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La dernière vente de Vichy, a été riche d'enseignements en particulier au niveau de la flûte. Mais à coté des ventes spectaculaires : Flûte de Claude Laurent, Flûte de Portaux....Tulou etc....ce sont joués des "batailles" plus discrètes mais néanmoins animées comme par exemple pour ce petit morceau de bois de cinq centimètres.....Un "Résonnateur"Couesnon pour piccolo........
Bien entendu, je n'étais pas le dernier à vouloir m'accaparer ce petit "bout" de toutes les convoitises. Mes arguments, bien préparés étaient légitimes.....étant le plus mauvais flûtistes des prétendants, cet ustensile étant, selon le catalogue Couesnon, susceptible de supprimer les canards....il était fait pour moi. Mais que nenni, un flûtiste expérimenté....mais néanmoins ami n'a eu que faire de mes doléances et a poussé la chose....jusqu'à 300 euros sans les frais, cela fait cher du cm !!!
Etant déjà l'heureux propriétaire d'une flûte Couesnon avec "Résonnateur", je souhaitais compléter cette collection de bidules...Ce sera pour une autre fois, et je me suis consolé en apprenant des flûtistes experts que ce truc ne servait à rien. Mais alors ne serais-pas le piccolo Buffet-Crampon sur lequel était monté ce machin qui était source des convoitises ??? Et je n'ai rien vu !!!
Catalogue Couesnon de 1915.
Flûte Couesnon Monopole avec "Résonnateur".
Collection du Musée de la Musique de Paris
Marque flûte Couesnon.
Coll. Musée de la musique
de Paris.
Marque flûte Couesnon.
Collection RP
Flûte Couesnon avec "Résonnateur" dans sa boite.
Coll RP
La prochaine vente de Vichy du mois de mai 2019 propose une magnifique clavi-harpe de Dietz. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur ce facteur et sur cet étrange instrument.
Jean Chrétien Dietz, premier de cette génération est né à Darmstadt dans le canton de Hesse en Allemagne en 1778. Né dans une famille d'origine viennoise, il était mécanicien et s'installa sur les bords du Rhin à Emmerich. C'est là que naissent ses enfants et une de ses premières inventions musicales : le mélodion (1805), petit piano carré proche du phys- harmonica. Ses sons proches de ceux de l'harmonica étaient produit par le frottement de tiges métalliques. Ses voyages en Hollande lui donnent l'occasion de présenter son invention dont il vendra quelques exemplaires, lui permettant de créer une société de fabrication d'instruments de musique et d'objets de mécaniques.
Mélodion de Jean Chrétien Dietz vers 1805
(Grassi Museum N°357)
Dans la même période il met au point une harpe éolienne dont les deux cotés sont montés avec des cordes à boyau.
Harpe d’Éole. Vers 1805
(Collection MIM N°1512)
Il réalisa également la calipsonance, formée d'abord de diapasons puis ensuite de tiges métalliques placés verticalement sur des règles en sapin, sur lesquelles ont été collé des bandes de verre, frottées par les doigts. Suivra le Trochléon, une sorte de piano à archet circulaire, type Geigenwerk. En 1813 il est appelé à Paris par le Comte de Montalivet, ministre de Napoléon pour mettre au point des moyens mécaniques destinés à creuser des canaux. Installé à Paris en 1813 , il obtient un brevet de 10 ans le 18 février 1814 pour l'invention de sa Clavi-Harpe ou Harpe à clavier. En 1816, il obtient un brevet pour : "Un moteur à vapeur applicable aux mécaniques" qu'il vend à Théophile Cauchoix en mai 1817. En 1819 il participe à l'exposition de Paris où il présente sa clavi harpe. Il n'obtiendra aucune récompense. (Dietz et Cie 6 rue Notre Dame de Nazareth) Cette même année J.C Dietz quitte Paris pour créer une usine de machines hydrauliques à Bruxelles. Son fils Christian (Chrétien) Dietz (1804-1888) suivant l'exemple de son père apportera dès l'âge de 15 ans des améliorations à la clavi harpe.
Signature du brevet de la clavi-harpe. (Source INPI)
Texte du Brevet de la Clavi-Harpe. (Source Inpi)
Cette harpe à clavier possède des touches qui font mouvoir de petits crochets, garnis de peau et qui pincent les cordes de métal filées de soie. Deux ou quatre pédales permettent de modifier le son. Cette invention sera exploitée par les 3 générations de la famille Dietz jusqu'à la fin du XIXème siècle.
Mécanisme d'une clavi-Harpe.
D'abord installé rue Notre Dame de Nazareth puis au 36 rue des petits Champs, ses ateliers seront ensuite transférés au 26 rue Bondé, puis 13 rue Neuve des Capucins pour arriver au 53 rue Fontaine Saint Georges. Christian Dietz participe à l'exposition de Paris de 1827 et obtient une médaille d'argent pour la présentation de sept instruments à clavier dont une clavi-harpe et un grand piano à queue à quatre cordes.
Il fabriquait des pianos de toutes formes : ovale (1822), trapézoïdale (1824), ogivale (1826). En 1824 il invente un aérophone dont les lames métalliques sont mises en vibration par le vent.
Aérophone de Charles Dietz (1824)
Musée de la musique de Paris
Photo de Charles (Christian) Dietz (1804-1888)
Voiture à vapeur de Charles Dietz. (Source INPI)
Non seulement Charles (Christian) Dietz était inventif au niveau des instruments de musique, mais il l'était également au niveau des machines à vapeur. Il obtint notamment un brevet en 1841 pour "une voiture à vapeur dite remorqueur voyageant sur des routes ordinaires."
Le violon selon C. Dietz. (Musée MIM de Bruxelles)
Il obtient un brevet le 15 mars 1856 pour un piano à queue verticale. En 1860 il met au point un violon qu'il lègue au MIM de Bruxelles. Il décède à Paris en 1888. Son fils Christian Dietz sera lui aussi ingénieur, fabricant de pianos et de harpes à Bruxelles. Il obtiendra pour ses clavi-harpes une médaille d'argent à l'exposition universelle de Paris en 1889 et une d'or à celle de 1897.
Clavi-Harpe de Christian II Dietz.
Scenkonst Museet Stockholm
Le XIX°
siècle, avec l'avènement de la musique romantique voit se développer l'intérêt
pour la guitare. De nouveaux virtuoses de l'instrument, comme Fernando SOR se
produisent dans toute l'Europe. Certains inventeurs cherchent à développer la
guitare classique, c'est le cas de J.F. SALOMON et de l' Harpolyre qui
malheureusement ne rencontra pas le succès qu'il escomptait.
Harpolyre de
J.F. SALOMON. (Collection J.M. Renard)
Jean
François SALOMON est né le 22 mars 1781 à Besançon. Son père Louis SALOMON
était maître boulanger et sa mère était Louise GRESSET. Il devint orphelin
assez rapidement, puisqu'il perdit son père, veuf de son épouse en 1786.
Signature de
J.F. SALOMON.
On ne sait
pas comment il se forma à la musique, mais il était déjà professeur de musique
à son mariage avec Jeanne Bégnine CHALON, la fille d'un serrurier de Besançon
le 12 avril 1809.
Marque de l'
Harpolyre de la collection J.M. Renard.
Ils eurent
plusieurs enfants : Françoise Catherine SALOMON (1810), Claude Etienne SALOMON
(1811), Charles Henry SALOMON (1812), Sophie Antoinette SALOMON (1817),
Christine Marie SALOMON (1822), Augustine Sophie SALOMON (1825).
Marque au
fer d'une Harpolyre du Musée de La Villette.
En 1825, il
est professeur de musique, Maître de chapelle à l'église métropolitaine de
Besançon, Professeur de guitare et de chant à l'école polytechnique. Le 22 août
il demande un brevet d'invention pour une guitare à 3 manches et 21 cordes
qu'il dénomme Harpolyre (Arpolyre).
Fixation des
21 cordes sur l'Harpolyre de la collection J.M. Renard.
Cette
guitare comportait 6 cordes sur le manche du milieu, qui étaient accordées
comme une guitare ordinaire. Le manche de gauche était destiné aux basses et
comportait 7 cordes accordées par demi-tons depuis le mi du bas jusqu'au la
grave de la contrebasse. Le manche de droite était le manche diatonique et
comportait 8 cordes (ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut).
Harpolyre
d'André Augustin CHEVRIER.
(Métropolitain Muséum de New York)
Mais
visiblement sa description de l'instrument et ses explications ne suffirent pas
au jury, qui demanda des dessins et explications supplémentaires. Puis des
erreurs d'envois de courriers retardèrent la décision, ce qui désolait le
pauvre SALOMON qui avait engagé ses économies dans la fabrication
d'instruments.
Lettre du 10
février 1829.
" Jean
François Salomon, Maître de Chapelle de l'église métropolitaine de Besançon,
inventeur d'un instrument nommé Harpolyre, sollicite de votre excellence un
brevet d'invention depuis le 22 août 1828. Il a rempli toutes les formalités
qu'exige cette demande. Il a eu déjà eu deux fois l'honneur de vous supplier de
vouloir bien lui faire expédier ce dit brevet et pourtant il gémit toujours
dans l'attente ; il est privé après avoir épuisé toutes ses ressources
pécuniaires à faire fabriquer de ces instruments, d'en continuer la fabrication
et il a tout à craindre que les ouvriers qu'il a employé ne deviennent
contrefacteurs si ce brevet qu'il attend depuis prés de six mois ne vient pas
lui donner le droit de les poursuivre". (Dossier de l'INPI)
Dessin
complémentaire fournit lors de sa demande de brevet,
montrant les différentes
utilisations des trois manches
et le branchement avec le piédestal résonateur.
(INPI)
Finalement
il obtiendra son brevet le 19 mars 1829. Ses instruments étaient réalisés par
un luthier né à Mirecourt : André Augustin CHEVRIER qui s'installa ensuite à Bruxelles.
Pour faire
connaître et développer son invention, il s'installa à Paris chez le
"Sieur DUCOUDRAY rue Saint Thomas d'Aquin à Paris". Il commercialisa
une méthode pour Harpolyre et demanda à Fernando SOR (1778-1839), le
guitariste, né à Barcelone, le plus célèbre du moment d'écrire de la musique
pour Harpolyre.
Fernando
SOR.
Le 19
septembre 1829 il demande un nouveau brevet pour un "Instrument propice à
accorder les instruments à cordes" qu'il nomme accordeur. Il s'agit d'un
système à lames métalliques sonores, accordées sur l'échelle chromatique,
associé à un mouvement d'horlogerie à ressort qui permet de faire vibrer la
note choisie aussi longtemps que souhaitez. Mais là également il rencontre des
difficultés et il n'obtiendra son brevet que le 18 mai 1830.
Dessin de
l'accordeur. (INPI)
L'Harpolyre
n'a pas eu de succès, car aucun artiste ne voulait se livrer à l'étude des
difficultés liées à l'utilisation des trois manches. "Après avoir fait
inutilement un long séjour à Paris pour y faire adopter ses inventions J.F.
Salomon retourna à Besançon, où la fatigue de ses efforts et le chagrin d'avoir
dissipé en essais le fruit de ses travaux et de ses économies, le conduisirent
au tombeau à l'âge de 45 ans (49 ans)"
François
Joseph FETIS
Harpolyre de
J.F. Salomon (Musée de la Musique Paris)
Jean François
SALOMON est décédé à Besançon à 49 ans le 19 février 1831.
Cette Marche
funèbre pour Harpolyre écrite par Fernando SOR était prémonitoire.
Nicolas
SULOT est né le 19 juillet 1780 à Châtillon sur Seine (21). Il était le fils de
Pierre SULOT employé. Violoniste et professeur de musique à Dijon il épousa
Jeanne NAUDET(1791-1868), le 9 juillet
1818 à Dijon et reconnaissent quatre enfants : Jean Hubert (1813), Louis Robert
(1815), Bernarde (1816), François (1817). Ils auront 14 enfants dont la plupart
seront musiciens à Dijon et à Paris. Il
s’intéressa à la lutherie dès 1828 et obtient
le 17 décembre 1829 un brevet d’invention de 15 ans pour « une table
d’harmonie à ondulations qui peut être adaptée à tous instruments à cordes de
quelque nature qu’ils soient ».
Dessin du Brevet de Sulot. (Source INPI)
Pourquoi des
tables ondulées ? « ….mon moyen nouveau permet d’augmenter le volume d’air
renfermé dans l’instrument et par conséquent d’en augmenter les proportions ».Mais ses
recherches ne se bornaient pas aux « tables ondulées », il étudiait également
toutes les solutions pour améliorer la sonorité : « Éclisses droites, table
plane avec éclisses droites, table convexe à ondulations horizontales sur
éclisses courbes, table à courbures progressives convexes et à ondulations…… »
Il essayait de trouver la meilleure combinaison.
Violon Sulot à table ondulée. (Vente de Vichy 2008)
Tous les
instruments de Nicolas SULOT étaient en fait fabriqués par Claude Raymond HENRY
(1799-1850) de Dijon, luthier de Mirecourt qu’il avait convaincu de s’installer
à Dijon en 1829. C’est d’ailleurs chez lui que son treizième enfant, Bernarde
Mélanie SULOT née le vendredi 13 novembre 1829, décède onze jours plus tard. Bien souvent
on attribue ces violons à Henry LAPOSTOLET ou Claude Henry LAPOSTOLET, erreur
résultant du dictionnaire de René Vannes qui confond le père et le fils. En
effet Joseph HENRY-LAPOSTOLET (1828-1894) professeur de contrebasse et marchand
de musique, qui avait repris la boutique de son père Claude Raymond HENRY à sa
mort le 10 septembre 1850, avait épousé le 12 mai 1851 à Sombernon (21)
Philiberte Marie LAPOSTOLET et pour se différencier de son père avait associé
son nom à celui de son épouse : HENRY-LAPOSTOLET d’où ces nombreuses confusions entre nom et
prénom.
Étiquette de Joseph HENRY-LAPOSTOLET de 1851 postérieur à l'activité de SULOT à Dijon
Dans son
dossier de brevet de 1829, il ne décrit que les violons : « ….Mais je
n’ai mis sur mon plan que le violon parce que je ne m’occupe maintenant que de
de cet instrument. J’aurai donc soin selon que je perfectionnerai les autres
instruments d’en envoyer le plan et la description des courbes des éclisses…..
».
Il existe
une table de contrebasse avec ondulations au Musée de la lutherie de Mirecourt
signée de Claude Raymond HENRY daté de
1830. (Information Anne Sophie Benoit)
Table de Contrebasse modèle Sulot réalisée par Claude Raymond Henry. (Musée de la lutherie de Mirecourt)
Violon expérimental de N. SULOT. (Musée de Bruxelles).
Mais Nicolas
SULOT ne préconisait pas seulement l'ondulation pour les instruments du
quatuor, mais également pour les instruments à vent. Il obtient une addition à
son brevet pour les instruments à vent le 27 mai 1830.
Schéma pour l'addition du 27 mai 1830 des instruments
à vent au brevet de N. Sulot. (source INPI)
Nicolas
Sulot continua de demander des additions à son brevet dans lesquelles il
précisait « son invention » comme en
1830.
Détails de descriptions des tables d'harmonies à ondulations. (Brevet 1830 Inpi)
Mais il
semble avoir été obnubilé par le fait
que l’on puisse lui « prendre » son invention.
C’est ainsi qu’il agrémente ses demandes de souhaits originaux : « Lorsque j’ai demandé le brevet
d’invention, je ne connaissais pas les lois et ne pouvais pas penser qu’il
existât un article pareil à celui qui concerne les déchéances : Section VII. 7°
cas : déchéance de tout brevet qui prendrait hors de France un titre analogue
au sien et pour le même objet ».
Donc en
conséquence il demande que l’on change la loi … « Car dans le cas contraire je
prendrais mes brevets à l’étranger et on m’accorderait ensuite l’importation
que nos lois permettent sans scrupule… »
« PS : Les observations que j’ai l’honneur
de vous faire d’autre part sont tellement vraies qu’un individu vient d’arriver
tout exprès de Mirecourt pour tâcher de séduire mes ouvriers afin d’obtenir des
renseignements sur mon système et les porter hors de France ».
Il obtiendra
le 31 mars 1841 un brevet de 10 ans «
Pour un système général double, triple pour tous les instruments à cordes et à table d’harmonie »….préconisant
de doubler les tables pour augmenter le son.
Même chose
le 8 décembre 1847, pour : «
Perfectionnements apportés aux pianos grâce à un système à double voixou double jeu de cordes ». Système
consistant par un double sillet et deux chevalets, l’un inférieur et l’autre
supérieur, fixés sur deux tables d’harmonies supérieure et inférieure. Nicolas
Sulot était depuis 1840 installé à Paris avec sa famille et était premier
violon au théâtre de la Porte Saint Martin à Paris. Trois de ses fils étaient
restés à Dijon et étaient musiciens, les autres l’avait suivi à Paris, c’est le
cas de Jean Alexandre Sulot né en 1824 à Dijon qui sera violoniste et se
déclarera facteur de pianos au 14 rue des Saints Pères à Paris à la mort de sa
mère Jeanne Naudet (1791-1868).
N. Sulot est
décédé à 77 ans le 21 mars 1858 à Paris.
Ajouté le 20
février 2013 : Anne Sophie Benoit du Musée de la lutherie de Mirecourt nous
signale qu'un violon de type Sulot existe au Palais Lascaris de Nice, daté de
1834 il a été réalisé par Charles Victor HEUREAUX (1807-1848) luthier à
Mirecourt. Ce qui montrerait que Claude Raymond HENRY n'a pas été le seul
luthier à réaliser des instruments pour Nicolas Sulot.
Violon de C.V Heureaux selon le modèle de N. Sulot. (Palais Lascaris de Nice)
Jean-Jacques
Rippert est connu dès 1696 comme « faiseur de flûtes »
En 1701
Sauveur dresse un tableau des instruments à vent « selon la pratique du sieur
Ripert et du sieur Jean Hautetaire le jeune, les plus habiles facteurs de Paris
». Jean Hotteterre le jeune (1648-1732) était sans doute celui listé en 1692
par Du Pradel comme « Maitre pour le jeu et pour la fabrique des instruments à
vents». C’était un cousin de Martin, le père du célèbre Jacques Le Romain.
Voici un
extrait de : Sauveur, Mémoire de l’Académie des Sciences, (1701) p. 37.
En 1715, le
voyageur Uffenbach écrit : « j’allai chez Rippert, le facteur de flûtes
renommé; c’était un très vieil homme qui habitait rue Colombière, vis-à-vis de
l’Hôtel de Hollande. Ce monsieur Rippert n’avait rien de prêt et, en raison de
son grand âge, travaillait très lentement, mais bien. Aussi valait-il la peine
d’être un peu patient ». Il lui achète deux flûtes pour son jeune frère et pour
son cousin qu’il leur expédie à Strasbourg et à Francfort. Uffenbach, Journal
(1715), manuscrit, Bibliothèque universitaire de Göttingen.
Quatre
flûtes traversières de Rippert sont conservées, deux à Paris (Collection
Dorgeuille), une à Glasgow et la magnifique flûte avec ivoire guilloché du
Musée Engadin à St Moritz (Suisse).
L’art du
guillochage est maîtrisé par Jean-Claude Charpignon, un artisan passionné des
techniques anciennes de tournage. J’ai eu la chance de le rencontrer en mai
2018 grâce à mon collègue Rod Cameron. Nous avons décidé de fabriquer ensemble
une copie de cet objet unique en son genre.
Les matériaux sont le buis et
l’ivoire. Celui-ci est devenu introuvable, les défenses d’éléphants étant
maintenant brûlées dans des autodafés scandaleux voir :
Heureusement mon frère Yves
avait acheté 30 Francs aux puces dans les années 80 une imposante défense de phacochère que nous
avons débitée :
Après quelques mises au point
et la fabrication de tous les outils de coupe, Jean-Claude a pu réaliser les 4
viroles en ivoire de phacochère.
Il ne restait plus qu’à
réaliser l’instrument de musique, tâche que je connais sur le bout des doigts
pour avoir tourné toutes mes flûtes copies 15ème, 16ème, 17ème et 18ème depuis
1982.
Je n’ai pas
copié exactement la flûte de Rippert, qui sonne au diapason 400Hz, le ton de
chambre français en 1700. Il a fallu
rétrécir un peu l’embouchure et éloigner les trous d’environ 10mm pour faire
sonner cette flûte au diapason 392Hz, le standard actuel, un ton au-dessous de
440Hz, qui nous est imposé par les claviers transpositeurs au demi-ton et au
ton.
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