vendredi 1 novembre 2019

Réunion de notre Association des Collectionneurs d' Instruments de Musique à Vent le 11 au 13 octobre 2019.

En 2017 l'ACIMV fêtait ses 30 ans d'existence et pour célébrer cet événement exceptionnel une réunion de 3 jours avait été organisé à La Couture-Boussey, chez François Camboulive, dans l'ancienne demeure d’Eugène THIBOUVILLE.
Si vous voulez relire la synthèse qui avait été faite par José Daniel Touroude : Cliquez ici.
La conclusion de ce colloque était de renouveler cette opération au moins tous les deux ans. 
Usine Thibouville à Ivry la Bataille
Ce qui fut fait les 11 - 12 - 13 octobre dernier, toujours dans le gîte de notre ami François Camboulive où "l’accueil, le gîte et le couvert" ont été parfait. Un grand merci à lui, son épouse et ses équipes. 


Cette réunion était réservée aux membres de l'ACIMV et un certain nombre d'invités exceptionnels. Nous étions une bonne cinquantaine, tous passionnés d'instruments de musique et de musique. Chacun des participants ont pu vérifier l'efficacité de cette association, qui après avoir  réussi la prouesse de sortir chaque année deux numéros de 60 pages en couleurs de son bulletin LARIGOT, référence  dans le domaine des instruments anciens à vent grâce surtout à ces numéros spéciaux comme "Le livre d'or de la Clarinette Française", nous permet, maintenant de nous réunir régulièrement, collectionneurs, musiciens, conservateurs, experts, antiquaires...tous nous pouvons échanger, communiquer les fruits de nos recherches, montrer nos instruments à vent à des experts, des musiciens etc...













Le numéro 64 du Larigot va sortir au cours de ce mois de novembre, sera joint, en plus, à l'envoi de ce nouveau bulletin, le catalogue du 51 éme Symposium International de Cor qui c'est tenu en juillet 2019 à Gand en Belgique


Vous voyez une association "en pleine forme", si vous êtes intéressé et pas encore inscrit, c'est le moment. Comment faire : Consultez Le site officiel de l'ACIMV dans la partie boutique : adhésion.
Première journée de notre réunion : le 11 octobre.

mercredi 2 octobre 2019

Essai de datation des flûtes de Clair II GODFROY (1774-1841), première et deuxième périodes (1814-1829)

Modifié le 30/11/2019
Bonjour,
Actuellement je travaille sur Clair II GODFROY Aîné et j'essaie de classer ses instruments que j'ai répertoriés. Il n'est pas facile d'y voir claire et c'est assez compliqué....donc comme à mon habitude je vais vous mettre à contribution.
Currently I work on Clair II GODFROY Aîné and I try to classify his instruments that I have listed. It is not easy to see clearly and it is quite complicated .... so as usual I will put you to work.
Par chance sur ce sujet nous avons le livre de Tula Giannini très complet, qui nous permet d'en savoir beaucoup sur ce facteur, ......mais au niveau des instruments, personnellement, j'ai du mal à tout comprendre. Donc j'ai répertorié depuis plusieurs années une centaine de flûtes (photos uniquement) que j'essaie désespérément de classer chronologiquement.....Et je commence à "entrevoir" une explication. Donc je vais essayer de vous exposer mes hypothèses......Pour que vous me fassiez des commentaires...des contradictions, des questions enfin bref, que nous ouvrions un dialogue sur ce sujet. Vous pouvez également me transmettre des éléments (photos, documents...) si vous êtes l'heureux propriétaire d'instruments de ce facteur.
Nous pouvons communiquer : par mail, par Facebook, par téléphone.....
Pour nos amis non francophones....le système de traduction de ce blog fonctionne correctement et pour ma part je peux communiquer en anglais sans trop de problème.
For our non-francophone friends.... The translation system of this blog is working properly and for my part I can communicate in English without much problem.

Cet article sera mise à jour quotidiennement pendant notre période de travail.

Dans un premier temps nous allons nous concentrer sur la première période de 1814 à 1829. Je vais commencer par faire un résumé de cette période.
Clair II Godfroy Aîné en bref.

Clair II GODFROY Aîné est né le 13 novembre 1774 à La Couture. Son père Clair I GODFROY (1750-1813) était déjà tourneur et fabricant d'instruments à vent à La Couture ; c'est lui qui  formera son fils (Marque 1). 
Marque de Clair I Godfroy.

C II GODFROY arrive à Paris vers 1800, il est ouvrier facteur d'instruments lorsqu'il épouse Marie Madeleine LETELLIER (1781-1807). Leurs deux premiers enfants, Marie Augustine et Louis naîtront respectivement en 1802 et 1803 au 6 rue Saint Denis. Les deux suivants, Frédéric Eléanor et Vincent Hypolite nés en 1805 et 1806 au 2 Passage des Petits Pères seront tous les deux facteurs d'instruments. Marie Madeleine LETELLIER décède le 17 mars 1807 à 26 ans, cinq mois après son dernier accouchement. L'inventaire après décès réalisé en 1808
(B30), permet de voir que Clair II GODFROY exerçait son métier d'ouvrier facteur d'instruments et que son épouse tenait un magasin de fruits et légumes.
Généalogie GODFROY
Cliquez pour l'agrandir.

C'est à cette période qu'il est souvent cité dans des documents comme " GODFROY dit BUFFET ". C'est cette dénomination que l'on retrouve dans la marque d'un flageolet en ébène et ivoire de la collection THICAM sans doute fabriqué vers 1808, actuellement le plus ancien instrument répertorié portant une marque de Clair II GODFROY. (Marque 2)

Flageolet Godfroy dit Buffet de la collection THICAM

Le 20 septembre 1808, il épouse en secondes noces, Marie Jeanne Joseph Geneviève GERARD âgée de 29 ans de Crécy à coté de Meaux. Ils auront deux enfants : Caroline Joséphine née en 1811, qui épousera Louis Esprit LOT et Alexandrine Clarisse née en 1813. D'après l'almanach du commerce de Bottin à partir de 1807 il était marchand de musique au N°4 rue Neuve des Petits Champs, 1810 au N°20 rue Richelieu. C'est à partir de 1812, rue Neuve des Petits Pères qu'il apparaît comme luthier, puis en 1813 au N°36 rue Coquillière avant de s'établir au 67 rue Montmartre où il exercera pendant toute son activité, (Toutes ces adresses sont situées dans le même quartier). Comme on peut le voir sur un tarif de la Maison GODFROY de 1880, cette société aurait été créée en 1814.
Période de 1814 à 1818. Lorsqu'il s'installe à son compte Clair II Godfroy a 40 ans donc une certaine expérience de  la fabrication des flûtes. Ces véritables concurrents sont peu nombreux : les Winnen, Bellissent...C. Laurent depuis 1806, date de son brevet, a perfectionné les systèmes de clétage. La flûte utilisée par le conservatoire de Paris est une flûte à 4 clés....mais la flûte à une clé est encore largement utilisée. Etant le seul représentant de la famille Godfroy installé à Paris, sa marque est " visage rayonnant/GODFROY/ A PARIS. ". dans un premier temps puis ensuite vers 1818......." visage rayonnant/GODFROY/ A PARIS/Etoile 5 branches. "

Les flûtes qui sortent de son atelier dans cette période sont plutôt : en ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 1 ou 4 clés en argent, à plateaux plats, dont une clé à bascule rectangulaire (avec deux cotés arrondis) vissées à des tourillons soudés sur des patins en forme de croissant de lune, vissés dans le bois. Bien sur il y a des exceptions.....si vous en connaissez envoyez moi des photos.
Flûte Godfroy première marque à 4 clés.
Vichy 2019
















Clés à bascule de la période 1814-1818. A noter les différences de fabrication : exemple des patins en croissant de lune, l'un à extrémités pointues et l'autre à extrémités arrondies. Les clétiers étaient différents.

Instruments répertoriés dans cette période de 1814 à 1818 :
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 1 clé en argent à bascule rectangulaire et patin en croissant de lune; clé plateau plat. (Vichy 11 2017) vers 1816.
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 1 clé en argent à bascule rectangulaire et patin en croissant de lune; plateau plat. (Coll. T. Giannini) vers 1816.
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 4 clés en argent, dont une à bascule rectangulaire, et patins en croissant de lune à extrémités arrondies; clés à plateaux plats. (Vichy 5 2019) vers 1816.
*Flûte ébène, baguée en ivoire, sans barillet, à 4 clés en argent, dont une à bascule rectangulaire, et patins en croissant de lune; clés à plateaux plats. (Coll. particulière) vers 1816.
*Flûte buis, baguée en ivoire, avec barillet, à 6 clés, dont une à bascule rectangulaire, et patins en croissant de lune; clés à plateaux plats. (Coll. T. NR) vers 1818.
Période de 1818 à 1829.













C'est vers 1818 qu'il change sa marque "GODFROY A PARIS" pour "GODFROY Aîné" à Paris. C'est vers cette époque aussi, que son frère Pierre GODFROY dit "jeune" (1780-1848) s'installe au 45 rue Montmartre. C'est également à partir de cette période qu'il date certains de ses instruments. En 1821, il devient "fournisseur de l'académie royale de musique. 1823, il participe, pour la première fois, à l'exposition de Paris et obtient : une mention honorable. 
 Le combat est rude pour obtenir le soutien des grands flûtistes de l'époque : Joseph GUILLOU (1787-1853) professeur de flûte au conservatoire de Paris de 1816 à 1828, Jean Louis TULOU (1786-1865) professeur au conservatoire de Paris de 1829 à 1856. La concurrence est rude d'abord avec Jacques Éléonore BELLISSENT (17783-1841) et avec son propre frère : Pierre GODFROY Jeune, voir avec la production de La Couture.











  











A partir de fin 1820 il numérote ses flûtes et la première flûte de cette période que nous avons répertoriée porte le numéro : 54 et correspond à l'année (estimation) 1821. La seconde, numéro 144 est datée 1821. Il est a noter que ces dates ne sont que des estimations et qu'il y a toujours des décalages entre la date de tournage du bois, le moment du perçage  de l'instrument, du montage des clés.....et la vente où il semblerait que le luthier apposait alors, la date, le numéro et l'enregistrait dans son livre. Cela peut donner un écart de quelques mois à 1 ou 2 ans. Ce qui expliquerait quelques anomalies rencontrées sur certains instruments au niveau de marques, de modèle de clétage, de date...ne correspondant pas à la période que nous indiquons; nous avons déjà rencontré ce problème dans nos classements des flûtes Laurent et de Tulou. 














Dans cette période, le modèle de flûte standard, de son atelier, a évolué. Plutôt en bois précieux (ébène et palissandre), à 4, 5, 6 clés, elle comporte un barillet, pompe d'accord, doublée en métal ainsi qu'une partie de la tête. La flûte est baguée " large ", plutôt en ivoire, plus rarement en argent pour les modèles de qualité supérieure. La clé à bascule passe du plateau rectangulaire plat, à l'ovale plat pour évoluer au circulaire  vers 1823-1824.  A partir de 1819-1820) les trous couverts par des clés rondes et  plates, sont fraisés et manchonnés de métal.

Les clés comportent toujours un plateau circulaire plat mais les tiges s'épaississent vers 1824.
Vers le N°1000, c'est à dire au environ de 1826 un essai est fait pour améliorer les clés. Mais cela ne concernent que peu d'instruments
En 1827, il participe à l'exposition de Paris où il obtient une médaille de bronze, alors que Bellissent n'obtient qu'une mention honorable. C'est une reconnaissance pour la qualité de sa production, et une consécration en tant que premier fabricant de flûte de Paris. Il recherche en permanence des améliorations, même s'il continue à produire des flûtes qui répondent à des besoins particuliers, comme pour cette flûte à 8 clés
Flûte à 8 clés argent et trois corps de rechange avec système de clés
particulier de 1828. (Collection Dayton Miller)
Le buis et l'ivoire sont complètement abandonnés au profit des bois précieux et de l'argent. Barillet, bagues larges sont toujours d'actualité. Les clétages deviennent plus massifs, Même si la clé à bascule est toujours présente, son plateau circulaire forme une cupule, portant un léger biseau, permettant d'accueillir des tampons épais recouverts de baudruche. Les autres clés circulaires sont en cupule légèrement biseautée. Les patins sont toujours en forme de croissant. Dans cette période de transition, l'ancien système est encore présent. Les corps de rechange sont parfois utilisés.
Flûte 5 clés de GODFROY Aîné N°1737 de 1828. (Collection Uehli HALDER)











En 1829, confronté à certaines contrefaçons, il modifie sa marque : " Déjà plusieurs facteurs portant le nom de GODFROY ont usé de ce titre pour faire passer des instruments de leur façon pour être de ma fabrique. En conséquence pour éviter toute contrefaçon, j'avertis le public que mon poinçon portera dorénavant : "Clair Godfroy aîné". Tous les instruments qui sortent de chez moi sont numérotés sur un registre de commerce. Cette précaution offre aux personnes qui leur donneront la préférence et qui achèteraient d'occasion ou ailleurs que chez moi, le moyen d'en vérifier l'origine". Tarif 1827. Source T. Giannini.












(le 11 janvier 2020) Découverte importante.

Clair II Godfroy Aîné a déposé deux plaintes en 1830 pour contre-façon. Car on pouvait lire dans un journal parisien le 24 septembre 1830 " une ordonnance de la chambre du conseil du tribunal d'Evreux avait renvoyé au tribunal correctionnel MM Jean François Godefroy, Louis Hérouard, Denis Godefroy, Denis Buffet, Martin Thibouville, Denis Noblet, Pierre Noë, Gilles Noë, Nicolas Thibouville, comme prévenus d'avoir apposé sur des instruments à vent fabriqués par eux le nom de Monsieur Godefroy Aîné fabricant à Paris et MM Bonnel, Pléannat, Rémy Génin, Buffet, Lété, Boileau et Nadau comme complices du même délit de contrefaçon pour avoir exposé en vente et mis en circulation des instruments portant la même indication contrefaite".
Dans les instruments que nous avons répertoriés l
e numéro le plus élevé que nous avons répertorié avec l'ancienne marque (AM) est 2457. Le premier numéro que nous avons relevé avec la nouvelle marque (NM) est 2776.
Cela suggère que C. GODFROY a continué sa numérotation avec sa nouvelle marque. (A vérifier)



Ci dessus vous trouverez un tableau (Modifié le 30/11/2019 en tenant compte des remarques de J. Da Silva, A. Nolan, M. Lynn. Merci à eux pour leurs remarques) résumant la production de flûte de Clair II GODFROY. Il est difficile à lire, pour l'agrandir il suffit de cliquer sur l'image.
Pour l'imprimer ce n'est pas compliqué : il suffit de l'enregistrer sur votre ordinateur en tant qu'image et de l'imprimer. 
Comment le lire : à partir des instruments répertoriés comportant des éléments permettant de les dater précisément (dates, marques, numéros....) nous avons essayé d'établir la numérotation par année avec une précision de plus ou moins une année. C'est un peu approximatif et c'est pour cela que nous vous demandons votre aide.
Donc si vous avez, connaissez des instruments de "Godfroy à Paris", "Godfroy Aîné".....Toutes les informations sont les bien venues

Une numérotation différente sera faite avec les modèles Boehm. (à confirmer) 
  

mardi 27 août 2019

Découverte d'un nouveau facteur d'instruments de musique de Strasbourg : François Henri FLACH (1739-1794).Discovery of a new woodwind musical instruments maker of Strasbourg: François Henri FLACH (1739-1794).

Marque "Fleur de lys/ petite fleur de lys FLACH petite fleur de lys
A Strasbourg/Fleur de Lys/4/C"
Depuis vingt ans que je collectionne les instruments de Strasbourg, je pensais avoir répertorié l'ensemble des facteurs d'instruments de musique de la capitale alsacienne. Et puis "un avisé antiquaire, mais néanmoins ami" a eu la gentillesse de me prévenir de la découverte de cette clarinette en ut à cinq clés carrées, en buis, baguée ivoire. Qu'il en soit ici remercié.
François Henri FLACH est sans doute né à Strasbourg vers 1739, car les FLACH sont nombreux à Strasbourg et implantés depuis le 17 ème siècle. Il avait épousé Anne Marie Salomé HÜGEL (1748-1814) et avait cinq enfants : Anne Marie FLACH née en 1766 à Strasbourg et qui épousera un musicien strasbourgeois François Antoine WIENNER, Philippe Louis FLACH né en 1771, qui sera d'abord musicien, puis tourneur et facteur d'instruments et qui décédera à 41 ans sans doute de tuberculose (Phtisie pulmonaire) le 17 novembre 1812,
Signature de Louis FLACH (1771-1812)
Joseph Antoine FLACH né le 29 mars 1776 qui sera musicien, François Frédéric FLACH né le 3 mars 1782 qui sera d'abord tonnelier puis ensuite brasseur et Henri Otton FLACH né le 20 février 1784 peintre doreur.
Clarinette en Ut
de FLACH
(Collection RP)
Clarinette en Sib/La
de KELLER
(Collection RP)





































En 1789 Henri François FLACH (1739-1794) tourneur et propriétaire habitait 3 rue du Chaudron à Strasbourg. Il appartenait à la "Tribu" (Zunft) c'est à dire à la corporation des charpentiers (Zimmerleute). A Strasbourg existaient 20 tribus ou corporations regroupant différents métiers ; pour celle des charpentiers, elle regroupait les charrons, menuisiers, tourneurs, vanniers, facteurs d'orgues et d'instruments. Le fait d'appartenir à cette Zunft, signifiait que notre facteur était établi dans son statut de bourgeois et de tourneur, facteur d'instruments. Il est décédé le 17 juillet 1794 à 55 ans.
La facture de notre clarinette en Ut est très proche d'une clarinette de KELLER de notre collection. Le bec et le barillet sont rapportés et n'appartiennent pas à l'instrument. Les fleurs de lys de la marque signifient qu'elle a été fabriquée avant 1792, date d'abolition de la royauté en France.
Flach
Keller







Le pavillon est cerclé, sans doute pour consolider une fente.





Keller
Flach














Flach
Keller













De nombreux points communs (Fixations des ressorts sur les grandes clés, système de bascule des clés, bulbe, facture....) suggèrent que Flach devait travailler pour les Keller, ce qui expliquerait la rareté des instruments portant cette marque. Peut-être que cet article permettra la découverte de nouveaux instruments.
En 1794 la Veuve "Luthiére 49 ans vivait avec ses deux enfants Anne Marie (28 ans) et François (13 ans) au 3 rue du Chaudron". Elle est décédée le 9 mai 1814 à 66 ans, 40 rue des Hallebardes.

jeudi 27 juin 2019

Michael DUVAL (c1747-1815) facteur de flûtes à Maastricht. Inventeur d'un système de clés original. Michael DUVAL (1747-1815) flute Maker, inventor of an original keys system.

Guy Laurent nous avait montré une flûte de WINNEN, originale avec un système de clés que nous n'avions jamais rencontré.
Flûte en ébène, baguée en ivoire à 3 corps de rechange et 4 clés. (Coll Guy LAURENT)

Ce système tout à fait particulier nous intriguait, car aucun autre instrument de ce type n'avait croisé notre route et nous pensions que les WINNEN (Frères ou/et Père et fils.....en passant je suis preneur de toutes informations sur cette famille de facteurs parisiens ) étaient particulièrement inventifs, surtout après avoir vu le formidable basson muni d'un système de clés, lui aussi très original (fait par FELIX. Voir article sur ce sujet : Clés de Félix)
Et puis une visite au MIM de Bruxelles, accueillit formidablement par Gery DUMOULIN (encore merci pour votre accueil), pour rechercher mes poinçons d'argent sur les instruments français....me permit de croiser, une flûte à 4 clés munie du même système de clés et portant la marque de DUVAL?
Flûte à 4 clés argent de Duval à Maastricht. (Coll. MIM de
Bruxelles N°1078)
Tiens ! qui c'est celui là.....Langwill ...... : "Michael DUVAL (b Normandy c1747; d Maastricht 29 November 1815) installé depuis c1780 à Maastricht".
Depuis je n'ai pas trouvé de nouvelle information sur ce facteur d'origine française (peut être de la région de La Couture), qui devait être militaire avant de s' installer en Hollande sous contrôle français à cette époque et dirigée par Louis Bonaparte, le frère de Napoléon.
En revanche, grâce à Gery Dumoulin, nous en savons beaucoup plus sur cette flûte et son système de clés. Outre le fait que la tête de l'instrument porte la marque de Charles SAX à Bruxelles, voici ce qu'écrit V. Mahillon dans son catalogue à propos des clefs de l'instrument 
"Les clefs méritent une mention spéciale ; l’obturation des trous latéraux se fait à l’aide d’une soupape métallique au lieu du tampon ordinaire. Une ouverture rectangulaire est découpée vers le milieu de la clef, dans le sens de sa longueur ; cette ouverture s’emboîte sur une pièce de bois, également rectangulaire, laissée en relief sur la périphérie du tuyau et qui sert ainsi de guide au mouvement de bascule de la clef. Une vis traverse deux des côtés de l’ouverture rectangulaire de la clef, ainsi que la pièce de bois, de sorte que les deux extrémités de la vis servent de pivots à la clef." (Source Gery Dumoulin MIM de Bruxelles)
Photos diverses de détails de la flûte de Duval.
(Source Gery Dumoulin, MIM Bruxelles)
En fait on voit que M. DUVAL avait repris le système anglais des "pewter plugs" en étain breveté par Richard POTTER (1726-1806) dans son brevet de 1785, qui ne rencontra aucun succès en France mais très utilisé en Angleterre et à Vienne au XIX éme siècle.

L'innovation des flûtes de DUVAL concerne le système de fixation des clés par un système de blocs améliorés. C'est aussi une des rares applications du système Potter trouvée sur une flûte "Française"....système utilisé également par J.D. Holtzapffel à Paris, mais avec des tampons en cuir.


Flûte Holtzapffel
Coll. RP
























Il existe également une flûte de GODFROY Aîné de ce modèle, montrant que les "innovateurs" passaient par des facteurs plus prestigieux pour vendre...leurs systèmes , comme DUVAL l'a fait avec WINNEN. De plus cela montre que le système des "pewter plugs" a bien été proposé sur le "marché" français mais sans succès. 
Flute Godfroy Aîné à 8 clés dans la "façon" de
Holtzapffel. (Ebay)
Il existe une flûte à une clé de DUVAL, dans la collection de Dayton MILLER portant la marque : "DUVAL/12/A MAESTRICHT". (DCM 418)




Une flûte en La,  antérieure à cette innovation de DUVAL, mais qui comporte néanmoins une clé à "pewter plug", montée sur un bloc. Elle comporte également une patte originale évasée à l'extrémité. (Musée de la musique de Paris : E.980. 2 . 5) 

 On peut voir à travers cet exemple, comment les innovations circulaient en Europe entre les différents facteurs, fin XVIIIème, début XIXème.

Pour lire  cette article en musique, nous vous proposons d'écouter la flûtiste Anna BESSON.