mardi 29 octobre 2024

Instruments de musique à vent en ivoire : de l’Olifant européen à la trompe traversière africaine.

 

par José-Daniel Touroude

Souffler dans quelque chose pour produire un son a toujours été quasiment naturel pour l’homme. Puisque notre blog est surtout axé sur les instruments à vent, on ne pouvait faire l’impasse sur un des plus anciens et partagés de toutes les civilisations du monde : la trompe.

Dès la préhistoire, les hommes pour communiquer entre eux et faire des sons ont utilisé des instruments, notamment à vent sommaires en utilisant des végétaux (roseaux, bambous, calebasses…), des os d’animaux évidés comme la célèbre flûte en os de 40 000 ans, l’instrument le plus vieux trouvé, des sifflets en os voire en terre cuite, des cornes et des coquillages notamment les conques, percées sur la pointe pour produire un ou plusieurs sons. 

Morceau de flute préhistorique de Divje Babe en slovénie 

(wikimédia commons)  

Hibou précolombien en poterie pouvant
faire avec les trous des yeux et trous latéraux, plusieurs sons. (coll particulière)


 




Conque de Marsoulas du Magdalénien
(musée de Toulouse ) 18000 ans


Flute en mammouth (Musée d’archéologie nationale

 château de Saint Germain en Laye)






















Description des différents types de trompes

Le terme générique est trompe mais on trouve en fait plusieurs dénominations : Trompes ou cornes ou cors caractérisées par une embouchure située dans le bout étroit et dans des matériaux variés mais pas en ivoire. C’est souvent une petite corne d’animal souvent d’ovin ou de bovin appelée petite trompe. Par exemple les hébreux l’ont intégré dans leurs cultes religieux (le shofar est une corne de bélier)

Shofar Trompe (Corne de bélier)

·         Le nom d’olifant est utilisé seulement si la petite trompe est en ivoire souvent d’éléphant (d’où son nom et ancienne écriture oliphant).    

 

    Olifant du 11ème siècle dit de Roland (Musée Paul Dupuy à Toulouse)

L’olifant a une forme d’entonnoir naturel avec une perce conique qui permet de souffler par le bout étroit formant une embouchure en contact avec les lèvres qui vibrent et qui permet au musicien d’obtenir un seul son mais fort voire assourdissant. Par contre ce son peut varier dans la durée avec un son bref ou répété, court ou long selon la qualité du musicien. Cela permettait de transmettre une information ou un ordre par un signal sonore particuliers, une sorte de code. (Exemple l’hallali pour la chasse) L’olifant eut son apogée au Moyen Age en Europe (grâce à la chanson de Roland) et au Proche- Orient (notamment dans l'art islamique du Califat Fatimide).  L’olifant fut magnifié par des sculptures d’ivoiriers italiens et devint essentiel dans la panoplie du chevalier. L'olifant existait en fait un peu partout dans le monde avec des variantes, notamment en Inde et en Afrique, où il y avait de l'ivoire ou dans les pays riches qui pouvaient en importer. chevalier.

Parfois on introduisait dans l’embouchure une pièce en biseau, (comme pour des flûtes à bec) ou on fixait un roseau insérant une paille sorte de double anche (comme pour les chalémies…), ce qui permettait de produire des sons différents, avec moins de souffle, réduisant la colonne d’air donc plus aisé à jouer.

Le nom de Trompe - olifant lui est réservé si la trompe est grande et si le matériau est en ivoire. Elle est la plupart du temps traversière avec une embouchure décalée voire latérale. La Trompe - olifant traversière a existé surtout en Afrique.  

Trompe – olifant traversière en ivoire de 91 cm

 à embouchure latérale, ornée de gravures (musée de la musique de Paris)°

La colonne d’air de la trompe traversière à embouchure latérale est très différente puisque le souffle produit est décalé et possède ses spécificités pour toutes les caractéristiques du son (force en Décibels, hauteur en Hertz et harmoniques du timbre sont particuliers). En attendant ce n’est pas aisé à jouer avec car jouer de l’olifant ou de la trompe nécessite du souffle, d’être un musicien sportif !  

Embouchure de la trompe-olifant traversière.  

Sculpture : Guerrier à olifant de Lucien Gibert (antiquaire grenier d’Augustine)


Cliquer pour lire l'article sur le son et la musique

Ces cornes, trompes et olifants ont ainsi évolué permettant la création de beaucoup d’instruments de musique à travers le temps. Par exemple au Moyen Age et à la Renaissance, le célèbre cornet à bouquin, qui était une trompe avec des trous, rarement en ivoire mais souvent en bois recouvert de peau et qui a été très utilisé par les plus grands compositeurs comme Monteverdi et J.S. Bach. 
Cornet (de corne) à bouquins (de boca =bouche) italien
du 17ème siècle Musée de la musique Paris.  


Serpent de Baudouin collection Charbit

La trompe était aussi en Bronze comme chez les étrusques (le Lur) et donnera naissance plus tard à la famille des cors que Lully, Mozart et bien d’autres utiliseront.  La trompe sera souvent l’ancêtre d’autres instruments en cuivre. Le cornet-basse donnera le Serpent. 

Cliquer pour lire l'article sur le serpent

Ces cornes utilisées depuis toujours ont beaucoup évoluées surtout en utilisant d’autres matériaux comme le métal en Asie (par exemple les fameuses trompes en métal d’Angkor), ou en Bronze (exemple au Bénin), voire en terre cuite (exemple les ocarinas globulaires d’Amérique Latine), et en bois évidemment… Les diverses trompes sont communes a beaucoup de civilisations.

Trompes en métal. cf lien sur le beau site : Sound Angkor

Les principaux usages des olifants et trompes sont très divers mais communs :

D’abord elles ont eu une fonction utilitaire pour communiquer et/ou signaler sa présence

Les trompes par leur sonorité puissante servaient à communiquer un ordre ou une information importante.  Elles pouvaient montrer par exemple l’arrivée d’un chef, le signal pour la chasse (les futures trompes de chasse), pour donner des ordres comme l’entrée en guerre ou la retraite, pour prévenir d’un danger (guetteur) et se réfugier (déclenchant le tocsin). Mais elles servaient aussi pendant la chasse ou la guerre pour prévenir du lieu où on se situait, procéder à un appel pour rallier les troupes dispersées (la célèbre chanson de geste concernant l’olifant de Roland à Roncevaux).

Ce fut (par exemple les Vikings) et c’est encore un instrument maritime incontournable de signalisation sonore, utile par temps de brouillard mais aussi utilisé par tous les marins actuels pour signaler sa présence ou un obstacle dangereux. Dorénavant il est obligatoire d’avoir une corne de brume pour toute embarcation. (Elles ne sont plus en corne mais en métal mais le nom est resté.)

Pour montrer son pouvoir par un symbole d’autorité

Les différentes trompes ont été utilisées partout comme un instrument de pouvoir, rare surtout s’il est finement travaillé, symbole de commandement et de dignité, utilisée dans les moments importants et faisant partie des attributs des chefs. Par exemple l’ouverture officielle d’une audience est utilisée encore ponctuellement en Afrique noire par les chefs traditionnels.

Ils ont fait partie aussi des trésors des églises, en signe de piété et de remords, donné par des chevaliers et utilisé parfois comme reliquaire. Par exemple cet Olifant du 11ème siècle de l’église de saint Arnoul à Metz dit « olifant de Charlemagne »

Pour faire de la musique pour danser

Si le son émis est particulièrement fort et strident, il ouvrait souvent les cérémonies mais pouvait aussi être utilisé comme instrument de musique. Ainsi la trompe, faisant office de bourdon, était une composante dans un orchestre, accompagnée de tambours et percussions diverses, voire des instruments à cordes pendant des festivités. Les sons essayaient de reproduire le langage parlé, parfois même pouvant faire varier les sons avec la main ou en utilisant la flexibilité de l’embouchure du musicien (comme pour les cors naturels).

Plus rarement, il a même existé des orchestres de plusieurs trompes de longueurs différentes calibrées pour réaliser plusieurs sons ou des inflexions de notes qui permettaient d’accompagner les chants de femmes et les danses lors des fêtes dans une certaine polyphonie en Afrique. Pendant les fêtes, en bouchant l’orifice, elle a servi aussi de corne à boire ! Un avatar moderne : la Vuvuzela de la coupe du monde de football en 2010 jouée par les supporters, est une trompe au bruit assourdissant et perturbant interdite désormais.

Pour des cérémonies profanes ou religieuses pour souligner des événements et des rituels importants.

Ainsi les juifs ont la corne de bélier appelé shofar, qui peut produire plusieurs sons selon les fêtes et rituels religieux. La plupart des religions et des armées, dans leurs processions et parades, l’ont aussi utilisé, notamment en France avec le Serpent.

Pour faire une œuvre d’art esthétique

Le magnifique et célèbre olifant en ivoire d’éléphant des moines de la chartreuse de Portes exposé au cabinet des médailles de la BNF à Paris. Elle d’origine italienne du 11ème siècle, car plusieurs villes d’Italie du Sud étaient spécialisées dans l’art de la sculpture sur ivoire pour faire des olifants pour les chevaliers du moyen âge, les croisés et les arabes fatimides.

Mais plusieurs musées ont des olifants finement sculptés d’origine italienne avec des belles décorations diverses.

Les longues trompes-olifants africaines en ivoire

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Détails d’une trompe-olifant traversière africaine sculptée (collection particulière). 

                                           3  Grande embouchure 

Sur cette trompe traversière africaine en ivoire (de 58 cm et 900 g) on remarque les deux types de trompes : photo 1 la trompe-olifant en ivoire (montrant une petite défense d’éléphant) jouée par un serviteur en pagne et photo 2 la trompe – olifant traversière en ivoire (montrant une défense moyenne d’éléphant) mais jouée par un musicien(e) richement habillé(e) avec de multiples symboles. Il y a différence de statut entre les musiciens.

Ces trompes reprenant des défenses d’éléphants sont parfois imposantes et commencèrent à être connues lorsque les portugais, descendirent au 15ème siècle les côtes africaines en faisant du troc. Rapidement ces objets étranges étaient rapportés comme curiosités. Ainsi par exemple le trésor des Médicis à Florence possédait 2 trompes- olifants en ivoire vers 1550. 

Vu le succès et la demande européenne, d’autres objets en ivoire furent produits par des ivoiriers locaux sur les côtes africaines notamment au Bénin, en Sierra Leone avec des commandes spécifiques pour intégrer une iconographie plus européenne. Les portugais firent exécuter aux ivoiriers africains dès le 16ème siècle des trompes - olifants en ivoire sculptés pour les cabinets de curiosités car l’exotisme était en vogue en Europe (cf les Sapis en Sierra Léone ou les Binis au Bénin). Les grandes trompes-olifants devenaient alors des œuvres d’art finement sculptées en ivoire comme les olifants du moyen âge en utilisant l’art africain avec souvent un mélange culturel avec l’Europe (objets métis qui eurent beaucoup de succès).

L’ivoire fragile et pas rare n’était pas si prisé par les africains sauf des défenses monumentales. Les européens en développant le commerce d’objets sculptés artistiques vont développer la préciosité de ces objets. Les chefs locaux vont alors imiter les nouveaux puissants colonisateurs puisque ces objets étaient considérés comme les symboles d’autorité et de pouvoir aussi dans d’autres civilisations. (J’ai vu certains responsables africains qui en ont encore dans leurs lieux de pouvoir actuellement).

Mais en Afrique, c’est l’utilisation de la trompe-olifant traversière plus grande qui est la plus emblématique et qui sera utilisée pendant des siècles surtout en Afrique de l’ouest et centrale.

Trompe -olifant en ivoire (Château d’Ecouen)   

Trompe Sapi (Sierra Léone -Portugal) en ivoire (Musée Branly)

On peut noter que s’il existe des encoches pour accrocher c’est surtout réserver à un être un objet de curiosité accroché exporté en Europe alors qu’un intrument de musique n’a pas en principe de cordon, ni d’encoches.

Toutes les trompes et olifants sculptés présentent une iconographie qui montrent des symboles, des animaux réels ou fantastiques qui peuvent indiquer en fait leurs origines, leurs influences, voire leur datation.

La trompe peut être en corne d’éléphant en ivoire, plus ou moins ouvragée, avec simplement un trou latéral d’où son nom de traversière, pour jouer. Mais elle est souvent faite avec d’autres matériaux, surtout en bois gainé de cuir cousu comme chez les Sénoufos voire en bronze comme au Bénin.

Corne de grand koudou ?      

Joueur de trompe en bronze du Benin

 (histoire de l’art n°14 Afrique (Figaro)



Voir le film d’Aurelien Gaborit qui analyse cette belle Trompe du 16ème siècle sculptée à embouchure latérale provenant de Sierra Leone exposée au musée Chirac quai Branly à Paris. Et puis cet ivoire matériau rare et de prestige va être utilisé par des facteurs d’instruments de musique européens. Ainsi de nombreuses incrustations chez les luthiers (touches de piano, archets de cordes, guitares etc…).

Certains vont même faire des instruments entièrement en ivoire : flûtes, flageolets, hautbois, clarinettes. Ce matériau n’amène rien de sensationnel sur le plan musical (car les harmoniques dépendent de la perce et des trous et clés) mais donne une singularité, une rareté comme la flûte en or de Rampal, la trompette en or de G.Jouvin, comme les flûtes en cristal de Laurent etc...

Albert Rice a écrit un article sur les clarinettes en ivoire et en a dénombré une vingtaine faites dans ce matériau la plupart en Europe. Les plus grands facteurs se sont essayés comme G.H.Scherer un des premiers facteurs en 1740, celle d’Isaac Keller de Strasbourg en 1800 avec corps de rechange en La, Louis Lefevre de Paris en 1825 , Charles Sax de Bruxelles en 1830 (le père d’Adolphe), J. Pfaff de Philadelphie en 1865, G.J.Bertold de Speyer de 1875, à T.Berteling de New York en 1880. 



Clarinette en ivoire et clés en argent vermeillé
de C. SAX ( Met NYC museum)

Crédit photo : Jean-Marc Anglès / Musée de la musique.  Hautbois en ivoire

Le travail de sculpture sur ivoire en Europe est ancien et deviendra par exemple en France la spécialité de la ville de Dieppe.

Baguette en ivoire de Klosé (collection particulière Thicam ) 
Cliquez pour lire article sur la baguette en ivoire de Klosé

Dès qu’on mentionne un objet ayant de l’ivoire il faut étudier la législation internationale et européenne qui se durcit de plus en plus. Si l’intention est louable de protéger éléphants, rhinocéros et autres espèces que recherchent des braconniers et des trafiquants, chaque état, instance supranationale ou instance internationale va en rajouter et enserrer dans des textes toujours plus restrictifs le commerce des objets où il y a de l’ivoire et d’autres espèces menacées. Ainsi les instruments de musique sont touchés et pour les professionnels liés à la musique c’est une vraie galère et de plus assez opaque.

J’ai voulu finir cet article sur ce sujet mais vu la complexité bureaucratique, j’y renonce.

Ce qui est sûr c’est que vous devez être muni de plusieurs certificats différents et que vous avez intérêt à choisir un bon professionnel pour vous conseiller, si vous êtes, vendeurs, restaurateurs, collectionneurs ou musiciens car chacun a des contraintes différentes et des documents administratifs variés et nouveaux et si vous voulez sortir votre instrument de chez vous et hors des frontières, vous êtes alors sans doute masochiste !


vendredi 6 septembre 2024

Ma clarinette autrichienne a fait valser plus d‘une Fraulein



par José-Daniel Touroude

Dans nos collections d’instruments de musique, nous sommes confrontés à de nombreux noms d’artisans inconnus et qui pourtant parfois avaient une certaine renommée à leur époque. Une des missions d’un collectionneur est de les faire sortir de l’oubli en recherchant des informations qui les concernent et ainsi remettre en perspective leurs instruments qui ont survécus voire les analyser ou même les faire rejouer.Ainsi j’ai une clarinette à 10 clés en ébène de 1900 d’Alois Smitko à Louny. Ce facteur est quasiment inconnu en France et pourtant certains musées et collectionneurs du monde ont des instruments de ce facteur.

Eglise Saint Nicolas à Lounie

Certains grands pôles du monde de la facture instrumentale furent Prague et Graslitz. Nous avons plusieurs clarinettes de ces villes de la région de Bohême.

Rappelons que Ferdinand d’Autriche, frère de Charles Quint fut élu roi et débuta la dynastie de la maison autrichienne de Bohème qui dura jusqu’en 1918 où fut fondé la Tchécoslovaquie.

Louny était une petite et vieille ville du 12ème siècle située le long de l’Eger à 60 km de Prague, située sur la route commerciale qui reliait les villes importantes de Prague, Dresde et Nüremberg, également grands centres de facture instrumentale. 

Laun (ancien nom allemand) ou Louny est une ville située en Bohème au nord de Prague appartenant à l’empire d’Autriche en 1840 puis à l’empire austro-hongrois à partir 1867. A partir de cette date, Louny connut un essor doublant sa population grâce à des activités industrielles diverses.  La facture en Bohème a toujours été très vivante et de qualité et a fourni de grands facteurs réputés depuis le 18ème siècle notamment à Prague la capitale. Au XIXème siècle il y avait plus d’une quarantaine de facteurs d’instruments à vents dont certains très réputés comme les familles Bauer, Doleisch, Czermak, Horak, Ludwig.. ..Alois Zmitko a fait son apprentissage à Prague (mais on ne sait pas chez qui) et est devenu un facteur spécialisé dans les cuivres, voir aussi des bois. 

Guitare à deux manches
portant une étiquette de Zmitko

 Alois Zmitko (1866- 1933) était devenu un facteur actif à Louny à partir de 1894, réparateur d’instruments également mais aussi revendeur de toutes sortes d’instruments. Vu la taille de la ville entre 6 000 à 12 000 habitants pendant la vie d’Alois Zmitko, celui-ci était le seul marchand de musique de la ville et comme dans toutes les villes de province d’Europe, il était aussi revendeur de tous les instruments demandés, aussi bien les cordes notamment des violons et guitares, les cuivres surtout et des bois pour les militaires et les civils en mettant son estampille pour fidéliser la clientèle locale.

Alois Zmitko faisait même des gramophones avec pavillon en cuivre et des appareils et tuyauteries pour les pompiers de Louny qui sont restés célèbres dans la ville !

Bugle à 4 cylindres de Zmitko

Ses instruments de fanfares et d’harmonies étaient de bonne facture classique, solides à des prix compétitifs pour les musiques militaires et civiles, pour les instruments d’études et pour la musique populaire. Carlsbad (Carlovivari) célèbre ville d’eau où les concerts étaient journaliers et où nombre de musiciens célèbres et de personnalités ont séjourné, était proche (90 km) de Louny. Il est vraisemblable que Zmitko a fourni des instruments à ses nombreux orchestres de valses viennoises et autres kiosques à musique.

Comparaison de deux clarinettes.html

On trouve encore ses instruments à travers le monde, Alois Zmitko ayant exporté et on en voit parfois dans les enchères, dans les musées et collections particulières. Alois Zmitko devint un notable important dans sa ville et sa maison (voir illustration ci-dessous) jusqu’à sa mort en 1933. Son fils Ladislav continuera l’atelier jusqu’en1948 où il sera exproprié. Actuellement Louny se trouve en Tchéquie.

 

La musique militaire devant l’atelier d’Alois Zmitko à Louny.


Clarinette en Sib en ébène à 10 clés et bagues en maillechort d’A. Zmitko A Louny  

Cette clarinette est antérieure au système Müller à 13 clés avec roulettes Janssen qu’il a fabriqué plus tard et qui a équipé la musique militaire autrichienne pendant la première guerre mondiale de 1914-1918.

Toutes les parties y compris le bec sont estampillés A. Zmitko A Louny.

Cette clarinette sans être originale est de bonne facture. Le bec n’est pas strié à l’allemande pour fixer l’anche avec de la ficelle mais avec une ligature métallique comme les clarinettes Müller et françaises… en attendant elle joue encore et pas que des polkas !


Clarinette en Ut de Smitko

Par cet article, mon objectif est de montrer que beaucoup de villes moyennes de province à travers l’Europe avaient leur magasin de musique irradiant leur région.

Ces magasins offraient de multiples services liés à la musique, car avec les harmonies municipales, les casernes militaires, les écoles de musique, les musiciens de bals hebdomadaires et des fêtes, des orchestres en tous genres… permettaient une viabilité économique.

Mais à condition que ceux qui tenaient ce magasin soient crédibles comme musicien ou avoir  eu une formation de facteur-revendeur-réparateur, accordeur…) d’une part et d’autre part qu’ils s’adaptent et répondent à tous les besoins liés à la musique (de la location de piano à la vente de méthodes et partitions pour tous instruments, des petites réparations aux échanges d’instruments quand les enfants se lassaient d’un instrument pour en essayer un autre, de conseiller des marques selon les budgets, de prêt, location ou vente d’instruments d’occasion, de suivre les modes d’instruments et de partitions, d’animateur de réseau de professeurs et de musiciens locaux, de connaissance des fabriques d’instruments des pôles importants de facture pour commander des instruments neufs, d’avoir en stock tous les accessoires liés aux instruments et à la musique etc…)

Ces magasins de musique ont eu un rôle essentiel en donnant des conditions pour les musiciens amateurs ou débutants de pratiquer la musique et de faire de l’Europe un lieu où la musique était omniprésente même dans des régions excentrées.

Leur rôle a été complétement sous-estimé dans l’histoire et l’animation de la vie musicale et ce blog leur rend un peu justice car nous avons souvent déniché plusieurs de ces facteurs-revendeurs régionaux qui ont entrainé des articles sur notre blog.

Quelques liens français illustrant ces propos :

Dasque à Saintes

Les frères Duveau à la Rochelle

Autiéro à Avignon

Bonnel à Rennes

Jean François Leroy à Brest et à Metz

Etc .....



lundi 11 mars 2024

Deux flageolets anglais de Bainbridge

 par José-Daniel Touroude


Comme la plupart des collectionneurs d’instruments à vent, j’ai des flageolets anglais et français et à chaque visite on me questionne sur ces instruments particuliers. Notre blog n’ayant pas d’articles consacrés à ces instruments, je devais amorcer la connaissance sur ces instruments oubliés et insolites. Il existe une variété incroyable de flageolets car il y a eu une mode pendant plusieurs siècles et je renvoie, à ceux qui veulent tout savoir sur cet instrument, aux nombreux sites et photos consacrés à cet instrument. Je vais me centrer sur mes deux flageolets anglais.

Edmé Collinet (1765-1851) spécialiste du flageolet.

D’abord un petit rappel sur l’histoire du flageolet :

Le flageolet est une flute ancienne pastorale déjà indiquée par Clément Marot sous François 1er et qu’on appelait aussi Larigot (qui est le nom de notre revue de collectionneurs de l’ACIM). Il y avait déjà des virtuoses de cet instrument qui jouaient à la cour de France au XVème siècle. Mersenne indique en 1636 que le flageolet pouvait faire deux octaves.



Le grand facteur Mahillon en 1874, dans son traité d’acoustique, le classe comme une variété de flûte à bec malgré son embout en ivoire. Au XVIIème siècle la mode du flageolet français se répand, il y a même des méthodes publiées à Londres avec des airs imprimés de divers auteurs et une méthode en 1700 à Paris. Il permet des petites mélodies simples et bien sûr il y a eu des virtuoses de cet instrument pourtant assez limité. Ainsi la méthode du spécialiste du flageolet Eugène Roy.











Dans la multiplicité des flageolets, certains servaient aussi à imiter les oiseaux et à leur apprendre à chanter. Ci-joint un bel exemple en ivoire au musée de la musique de Paris par un des premiers facteurs du XVIIIème siècle Charles Bizey.









Au XVIIIème le flageolet fait des apparitions à l’opéra chez Vivaldi, Haendel, Gluck… mais c’est au XIXème siècle qu’il connait son apogée avec le flageolet pour jouer des airs de danse notamment le quadrille pour les bals et se dote de clefs avec 3 puis 5 clés en maillechort, le buis remplaçant l’ébène. Ainsi la demande est importante sous Napoléon III pendant « la belle époque » où tous les orchestres de casinos dans les stations balnéaires avaient cet instrument.   

La mode de la flûte à bec pendant la période baroque a été remplacée par la flûte traversière mais le flageolet est resté populaire pendant tout le XIXème siècle. Par contre au début du XXème, il tombe dans l’oubli. Certains actuellement essaient de faire revivre ponctuellement le répertoire ancien.

Et puis quand même Berlioz enfant s’initia à cet instrument et découvrit la beauté des instruments à vent…



La plupart des facteurs (comme J. Thibouville Lamy) vont fabriquer des flageolets qui deviennent incontournables pour les fêtes populaires. Ces instruments sont fréquents dans tous les musées et des collections particulières.

Mais outre-manche le flageolet est aussi très prisé et va connaître celui qui va les magnifier : W. Brainbridge

Les flageolets anglais : inventés à la fin du XVIIIème siècle,  sont aussi à la mode. Ils sont plus simples à jouer et diffèrent du flageolet français. Ils possèdent 7 trous pour faire la gamme diatonique qui sont indiqués à chaque trou et on peut comme la flute à bec passer à l’octave supérieure avec les mêmes notes avec les mêmes doigtés (contrairement au flageolet français plus difficile). Cette simplicité va généraliser ce type de flageolet facile pour les amateurs. Le son est aigu et résonne bien.

William Brainbridge est né en 1768 décédé en 1831, est à la fois un musicien un hautboïste et flûtiste anglais mais aussi un tourneur sur bois et facteur d’instruments à vent qui a passé sa vie à perfectionner le flageolet. C’était aussi un inventeur créant de nombreux brevets (le 1er date de 1803) donnant au flageolet ses lettres de noblesse et l’améliorant sans cesse. Il créa des flageolets simples mais aussi doubles (création en 1805), triples (création en 1820) et fit de nombreux procès pour se protéger de ceux qui copiaient ses instruments car vu l’engouement pour cet instrument, de nombreux facteurs vont en fabriquer. Après les guerres napoléoniennes, il fit même breveter ses instruments en 1816 en France.  

Nous avons deux flageolets de Brainbridge : un simple et un double.







Sur le flageolet simple daté entre 1803 et 1807, il y a les mentions Patent, inventor, teacher et la licorne label des instruments anglais avec son adresse à Londres au 35 Holborn Hill. Une des particularités de ces flageolets et de mettre les noms des notes (A, B, C …) et des picots en ivoire pour séparer les notes sur tous ces instruments. On peut faire toutes les notes et même quelques altérations # et b.














Sur le double flageolet, daté lors de son association avec le facteur John Wood de 1808 à 1812, il y a la couronne royale et les mêmes mentions d’inventeur. Outre la beauté de ces instruments en buis et ivoire, le double flageolet permettait de jouer d’une part la mélodie mais aussi d’autre part le bourdon ou un contrepoint. Bainbridge enseigna aussi le flageolet et joua de cet instrument en concert. A sa mort, sa femme continua l’atelier qui fut repris par son ancien ouvrier Henry Hastrick jusqu’en 1854. 















Analysons les diverses pièces constitutives de cet instrument :

Au sommet il y a un embout en ivoire ou en os aplati appelé bec qui permet de souffler un filet d’air par un petit trou et qui a l’aspect d’une anche double rigide.  
























Il y a aussi un barillet qui est large et qui sert de résonateur et conduit l’air vers le biseau.Ici il y a deux fentes sur les côtés car le flageolet est double. Le sifflet en biseau proche de la flute à bec qui permet le son.















Deux fentes pour le double, une pour le simple !   
Puis il y a un porte vent avec des bagues en ivoire pour mettre une éponge afin d’absorber la condensation et la vapeur de la salive. Le porte vent est conique. Le porte vent à un orifice d’insufflation identique à la flute à bec et on peut remarquer deux traits parallèles qui indiquent où se place à l’intérieur l’éponge. On peut remarquer que la fenêtre est identique à la flute à bec mais le flageolet double dispose d’une longue clé en argent dans les deux fenêtres afin de bloquer l’une des deux flûtes au choix ce qui permettait de faire à la fois des mélodies seules puis à deux voix.


















Pour le flageolet double, il y a deux tubes de perce conique se fixant sur le porte-vent, ici des flutes de mêmes hauteurs (mais certaines sont de tailles différentes) et finissant par une virole ou bague en ivoire. Il y a 7 trous pour faire les 7 notes de la gamme diatonique avec une tierce de différence. Les trous derrière l’instrument permettent de jouer à l’octave comme pour la flute à bec. Il y a 5 clés en argent dont une clé derrière.


Il est souvent accordé en La ou en Ré. Ses instruments sont en buis et ivoire et les clefs sont en argent car ce sont des instruments haut de gamme. Vu la popularité de cet instrument de nombreux facteurs vont réaliser des instruments en palissandre ou en ébène avec des clés en maillechort. 

Un excellent site d’un facteur de flageolets Philippe Bolton facteur de flageolets et être vigilant aux enchères à Vichy pour la vente d’instruments anciens.

Philippe Bolton

mardi 5 mars 2024

Emanuele MARCONI : Félicitations au nouveau Docteur en Musicologie


Emanuele MARCONI

Toutes nos félicitations au nouveau docteur en musicologie Emanuele Marconi, directeur du musée des instruments à vent de la Couture Boussey (en Normandie), après la soutenance de sa thèse le 4 mars 2024 à la Sorbonne devant un jury international.

Beaucoup de collectionneurs connaissent ce musée, où sont rassemblés de nombreux instruments à vent, surtout des bois, musée qui a pris une nouvelle dimension depuis 5 ans grâce à E. Marconi, qui est à la fois chercheur et responsable de ce musée.

Pour moi ce qui est intéressant, c’est sa vision transdisciplinaire qui a permis d’analyser sous plusieurs angles avec une recherche systématique de tous documents, parfois banals et souvent inédits, pour construire une monographie locale autour de la Couture Boussey avec toutes les évolutions de différentes natures depuis plus d’un siècle.

Ainsi la Couture- Boussey est l’exemple d’une proto-industrialisation, qu’ont connue d’autres régions rurales, faite par des paysans et paysannes pluriactifs dans des activités de travail à domicile. L’originalité de ce village est la spécialité de la facture d’instruments à vents.

 

C’est aussi, avec la demande militaire et populaire des instruments à vent et surtout avec l’exportation vers les USA, une organisation régionale autour de facteurs artisanaux, la plupart liés entre eux, afin de mobiliser toutes les forces de travail locales disponibles avant l’élaboration des manufactures d’instruments normés et industriels.

Cette activité a connu ses périodes d’expansion et de déclin avec les bouleversements de l’histoire comme la crise de 1929, les mouvements sociaux et la 2ème guerre mondiale.

C’est par devoir de mémoire et de conscience patrimoniale que la création d’un musée original a rendu hommage aux savoir-faire anciens de la population rurale encadrée par des facteurs compétents qui font désormais le bonheur des collectionneurs.

Nous espérons que le docteur Emanuele Marconi nous fera prochainement l’amitié de produire un article issu de sa thèse dans notre blog… en attendant voici le résumé officiel distribué. 

José-Daniel Touroude


Résumé́ de la thèse d’Emanuele Marconi :

Le Musée des instruments à vent de La Couture-Boussey (département de l’Eure, Normandie) a été fondé en 1888 par les membres de la « Chambre Syndicale des Ouvriers en Instruments de Musique (Finisseurs) ». Seul exemple de son époque de musée français dédié à la facture instrumentale, il fut fondé à la fois dans le mouvement d’un intérêt croissant vers les collections publiques d’instruments de musique qui prend forme au début de ce siècle, et dans le contexte des luttes ouvrières des années 1880.

Son objet est de valoriser et perpétuer le savoir-faire des facteurs du bassin couturiot, un ensemble d’une dizaine de villages aux alentours de La Couture-Boussey, épicentre de la manufacture d’instruments à vent en bois depuis le début du XVIIe siècle.

Son histoire, caractérisée par une alternance de périodes d’activités et d'abandon, reflet des dynamiques socio-économiques du village, peut être lue au travers des principaux événements du XXe siècle : les deux guerres mondiales, la crise des années 1930, le boom économique des années 1950 et 1960 et, enfin, la globalisation du marché et la fermeture des entreprises.

Atelier de facteurs d'instruments de musique


Élaborée à partir de nombreuses sources d’archives rassemblées et pour la plupart inconnues à ce jour, cette thèse aborde successivement, avec une approche et des résultats inédits, l’histoire de la facture d’instruments à vent à La Couture-Boussey, la déconstruction des mythes de ses origines, les grèves à l’origine de la création du Syndicat, l’histoire du Musée, et celle de ses collections d’instruments et d’outils, de sa bibliothèque, tout en soulignant son rôle de premier plan au niveau européen, en cette fin du XIXe siècle, dans la réalisation de copies d’instruments de musique anciens (facsimilés) qui constituent une partie fondatrice de sa collection.



lundi 19 février 2024

L'histoire d'une flûte strasbourgeoise de Jean Chrétien Roth

L'un des plaisirs du collectionneur d'instruments de musique est qu'après avoir regardé l'instrument sous toutes ses coutures pour déterminer sa facture, son diapason, l'atelier qui l'a fabriqué.......c'est de connaître ses propriétaires, les artistes qui l'ont joué.

Encore mieux s'il a appartenu à un personnage prestigieux, où un célèbre musicien, comme c'est le cas pour cette pochette de Maître à danser réalisée par le luthier parisien Romain Cheron en 1681 pour Nicolas Varin Maître à danser des pages de la Grande Ecurie de Louis XIV, qui sera en vente à Vichy le 13 avril de cette année.






C'est également le cas pour une flûte de ma collection reçue par le lauréat d'un premier prix de flûte en 1844, Gustave LEMOUX (1828-1875) éléve de Jean Louis Tulou.
             



Portrait de Gustave Lemoux (propriété de B.Duplaix)

Cette flûte restaurée par Charles Henri SUN, a pu retrouver vie grace à Anne PUSTLAUK qui interprète le morceau de concours : "Tulou 10ème Grand solo op. 92" que G. Lemoux a joué en 1844 pour son premier prix de flûte du conservatoire de Paris.

 
Et puis il y a d'autres instruments plus modestes, sans grand intérêt organologique qui ont appartenu à des personnes plus modestes.......mais qui peuvent dévoiler une histoire passionnante. 

C'est le cas de notre petite flûte en buis de Jean Chrétien ROTH (1816-1881) installé au 18 place Kléber à Strasbourg.


Même si elle est très sympathique, en parfait état, faite dans un beau buis ondé et très bien fabriquée, jouant bien, on ne peut pas "s'extasier ", crier à "l'exceptionnel ".
Alors pourquoi s'intéresser à cet instrument?

La boite d'origine !!!! comporte des noms : sur le couvercle " Amann chef de Section à Longjumeau "


Et sur l'intérieur du couvercle : " CHRISTOPHEL Alphonse N 136 "
" Mais qui c'est ces mecs là ? "

Alors c'est là que commence le plaisir DU CHERCHEUR....ou plutôt du fouineur. C'est mieux qu'un Agatha Christie ou un James Hadley Chase. Mais il faut trouver.....tant pis si le Président Macron explique sa politique à la télé.
Première étape, les sites de généalogie préférés Généanet, Filae. Une chance le nom n'est pas Martin ou Lefèvre ......j'ai déjà donné. Alors je cherche avec Alphonse Christophel, qui n'est pas courant et bingo.

Alphonse Xavier Christophel né le 28 2 1860 à Haguenau dans le Bas-Rhin, sergent au 1er régiment étranger. Mort en 1883 à Hué au Vietnam. Et en plus sa mère s'appelait Anne Catherine Amann (1827-1875). 
Il suffit alors de "tirer le fil ".......et puis voici l'Histoire.

Notre flûte a sans doute été achetée chez Roth à Strasbourg vers 1860 par Bernard Auguste AMANN, né à Haguenau dans le Bas Rhin le 5 juin 1839. Toute sa famille était de Haguenau. 
Magasin C. ROTH en 1868 au 18 place Kléber à Strasbourg.
(Col. RP)


B. A. AMANN était conducteur de travaux aux ponts et chaussées et c'est la raison pour laquelle lorsque la guerre fût déclarée entre la France et l'Allemagne en 1870, on le retrouve comme employé aux travaux de génie de la place de Belfort à partir  du 1 octobre 1870 jusqu'au 18 février 1871 date d'évacuation de Belfort, attaché depuis le bombardement au service du fort de Bellevue.
La rédition du siége de Belfort en 1871


Auguste AMANN a été blessé à la tête par un éclat d'obus, c'est la raison pour laquelle il fût décoré de la légion d'honneur en avril 1872. 
A fin de la guerre il est nommé par les ponts et chaussées à Rethel dans les Ardennes et choisi de rester français 30 septembre 1872. Il épouse en novembre 1872 Marie Louise CHRISTOPHEL née elle aussi à Haguenau en 1849, sans doute une cousine et soeur d'Alphonse Xavier CHRISTOPHEL.
Leur fille Gabrielle AMANN est né à Longjumeau le 25 septembre 1876, Auguste AMANN étant alors conducteur de travaux, chef de section au chemin de fer dit de la grande ceinture. (voir le libellé du couvercle de la boîte de flûte)

Bernard Auguste AMANN fit une brillante carrière dans les Ponts et Chaussées. Après Longjumeau, ce fût Mauriac, Brive et Limoges. Il décéda le 14 juillet 1909, date prédestinée pour ce patriote.

Son beau frère Alphonse Xavier CHRISTOPHEL, qui hérita de la flûte, à son adolescence, pour s'essayer à la musique était beaucoup plus jeune (21 ans de différence) puisqu'il était né le 28 février 1860 lui aussi à Haguenau. Il eu un destin beaucoup plus tragique, puisque engagé dans la légion étrangère (sergent au premier régiment étranger, il fût tué en 1883, à 23 ans au cours du siège de Hué.














 B.A. AMANN avait un frère aîné luis aussi né à Haguenau, patriote et musicien : Henri AMANN (1835-1900). Engagé dans l'armée dès l'age de 12 ans.(il devait avoir admirer les beaux militaires du 7éme régiment de cavalerie qui étaient en garnison à Haguenau dans les années 1845) Trompette au 7éme régiment de chasseur il participa aux campagnes d'Algérie (1858-1859), à l'armée d'Italie 1868-1869, à la guerre contre les allemand de 1870-1871 et fut libéré en 1874 après 27 ans de bons et loyaux services qui lui  valurent d'être décoré de la médaille militaire en 1868 et d'être fait chevalier de la légion d'honneur en 1871.
Trompette du 7éme régiment de chasseur à cheval.
A côté de sa carrière militaire il obtint un premier prix de sax horn au Conservatoire Impérial de Paris en 1863.
  
















Alors elle pourrait en dire cette petite flûte de Roth !!!!!!!