris, sur la table, à la jonction avec la console.
Fin de l'époque Louis XVI
H : 167 - L : 83 cm"

Travail de sculpture, de dorure, de laquage, de peinture...une merveille du XVIII° français.

Signature de Holtzman fils rue du Four Saint Germain à Paris.

"Holtzman fils :
La signature Holtzman fils rue du Four St. Germain à Paris correspond à la marque d' Henry Holtzman (reçu maître luthier en 1782), fils de Godefroy Holtzman, également maître luthier facteur de harpes, et de Marie-Charlotte Duchesne. Au moment du décès de la mère Holtzman en 1786 cinq frères et sœurs sont mentionnés, un enfant mineur prénommé Noel-Charles, Jean-Baptiste et Henry, tous deux maîtres luthier facteurs de harpes, le premier domicilié rue Saint-Antoine, le second rue du Four dans le quartier Saint-Germain-des-prés paroisse Saint-Sulpice, enfin deux sœurs, l'une mariée à un fondeur-ciseleur, l'autre à un facteur de harpes et de clavecins. En 1792, au moment de la mort de leur père, les cinq enfants sont toujours vivants ; Henry avait installé alors son atelier rue du Mail, paroisse Saint-Augustin, tandis que son frère, et confrère, Jean-Baptiste exerçait désormais rue Saint-Honoré. Dans le dernier tiers du XVIIIe siècle la notoriété des Holtzman fut grande ; rien d'étonnant au fait qu'une de leurs harpes soit mentionnée en 1784 lors de l'inventaire après décès des collections de la puissante marquise de Fleury, née Montmorency-Laval".


Détails.
 
Décor de Chinoiseries trés en vogue au XVIII°

 
 

"Dans les premières années du XVIIIe siècle le luthier bavarois Jacob Hochbrucker apporta une nouveauté technique à la harpe en développant un ingénieux système de pédales qui permettait d'augmenter à volonté chaque note musicale d'un demi-ton et ainsi de pouvoir jouer la musique dite “savante”, notamment les œuvres pour clavecins. Cette amélioration ouvrit à cet instrument de nouveaux horizons et lui permit de devenir au XVIIIe siècle, avec le piano forte, l'un des instruments de musique les plus appréciés par les personnalités de la haute aristocratie dans l'Europe entière et particulièrement en France. Marie-Antoinette elle-même s'essaya brillamment à cet instrument vers la fin des années 1770. Comme souvent dans les arts décoratifs de l'époque, les artisans parisiens du temps s'employèrent à faire de ces instruments de véritables objets d'art en décorant leurs caisses et consoles de motifs peints ou réalisés en vernis Martin et en confiant leur sculpture aux plus habiles artisans de la capitale".

Décors d'attributs de la guerre (en musique) et des arts.
"La harpe présentée fut conçue par l'un des meilleurs facteurs de harpes de l'époque. Sa perfection rivalise, voire surpasse, celle d'autres modèles répertoriés signés par les célèbres luthiers Georges Cousineau et Jean-Henri Naderman ; voir notamment une harpe de ce dernier conservée au musée Carnavalet à Paris (illustrée dans A. Forray-Carlier, Le mobilier du musée Carnavalet, Dijon, 2000, p.191, catalogue n°71). D'autres modèles réalisés dans le même esprit sont connus, citons particulièrement une première harpe signée Holtzman passée en vente à Paris, Me de Maigret, le 2 décembre 2011, lot 55 ; une deuxième portant la signature d'un luthier nommé Hermes se trouvait anciennement dans la collection Benchoufi (vente Sotheby's, New York, le 9 novembre 2006, lot 82 ; adjugée 54.000$) ; une troisième, signée Renault et Chatelain, appartient aux collections du musée de la musique à Paris (voir Guide du musée de la musique, RMN, 1997, p.97) ; enfin, une dernière signée Holtzman fut vendue chez Christie's à NewYork le 21 octobre 2004, lot 1191".
"....le hameau de la Reine à Versailles..."

"Harpe par HOLTZMAN à Paris, XVIIIe siècle, vendue à Drouot par l'étude de Maigret le 2 décembre 2012.
Ancienne collection Charles Enel (1880-1954), luthier à Paris
Matériaux : Epicéa, érable et vernis Martin
Marque au fer au sommet de la table et étiquette à l'intérieur de la console : « HOLTZMAN / Maître Luthier - Facteur de harpes, / demeure dans la grande rue du Faubourg / Saint Antoine, chez un Marchand de Vin, / au Roi de Siam, près de celle de Saint / Nicolas, au second ; il vend & fournit /
des Cordes de Naples et autres. / A PARIS »
H. 165 cm

Marque de Jean Baptiste Holtzman.
"La table en épicéa est ornée d'un décor en vernis Martin représentant des motifs floraux et des trophées d'instruments de musique, typiques de l'époque Louis XVI.
La console en érable s'appuie sur une colonne cannelée de même essence.
Le corps est composé de sept côtes d'érable ondé et repose sur une terrasse munie de quatre pieds forgés.
Système dit à simple mouvement. 7 pédales. 37 cordes".



"La harpe à simple mouvement fut le modèle sur lequel jouèrent Marie-Antoinette ainsi que la Duchesse de Guînes, pour qui Mozart composa son Concerto pour flûte et harpe en 1778. » (extrait du catalogue de l'exposition au Palais Lascaris, Nice, 2011)".

Bibliographie :


Jean Jeltsch, Denis Watel, Maîtrise et jurandes dans la communauté des maîtres faiseurs d'instruments de musique à Paris, in Revue d'organologie « Musique - Images - Instruments », n°4 ; Ed. Klincksieck, Paris 1999.
Robert Adelson, Erard et l'invention de la harpe moderne, 1811-2011
Berliner Musikinstrumenten-Musum (collectif), « Harfen », Berlin 1999



samedi 10 novembre 2012

Ventes d'instruments de musique à Vichy : rencontres avec des instruments d'exception : exemple un basson de H. GRENSER.

Chaque année les deux ventes de Vichy (juin et décembre), nous donnent l'occasion de croiser des instruments d'exception. C'est une formidable opportunité de pouvoir les regarder sous toutes les "coutures", de les "toucher"....et même de les jouer.
Dès qu'ils seront "acquis"...par quelques collectionneurs, des musées...ils disparaîtront pour de nombreuses années.

Ces sans doute le cas pour cet exceptionnel basson de Johann Heinrich GRENSER (1764-1813).
 

Basson de J.H. Grenser.
Ce basson de facture exceptionnelle, à 9 clés en ivoire dans son étui d'origine, muni de deux bocaux et de deux boites d'anches en galuchat a été très disputé lors de la vente de juin 2012.
Muni de deux bocaux et deux boites d'anches en galuchat.

Dans sa boite d'origine.



Article de la Gazette Drouot sur le vente de Vichy de Juin 2012.

 
Adjugé 58000 Euros (soit 71873 euros avec les frais), il s'agit sans doute de la vente la plus élevée pour un instrument de ce type.

Si vous voulez en savoir plus sur les GRENSER de Dresde : Site sur les clarinettes de Grenser d'Eleanor Smith

Message personnel pour José Touroude : Tu vas trouver dans ce site un "véritable schéma" sur la généalogie de la famille Grenser.

Donc rendez vous à Vichy le 15 décembre 2012 pour de nouvelles rencontres fructueuses.

Site de l'étude de Maître Laurent à Vichy.

Quelques instruments qui seront en vente le 15 décembre à Vichy.

vendredi 26 octobre 2012

Pélisson Frères et Cie . Manufacture d'instruments de Musique en Cuivre.

 
L'article écrit sur la Maison Pélisson et le saxophone système Georges, a suscité un "certain intérêt", sinon un intérêt certain donc une petite suite sur ce catalogue.
 
 
Catalogue de la Maison Pélisson Frères à Lyon
Le Georgeophone  était une découverte pour moi.....mais également pour tous les spécialistes du saxophone. Visiblement on ne connaît aucun exemplaire de "cette famille d'instrument" alors avis aux amateurs, si vous avez ce "biniou" vous allez déclencher ....des émeutes.

Georgeophone baryton en Mi b
d'aprés le Catalogue.


Seule photo connue de Georgeophone
 
 L'état des connaissances sur cet instrument est résumé dans l'article publié sur "The Sax info blog", qui donne également l'origine de la seule photo connue de Georgeophone.

 
Je vais aller faire un tour à l'Inpi, pour voir s'il y a un brevet.
 
 Autre originalité dans ce catalogue Pélisson : " La branche d'embouchure mobile pour Hélicon".
Hélicon Contrebasse en si b 3 gros pistons, perce monstre (catalogue)

Cliquer sur cette image, pour lire l'intérêt de la branche mobile à multiple articulations, breveté par Pélisson.
Vous ne le saviez sans doute pas grâce à Pélisson Frères " l'introduction des contrebasses dans les pensionnats de jeune garçons, est chose très facile maintenant, car le port de l'Hélicon dèveloppe le torse, par cela même aide les voies respiratoires et n'entrave en rien la marche de l'exécutant. Nous le recommandons à nouveau, comme hygiénique".

Et j'apporte "ici" la preuve Historique à ce propos : avec ces deux images de deux Hélicons Pélisson Frères. La première sans branche mobile, l'instrument est sale et non "hygiénique"
Hélicon sans branche mobile.
La seconde avec branche, où l'on voit que "le jeune garçon c'est tellement "développé", qu'il a cassé  la branche, grâce à la force qu'il a acquise en jouant de l'hélicon, dans son pensionnat.

 
 
Pour répondre à Crisanto (dont nous avons perdu l'adresse email), je n'ai pas trouvé de "cornets fleuris ou non fleuris", mais voici les pages des cornets du catalogue.
 
Cornets Artistes premier choix. Catalogue Pélisson Frères.


Cornets second choix. Catalogue Pélisson Frères.