samedi 3 octobre 2015

Analyse des spécificités de la facture des clarinettes anglaises de la première moitié du XIXème siècle. What are the features of the English clarinets from the first part of the XIX° century.

 Par José-Daniel Touroude  


Le thème de la dernière visite de ma collection a porté notamment sur la facture anglaise entre 1820-1840. A travers 4 clarinettes anciennes anglaises : une Wrede à 5 clés, une Metzler 6 clés, une Dawkins 10 clés, et une Key 12 clés nous avons construit notre propos autour de 2 questions.

1° Quand est apparue la clarinette en Angleterre ?
En 1751, Jean Chrétien BACH (un des fils du grand Jean Sébastien) introduisit la clarinette allemande en Angleterre. HAENDEL (le grand rival saxon de JS Bach), a été aussi été un des premiers compositeurs à utiliser et à faire connaître à Londres cet instrument pourtant très approximatif et imparfait. Avec ces deux parrains prestigieux, la clarinette en Angleterre va faire son entrée dans la musique. Avec un son pastoral plus rond différent du hautbois (perce cylindrique et non conique du hautbois), se mariant bien avec les bassons et les cors, la clarinette va peu à peu se répandre dans les musiques classique et populaire anglaise. 
Jean Chrétien BACH peint par Thomas Gainsborough.
Les grands musiciens anglais du 17ème comme DOWLAND et PURCELL  d’une part, les nombreuses mélodies tirées d’un riche répertoire populaire des différents peuples des îles britanniques d’autre part, vont créer un répertoire national. Il faut aussi ajouter l’importance de la musique sacrée qui  passera du grégorien à la polyphonie comme le reste de l’Europe et la présence de JC Bach, Haendel, Porpora et ses castrats dont Farinelli etc..  qui feront de Londres une des capitales de la musique. Enfin un public anglais très réceptif aux différentes musiques vont entraîner l’utilisation variée d’abord du chalumeau (ancêtre de la clarinette) puis de la clarinette.
John DOWLAND.
Pourquoi la célèbre facture anglaise a t-elle disparue à la fin du XIXème ? La facture anglaise de la 1ère partie du XIXème siècle est originale et s’est rapidement démarquée de la facture allemande (qui ne l’oublions pas a crée la clarinette). A cette époque en fait, il y avait deux sources d’innovations et de modifications d’instruments. Des innovations externes : L’Angleterre n’était pas du tout isolée et faisait même partie du parcours des cours royales et aristocratiques de tout musicien de talent voulant être reconnu.
Les musiciens se promenaient à travers l’Europe avec leurs répertoires, les dernières nouveautés de leurs instruments, certains facteurs anglais voyagèrent sur le continent et inversement certains facteurs émigrèrent en Angleterre. Il faut se rappeler que la 1ère moitié du XIXème siècle est d’une créativité incroyable dans la facture d’instrument. En quelques décennies la clarinette 5 clés connue par Mozart (où il fallait être virtuose pour jouer correctement) est passée à 6 clés puis avec Iwan Müller à 13 clés. D’un instrument approximatif qui ne faisait pas toutes les notes et justes, on arriva en quelques décennies à un instrument abouti, fiable, avec un doigté facile permettant de la vélocité et parfaitement intégré dans tous les orchestres qu’ils soient militaires, symphoniques ou populaires. 
Mais il y avait aussi des innovations internes. En effet le monde des facteurs était limité, organisé en corporations et imbriqué (apprentissages, compagnonnages et mariages entre eux). En conséquence, les innovations dans ce réseau restreint se diffusaient relativement vite, la notion de brevet (lettre de patente ou patent en anglais) existait mais était d’une protection très relative pour les instruments de musique. D’autre part la clarinette a évolué parallèlement aux autres instruments à vent.
Clarinette à 5 clés, en Ut de WREDE à Londres. (Collection José TOUROUDE)
Les facteurs de clarinettes faisaient aussi des flûtes, des hautbois voire des bassons et chaque innovation sur un instrument était transférée sur les autres instruments à vent. Cela dura jusqu’au système Boehm où celui ci appliqua les bouleversements de ce qu’il avait réalisé sur la flûte, au hautbois et à la clarinette.
Ainsi la clarinette se généralisa et la demande d’instruments va croître rapidement.

Clarinette en Bb et à 6 clés de METZLER à Londres.
Collection José TOUROUDE)
L'Angleterre, qui avait de bons tourneurs sur bois, commença à avoir des facteurs d’instruments réputés  comme Wood, Cramer, Gutteridge, Clementi, Metzler, Goulding, Key, Miller, Astor, Gerock, Dawkins, Bilton, Monzani, Milhouse, Wrede, Wolf, d’Almaine….
Clarinette en Ut et à 10 clés de DAWKINS à Londres.
(Collection José TOUROUDE)
Clarinette en Bb et à 12 clés de KEY à Londres.
(Collection José TOUROUDE)
2° Quelles sont les spécificités de la facture anglaise ?
La facture anglaise possède des caractéristiques spécifiques et originales permettant de la reconnaître de suite :
·         Le bec est original: court disposant d'un tenon très long entrant dans le barillet et qui permet en le tirant de s'accorder. Le diapason en Angleterre à cette époque est mouvant bien sûr mais assez  élevé  autour de La à 440 (contre souvent La à 430 ou 435 Hz sur le continent), ce qui permet à de nombreux musiciens actuels, voulant jouer sur des instruments d’époque avec un diapason La= 440 Hz, de jouer avec les clarinettes anglaises. La clarinette Key que nous présentons, a un bec encore plus original : il est inversé. 
Comparaison de trois becs et barillets : de gauche à droite, bec français
avec barillet bombé, bec classique anglais à long tenon et à barillet creusé,
bec original de la clarinette KEY avec tenon sur le barillet (inversé).
·         Le barillet est aussi original et reconnaissable car il est creusé au centre et renflé à l'extrémité et non renflé au milieu comme les barillets continentaux. C’est une caractéristique des tourneurs de clarinettes anglaises. Ceci est purement esthétique et n’a aucune incidence sur le son, la perce étant la même. Si les barillets continentaux ont deux bagues plates et étroites, la clarinette anglaise a, au contraire, deux bagues en ivoire plus larges (l’ivoire des éléphants de l’Inde ne manquait pas à l’empereur puis à Victoria impératrice des Indes !) . Ceci est une caractéristique esthétique des clarinettes anglaises.  

·         La sixième clé est une clé particulière et traditionnelle de la facture anglaise :
La création à la fin du 18ème siècle de la 6ème clé par Lefèvre et Baumann pour faire le do#/sol#  avec le petit doigt main gauche (G4)  avec un patin, boule, charnière et vis en laiton va se généraliser dans le monde . Mais les facteurs allemands s’ils adoptent de suite cette  6ème clé au même endroit, resteront fidèles aux blocs en bois avec un axe laiton pour fixer la clé. 
Les facteurs anglais à la même époque feront eux une 6ème clé mais totalement différente, longitudinale sur le corps du haut servant pour les trilles.  
Plus tard l’Angleterre intégrera la clé G4 de sol# / do#  (exemple la Dawkins à 10 clés et la Key à 12 clés)
Détail de la sixième clé sur la clarinette de Metzler.
Même partie d'une clarinette française à six clés, de la même époque. 

·         Les anneaux et blocs : Les clés sont montées sur des blocs tournés dans la masse du buis qui
permettent de fixer les clés mais ceux ci sont raccourcis et allégés comme on peut voir sur les deux photos ci-dessus.
Le corps du bas possède aussi un renflement plus allégé : le bulbe renforcement caractéristique des clarinettes anciennes est ici coupé en deux, contrairement aux clarinettes de la même époque allemandes et françaises où le bulbe est entier et constitue un bloc.
Comparaison des bulbes  : de gauche à droite, deux clarinettes françaises
avec le bulbe complet et les deux anglaises avec des demis bulbes.
·         Le montage des clés se font sur des blocs sculptés dans la masse en buis y compris les guides des clés et non avec des pièces métalliques rajoutées comme les autres clarinettes.  
·         Pour éviter les cliquetis et améliorer le bouchage des trous par le tampons, le bois est creusé en dessous des clés transversales  que ce soit pour les clés carrées ou pour les clés rondes comme la Dawkins ou la Key.
·         Les trous fermés par les clés sont chemisés pour améliorer l'adhérence des tampons. C’est une innovation anglaise de James Wood qui sera repris par tous. (chemiser l’ «âme» c’est à dire le trou de douzième pour éviter le bouchage par la condensation et la salive (chemisage en ivoire, en laiton, en maillechort…). En France seuls les facteurs lyonnais faisaient de même (Simiot, Sautermeister, Tabard). 
·         Les clés sont en laiton : Les clés sont plates parfois carrées mais souvent rondes, de forme classique, en laiton. Les ressorts sont en laiton et rivetés sur les clés. Celles ci sont articulées par des axes en laiton à travers des blocs en bois tournés dans la masse pour fixer les clés.  Rien d’original. Par contre la grande clé main gauche de fa# grave est en zig zag, formant un angle caractéristique et  n'est pas droite comme ses semblables provenant d'autres pays et ceci est aussi une spécificité anglaise. (Mais avec la Key à 12 clés plus tardive, cette spécificité disparaît .)
Clé de Fa# grave en Zig Zag.

La clé du petit doigt droit D4 a une petite pointe rentrante comme beaucoup de clarinettes anglaises (sauf la Wrede 5 clés à gauche qui a une clé traditionnelle).
Clé du petit doigt à spatule comportant des encoches.
Dans la 1ère moitié du XIXème siècle, pour jouer de  la musique romantique qui demandait de plus en plus de la vélocité pour les clarinettistes, les facteurs vont creuser des trous supplémentaires et mettre des clés pour les boucher. Ainsi en quelques années la clarinette à 13 trous et 5 clés va devenir la clarinette à 20 trous et 13 clésCes 4 clarinettes montrent l’époque de transition passant de 5 à 6 clés, puis rapidement à 10 et 12 clés. Ces clarinettes permettent de faire toutes les notes mais avec des doigtés spécifiques peu commodes et à la justesse relative.  
·         La couleur des clarinettes anglaises est aussi caractéristique et un ami chimiste et collectionneur m’a indiqué que le buis était poli, passé à l’huile de lin et à l’acide nitrique puis au vernis glaçant. Cela donne une couleur spécifique qui est très différente des clarinettes en buis françaises qui sont surtout cirées et allemandes teintes et vernies.
·         L’estampille a souvent une tête de licorne : cette marque est courante et typique des facteurs anglais (cf le musée d’Edimbourg) mais on ne sait pas si c’est un label de qualité officiel, la marque d’une corporation de facteurs ou une mode qui a du sens ?) surtout que certains mettent la couronne royale (Dawkins) ou rien du tout (Metzler). Il y a aussi le nom du facteur (ce qui n’est pas original ) mais aussi son adresse (ce qui l’est plus), pour les réclamations et pour la publicité. Il y a aussi souvent la tonalité (A, B, C…) marques habituelles sur la plupart des clarinettes.
 
Marque de H.Wrede avec adresse , tête
de licorne et marque de tonalité C.
Parfois il y a aussi des chiffres : souvent le n°2. D’après un courrier sur ce sujet que j’ai reçu du spécialiste anglais A. Rice, il y a deux explications. Le plus souvent il y a le numéro 2 : le facteur faisait une paire de clarinettes identiques : 2 en Ut, 2 cors de basset, 2 clarinettes d’amour car elles devaient jouer ensemble (avec 2 cors, 2 bassons…). Mais souvent il y a d’autres numéros et là c’est différent ; en fait c’est une mention de la hauteur du diapason : John Cramer le facteur anglais mais aussi Thomas Key mettaient des chiffres de 1 à 6 ( 1 étant le plus diapason le plus bas et 6 le plus élevé), car à cette époque le diapason était mouvant selon les lieux, les orchestres.  Ainsi la Key est marqué 4 et le barillet 5 (il devait en avoir un autre 4 à l’origine).  D’ailleurs c’est un anglais qui fixera le diapason international utilisé par tous actuellement..

·         La facture anglaise est raffinée et a connu un grand succès et elle sera un exemple pour la facture américaine. 
Clarinette de Graves & Co à Winchester. (Collection José Touroude)
Mais l'influence grandissante des clarinettes allemandes et françaises puis enfin l'adoption de la clarinette 13 clés de Müller puis le système Boehm feront péricliter les spécificités des clarinettes anglaises à la fin du 19ème siècle, la clarinette moderne (Boehm ou Oehler) devenant la norme dans le monde.
En revanche, si la facture anglaise s’est évanouie, Il y a eu toujours de bons connaisseurs et d’excellents clarinettistes anglais (cf les 2 livres Pamela Weston « clarinet virtuosi of the past » ainsi Brymer, Pay, P. Weston, G. Dobrée et un de mes maitres Gervase de Peyer of course…., mais aussi de grands collectionneurs (Bingham, Schakleton etc…) et auteurs de livres spécialisés (cf les livres de Rice …) 

La clarinette deviendra populaire dans les armées comme dans le reste du monde mais aussi dans les orchestres de village où malheureusement souvent mal jouée elle aura une image négative. Les « joke » et illustrations anglaises sont nombreuses.





samedi 19 septembre 2015

Jacques Eléonore BELLISSENT (1783-1841) un facteur parisien de flûtes bien connu ? Jacques Éléonore Bellissent (1783-1841) a well known parisian flutes maker.

Tous les collectionneurs et amateurs de flûtes connaissent parfaitement bien le nom de BELLISSENT : "Facteur de flûte de l'école Royale de Musique et de M. TULOU......". En écrivant  l'article sur NONON facteur de flûtes "bien connu également" : (Voir l'article sur Jacques NONON ), j'ai voulu en savoir plus sur ce facteur connu.....et comme d'habitude je n'ai rien trouvé sinon la répétition d'ouvrage en ouvrage, d'article en article de trois ou quatre informations mineures se répétant. Alors comme d' habitude je m'y "suis collé"....et première difficulté je n'avais pas son prénom et là comme dans question pour un champion, j'ai fait "appel à un ami"....qui non seulement a trouvé le prénom mais également un inventaire après décès de ce brave Jacques Eléonore BELLISSENT (1783-1841).
Donc merci et milles merci à Jean Jacques BONA co-auteur de cet article. Si vous voulez mieux connaître Jean Jacques voyez son site "Luthiervents.blogspot.fr "
Signature de Jacques Eléonore BELLISSENT en 1813
Nous avons "déroulé le fil" à partir de ces deux informations essentielles. Il reste des points à éclaircir particulièrement au niveau des instruments...Donc si vous avez des instruments de ce facteur et des photos, merci de nous les communiquer.

Jacques Eléonore (Léonor) BELLISSENT est né le 18 janvier 1783 à Caen (Église Saint Jean). Son père Jean Pierre Margerin BELLISSENT, tourneur avait épousé Marie Madeleine JOSSET (1753-1785). Le grand père Jean Jacques BELLISSENT, ainsi que l'oncle de Jacques Eléonore, étaient eux aussi tourneurs. Il était le dernier des enfants du couple J.P. Margerin BELLISSENT  et M. M. JOSSET, qui ont eu six enfants, trois filles et trois garçons. Un des trois garçons, Jacques Etienne BELLISSENT (1781- après 1841) fera une carrière militaire "exemplaire" en participant à toutes les campagnes depuis 1798 dont celles d'Italie et de Russie, et sera blessé d'un coup de lance au passage de la Bérésina, recevra la légion d'honneur en 1812 et terminera avec le grade de capitaine de cavalerie ; c'est lui que l'on retrouvera, représentant la famille lors de l'inventaire après décès de son frère en 1841. Après le décès de son épouse en 1785 J.P. Marguerin BELLISSENT épousera en 1801 sa belle soeur Marie Anne Etienne JOSSET (1759-1821).
Cour du Roi François ou Cour des Miracles vers 1900.
Revenons à Jacques Eleonore BELLISSENT qui en 1813 exerce le métier de facteur d'instruments au N°328 Cour du Roi François (ancienne Cour des Miracles) rue Saint Denis à Paris dans le quartier Bonne Nouvelle. Le premier décembre de cette année il signe devant Maître Etienne Damaison (Archives Nationales MC/ET/XXXII/203) un contrat de mariage avec sa future épouse (ils se marieront le même jour à Saint Nicolas des Champs) Marie Louise Dorothée CAHAIS, veuve sans enfant de Louis Victor CURIAU (1769-1812) ébéniste au   N°11 rue du Faubourg Saint Martin. Ce contrat stipule : " qu'il y aura séparation de biens entre les époux.
1° Le futur époux déclare que ses biens consistent en effets mobiliers, linge, hardes et outils nécessaires à sa profession.....pour une valeur de 600 frs.
2° La future épouse déclare que ses biens consistent : En une somme de 2500 frs en denier comptant. En habits, linge, hardes, argenterie bijoux, meubles.....pour une valeur de 3500 frs (Tous les objets sont décrits un à un sur deux pages).

Tous les éléments que nous avons rassemblés sont très intéressants pour une personne qui voudrait étudier l'enrichissement d'un facteur de cette époque, car à partir de ce contrat de mariage, point de départ de la vie matériel de notre facteur nous avons cinq états de ses biens (dans le détail) jusqu'à son inventaire après décès. Si vous êtes intéressé par ce travail, je peux vous envoyer une copie de ces documents.
Marque d'une flûte de Jacques Eléonore BELLISSENT.
Il a sans doute travaillé pour d'autres facteurs après son mariage, mais grâce à son livre de compte décrit dans l'inventaire après son décès, on sait qu'il est installé en janvier 1817 au 262 rue saint Honoré et à son compte : Ce carnet contient "cent quatre vingt dix feuillets....sur lequel le défunt écrivait ses ventes et livraisons d'instruments...Les 42 premiers feuillets de ce registre ont été employés à inscrire les ventes que faisait Madame Cahais première femme de M. Bellissent, comme marchande de meubles. Les 108 suivant sont en très grandes parties écrits en entier et constatant les ventes faites par M. Bellissent depuis le 1er janvier 1817 jusqu'au 21 août 1841...."

On le trouve pour la première fois dans l'annuaire Bottin en 1818 au 262 rue Saint Honoré et également en 1820 : " Bellissent, facteur de flûtes de l'école royale de musique, et de M. TULOU, première flûte de l'opéra, r Saint Honoré 262". En 1822  la bataille commence avec Clair GODEFROY  pour que ses flûtes soient choisies par le conservatoire : " Bellissent, facteur de flûtes, luthier de GUILLOU, professeur de l'école royale de musique, et de TULOU, première flûte à l'opéra, r. S. Honoré, 262, vis à vis le passage Delorme".
Le 262 rue Saint Honoré où se trouvait l'appartement et l'atelier.

La famille Bellissent habitait au quatrième étage : une chambre à coucher donnant sur la cour et un salon donnant sur la rue (deux fenêtres). Au troisième étage il y avait la cuisine donnant sur la cour, l'atelier et le magasin donnant sur la rue. 
Bellissent habitait le troisième et quatrième.
Jean Jacques BONA a trouvé une anecdote amusante : Madame Bellissent ne devait pas être très en forme en 1818 et visiblement cherchait une solution a ses problèmes "liés à l'âge". Après avoir suivie les traitements de plusieurs médecins célèbres, elle a découvert l'élixir Universel d'un certain Thomas Nicolas LARCHERET professeur de chant, de déclamation, de guitare ou lyre et de violon, mais aussi créateur de l'élixir portant son nom. Il avait rédigé en 1819 un ouvrage " Larchérégium ou Dictionnaires spéciaux de mon élixir" dans lequel il rassemble les témoignages de ses partisans dont celui de BELLISSENT. "Un bel exemple de charlatanisme ...." précise mon ami Bruno BONNEMAIN, pharmacien  auteur de l'article que je voudrai saluer puisque nous nous sommes très bien connus pendant plus de dix ans et travaillé ensemble dans le même laboratoire pharmaceutique, lui comme responsable de la recherche et moi du marketing. Salut Bruno....en souvenir du Raspoutine.
Témoignage de Bellissent sur l'efficacité de l'élixir de M. Larcheret.
Pour la première fois il participe à l'exposition de Paris en 1823 et obtient (comme Godefroy) une mention honorable pour ses flûtes. Cette année la lutte entre Godefroy et Bellissent s'accentue : "Bellissent facteur de flûtes, luthier de Guillou professeur de l'école royale de musique, rue Saint Honoré, 262 vis à vis le passage Delorme". Et " GODFROY aîné facteur de l'académie royale de musique et seul de M. TULOU, r. Montmartre, 67".
Article parut dans le Bazar Français en 1822.

En 1825 il est en conflit avec Joseph GOUILLOU, professeur de flûte de l'école royale (de 1819 à 1829), grand ennemie de Jean Louis TULOU, à qui il repproche de ne pas vouloir que ses éléves jouent des flûtes Bellissent et de favoriser Godefroy....
A l'exposition de Paris de 1827 il obtient de nouveau une mention honorable (quand Godefroy obtient une médaille de bronze). Voici les commentaires de Constant PIERRE sur cette exposition :" Peu de temps après C.Godefroy, apparaissait Bellissent, mais il s'en fallut que son exercice fut aussi long (1818-42) et sa réputation aussi grande que pour lui : ses flûtes, bien construites cependant, lui valurent une mention en 1823 et 1827. A cette dernière exposition il présenta une flûte à 6 clés à recouvrement, dont les trous étaient bouchés avec du liège, du prix de 1000 frs; une autre en grenadille à patte de si et munie de 13 clés, offrait diverses innovations : les trous bouchés par les clés étaient garnis d'un tube en argent et les tenons étaient montés en liège et renforcés par une virole en argent ; elle coûtait 600 frs. Enfin, un dernier système de l'invention de Bellissent était pourvu d'une mécanique permettant de hausser ou de baisser le diapason en jouant".

Nous n'avons pas trouvé d'exemple de flûte correspondant à ces descriptions, sauf celle à 6 clès....
Si vous en connaissez faites nous signe.
Flûte à 4 clés de Bellissent correspondant à la flûte utilisée par les éléves du
conservatoire au début du XIX ° siècle, voir la méthode de flûte d'Hugot et
Wunderlich. (Collection J.M. Renard)
Flûte à six clès de Bellissent correspondant à la description faite par
C. Pierre : 6 clès à tampons en liège et une clè à bascule.
(Collection RP)
Jacques Elèonore BELLISSENT était très inventif et il recherchait dans tous les domaines notamment au niveau de la résistance des flûtes à l'humidité, comme Claude LAURENT qui avait trouvé dans le cristal une solution à ce problème, lui avait inventé la première flûte en bois doublée en argent, c'est la raison pour laquelle il avait reçu une mention honorable à l'exposition de 1823 : "....Cette artiste (Bellissent) a été mentionné honorablement en 1823, dans le rapport du jury pour une flûte en bois de grenadille recouverte en argent, dont les clés sont d'un nouveau genre et les ressorts cachés dans l'intérieur des clés". (Bazar Français de 1826 source Gallica)
Flûte à six clès et un corps de rechange. (Dayton Miller)
Flûte à six clés de Bellissent en buis. (Dayton Miller Collection)
Bien entendu .....si vous connaissez une flûte doublée de Bellissent, cela nous intéresse.....

Innovateur dans son domaine technique : les flûtes, il le fut également au niveau de son métier de commerçant, n'hésitant pas à avoir recours à la publicité, au publireportage, au soutien d'experts : "fournisseur de..."
Annonce publicitaire Bellissent : La France industrielle. (1837-1838)
Adepte du Benchmarching (ou plus simplement l'étude de la concurrence), comme nous l'avons vu avec ses flûtes doublées (Claude Laurent), il travailla également sur des flûtes sans clés, ou plutôt avec des clés limitées, principe défendu par Jean Daniel HOLTZAPFFEL.
Flûte à deux clès de Bellissent. (Musée de la musique de La Villette)
Cette flûte que l'on peut dater, vers 1820 possède deux clés dont une de sol dièse, mais un double trou pour cette même note....et (à vérifier) deux autres trous pour le Bb et le Fa (sous la flûte que l'on peut vérifier par les renforts en bois que l'on devine sur la photo. Il faut vraiment que j'aille au musée le vérifier).
Détails de la flûte à deux clés du musée de la musique de La Villette.
Construction que l'on retrouve sur cette flûte de Holtzapffel (Collection du regretté David SHOREY)

Flûte à 3 clés de Holtzapffel.
(Collection David Shorey)
Cet autre exemple de flûte de la période (c)1830 où la clé de Sib actionnée par le pouce main gauche a été remplacé par un trou percé en biais, sans doute à la demande d'un client. Cette flûte à cinq clés devait être munie de corps de rechange car la partie main gauche porte une marque avec un chiffre "I".

Flûte à 5 clés et un trou pour le Sib de Bellissent. (Collection RP)
C'est aussi en 1827, plus précisément le 22 mai que décède son épouse Marie Louise CAHAIS. Un inventaire après décès sera réalisé devant Maître Chauchat le 5 juin 1827 (Archives Nationales de Paris MC/ET/LIX/489) ; inventaire réalisé uniquement au quatrième étage du 262 rue Saint Honoré et qui ne cite jamais l'atelier du troisième étage....avait -t-il déjà son atelier et magasin  à cette adresse ? Sans doute . Participent également à cet inventaire : Antoine PHILIPPEAUX, graveur en taille douce et son épouse Marie Françoise Louise CAHAIS N°285 rue Saint Denis ainsi que Gille Augustin François GARNIER de LAFOSSE, rentier et son épouse Marie Marguerite CAHAIS demeurant N°108 rue Marchande à Mantes (Les deux soeurs de la défunte) renoncent à la succession le même jour (5 juin) par un acte signé chez Maître Chauchat, contre 800 frs.
Flûte à 4 clés de Bellissent (Musée de la Musique de La Villette).
En 1829 on peut lire"Bellissent, flûtes, fournisseur de Tulou et de l'académie royale de musique, inventeur de la flûte en grenadille recouverte en argent à clefs de recouvrement et ressorts invisibles, rue Saint Honoré. M.H 1823".
La même année une publicité parue dans le "répertoire du commerce de Paris ou Almanach des commerçants" par Deflandre M.A.
" Bellissent, facteur de l'école royale de musique et de Mr Tulou. Mention en 1823, inventeur de flûtes en bois de grenadille, recouvert en argent à six clès et à recouvrement. Le mécanisme des ressorts est cachés dans l'intérieur des clés, avec la facilité d'y donner de la raideur à volonté. Ses flûtes sont garanties pour la justesse et les sons harmonieux que l'on en tire. Et une autre en bois 
royal , garnitures, emboitures et pompe d'argent à cinq branches ; à cette flûte est adapté un mécanisme inventé par M. Bellissent pour hausser et baisser le ton au diapason convenable et tout en jouant sans se déranger de position par le moyen d'un levier. Ce mécanisme a été approuvé par les professeurs. Expo 1827 ; rue Saint Honoré 262".
Il faut se rappeler que GUILLOU, professeur de flûte à l'école royale de musique avait quitté son poste en 1828,  pour s'expatrier en Russie et qu'il avait été remplacé en 1829 par TULOU (qui avait rencontré NONON en 1828 et qui avait déjà le projet de créer sa propre fabrique).
Jacques Eléonore BELLISSENT était un homme prévoyant, qui savait gérer ses affaires (comme le prouve l'état de ses finances à sa mort), il avait le projet de se construire une maison, ce qu'il fit vers 1830 à Puteaux, après avoir racheté petit à petit des terrains (1824 : 20m78 c ; 1825 4 ares 27 ; 1826 2 ares 73, 1829 1 are 47 ; 1830 1 are 68). Mais surtout ce qui est intéressant, c'est que son achat de 1824 avait été fait à un certain Jean Pierre INARD, époux  de Marie Françoise MASSON  qui habitaient N° 8 de l'Université à Paris.

Flûte à 5 clés de INARD élève de Bellissent à Montpellier.
(Collection RP)
Sans doute, un fils ou autre parent qui aura été élève de Bellissent , puis à du s'installer à Montpellier. (le travail reste à faire).
Jacques Eléonore BELLISSENT épouse en seconde noce Marie Virginie GILLET, fille d'un bijoutier parisien en mai 1832. Le 8 mai 1832 ils signent un contrat de mariage sous le régime de la communauté chez Maître CHAUCHAT (Archives Nationales de France : MC/ET/LIX/506).
La futur épouse apporte 20000 frs en argent et 17000 frs en biens personnels et lui déclare la maison de campagne de Puteaux pour 600 frs, son fond de commerce et ses produits pour 38 445 frs, des rentes et des créances pour 27 131 frs, des biens pour 12 636 frs. Ce qui traduit une certaine réussite de son activité.
Le 26 juin 1833 né son fils Jacques Eléonore BELLISSENT.
Flûte à 8 clés de Bellissent. (Collection particulière)
Cette même année dans l'almanach de Bottin toujours la même annonce : ""Bellissent, flûtes, fournisseur de Tulou et de l'académie royale de musique, inventeur de la flûte en grenadille recouverte en argent à clefs de recouvrement et ressorts invisibles, rue Saint Honoré. M.H 1823 et 1827".
En 1834 à l'exposition de Paris, trois membres de la famille Godefroy sont représentés : Clair, son frère Pierre et son fils Frédéric Elèonor. Clair GODEFROY obtient une médaille de bronze. Quant à Jacques Eléonore BELLISSENT il présente plusieurs flûtes :
Il présente en particulier une flûte à 9 clés pour manchot faite "pour un amateur qui n'a qu'une main" et dont il fera la publicité régulièrement.
Dans son inventaire après décés on trouve une flûte qui pourrait correspondre à celle décrite et présentée à l'exposition de 1834 : "Une flûte à patte d'ut en argent, à huit clefs avec ornemens d'or ; l'intérieur en bois de grenadille" (Description Expo 1834). Dans son inventaire de 1842 : " Une flûte couverte en argent sur toute sa longueur garnie de viroles en or et de huit clès aussi en argent et filets en or" (Inventaire après décés de 1842)

Ces flûtes restent à redécouvrir dans une prochaine vente ou chez un collectionneur...Si vous avez des infos!!

Flûte à 10 clés et à patte d'ut très intéressante.
(Collection François Camboulive)
Mais Bellissent à fait aussi d'autres instruments comme des Flageolets, mais on n'en retrouve que très peu dans son inventaire de 1842 : "Un lot de parties de flûtes, de flageolets et de petites flûtes dépareillées, avec garnitures, une caisse en bois contenant d’autres débris de flûtes".

Flageolet à 3 clés de Bellissent portant le marque du facteur.
(Musée de Stockholm)
Il fabriquait également des piccolos....
Flûte piccolo de Bellissent. (Musée de Bruxelles)
Il existe également au musée de la musique de Lavillette un magnifique csakan à 7 clès.

Pour en savoir plus sur le csakan : cliquez sur ce lien Le Csakan

Csakan à 7 clés de Bellissent.
(Musée de la musique de la Villette)
Le cas particulier des clarinettes ; nous connaissons deux  clarinettes portant une marque Bellissent qui n'est pas la marque habituelle de ce facteur.
Marque d'une clarinette Bellissent. (Collection William Rousselet)
On ne trouve que quelques clarinettes dans l'inventaire après décès de Bellissent : "Deux paniers et une boite remplis de corps de clarinettes dépareillés. Deux vieilles clarinettes. Une autre montre vitrée, plusieurs flûtes et clarinettes garnies de clés ou non, le tout d'occasion".
Clarinette portant une marque de Bellissent. (Collection W. Rousselet)
Denis Watel (Le livre d'or de la clarinette française) en déduit que Bellissent n'était sans doute que revendeur de clarinette. C'est sans doute la meilleure explication à notre sens......Mais pourquoi une marque différente, seulement pour les clarinettes et pas pour d'autres instruments comme les flageolets, csakans.....? Et pourquoi des corps de clarinettes dans son atelier? Vous avez peut être des réponses à ces questions.
Clarinette 13 clés de Bellissent (Collection José Daniel TOUROUDE)
José Touroude pense que les clarinettes sont plus tardives et au delà de 1840 donc pourquoi pas vendues par la veuve de Bellissent qui aurait continué le commerce d'instruments de musique....Ou pourquoi pas le fils après 1850 ? Qu'en pensez vous ?

Vers 1832 il avait fait construire une maison de campagne à Puteaux : "sise route de Suresne N°49 (Je n'ai pas encore trouvé cette maison et la rue....mais elle devait se trouver le long de la Seine en allant du pont de Neuilly au pont de Suresnes). On entrait dans un jardin, à gauche dans un pavillon ...se trouvaient dix huit caisses en pots de fleurs, orangers et grenadiers. Dans une cave 120 bouteilles de bourgogne ordinaire. Dans l'antichambre, une fontaine en pierre à deux robinets d'étain. Dans une petite pièce ensuite servant de salle à manger éclairé par une croisée donnant sur une petite cour...(meubles et vaisselles) et un billard en bois d'acajou sur six pieds garnis de cuivre, son drap vers, une toile en coutil servant d'enveloppe au billard, un petit porte queues en bois d'acajou, trente six cannes à procéder, un jeu de billes en ivoire, un tableau à marquer".......
Puteaux vers 1900 quai le long de la Seine.....Route de Suresnes ?
Ce billard provenait d'un client mauvais payeur Mr BROCHOT  qui avait contracté une dette de 7670 frs le 7 avril 1832...et qui remboursait une partie de sa dette  en cédant un billard et tous ses accessoires.
"...Dans une pièce au premier étage servant d'antichambre éclairée par une croisée sur le jardin ....Dans une pièce servant de chambre à coucher éclairées par deux croisées donnant également sur le jardin (lit, commode, toilette, chaises, armoire). Dans une pièce ensuite éclairée sur la cour..." le cabinet de toilette.
Cette description de la maison de campagne de Puteaux provient de l'inventaire après décès de Bellissent et montre que ce facteur avait plutôt bien réussi ; nous ne pourrons que résumer cet inventaire en passant sur les détails ...Bien sur nous pouvons transmettre à ceux qui le souhaitent l'intégralité de ce document véritable mine pour un travail en profondeur.
Donc après l'exposition de 1834 Jacques Eléonore Bellissent continue son activité et il apparaît toujours dans l'annuaire de Bottin, de 1834 à 1838 toujours avec la même annonce : "Bellissent, flûtes, fournisseur de Tulou et de l'académie royale de musique, inv. de la flûte en grenadille recouverte en argent, clefs à recouvrement et ressorts invisibles, r. St Honoré, 262, M.H. 1823, 1827".
Il semble donc que son activité a diminué, ainsi que son implication dans l'évolution de la flûte au fur et à mesure que les années passaient. Sa veuve dans l'inventaire déclare, concernant l'atelier " Que le fond de commerce qu'exerçait son mari existe encore mais qu'il serait tout à fait impossible de le vendre actuellement attendu que Mr. Bellissent ne travaillait plus depuis quelques années et que d'ailleurs la clientèle qui composait ce fond était toute personnelle au défunt".
A-t-il travaillé sur de "nouvelles flûtes"....? Nous ne le pensons pas même si des flûtes à 12 clés sont décrites dans l'inventaire. "Une flûte à 12 clés avec mécanisme particulier garnie d'argent. Une autre à huit clés garnie d'argent. (Nouvelle invention)".
Jacques Eléonore BELLISSENT est décédé à 58 ans le 24 décembre 1841 à son adresse du 262 rue Saint Honoré. Un inventaire après décès est réalisé le 6 janvier 1842 et les jours suivant chez Maître Louis Benoit BAYARD. (Archives Nationales MC/ET/LXXVII/625)
Cet inventaire de 38 pages est très détaillé ; sont présent outre la veuve Marie Virginie GILLET, le frère du défunt :  "Jacques Etienne BELLISSENT capitaine en retraite demeurant à Batignolles Monceaux, boulevard extérieur de Paris, avenue de Clichy N° 4, comme l'abroge tuteur du dit mineur Bellissent (le fils de 8 ans de Jacques Eléonore et de Marie Virginie Gillet) ; élu à cette fonction par lui accepté, suivant une délibération du conseil de famille des parents et amis du dit mineur...."
Après plusieurs jours d'inventaire du 4 ème étage du 262 rue Saint Honoré concernant les meubles, vêtements, vaisselle, argenterie, bijoux etc...L'on passe a ce qui nous intéresse le plus, l'inventaire de l'atelier et du magasin. Pour cela on demande à un expert dans l'art du travail de facteur et on fait appel à la demande de Madame Bellissent à Simon LEFEVRE installé comme facteur d'instruments à vent au 221 rue Saint Honoré "bien connu" pour ces flûtes et clarinettes.
Marque de Lefévre d'une clarinette de notre
collection.
L'inventaire de l'atelier commence par les outils et amène une question : Dans sa période "de gloire" travaillait-il seul ? Il travaillait sans doute avec un ou plusieurs apprentis, puisqu'Inard se dit élève de Bellissent, mais dans l'inventaire aucune dette, salaire et nom sont précisés, il est vrai que tout avait été réglé deux ou trois années auparavant où le patron avait cessé son activité de fabricant.
Signature de Simon LEFEVRE
Ci dessus vous pouvez voir l'inventaire de l'atelier de Jacques Eléonore BELLISSENT en janvier 1842; C'est un peu petit mais si vous cliquez sur la photo vous l'aurez en plus grand ou vous pouvez l'imprimer....
Il y a encore beaucoup de choses à dire notamment sur l'outillage : 3 établis ? Trois personnes ? Trois tours ?......
Une flûte en cristal, et une flûte allemande avec mécanisme pour la pompe...ce qui confirme qu'il regardait la concurrence pour s'améliorer...

Mais surtout je voudrais rassembler le maximum d'infos sur ses instruments : flûte couverte entièrement d'argent, neuf clés pour manchot, 12 clés, mécanisme pour la pompe, nouveau système...Il y a encore beaucoup de choses à découvrir alors si vous avez.....A vous de jouer et de participer.

Tour à roue.